i^il;. IPIii l 9if ir ll( M\\ r L'ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS COMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION, L'HISTOIRE ET LA CULTURE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES, LES INTRODUCTIONS NOUVELLES; LA CHRONIQUE HORTICOLE, LES VOYAGES BOTANIQUES. LE COMPTE-RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS ET DES OUVRAGES NOUVEAUX SUR LA BOTANIQUE ET L'HORTICULTURE, ETC., ETC.; piiblife SOUS la direclion de J. Ll N D E N él i'('(li|rw piir ED. ANDRÉ AVEC LA COLLABORATION DE PLUSIEURS BOTANISTES ET HORTICULTEURS. Dix-huitième Volume. (OU SECOND DE LA TROISIÈME SÉRIE.) GAND IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE E. & S. GYSELYNCK Rue des Peignes, 38. 1871 Le dépôt exigé par la loi a été t'ait. L'ILLUSTRATION HORTICOLE. CHRONIQUE HORTICOLE. C'est dans le sang et dans les larmes que se lèvent les premiers jours de cette année nouvelle. Reverrons-nous bientôt l'aurore tant désirée de la paix? Le mouvement de renouveau des arts, des sciences, de l'industrie va-t-il reprendre, après l'arrêt causé par cette fatale guerre? Il est au moins permis d'espérer que nous touchons au terme de ces misères. Aux maux que nous avons signalés, aux désastres éprouvés par les hor- ticulteurs français, nous pourrions malheureusement ajouter une liste lugubre. Nos amis de Paris, ceux du Muséum d'Histoire naturelle notam- ment, nous signalent les ravages produits dans cet établissement par le bombardement. Quatre-vingt-sept obus y sont tombés, dit M. Brongniart, dans une lettre particulière, adressée en Belgique, et ont détruit nombre de précieuses collections. Malgré tous les soins préventifs, beaucoup d'objets précieux, qu'il avait été impossible de déplacer, sont perdus. Ainsi, plu- sieurs bombes, tombées dans les grandes sentes, et surtout dans la serre à Orcliidées, ont brisé toutes les vitres et ont laissé au grand air ces belles plantes par un froid de 10 degrés. Quelles pertes inappréciables, -surtout si l'on considère que beaucoup des végétaux gelés n'étaient pas encore décrits ou se trouvaient représentés en Europe par des spécimens uniques! Nous reviendrons aux détails sur ce sujet. Dans les établissements particuliers, les pertes sont plus grandes encore. M. Carrière me cite les établissements des environs de Paris, comme pres- jue tous ruinés par le siège : jardins bouleversés, maisons renversées, serres ^criblées de projectiles, plantes mortes dans les serres faute de chauffiige, arbres coupés par les Prussiens pour faire des palissades, des fascines et ocdes gabions. Les pépinières de MM. Croux, à Chatenay, Durand, Jamin, à S— TOM. XVIII. — JANV. 1871. . 1 o' — 6 — Bourg-Ia-Reine, les serres de MM. Thibaut et Keteleer, à Sceaux, la plupart des cultures à Versailles, présentent les tableaux les plus lamen- tables. Que de ruines amoncelées sans espoir de retour! M. Georges, professeur d'arboriculture à Bordeaux, est mort victime indirecte de la guerre. M. Lierval, de Paris, resté seul dans son établisse- ment, est mort également. M. Billiard, dit la Graine de Fontenay aux Roses, le semeur émérite d'Arbustes rustiques, a succombé également. Le fils de M. Desnoyers, bibliothécaire du Muséum, a été tué. Dans une lettre que nous avons adressée au Gardeners' Chronide et où nous citions plusieurs de ces navrants exemples, le D'' Maxwell Masters, par une erreur de copie, nous a fait dire, comme uue certitude, ce qui n'était présenté par nous que comme une éventualité probable indiquée par notre ami Ernest Baltet : c'est-à-dire l'internement de son frère Charles en Allemagne comme otage. Nous n'avons pas eu confirmation jusqu'ici de cette nouvelle. La destruction des serres et des jardins des environs de Paris est com- plète, surtout dans les alentours de Sèvres, Ville-d'Avraj, Marly, S'-Cloud, Montretout, Versailles, etc. Quant à l'abattage des arbres qui faisaient la gloire des parcs de S'-Cloud, des promenades de Versailles, de tous les parcs et jardins qui formaient à Paris une délicieuse couronne de verdure, il dépasse ce qu'on pourrait ima- giner. On m'a cité une plantation d'admirables Abies pinsapo qui ont été coupés pour faire des palissades, à la place de Peupliers qui étaient à côté et qui eussent été préférables pour cet usage. Nos lecteurs savent déjà, d'après notre dernière Chronique, dans quel triste état se trouve le bois de Boulogne. Jusqu'ici nous n'avons rien appris de ce qui a pu advenir aux serres municipales célèbres de la ville de Paris, à la Muette. On raconte que beancoup des horticulteurs parisiens ont pu conserver une bonne partie de leurs plantes en couvrant leurs serres avec du fumier chaud. Le récit de ces soufi"rances serait interminable, surtout si nous entamions la liste des informations de province que nous avons reçues. Mais il vaut mieux cesser des litanies stériles, et se mettre résolument à la besogne pour réparer le mal autant que possible. Nous savons que nos collègues n'y failliront pas. Aussitôt après la publication de notre notice dans le journal anglais que nous citions, nous avons vu avec joie qu'un mouvement charitable se dessinait dans ce pays en faveur de leurs confrères de France, et l'appel fait par M. Deal et autres a eu rapidement de l'écho dans toute la Grande-Bretagne. On y organise un relief fund, qui produira certainement d'excellents eflets, et dont nous dirons prochainement les premiers résultats. Des sympathies de ce genre relèveront bien des misères. Le Froid, — Comme si les catastrophes dont nous publions quelques effets n'avaient pas sufii à rendre à jamais cet hiver odieux dans la mémoire des hommes, la rigueur de la saison a été exceptionnelle. Les blés sont per- dus dans les endroits où les emblavures ont pu être faites, et nombre d'arbres — 7 — ordinairement rustiques sont aelés dans la partie septentrionale et moyenne de la France. M. Sahut, de Montpellier, de même que d'autres correspondants du rnidi, m'écrivent que le thermomètre est descendu, une nuit de décembre, jus- qu'à — 12° centigr. et que la veille on comptait + 20", soit une différence de 32° en deux jours. Les Lauriers d'Apollon sont gelés; on peut juger par là des autres pertes de cette région. Nous ne savons pas encore comment les Palmiers, sur lesquels on fon- dait de si grandes espéi'ances sur le littoral méditerranéen, auront pu résister. Dans le centre montagneux de la France, le Limousin, par exemple, la neige a commencé à tomber le 21 décembre pour la seconde fois, et pendant six semaines elle a couvert le sol sans discontinuer. Le thermomètre est descendu à — 15°, et de longs jours se sont passés sans adoucissement à cette vigoureuse température. Aussi les effets ont-ils été plus terribles que par des écarts plus vifs, mais accidentels, du thermomètre. Les végétaux de plein air n'avaient pas autant souffert depuis l'hiver 1829-30. A Limoges, les arbres et arbustes suivants ont péri en entier pour la plupart : Magnolia (iraudiflora, Alaternes, Photinias, Troènes et Fusains du Japon, Lauriers amande et de Portugal, et jusqu'au Lierre d'ii'lande. Dans les bois voisins, chose bien rare! tous les Ajoncs et les Houx des taillis sont gelés à cer- taines expositions. En venant du midi pour nous rendre à Bruxelles, nous avons constaté des effets vailles du froid : à Poitiers, plus au nord cependant, les pertes étaient moins sensil)les. Cependant tous les arbustes à feuilles persistantes de la promenade de Blossac étaient dépouillés de feuilles vertes. Les Mahonias, Cotoneasters, Taxodium sempej-virens étaient dans ce cas, et chez MM. Bruant, horticulteurs, tous les arbustes japonais avaient soufl'ert au point que la plupart étaient détruits sans espoir. En nous dirigeant vers l'ouest, à Niort, par exemple, on trouvait déjà un climat plus doux, à raison du voisinage de la mer, et des Rosiers Banks, Passiflora cœrulca et autres plantes qui n'auraient pas résisté dans le centre, étaient intacts. A Angers, l'hiver n'a été qu'un peu plus dur qu'à l'ordinaire. Ses effets ont été peu meurtriers à Ancenis, où les Chamœrups excelsa n'ont pas eu une feuille touchée. Changement complet à Nantes. Là, l'influence du gidf stream se fait sentir à ce point que tout j est conservé comme en serre. Au Jardin des Plantes, dans un bain de soleil et d'air doux au lieu des 10 degrés de froid que nous avions laissés à Limoges, nous avons trouvé les enfants s'ébattant comme en une journée de printemps. Les Camellias allaient épanouir leurs milliers de boutons déjà gonflés; des Azalea japonais, amœna, liliiftora, punicea, Chamœrops de la Chine, ^ Libocednis chileiisis, Hijpericum calycinum, n'avaient pas perdu une feuille, et le long de la grande plate-bande verte du nord végétaient dans toute leur luxuriance des Erica arborea, Andromeda Marlana, Kalniia, Pernettya, Phlomis, Cistus, etc. Cependant, les Fabiana imbricata et — 8 — Ceanolhiis divaricatus avaient été maltraités. En somme, Nantes faisait un contraste frappant avec ce que nous venions de voir un jour ou deux auparavant. A S'-Malo et surtout à Jersey, do môme qu'à Rennes, le mal avait été plus grand. A S'-Hélier (Jersey), nous avons été visiter les cultures renom- mées de M. Ch. Saunders, et nous y avons vu nombre de plantes détruites, qu'il avait négligé de couvrir ou de rentrer, se fiant sur la douceur des hivers dans cette île. Les Tritomas, Escallonia floribunda, Viburnum Awa- fuski, Phormium teruix, Quevcus ijlabm, Hœmantlius, Myvtus, Miwhienbeckia étaient tous perdus. Toutefois, un pied de Veronica Andersoni, âgé d'une quinzaine d'années, résistait dans un jardin non loin de là. A Southampton, dans l'ile de Wight et à Londres, nous avons trouvé au moins autant de végétaux touchés d'une façon désastreuse, et en arrivant à Bruxelles, nous avons vu qu'en Belgique, où le thermomètre était des- cendu à — 17" centigr., le mal aussi avait été grand presque partout, et surtout dans l'intérieur du pays, oti nous avons pu le constater dans plu- sieurs propriétés particulières. On voit, par ces quelques exemples, que l'hiver 1870-71 laissera de tristes vestiges de son passage dans les jardins, les parcs et les campagnes. Exposition internationale d'Horticulture de Londres. — Nous avons signalé les premières dispositions prises par la Commission organi- satrice pour cette Exposition qui doit rivaliser avec celle de Paris en 1867, sinon la surpasser. Nous venons de recevoir aujourd'hui le programme complet que la Com- mission publie sous le nom de " Arrangements for the frtdt and floral meelinjn and exhibitions to be Jield at the ijardens, South Kensincjlon, W. in 1871. >• Nous ne pouvons que résumer en peu de mots quelques dispositions impor- tantes de ce document, que l'on pourra demander in extenso au Superinten- dant of South Kensington Gardens, London. Les exposants doivent envoyer au moins trois jours avant l'Exposition la note détaillée des plantes qu'ils désirent exposer, leurs dimensions, l'espace demandé, etc. Les plantes nouvelles peuvent être envoyées le matin même des expositions, avant S^ 30. Les règles ordinaires des Expositions anglaises seront suivies, ainsi que le détaille le programme. Les meetings pour les fleurs, les fruits et des réunions scientifiques auront lieu le l''"' et le 3" mercredi de chaque mois, excepté en janvier, février, octobre, novembre et décembre, pendant lesquels mois un seul meeting sera tenu. De juin à novembre, les réunions scientifiques cesseront. Ces Expositions partielles ou meetings commenceront à 11 heures du matin, et finiront à 2 heures de l'après-midi, pour permettre ensuite les séances ordinaires de la Société. Tous les objets à exposer doivent être adressés au secrétaire du Floral Committee ou du Fruit Committee, dans les attributions de qui rentrent res- pectivement ces deux genres d'Exposition. — 9 — Des certificats de première et de seconde classe, ainsi que des médailles pouri'ont récompenser les produits exposés, d'après les décisions des jurys. Tous les horticulteurs et amateurs anglais et étrangers sont appelés à concourir. Un prix spécial de 10 livres st. (250 francs) sera accordé à l'exposant qui aura envoyé dans le cours de l'année les plus nombreux et les plus beaux spécimens de plantes obtenus par hybridation ou fécondation artificielle. La plus grande latitude sera laissée aux exposants pour l'envoi de pro- duits de leur choix qui ne seraient pas spécifiés dans le programme ou iSchedules annexés au document que nous résumons. Nous appelons l'attention de nos confrères de tous pays, et surtout de ceux de la Belgique et de la France, sur l'importance des prix, poui- la plupart en espèces monétaires, qui sont oflérts aux vainqueurs des con- cours, et dont l'ensemble formera un total considérable. Ils ont mieux encore qu'un profit pécuniaire à en retirer, car l'honneur de triompher de leurs collègues d'Angleterre vaut bien la peine qu'ils prendront dans l'es- poir de ce résultat. Exposition liorticole à Nottingham. — Une autre Exposition générale, d'un intérêt très considérable, sera également tenue dans la Grande-Bretagne, à Nottingham, du 27 juin au 1"' juillet 1871. Le montant des prix qui y seront distribués dépassera mille livres st. (25,000 fr.). Elle comprendra les collections de plantes de serre chaude et froide, plantes panachées, Orchidées, Pelargoniums, Calcéolaires, Fougères, Bruyères, Agaves, Rhododendrons, Azalées, fleurs coupées, Antirrhinums, Roses, arbustes de plein air, nouveautés de tout genre, fruits et légumes. On en trouvera le détail des concours annexé au programme de l'Expo- sition de Londres. Teinture Solferino. — Chacun connaît la belle nuance de rouge appelée Solferino, qui a été obtenue de l'aniline, c'est-à-dire extraite de la houille. Les Américains indiquent le moyen d'obtenir autrement une teinture analogue. Il suffit de couper le sommet d'un jeune potiron, de retirer les graines de l'intéi'ieur, de les remplacer par des baies de Plnj- tolacea decandra, puis de boucher le trou avec la pièce de potiron enlevée. Enlevez le lendemain la pulpe teinte , faites-la sécher, remettez-la et répétez ce procédé jusqu'à ce que la nuance rose soit obtenue, puis placez cette pulpe dans du vinaigre fort et vous pourrez alors l'employer comme une teinture de haute valeur. Le Godetia "WliitHoyi. — Nous avons souvent indiqué l'importance des fleurs de plein air comme décoration des jardins accessible à toutes les bourses. MM. Vilmorin et C'*, à Paris, et quelques autres marchands- grainiers ont porté très haut l'art de les cultiver et mis au commerce de nombreuses nouveautés. Nous voyons que d'autres horticulteurs, anglais cette fois, suivent cette voie. Dans son récent catalogue. M, Thompson d'Ipswich (Angleterre) met en vente une admirable plante récemment figurée dans le Bolanicat Maijadne et digne des plus grands éloges. C'est le Oodetia Whitneyi, Enothérée à grandes et innombrables fleurs roses, — 10 — tachées de pourpre foncé au centre et formant des touffes du plus brillant effet. Nous ne saurions trop insister sur l'intérêt que va présenter cette superbe nouveauté dans nos jardins et nous ne voulons pas être les derniers à saluer son arrivée de Californie en Europe. Bélier hydraulique. - La question des eaux dans les parcs ou jardins est toujours de la plus haute importance pour les propriétaires. Leau, à la campagne, c'est la vie, c'est une nécessité absolue pour toute culture, et il faut l'avoir abondante pour obtenir de bons résultats. On a imaginé mille moyens pour suppléer à l'eau naturelle dans les endroits où on ne la trouve qu'à de grandes profondeurs, à de trop grandes distances ou en minime quantité. Les pompes, les manèges, les béliers hydrauliques sont essayés sans cesse et ne satisfont jamais entièrement. Nous venons indiquer ici un perfectionnement digne de l'attention des intéressés dans cette question. C'est une simplification et une augmentation de puissance élévatoire du bélier hydraulique ancien. Cette transformation est due à M. Mabille, architecte hydrographe, à Limoges (Haute-Vienne), à qui l'on peut s'adresser pour plus amples renseignements. L'appareil nouveau est breveté; il peut élever les eaux avec très peu de perte, dès qu'on a 50 centimètres de chute. Nous reviendrons sur le l)élier hydrau- lique de M. Mabille avec plus de détails et des dessins si faire se peut. Un drame horticole. — Nous citions plus haut, parmi les victimes de la guerre, un horticulteur de Paris, M. Lierval. Les circonstances dans lesquelles il est mort sont navrantes et dramatiques au plus haut point. Lierval était un de ces i-ares horticulteurs-amateurs qui sacrifient tout pour obtenir et conserver de belles plantes. Il se refusait un vêtement, presque le pain quotidien, pour acheter une nouveauté. Vendre un bel exemplaire lui serrait le cœur. Pendant le siège de Paris, il était resté seul dans son établissement. Le froid vint, le combustible se fit rare, puis manqua. Il brûla successivement ses coffres, ses châssis, sacrifiant avec douleur ses plantes les moins pré- cieuses pour sauver les autres. Enfin, désespéré, il tran.sporta dans sa chambre le reste de ses espèces les plus rares, et après avoir épuisé pour lui-même le dernier morceau de pain, et le dernier morceau de bois pour ses chères plantes, il meurt au milieu d'elles de misère et de désespoir. Ed. André. — 11 — PI. XLVII. ROSA REGELIANA, lim\ et mdre. ROSE DE REGEL. ROS.VCÉES. ÉTYMOLOGIE : du grec pot^o», rosier. CARACTÈRES GËNËRIQUES : Cali/.r ureeol.iUis lobis-j lulinceis, 5 s;cpe piiin.'ilindis; pclala-o\ stainiim numerosa; carpi'lli iiliirimi, ossiculati, in calyce accresceule dein oaruusii bacciformi iiiclu.si ; -iti/li exserli, liljeri lireves(|iic. vel loiiyiores et in eulumiia coadnali. Siif- /'rutices aculeati; /'olia imparipennati ; sliptilœ hasi petioloriini adnalie. CARACTERES SPECIFIQUES : Sii/j'i-iitex dumosus, ramis l)re\il)us primum flexuosis liunn- fusis mox erectis tonienlosis, ciuereo-griseis ; aculci nuinerosi, graciles, insquales, albidi. subulati, pilis glandulosis caducis intermixli ; pelioU tomentosi, cineraseenles, sparse aculeali ; stipulœ Iatissim;e, foliacé», sublus glaucescentes, in-egulariler denlaUe, auriculis divergeuli- bus erectis oblique acuminalis acutis; fol.ia longe petiolata, foliolis-S sa'pissime-7 distantibus, patulis,robustis,subsessilibus, s;epe subalternis, lœle viridibus, ovato-ellipticis creuatis, niucro- natis supra rugosis, glabris, subtus tomcntoso-caiiescentibus reticulalo-ncrvatis; rori/iiibi ter- minales multillori; jinltmctiU lomcntosi aculeati, bracteis loliaceis glaucescentibus ovato- acuuiinatis acutis denticulalo-cilialis; nil/jcls luhiis globosus, o-O-S sfpalis rellexis ovatis lougissime acuminatis inlegris vix appendiculalis ciliato-lanatis argenteis ; corolla magna (0"',08 diam.) canqjaniformis, punicca, pcùilis-o amplis ovato-obtusis late unguiculatis; sli/li brèves discum couvexum manimosum superanles; /imccffl spbœrica (diam. 0"',15), succulenta, viridè rubra, calyce accrcscente coronata, seminibus ovoïdeo-cuneatis laleraliter couiprcssis, medio sulcatis. — Lcgit in .Tapouia cl. Maximowicz, unde misit in Europam, anno [HGH. Vidi \ivara floreutem et dcscripsi in horlo Liudeniano. — Ed. A. Le R. Regeliana, envoyé du Japon en Europe, par M. Maximowicz, le célèbre voyageur-botaniste russe, en l'année 1808, est un soua-arbrisseau à port buissonneux, à rameaux courts, d'abord flexueux ou couchés, puis redressés, gris cendré tomenteux. Les aiguillons, qui couvrent ses rameaux, sont nombreux, petits, faibles, inégaux, d'un blanc jaunâtre, subulés, à em- pâtement oblong et peu saillant, entremêlés de soies glanduleuses qui dispa- raissent plus tard. Les pétioles tomenteux, d'un gris léger, portant à la face inférieure quel- ques aiguillons petits, droits, sont accompagnés à leur base de deux stipules très larges, foliacées, glaucescentes en dessous, finement et irrégulièrement dentées, à oreillettes divergentes dressées, obliquement acuminées aiguës. Les feuilles sont longuement pétiolées, à 5-7 folioles distantes, bien étalées, fermes, subsessiles, parfois alternes, ovales-elliptiques mucronées, régulièrement crénelées, d'un vert vif, à surface supérieure chagrinée rugueuse, glabre, légèrement tomenteuses blanchâtres et fortement nervées réticulées en dessous. Les fleurs sont disposées en corymbe terminal multiflore; leurs pédon- cules tomenteux sont couverts d'aiguillons petits linéaires et de bractées nombreuses, foliacées, inégales, glaucescentes, glabrescentes, ovales-acu- minées aiguës denticulées, à dents ciliées de poils mous. — 12 - Sur le caljce à tube globuleux contracté sont insérés 5 et souvent 6-8 sépales réfléchis, ovales très longuement acumiués aigus entiers ou à peine appendiculés, ciliés laineux argentés. La corolle est très grande, d'un diamètre de 0"08, du plus beau rouge ponceau, à 5 pétales amples, disposés en cloche très ouverte, ovales obtus à large onglet; les styles courts sont situés au centre d'un disque convexe et mamelonné. Les baies, d'un beau rouge, sont grosses, d'un diamètre de 0'"15, sphériques, un peu déprimées, couronnées des lobes du caljce accrescent, dressé; les graines sont ovoïdes cunéiformes, jaune pâle, com- primées latéralement, parcourues par un sillon médian et longitudinal. Le clan des horticulteurs qui se décorent du nom de Rosiéristes accueillera avec joie cette nouvelle Rose japonaise. On sait combien les semeurs émé- rites de cette Reine du monde végétal, les Verdier, les Margottin, les Granger, etc., ont répandu d'innombrables variétés jardiniques dans le monde entier, et combien aussi ils déplorent la pénurie de formes et de couleurs nouvelles à mesure que leurs Roses sont de plus en plus parfaites et leurs collections plus épurées. La Rose paraît avoir épuisé la gamme de ses nuances et la variété de ses parures. Les chercheurs se débattent dans un cercle sans issue et en sont réduits à livrer au commerce des nouveautés charmantes, dont le seul défaut est de ressembler à tout ce qu'on connaît déjà. Nous en serons bientôt réduits, si la mode demande encore du nouveau, à revenir aux Roses simples. Avant d'en être là, nous croyons pourtant qu'il reste aux semeurs d'autres champs à explorer, d'autres types à essayer, une sève nouvelle à infuser à leurs gains futurs. L'espèce que nous venons de décrire servira tout particulièrement à cet usage. Elle constitue une forme bien distincte de toutes ses congénères et sa trace se reconnaîtra aisément dans les hybridations qui auront lieu par son secours. Sa forme basse, ses rameaux robustes et courts, d'un blanc cendré, garnis de nombreux aiguillons argentés et de poils glanduleux, ses longues et belles feuilles régulièrement crénelées, n'ont point d'analogues, à notre connaissance, dans le genre Bosa. Quant à ses fleurs, la seule inspection de la planche ci-jointe suffît à faire l'éloge de ses corymbes multiflores d'un beau rouge ponceau si bi'illant qu'il n'est pas besoin de les désirer doubles pour qu'elles tiennent une place de premier ordre dans la décoration de nos jardins. La R. Regeliana, que nous avons ainsi nommée en l'honneur de M. Regel, directeur du Jardin Botanique de S'-Pétersbourg, l'un des meilleurs bota- nistes dont s'honore notre temps, est absolument rustique. Elle résiste sans peine aux hivers depuis deux ans qu'elle a passés dans le jardin de M. Linden, à Bruxelles, où elle se couvre, depuis le mois de juillet, de fleurs auxquelles succèdent ses jolis fruits rouges. ^^ ^ CULTURE. Cette brillante espèce est tout-à-fait rustique et se plaît surtout dans une terre forte et dans les endroits exposés et humides. Elle a parfaitement résisté au rude hiver que nous venons de traverser et sa végétation est très précoce. J. L. k k .>z7^.y3Fj, % ^ < < o LU ce o QC EPIDENDRUM FRIDERICI-GU ILIELM I (nekh. /il.J. PÉROU SEPTENTRIONAL. SERRE FROIDE. — 13 — PL XLVIII. EPIDENORIIM FREDEIIICI-GIIILIELMI, m fil EPIDENDRON FRÉDÉRIC-GUILLAUME. Orchidées. ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES: Voii' UUistrathn horticole, vol. I, |,1. i. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Jiixla (oui non afiino) E. xhiiwsniii, [olHs ol)Iiini,'is pclmiadn maxinio, lalicUi kiciiiiis latcralibus rotundatis, basi semi-corclalis, UtcinUi moilia liyulala acuta, calILs i rliomlK'is in basi. Frnlex robusius, oxalLalus; raulcs valicli, foliosi; folia cunealo obovata obUise aculala, spatha solilaria. Uni anceps, apioe oblique lis-sa; jieJiniciihi.i s|ialliam uscjue vaille floriJus, viilgo reclus, nuuc cernuus, hraclcw liianj;ula' anyusiif niinul;e, nrariiuii pedioellaluni j^ynos- teniio ter lonyins, ac/xiliiin suiiininin li^ulatuiii ai;uliini, acpiilii laleralia sulia'qnalia niai-yine inli'i'ioi'i obliqua, /iclahi lato-lineaiia acuniiiiala, liilulli lac'inia^ poslica' rolun(lala\ (liuiiilio inCeriori poslite proiluclo senii-conlala' lacinia aiilica producla lii;nlala acuniiiiala, calli 2 rlionibei paj^ina infeiioii loiiijiludinaliLcr uiiicariiiida in basi, i-ariua inlei|iosil;i .-i b.i-;i in diseuni. — Bliîllien pui|iuin, vier mal kli'iner, als die des i^ii^antiscben E. Uiiiijijluriiiii. H. lî. Klh. l'eru. Warscewicz. (Walpers Aiui. llvt. Sysl. Vl. p. ÔG.'J.) Ce bel Epidendrum, dont il n'existe encore qu'un pied unique en Europe, dans les serres de M. Linden, à Bruxelles, était en tieurs l'année dernière, lorsque nous étions en Belgique au mois de juin. Nous avons donc eu la bonne fortune de voir sa brillante floraison, dont la planche ci-jointe ne peut reproduire l'éclat. Nous serons donc forcés de nous en tenir à donner la silhouette de l'inflorescence de la plante, en laissant au lecteur le soin . 70. — Colijx 5-partitus, lobis sfiuaiiia iiitus slipalis. Corolla liypocraterimorplia, tiibo cyliudrico, apice subani^iLsliore inlfr .slaniiiia cl sinus plerumque appeiiilicibus auclo, l'auce eallosa, mine snl)l(il)ala, lol)is ol)lunyis a'slivalioue sinislrorsiun convolulis. Antlicrcv sub.sessilos in supi'riore tubi iitclusa' vel paulo oxsorla' sat^iltaUe, modio stiyniali adlia'renles. Ncctariuiu e glandulis 5, liberis vel basi coalitis, obuisis, cum lol)is calycinis altwiianlibus. Ovaria-'i, nectario lonj^iora, glabra. Stylus filiformis. Sli;jma capilaUim. FoUlculi (ex H. mexkano) ovoideo-oblon^i, car- nusub, polyspernii, seniinibus obovoïdcis, comosis. Frutices volubiles, ameiicani, /hliis oppo- silis, inlegris, vcnis .sîcpius coloratis, racemls axillaiibus, mullifloris, lloril)us niajusciiHs, liileis. (Alph. DC. in DC. Prodr., VIll, p. -126.) CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Sii/jrrutcT glabcr, caille cylindrieo violasceiite pruinoso sar nienloso-volubili : fdlin oppnsila peliolala ovato-olilonga acurainata acuta intégra, l)asi snl)- eordata, supra paubiUim bullala niteiilia viridi-argcnleo-violaceoque refulgenlia, sul)tus vividè viulaeea nervis pruminentilms; /liircsy Crescit in calidis Peruvix' orienlalis. Vidi vivani haud llorentem in horto Lindeniano. — Ed. A. La plante dont nous venons de donner une diagnose incomplète est une de ces charmantes Apocynées à. feuillage coloré qui, à l'instar des Echues, développent rarement leurs fleurs et contraignent leur introducteur à les livrer au commerce avant d'avoir pu établir le genre véritable auquel elles appartiennent. C'est un véritable chagrin pour le botaniste, on le com- prendra, d'avoir à déterminer une plante sur des échantillons sans fleurs, et de risquer de voir son travail infirmé par la science après quelques années. Les exemples de ce genre sont nombreux. Aussi n'est-ce qu'avec doute que nous rapportons cette espèce au genre HœmadicUjon, créé par Lindley pour des plantes brésiliennes, guyanaises, péruviennes et mexi- caines, qui sont très voisines de la nôtre, au moins par le faciès des échantillons cultivés et de ceux des herbiers. Nous faisons donc toute réserve sur la sanction future de notre déter- mination et nous nous contentons aujourd'hui d'attirer l'attention de nos lecteurs sur l'intérêt horticole de la belle plante que nous figurons. Elle forme un arbrisseau sarmenteux et grimpant, sans vrilles, à tiges cylindriques, fortes; les jeunes charnues, brillantes, d'un rouge violacé, pruineuses et entièrement glabres comme toute la plante. Ses feuilles, pétioiées, opposées, sont ovales oblongues acuminées aiguës entières, un peu bullées à la surface. Leur couleur est superbe, quand la plante est bien cultivée; elle se compose d'un fond vert pourpré, sur lequel vient se détacher un mélange chatoyant de satin argenté, de violet pourpre et — 15 - demeraude du plus frappant effet. La surftice inférieure, parcourue par les nervures saillantes, est d'un beau violet pourpré iiniforine. En résumé, c'est une charmante liane de serre chamle, ipii tiendra une brillante place à côté des Ecliites iiutnns, rubro-venia et autres belles intro- ductions à feuillage coloré dues à M. Linden. Eu. A. CULTURE. Cette admirable plante, dont les reflets chatoyants des feuilles rapi)ellent le moire antique, est cultivée dans le même compost que nous employons pour les Cissus, c'est-à-dire un mélange de terre de bruyère et de terreau de feuilles. Il importe de lui donner une place très ombragée, le grand jour faisant disparaître les nuances métalliques de ses feuilles. Elle demande beaucoup de chaleur et d'iunnidité pendant sa croissance. J. L. LES PALMES DU DIMANCHE DES RAMEAUX. l^a coutume catholique de porter des palmes et des rameaux d'arbres à la bénédiction de l'église le dimanche des Rameaux, est une commémoration, chacun le sait, de l'entrée de Jésus-Christ à Jérusalem. C'est une prati(jue touchante et universellement répandue. Elle ne varie point dans le rituel de la bénédiction par le clergé catholique, ni dans l'usage que l'on fait des rameaux bénits l'année suivante. Ils sont brûlés et constituent les cendres avec lesquelles on marque au front chaque chrétien le jour dit mercredi des cendres, en lui rappelant qu'il redeviendra bientôt poussière. i\Iais ce qui varie beaucoup, c'est la pla^ite qui est employée à cet usage dans divers pays, suivant la végétation de chaque région et l'interprétation des textes sacrés que la cérémonie des Rameaux rappelle. En effet, les récits des quatre évangélistes, identiques quant au fond, à l'occasion de l'entrée de Jérusalem, ne sont point conformes ({uant aux détails. Saint Mathieu et saint Luc disent que la multitude jetait sur la route ses vêtements et des rameaux coupés sur les arbres voisins ; saint Luc parle seulement des vêtements étendus le long du chemin. Seul saint Jean est explicite et raconte que le peuple vint au-devant de Jésus-Christ en procession en portant à la main des branches de Palmier (Aeceperunl ramos pnlinarum et processerunt obviam ei). Il est résulté de ces légères divergences que l'interprétation à varié sur la question de savoir quelles plantes devaient être portées au dimanche des Rameaux à la bénédiction ecclésiastique. Généralement l'usage populaire a été de consacrer à cette cérémonie des rameaux d'arbres ou d'arbuste.s. à feuilles persistantes, afin de les mieux conserver d'une année à l'autre suspendus au chevet du lit, sur le bénitier de la famille. On choisit également des plantes d'un aspect élégant, à feuillage peu volumineux, et parmi les espèces indigènes remarquables par des qualités particulières d'utilité ou le rôle qu'elles avaient joué dans les traditions anciennes. En Italie, second berceau de la religion chrétienne, on se sert générale- — IG — Palmes (les cardinaux cl ('V(''(|IU'S il lidiiie. ment de Buis et d'Olivier, à l'exception de la cour romaine, où les Palmes sont toujours restés en honneur. A Itome môme, et dans toutes les parties calcaires de l'Italie où le Buis commun {Buxus sempervirens) croit en abondance, c'est l'espèce employée à profusion et (jui jonche le parvis des églises à l'heure de la messe des Rameaux. La Fi'ance a généralement adopté cet arbuste, à l'exception de la région méditerranéenne où l'on se sert (le l'Olivier (Olea Europœa). Cependant, on utilise d'autres plantes dans les régions granitiques ou schis- teuses où le Buis manque absolument. M^'' l'évêque de Limoges me disait dernièrement que dans l'Anjou, on se sert souvent de Romarin {liosmariitns officinalia] quand on ne peut trouver de Buis. A Paris, le Buis est souvent apporté de très loin et sa vente en détail est l'objet d'un commerce considérable, bien que cha- que parcelle ne se vende ,que cinq centimes. Les longs rameaux de la forme arborescente sont préférés par le peuple, tandis que les riches et les élégants rapportent plus volontiers au logis une branche minuscule de la variété naine em- ployée dans les jardins pourbordures. C'estpriu- cipalement dans les jar- dinets des cimetières, toujours bordés de ce petit arbuste, que se re- cueille la majeure partie des Buis vendus aux por- tes des églises, et les tombes des concessions temporaires sont dé- pouillées sans pitié à cet effet. Les rameaux en An- gleterre sont de toute autre nature. Nous n'a- vons pas été peu surpris, le printemps dernier, de voir des fidèles revenir de l'église avec des bran- ches de Saule Marceau [SuUx caprœa), couvertes de leurs chatons fleuris. On les appelle Cattikuu, peau de chat, par allusion à leiu' aspect soyeux comme une fourrure. Ces rameaux remplacent, dans tout le nord-ouest — 17 — de l'Angleterre, le Buis ou l'Olivier. Nous ignorons si on emploie dans les autres parties du royaume uni des espèces différentes. Nous avons dit que les Palmes propi'ement dites étaient encore en usage à Kome. De tout temps, elles y ont été l'objet d'un commerce important, non seulement pour les achats des fidèles, mais comme objets de curiosité que tous les étrangers ne manquent jamais d'emporter de la ville éternelle. Ces Palmes sont faites des feuilles, ou plus exactement frondes, du Palmier Dattier (Pliœnix dactijUfera). Elles ont une belle couleur de paille blanche et leurs folioles sont recourbées sur le rachis en arceaux, dont l'extrémité est tressée avec grâce. Le sommet de la Palme est aigu et la dernière foliole l'esté dressée comme à l'état de nature. Immédiatement au-dessous de cette foliole, les suivantes sont fendues en fines lanières et tressées en nattes aplaties, recourbées ensuite en dessous et liées par leurs pointes. Près de la poignée qui sert à tenir la palme, la même disposition se re- trouve, mais les nattes sont de plus grandes dimensions qu'au sommet, et leurs pointes sont réunies et couvertes d'un cordon en spirale tordu, comme sur l'anse d'un panier. Les dimensions de ces Palmes varient beaucoup et le travail de tressage rliffère suivant la dignité ecclésiastique de celui qui les porte. Le pape les distribue lui-même à son clergé le matin du dimanche des Rameaux. Celle qu'il porte lui-même est plus travaillé'e encore que les autres et reçoit des ornements dorés d'une grande délicatesse. Le dessin ci-joint l'eprésente la Palme reçue cette année par ]\I-'' Trucliaud, évê(jue de Limoges, à Rome, et dont il a bien voulu me permettre de prendre un croquis. Le blanchiment de ces frondes de Dattier s'obtient également comme celui de la Chicorée ou de la Scarolle ; en liant la gerbe de l'arbre, de manière à ce que les pousses du milieu s'étiolent et se décolorent. Le centre de cette fabrication est pour l'Italie à Bordighiera et à San Remo, villages sur la route de la Corniche, de Nice à Gènes près de Vintriniglia, et, pour l'Espagne, dans la forêt d'Elclie près d'Alicante. Des hommes agiles grim- pent sur les arbres, se fixent à la naissance des frondes avec une corde et en jetant autour de la tête du Palmier une autre corde à crochet avec grande précaution pour éviter la piqûre des phyllodes aiguës de la base qui sont très dangereuses; puis ils ramènent à eux la corde qu'ils serrent avec un mouvement de tourniquet. Après un certain temps, les frondes nouvelles sont d'un beau blanc et on les envoie à Rome, où elles sont tressées, perdant un peu leur blancheur et passant au jaune paille léger, à peu près la couleur des chapeaux de Panama. A San Remo la culture et la vente des Palmes pour Rome a été longtemps le privilège de la famille des lîresca, dont les descendants existent encore. Ce monopole fut donné dans des circonstances qui méritent d'être racon- tées. C'était sous le pontificat de Sixte-Quint. Le pape tenait beaucoup à faire transporter, au centre de la place S'-Pierre, le magnifique obélisque qui était jusque-là resté dans le Cirque de Néron. Il chargea l'architecte Fontana de cette difficile opération, qui eut lieu en présence d'une foule immense. On craignait si fort que l'érection fût compromise par quelque cri — 18 — de la foule, que la peine de mort fut décrétée contre quiconque élèverait la voix pendant l'ascension du monolithe. Elle était déjà commencée avec suc- cès lorsqu'on vit avec stupeur que les câbles se tendaient démesurément et que plusieurs menaçaient d'éclater. Cent mille poitrines haletantes battaient de frayeur, dans un silence de mort et chacun s'attendait à un écroulement inévitable. " Mouillez les cordes! " secria du milieu de la foule une voix de stentor. Fontana comprit; de puissants jets d'eau furent dirigés sur tous les cordages et le reste de l'ascension de l'obélisque s'opéra sans encombre. Le pape non-seulement leva la peine édictée contre l'homme qui avait trans- gressé ses ordres en parlant si à propos, mais le fit chercher pour le récom- penser. Cet homme était un jeune marin du nom de Bresca ; il demanda et reçut le privilège exclusif de la culture et de la vente des Palmes et s'enri- chit lui et les siens en peu d'années. On voit que les espèces végétales usitées dans les cérémonies de l'Eglise ont aussi leur histoire et que l'horticulture et la botanique jouent un certain rôle dans cette petite étude que nous aurions voulu rendre plus complète si nous avions eu le loisir de faire des recherches spéciales. Ed. a. NOUVEAUTES FLORALES POUR 1871. Nous constatons que la guerre a empêché tout développement de la floriculture française et belge dans la fin de l'année dernière. Si les plantes de serre chaude continuent à augmenter en nombre d'espèces, il n'en est pas de même parmi les plantes de plein air ou de serre tempérée. C'est en Angleterre qu'il nous faut regarder pour signaler aux amateurs quelques bonnes nouveautés et le dépouillement des catalogues serait assez ditticile si nous n'avions pas à y ajouter quelques notes spéciales, recueillies à nos derniers vo^'ages. Les maisons de commerce horticole françaises ou belges pourront fournir, nous l'espérons, les plantes suivantes, si nos lecteurs ne sont pas en rela- tions directes avec les horticulteurs obtenteurs anglais. MM. Downie, Laird et Laing ont fait d'une vieille plante indigène, le Muflier un Antivrhinum majus, la source de très nombreuses et charmantes variétés pour nos jardins de plein air. On en voit de premier choix dans leurs pépinières de Standstead Park et les trois suivantes nous ont paru les plus jolies : Channimj, rose marbré plus vif; Orange Bowen, écarlate à lèvres- orangées, et Queen of Primroses, grande fleur cramoisie. Des plates-bandes de Mufliers, surtout si les variétés sont bien choisies, sont une source tou- jours renouvelée de jouissances pendant toute la belle saison. Les Auricules (Primula auricula var.) doivent à M. Turner, surtout depuis quelques années, des perfections jusqu'alors inconnues. Deux nouveautés hors ligne peuvent s'adjoindre aux listes de cet habile semeur. Ce sont : Colonel Champneys, pourpre rosé et blanc bordé de gris d'argent, et Oméga, pourpre-noir fascié et bordé de blanc. Si l'on y ajoute des variétés de choix comme Clipper, Black Prince, Etna, Monarch, Selina, etc., on aura le noyau — io- des plus belles plantes de M. Tuniei- et le commencement d'une collection sans rivale. Parmi les nouvelles Azalées nous pouvons compter : [''raiirain De Vos, tleur double cramoisie; Roi de Hollande, fortes fleurs saumonées; Van dcr Criiyssen, larges fleurs roses maculées; Mistress Turnev, rose saumon, larges Meurs ponctuées; Reine Marie-Henriette, riche rose saumon. Si les Lyonnais, comme M. Alegatière, ont obtenu de magnifiques choses dans les Œ^illets en arbre, les Anglais ne sont pas restés trop en ai'rit>re et nous recommandons ceux de MM. G. Henderson & son, de Londres. Vnlcuin, rose brillant pâle et Wldte nun, d'un blanc pur, sont deux ravissantes variétés dignes de tout éloge. Nous avons récemment publié une liste épurée de Chrysanthèmes. M. Salter vient d'augmenter la section japonaise par Jane Salter et Renown, deux plan- tes remarquables, vendues par M. W. Bull, de Londres (Chelsea). Pour clore cette liste rapide, nous citerons les Clematis admirables de MM. Cripps : Ladij Caroline Nevill, Star of India, Tanbridgensis, qui sont des variétés délicieuses dont nous aurons occasion de figurer bientôt quelques- unes. Ed. a. ORNEMENTS DES PARCS ET JARDINS. PONT.S RUSTKjUES. Nous avons remarqué en Russie, en 1SG9, à l'occasion de l'Exposition internationale d'Horticulture de S*-Pétersbourg, un ingénieux système de construction de pont rustique que nous avions résolu de publier et que nous avons vu reproduit en Allemagne ci la fin de la même année. Ce qui en fait l'originalité, outre son aspect rustique et vraiment pitto- resque, c'est qu'il n'y entre ni un clou, ni un boulon, ni une mortaise. C'est le mode d'enchevêtrement des poutres qui le cimiposent qui en soutient toutes les parties. Il est inutile d'expliquer cette disposition; un simple regard sur le dessin ci-joint en donnera la clef. Nous engageons fort les propriétaires ruraux qui nous lisent ;1 en essayer la construction et nous en garantissons le bon effet dans les paysages artificiels et naturels tles parcs. Ed. a. %*;î?ii\''i^N>vi — 20 — LES ANACHRONISMES DES PEINTRES. Nos artistes modernes en prennent vraiment bien à leur aise. Pour l'ornementation accessoire de leurs tableaux, ils se rendent coupables des plus extravagants anaclironismes et s'en inquiètent fort peu, dès que pour eux " cela fait bien. -^ C'est surtout dans l'imitation des produits de la nature que cette incurie se révèle, et surtout à propos des végétaux. Il semblerait sans doute monstrueux à ces messieurs de peindre, au premier plan de leurs paysages, une vache à trois cornes ou un chien à cinq jambes; et cependant beaucoup d'entre eux n'hésiteront pas à commettre une faute analogue en dessinant une plante à feuilles oppo.sées quand elles sont alternes en réalité, ou une fleur bleue dans une famille où cette couleur n'existe pas. Pour moins sauter aux yeux et sembler s'abriter derrière de prétendues variations de la nature, le défaut est le même. Tout observateur attentif, choqué de cette inexactitude, ne pourra jouir de l'ensemble du tableau si son esjirit n'est pas satisfait par les détails. Jamais un grand peintre n'est tombé dans ces travers; le respect de la vérité est une forme du génie des grands maîtres. Ni Raphaël ni Titien, en habillant leurs madones ou leurs saintes en Italiennes ou Espagnoles, au lieu des simples robes que portaient les Juifs; ni Paul Véronôse, en plaçant dans un palais de Venise, avec les costumes du temps, la scène des noces de Cana, n'encouraient le reproche que nous exprimions tout-à-l'heure. Leur composition était allégorique et l'anachronisme n'était qu'apparent. En plaçant le théâtre de leur action dans un pays de leur choix, ils ne peignaient point spécialement une page d'histoire, mais en idéalisaient leurs personnages et en les entourant d'un luxe de fantaisie ils rendaient une sorte d'hommage au saint cai'actère de leurs personnages. Où ils eussent été repréhensibles, c'est en ne gardant pas d'unité dans tous les détails de leur conception, c'est en plaçant le théâtre d'une cérémonie à Veni.se, par exemple, dans un monument byzantin imaginaire, avec un mobilier étrus- que et des costumes italiens. Ils s'en sont bien gardés; dans ces abstrac- tions de lieu et de temps ils sont toujours restés conséquents avec leur idée première et savaient bien que l'impression harmonieuse de leur tableau venait autant de l'exactitude de reproduction des accessoires que de l'arran- gement général, de la composition d'ensemble. Plus près de nous et dans le genre paysager, avons-nous jamais vu les tableaux de Poussin ou de Claude Lorrain, de Ruysdael ou d'Hobberaa peuplés d'arbres fantastiques ou inexactement dessinés, comme des Palmiers dans une forêt de Suisse ou des Sapins dans un paysage de Sahara? Teniers ou Van Ostade ont-ils jamais placé leurs Hollandais joufflus au milieu de mobiliers allemands ou italiens? Il était réservé à notre époque d'imagination sans frein et sans caractère de mêler toutes les données de la raison et de produire les plus bizarres fantaisies au détriment de l'exactitude historique. Le niveau général de l'art a l)eaucoup monté, dit-on. Nous le croyons sans peine; il suffit de visiter une Exposition annuelle de peinture moderne pour se convaincre que tout le monde peint agréablement et personne supérieurement. Les — 21 — individualités saillantes s'absorbent dans la masse intellipente. Beaucoup de talent; pas de génie. Quelques personnalités surnagent; mais elles sont plutôt dues au procédé qu'-à une étude profonde et à de grands esprits. On force la note pour attirer l'attention ; on outre volontairement ses qualités, qui deviennent alors des défauts, pour ne point faire comme tout le monde. L'art est alors bruyant, mais non profond; c'est l'époque du savoir-faire et non pas du savoir. , Dans cet ordre d'idées, une chose nous a souvent frappé, dans les Expo- sitions de Peinture à Paris, ;\ Bruxelles, en Allemagne (j'allais dire à Londres, mais peut-on appeler peinture la collection de croûtes exhibées annuellement dans les salles du A'aliunal Gallcrij'/); c'est la collection d'anachronismes de tout genre, et particulièrement à propos des plantes, que l'on peut lire sur les tableaux des artistes contenqiorains. Il est bien rare qu'en peinture, dans un épisode d'histoire rétrospective, l'auteur ait pris souci de s'enquérir des plantes qui étaient cultivées ;'i l'époque qu'il étudie, si des ornements végétaux doivent prendre- place dans son tableau. Un jardin du temps de François P'' sera rempli de Dahlias et de Chrysan- thèmes, sans examiner en rien si ces plantes ne sont point d'introduction postérieure au X"VP siècle. Jamais un peintre chinois ni japonais ne tom- berait dans ce travers, et nous avons dit, dans ce recueil, à propos de l'Expositon rétrospective du Palais de l'Industrie, quel l'espect de la vrai- semblance, sinon de la vérité absolue, ces artistes professaient, même dans l'emploi des fleurs pour l'art décoratif. Il y a deux ans, nous avons remarqué an Salon de Peinture, à Paris, une marquise du temps de Louis XV, occupée à faire de la tapisserie dans un salon, sur la table duquel on admirait un superbe bouquet de Gla'ieuls, composé des variétés obtenues par M. Souchet en 18G7! Cette année un grand tableau, qui ne nnuKpiait pas de qualités d'ailleurs, présentait en ce sens les disparates les plus choquantes. Il était signé d'un jeune homme, INP V. Giraud, et représentait une fête dans la Rome ancienne. La confusion d'ornements les plus discordants s'y montrait par- tout; à côté de l'architecture du temps et de costumes antiques étaient accumulés des meubles du XIX- siècle, des oiseaux et des plantes de tous les pays. Pour ne parler que de ce Capharnaiim végétal, voici quelques noms des plantes peintes par M. Giraud, et toutes inconnues des Romains à ces époques reculées : Dracœua tciiuinnlis, Lœlta .supcrbu, Alsophila nnstnills, Asjiidistra clatwv, Hedtjchium covonarium, Ficus elasticn, Dracœna anstralis, Befjonia divers, etc., etc. Des volières Trouchon et des meubles Duval ser- vaient de perchoirs à des Perruches ondulées. Perroquets, Cardinaux, Mésanges bleues. Pies, Martins-Pécheurs, Colombes, Milans, Grands-Ducs. Les plantes et les bêtes de l'Amérique, découvertes en 1492, s'y montraient en grand nombre. Ce désordre a perdu M. Giraud et son tableau, qui indiquait certaines qualités, malgré un parti-pris de couleur trop crue et exagérée. Dans une autre salle, .M. Ronot exposait une jeune fille vêtue ;i la grecque et se tenant auprès d'un lion superbe en plein Sahara. Le paysage se — 22 — tnuivait orné, s'il vous plait, d'un Ficus Dcngalcnsis, de l'Inde, d'un Caladium vdunun, du Brésil, et d'un Zamia, du Cap de Bonne-Espérance! M. Tourny représentait un salon du XVIIP siècle et avait placé une soubrette enrubanée à la "V\''atteau tout près d'une touffe de Primevères de la Chine des variétés récentes de MM. Vilmorin. Quant à M. Beaumont, ses sphinx et ses sirènes, au milieu de l'Egypte, étaient entourés de bouquets de Lilas Charles X. J'en passe, et de pires. L'énumération de toutes ces inepties deviendrait fastidieuse. On se demandera s'il était bien difficile à ces Messieurs de s'enquérir auprès d'hommes spéciaux, soit des plantes, qui, avant Jésus-Christ, ornaient les viridaiia de Rome, ou des espèces végétales connues dans les jardins à une époque déterminée de l'histoire! Mais non, cette démarche coûte quelque dérangement; on compte sur 1 ignorance du public et l'on figure au hasard les choses les plus hétéroclites sans s'inquiéter du juge- ment des hommes de sens. Nous savons que ces lignes constituent une sorte de sermon dans le désert qui n'a guère chance d'être lu par les artistes que nous voudrions atteindi'e. Mais elles constituent aussi une protestation en faveur de la science aimable à laquelle nous sommes attachés, et qu'il faut vengei' de toutes les atteintes portées à sa dignité, de toutes les erreurs commises en son nom. Eu. A. REVUE DES PLANTES NOUVELLES. BOTANICAL MAGAZINE. .ll'lLLKT IH70. 'Vanda Cathcarti, Lindley. — Orchidées. — La plus belle espèce, sans contredit, du genre auquel elle appartient, cette plante a été recueillie par le D"' Hooker en 1848 dans l'Inde septentrionale, et envoyée d'abord par lui au jardin botanique de Calcutta. MM. Veitch, depuis cette épuque, l'ont reçue de l'Inde à leur tour et vue fleurir. La végétation du ]\ Cathcarti est vigoureuse; ses feuilles sont aussi larges et charnues que celles des I'. simvis et tricolor. Ces fleurs, qui naissent en grappes à demi-inclinées, sont réunies par o-6; leurs pétales et sépales sont ovales arrondis, presque égaux, d'un jaune pâle entièrement recouvert de faisceaux brun-rotige, disposés en lignes transversales; le labelle, lyroïde au sonunet, arrondi biauriculé à la base, à bords crénelés recourbés en dedans, est de couleurs blanche, verte et jaune. Ce Vatida sera une magnifique acquisition pour nos serres cliaiides. Dracœna cylindrica, J. 1). Huoker. — Asparaginées. — Originaire de la rivière du vieux Calabar, sur la côte occidentale d'Afrique, ce beau Dragonnier est assez voisin du IJ. bicolnr, mais avec des feuilles beaucoup plus larges et l'épi terminal, plus grand, sessile, en forme de gros chaton. — 23 — C'est cette forme de Finflorescence qui lui a valu le qualificatif de cijlin- drica. Le genre Dvacœim est déjà très richement représenté dans nos cul- tures d'Europe. Cette espèce sera cependant une bonne addition à ses congénères, par l'élégance d(> son port et la furmc tout-à-fait inusitée de ses fleurs. Iris Iberica, Hortai. — liidees. — Plante de lurme et de couleur étrange, à grandes tleurs, supportées par une très courte hampe et de petites feuilles semblables à celles du Narcisse; les lobes du périajithe sont amples, arrondis, les extérieurs brusquement défléehis charnus à bortls recourbés jaune rayé de noir, les intérieurs dressés d'un beau blanc, les stigmates retombants et noir brillant à la base. Ces couleurs sont parfois variables et M. Hooker doutait de l'identité spécifique de la plante avec celle décrite sous ce nom par M. Regel dans le Gartenflora. L'/. Iberica est spontané, non pas en Espagne, comme son nom semble l'indiquer, mais des provinces ibériennes du Caucase, d'Imeratia, de Cilicie, de Kurdis- tan, et, probablement de la Perse. Il croit sur les hautes moutagnes, à une altitude de plus de 2000 mètres, et sera, par conséquent, rustiiiue dans nos jardins. Anthurium ornatum, Schott. — Aroïdées. — Beau feuillage, ample, cordiforrae, et spathes blanches renversées, oblongues acuminées, avec un spadice jiourpre brun, dressé, cylindrique. La plante fut d'abord découverte par M. Linden au "Venezuela, en 1842, puis par Feudler en 1854-55. Kew la possédait déjà depuis de longues années, sans que cette belle espèce eût été figurée. C'est de la riche collection de M. William Saunders qu'a été tirée la plante dessinée par Fitch pour le Bulanical Mayazinc. Saxifraga aretioïdes, Lapérouse. — Saxifragées. — Encore une de ces plantules al}>estres que le savant directeur de Kew affectionne. Son nom rappelle, comme la plante, ces Aretia de Linné, qui sont devenus de vérita- bles Androsuce. Ses toutes petites feuilles glauques glanduleuses visqueuses forment un épais tapis (|ue dépassent de quelipies centimètres, au printemps, de nombreuses fleurettes d'un beaujaune, bien égales en hauteur et d'un joli efl'et. Le 5. aretioïdes croit dans les Pyrénées, en Espagne, en Turquie et jusque dans l'Inde du nord. Toutes les collections un peu choisies de plantes alpines devront le posséder. Août 1870. Tillandsia Lindeniana, Morren. — Broméliacées. — "Voir, pour la description de cette jolie plante, la description qui accompagne la figure coloriée, dans l'avant-dernier volume (1869), de Y Illuslration horticole. Cymbidium canaliculatum, Brown, Prod. — Orchidées. — Tiges courtes comprimées; feuilles linéaires allongées, aigués; grappes lâches de fleurs longuement pédicellées, petites, à divisions ovales brun violacé bor- dées de vert. Plante gracieuse plutôt par son port que par l'éclat de ses fleurs. Elle est originaire du cap York, nord-est de l'Australie tropicale, où Robert Brown la découvrit au commencement de ce siècle. Elle fut recueillie de nouveau en 1864 par ce pauvre J. G. "Veitch, que nous venons de perdre si tristement, et elle fleurit au mois d'avril 1870 dans les serres de cet Etablissement. — 24 — Malope malacoïdes, Wild. — Malvacées. — On connaît cette jolie plante en Angleterre depuis 1710, et son introduction ne i'ut point difficile, puisqu'elle se rencontre à l'état spontané dans le midi de la France, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, l'Asie mineure et le Maroc. Les graines d'où sort la plante figurée par le D'' Hooker, lui vinrent en 1SG9 de i\I. Maw, qui fit une excur- sion botanique en Espagne et à Tétuan. La tige du M. malacoïdes est cou- chée et ses rameaux redressés, couverts de petites feuilles ovales subaiguës grossièrement dentées et de larges Heurs violettes aussi grandes que celles du Malva alcea. On la cultivera comme plante annuelle, à l'instar du Malope Irifida. Eritrichium nanum, Schrader. — Borraginées. — Encore une minia- ture végétale, cultivée par M. Backhouse, d'York, sur son rocher alpestre. Elle est tout-à-fait couchée sur le sol et se couvre en mai d'innombrables fleurs d'un bleu de Gentiane, s'épanouissant presque toutes à la fois. La plante se trouve dans toutes les Alpes de France, jusqu'en Carniole, à des altitudes variant entre 2000 et 4000 mètres. Asimina triloba, Dunal. — Anonacées. — Cette espèce d'arbre fruitier nord-américain ne saurait passer pour nouveau, mais il n'a guère été figuré avec soin que dans les Annales de Flore et de Pomone. C'est un grand arbuste ou petit arbre à larges et longues feuilles, d'unvert-noir brillant. En mars- avril s'ouvrent des fleurs pourpre -noir à 6 lobes, auxquelles succèdent des fruits dont les carpelles sont au nombre de 3-15. Ces fruits deviennent oblongs cjlindracés, verts, odorants, charnus et comestibles. On les appelle Custard-Apple et Papaw aux États-Unis, et en français Assiminier. L'intro- duction de 1'^ triloba en Europe remonte il Peter Collinson, en 1736. On le cultive comme arbre d'ornement rustique dans les jardins, mais il y fruc- tifie rarement sous le climat de Paris et de Londres. Cypripedium candidum, Muhl. — Orchidées. — Gracieuse espèce originaire des marais du Kentucky, du Visconsin, du Canada, de la rivière plate et des montagnes rocheuses. Envoyé à Kew par M. Dunlop, de Mil- wankie (États-Unis), elle y a fleuri cette année. On cultive le C. candidum comme les autres espèces rustiques : C. calceolus, guttatum, pubescens, parvi- jlorum, dont il rappelle le port. Ses feuilles sont dressées, ovales pointues. Les fleurs, au sommet d'une hampe haute de 30 centimètres environ, ont les divisions extérieures vertes lavées de pourpre, le labelle arrondi globu- leux utriculé blanc rayé de rose et le staminode saillant jaune d'or. La plante demande un sol tourbeux mélangé de feuilles mortes et une situation ombragée. Ed. A. '^ — CHRONIQUE HORTICOLE. Avec les premiers souffles tièdes du printemps, la paix revient, mais non point la confiance, ni les afî'aires, ni les travaux des sciences et des arts. La stupeur se prolonge; on pleure ses morts, on compte ses pertes matérielles et morales. Qu'au moins les amis du jardinage se rassemblent autour de leurs chères plantes, qu'ils cherchent un moment l'oubli de leurs misères et une consolation dans les sourires de la Nature, toujours bonne mère, toujours le refuge des âmes blessées. Faisons mieux, parlons d'autre chose, et tâchons d'enfouir ce triste passé sous les ruines qu'il a laissées! Expositions :Malines, Gand, Anvers, Bruxelles. — En Belgique, de nouvelles Expositions d'horticulture s'oi'ganisent. Nous venons de rece- voir les programmes des cinq principales de cette saison. A Malines, l'Exposition d'hiver se tiendra le 19 mars, dans les serres de Pitzembourg. Les concours ouvei'ts s'adressent surtout aux trente plus belles plantes, diverses ou bien cultivées, aux Azalées, Rhododendrons, Camellias, Orchidées, plantes nouvelles. Agaves, plantes bulbeuses, Rosiers, Poires et Pommes. Des médailles de vermeil, d'argent et de bronze sont offertes comme récompenses. Les demandes d'admission devront être adressées au secré- taire, rue des Vaches, à JMalines, avant le 15 mars au soir. La Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand invite les membres qui la composent à répondre à l'appel qu'elle leur adresse pour le 26 mars et le 25 juin 1871. La première de ces Expositions, du 26 au 29 mars, comprend des collec- tions de plantes fort -variées, parmi lesquelles nous relevons les plantes nouvelles. Orchidées, Amaryllis, Fougères, Lycopodes, Palmiers, Cycadées, Aro'idées, Bégonias, Ai^alias, Camellias, Azalées, Rhododendrons, Ericas, plantes bulbeuses, Agaves, fruits forcés, bouquets, accessoires de l'horticul- ture, etc. Une médaille d'or et une de vermeil seront attribuées comme prix d'honneur, aux deux exposants qui auront le plus contribué à l'éclat de l'Exposition. La seconde Exposition de cette Société, du 25 au 28 juin, comprendra les Coletis, Pelargoniiim zonàle et grandiflorum, Fuchsia, Verbena, Pétunia, Rosiers en fleurs, et corbelles-parterres. Des médailles d'argent et une de vermeil seront mises à la disposition du jury pour être décernées comme récompenses aux Exposants. A Anvers, la Société royale d'Horticulture et d'Agriculture tiendra sa 118'= Exposition dans le local de la Société royale d'Harmonie, les 2 et 3 avril. Les concours sont variés et s'appliquent nommément aux Camellias, Rhododendrons, Azalées, Orchidées, Rosiers, Amaryllis, Hya- cinthes, Cinéraires, Calcéolaires, plantes diverses en fleurs et fruits. Un TOM. XVIII. — FliVIilEB-MARS 1871. 5 — 26 — concours extraordinaire de vingt-cinq Azalea indica sera récompensé par deux médailles d'or de 100 et de 50 l'rancs et une de vermeil. Les demandes d'admission devront être adressées au Secrétaire, au plus tard le lundi 27 mars. Enfin, la Société royale de Flore ouvrira sa 90'^ Exposition à Bruxelles les 23, 24 et 25 avril 1871. L'emplacement clioisi sera encore une fois le Jardin Botanique de Bruxelles, Nous disons encore une fois, car il se pour- rait que l'année prochaine le local fût changé, cet établissement ayant été cédé à l'Etat qui va y organiser de nouveaux" travaux d'appropriation à une destination nouvelle, ou plutôt des modifications importantes. La question a été fortement agitée à la dernière séance générale de la Société de Flore, à laquelle nous avons eu l'honneur d'assister. Nous espérons qu'une solution heureuse conservera à cette utile Compagnie l'emplacement de ses fêtes florales si réputées. Un concours spécial d'Azalées, dites de l'Inde, avec prix de 500 et de 100 francs, sera ouvert aux lutteurs internationaux, et d'auti'es concours nombreux seront à la disposition des horticulteurs et amateurs, avec l'attrait de récompenses importantes. Les demandes d'admission devront être adressées avant le mardi 18 avril à M. Lubbers, secrétaire, rue du Berger, 26-28, à Ixelles-Bruxelles, qui enverra d'ailleurs, sur demande, le programme détaillé. Couverture des Palmiers rustiques. — Pendant le voyage que nous venons de faire du sud-ouest de la France en Angleterre et en Belgique, nous avons remarqué que partout les Ckamœrops excelsa avaient beaucoup souffert de la neige accumulée dans le centre de leurs pousses et que son eflét avait été plus désastreux pour eux que la violence du froid. L'abaissement de la température, chose étrange, a surtout causé la des- truction de leurs vieilles feuilles, au moins sur les pieds qui avaient été un peu protégés, en laissant intactes les jeunes du centre que l'état tendre de leurs tissus semblait devoir exposer davantage à la congélation. On remarque ce résultat dans plusieurs villes de l'ouest, — à Ancenis, par exemple, — dans le nord, et surtout à Paris, où tous ceux du Muséum sont dépouillés de leurs vieilles frondes. A Nantes, nous avons constaté, au Jardin botanique, que tous les Cka- mœrops excelsa étaient en parfait état et n'avaient rien perdu de leur feuillage. Ce résultat était dû, non-seulement à la douceur du climat de cette ville, mais à ce qu'on avait eu soin de couvrir ces arbres. d'une simple toile, disposée en dôme sur deux cerceaux en croix, montés sur quatre bâtons et formant contre la neige une protection très efficace. On protège également le pied de l'arbre avec une couche de feuilles sèches, liante de 50 centi- mètres, disposée en cône autour de la tige, et empêchant son contact avec le sol gelé. Ces moyens protecteurs devraient être généralement employés. — 27 — Sentiers de jardins. - En Hollande et en Angletei're, on se préoccui.e tout spécialement des sentiers dans les jardins. J'ai raconté queliiiie part qu'un jour, me promenant à Levde dans le jardinet d'un amateur, je lus très surpris de voir qu'en repassant par les mêmes allées, nous foulions toujours un sable nouvellement ratissé. M'étant retourné, j'apenais avec stupéfaction un jardinier nous suivant avec un râteau et effaçant patiemment la trace de nos pas à mesure que nous avancions. L'exagération ne va pas jusque-là en Angleterre. On j soigne cependant tout spécialement le premier établissement des allées, afin d'éviter pour la suite un entretien dispendieux. Au Jardin botanique de Sheffield, presque toutes les allées sont asphaltées. Pour cela on draine et on bat fortement le sous-sol, puis on répand une couche d'asphalte, recouverte de gravier blanc, qui entre da]is cette matière avant son entier refroidissement. Un autre excellent sol d'allées peut encore être recommandé. Il est moins dispendieux et aussi solide, et jamais ni entretien ni ratissage ne sont néces- saire quand il est bien établi. On prend trois parties de gravier passé à la claie, une partie de chaux criblée et on y ajoute assez de coal-tar ou goudron pour en faire un épais mortier. Une épaisseur de 4 à 5 centimètres est suffisante pour sentiers de piétons, le double pour routes de voitures. On unit la surface avec le dos de la bêche, et le tout bien entendu repose sur un sol drainé et bien nivelé. Si on n'aime pas la couleur noire, on peut prendre trois parties de sable et une de chaux un peu humide et rouler fortement. L'économie d'entretien compense vite la petite dépense occasion- née pour la confection de ces excellents chemins, toujours propres, tou- jours secs et ù l'abri des mauvaises herlies. Les Serres à Vignes de M."W. Tliomson.— Au printemps de 1SG8, nous avons eu la bonne fortune de visiter les cultures par M. W. Thomson, à Dalkeith, en Ecosse, chez le duc de Buccleugh. Ce sont là de ces mo- ments qu'un horticulteur n'oublie plus'jamais. La cordialité, l'affabilité de M. Thomson ajoutèrent encore au charme des instants trop courts que nous avons passés dans ces belles serres et dans ce parc, qui a peu d'égaux même en Angleterre. Nous avons conservé les notes prises pendant cette visite et nous les publierons prochainement. Ce que nous voulons signaler aujourd'hui à nos lecteurs à propos de M. W. Thomson, c'est qu'il vient de fonder en Ecosse, sur les bords de la Tweed, à Galashiols, dans le Selkirkshire, un vaste établissement oCi il va exercer dans tout son développement la spécialité dans laquelle il est passé maître, la culture forcée de la Vigne. M. Thomson, en effet, est fort connu de l'autre côté du détroit par son ouvrage intitulé " The Grape Viiie, -> où il a esquissé en peu de pages les préceptes de cette culture perfectionnée et son nouveau système d'aération et de ventilation du sol. Il était en même temps rédacteur en chef d'un journal horticole, •• T/ic Ganleiier, '• qu'il vient de placer entre les mains de son frère, jardinier à Drumlanrig, Ecosse, pour se consacrer sans retour à la grande entreprise dont nous parlons. Déjà trois énormes serres, de 70 mètres de long sur 8 de haut et 9 de large, sont bâties et plantées de jeunes Vignes. D'autres serres, notamment des serres à Ananas et à Concombres, s'ajoutent à celles-ci, et l'ensemble de — 28 — l'établissement de la Tweed " Tweed Vinegard, " promet de devenir égal, sinon supérieur ;\ celui de M. Meredith de Garstim, près Liverpool, dont nous avons parlé dans ce recueil. Avec nos regrets de voir M. W. Tlionison quitter un emploi où il s'était particulièrement distingué, nous accompagnons de nos meilleurs souhaits l'annonce de la fondation nouvelle il laquelle il attache son nom et son savoir. Vitalité des bulbes. — La persistance de la vitalité des graines, bien que sujette à caution par les contes qui ont été débités à ce propos, n'en est pas moins certaine et curieuse au dernier point pour certaines espèces. Sans parler du blé de miracle ou de momie ou des Dahlias enfouis dans un sarcophage romain qualorx-e siècles avant la découverte du Mexique, on sait de bonne source que des Framboisiers actuellement vivants au jardin de Chiswick proviennent de graines recueillies dans l'estomac de l'une des victimes de l'ensevelissement de Pompéï. Mais ce que l'on connaît moins, c'est la force de vitalité de certains bul- bes. Nous apprenons qu'un énorme oignon à'AtnarylHs (Brunswigia) Jose- plnnœ, arraché au Cap de Bonne-Espérance en 1866 ou 1867, et transporté dans une armoire du Muséum d'Edimbourg, vient de se mettre à pousser. On cite également des oignons de Tulipes qui sont encore très frais après avoir été trois ans enfouis profondément dans le sol. Ces faits sont fort curieux; quelques-uns de nos lecteurs en connaissent-ils d'analogues qu'ils voudraient nous communiquer, et que nous pourrions ajouter au peu que nous savons sur cette question? Sarcloir américain. — M. W. Robinson, l'auteur bien connu des Parcs et Jardins de Pans, Fleurs des Alpes, Culture des Champignons, etc., et dont nous avons plusieurs fois parlé ici, revient des Etats-Unis avec toute une cargaison de notes horticoles curieuses, de précieuses ; //\ indications tle culture, d'instruments nouveaux, etc. Nous ; // %. profiterons à l'occasion du résultat heureux de ses recher- Sr II \ elles chez les Yankees et les Californiens. Notons aujour- ^^ \ 7 d'hui l'outil bien simple et bien commode qu'il nous a : \ / montré et dont est ci-joint un croquis. C'est un sarcloir. ; V/ 11 se compose d'un petit manche tourné, de bois blanc, '; F| et d'une lame de 15 millimètres de large, pliée en losange I 1 et à bords un peu aiguisés. On s'en sert pour sarcler, ^ \9 nettoyer les mauvaises herbes, passer entre les plantes, '^ Il béquiller les pots, faire de petits labours délicats, etc. i I 1 Rien n'est plus commode dans la pratique, et plus simple i \yF à construire. Nous en jmrlons par expérience, et recom- mandons ce petit instrument. Les plantes et les émanations chlorurées. — En faisant tout récemment une excursion dans les serres du Jardin botanique de Bruxelles, nous avons remarqué les tristes effets des émanations du chlorure de chaux qui avait été mis en dépôt dans les salles voisines. On ne s'imagine- rait guère à quel degré délétère pour les végétaux les effluves chlorurées peuvent atteindre. M. Lubbers, jardinier en chef de cet établissement, a — 29 — bien voulu écrire pour nous à ce propos un article dont nous recommandons la lecture, et qui montrera quelle est la résistance relative des genres et des espèces cultivés, à ces influences pernicieuses. Le Muséum de Paris bombardé. — Le Muséum d'Histoire natu- relle de Paris, ce même établissement auquel se rattachent tant de souve- nirs scientifiques internationaux, a été victime du bombardement, ainsi ijue nous l'avons dit. M. Chevreul , directeur, a adressé à l'Académie des Sciences une protestation dont l'Académie a voté l'impression à la tète de ses Comptes-rendus, et le Comité des professeurs du Muséum a décidé qu'un monument de marbre, portant cette inscription, sera placé dans l'une des galeries d'histoire naturelle et entouré des projectiles venant des batteries ennemies et tombés dans l'établissement. Vertus curatives des feuilles d'Eucalyptus. — On a déjà indiqué les qualités de lécoree et des feuilles de ÏJùtciihiiilu:^ ijlobulHf:, non-seule- ment comme toniques, mais encore comme fébrifuges, iians certaines villes d'Espagne, ù Valence, par exemple, on les emploie avec succès contre les fièvres paludéennes. M. Cloez a découvert dans ces feuilles un principe par- ticulier, \Eucahjptine, qui se rapproche de la Cindioninc. Un nouvel intérêt va donc s'attacher à cet arbre déjà si précieux comme bois de construction et aromate. Le Gardeners Chronicle a publié la lettre suivante, de Caimes, dont voici un extrait traduit : - Nous avons reçu de » l'armée 100 blessés et invalides. Le docteur C. Buckersley a IG cas dan- " gereux dans un hôpital où il se trouve en compagnie de deux docteurs " français. Les malades sont admirablement soignés par les petites sœurs, " qui, à l'instigation du médecin français D'' Gimbert, emploient, pour " panser les blessures, des feuilles d'Eucalyptus en guise de charpie. Ou les " applique immédiatement sur la blessure, qu'elles contribuent à guérir " très rapidement, en enlevant toute mauvaise odeur après quebjues " heures. - Réclames anglaises et américaines. — L'art des réclames en Angleterre et aux Etats-Unis est proverbial. Quelques horticulteurs même s'y entendent remarquablement bien. L'un d'eux s'y prend ainsi : Il loue la quatrième page entière d'un grand journal et la laisse en blanc de haut en bas, à l'exception de cette courte ligne : " La Maison So & So avait loué " cette page pour ses annonces, mais ses afl'aires sont devenues si considé- " râbles que toute réclame lui est désormais inutile. " Il faut convenir que ceci touche presque au sublime du geni'e. Tout sert à ces industriels, même et surtout l'effet que l'on fait pour les combattre. Sans doute, le commerce rend nécessaire une légitime con- currence et l'annonce des produits des spécialistes, mais dans des conditions normales et non au mépris de la dignité personnelle. En Amérique, un journal très répandu, i'Americnn Agriculturist, signale des abus bien autre- ment criants, et qui rappôlent le mode d'action des frères Brame et autres escrocs de même farine. Une compagnie de chevaliers d'industrie exploite les Etats-Unis d'une façon scandaleuse, changeant à chaque instant de noms et de résidences, envoyant des millions de prospectus, achetant des marchandises sans les payer et les revendant, cela se comprend, à bas prix. — 30 - On voit que cette nialadio n'est pas spéciale ;\ nos pays; mais en Amérique on se ligue entre honnêtes gens, on a vite formé -' une liste noire » (black lisi). qui comprend les noms connus de ces exploiteurs, et déjà on a réussi à extirper une bonne partie de ce chiendent liuinain. Les vers, chenilles et limaçons végétaux. — Une distraction bien innocente et dont nous avons eu récemment un nouvel exemple, consiste à semer, dans la salade en la servant sur la table, les fruits ou gousses de trois petites Légumineuses, qui ressemblent à s'y méprendre à des vers de terre ou lombrics, ù. des chenilles vertes et à des limaçons. La contenance des convives non initiés à cette petite supercherie est parfois très amusante, quand ils rencontrent ces objets dans leur assiette. On a dit que si la sur- prise était naïve, elle n'était pas agréable. Cela est vrai pour certains convives, et dans ce cas on doit s'abstenir et réserver la plaisanterie pour les gens de bon caractère. Ces plantes ne réclament aucune culture spéciale ; on les trouve chez tous les marchands de graines, et on n'a qu'à en semer quelques pieds dans un coin du jardin potager. 'Voici leurs noms botaniques respectifs: Limaçon végétal (Medicago orbicularis]. Chenille végétale [Scor- piunts vermiculata) et Lombric végétal [Astragalus hamoms). Teinture de la mousse en vert. — La mousse des bois, que les fleuristes utilisent pour les Heurs artificielles, pour les bouquets d'hiver, ou que l'on place dans des jardinières de salon pour couvrir le sol, perd sa belle couleur verte si on ne prend le soin de la teindre. Le moyen est facile, peu connu; nous l'indiquerons à ceux de nos lecteurs qui l'ignorent, et sont contraints d'acheter la mousse parfois assez cher pour divers usages. On prend environ deux litres d'eau que l'on porte à l'ébullition et dans laquelle on verse 16 centigrannnes d'acide picrique et une quantité convenable de carmin d'indigo. Cette quantité doit varier selon la nuance du vert que l'on désire. On ajoute un peu d'acide picrique pour obtenir une nuance plus tendre. On lie la mousse en petits paquets, et on plonge la partie supérieure pendant une minute environ, puis on retire et l'on fait sécher. Nouvelle classification des Lis. — Les travaux récents de MM. de Cannart d'Hamale et Duchartre sur le genre Lis n'ont touché qu'avec beau- coup de réserve à la question de classification des espèces, qui est restée jusqu'ici embrouillée. Un botaniste distingué de Kew, M. J. G. Baker, vient d'entreprendre ce travail. Il donne d'abord, dans le Gardeners' Chronide, un conspectus général des organes sur lesquels porte son étude pour la classi- fication : bulbe, tige, pétiole, feuille, inflorescence, périanthe, étamines, pistil et capsule, et décrit les caractères que ces parties revêtent dans les principales espèces. M. Baker divise alors le genre Lis en deux sous-genres, ainsi distribués : Sous-genre I. Notholirion (Lis de l'Himalaya). — Bulbes à tunique comme les Tulipes; stigmate jjrofondément fendu en trois divisions subulées cro- chues. — Exemples : L. roscum, L. Houkeri (n. sp.). Sous-genre II. Lilium propres. — Bulbes écailleux; stigmate capité en haut du style, avec trois lobes peu marqués. Groupe I. Eulirion. (Lis à fleurs en entonnoir). — Périanthe infondibuli- forme, horizontal ou légèrement pendant, à divisions plus larges au dessus — 31 — du milieu, graduellement rétrécies à la base s étendant seulement dans leur quart extérieur quand elles sont tout-à-fait ouvertes; filets et style parallèles. — Exemples : L. lonijiflorum, ciindidiuii, amUfolinm. Groupe II. Arcuei.irion' (Lis à fleurs ouvertes). — l'ùriantlie largement campanule, horizontal ou légèrement pendant, ;\ divisions ovales, plus larges au dessous du milieu, non onguiculées, s'étalant depuis la partie inférieure au milieu à leur complet épanouissement; étamines divergeantes île tous les côtés. — Exemples : /.,. auralam, spcciosum, liijrinum. Groupe III. Isolirion (Lis à fleurs dressées). — Périanthe lai'gement cam- panule, tout-à-fait dressé, à divisions oblongues lancéolées plus larges vers le milieu, rétrécies brusquement et étroitement en griffe vers le bas dans la plupart des espèces, étalées dans leur moitié ou leur tiers supérieur à leur complet épanouissement; étamines divergeant de tmis cùtés. — Exemples : L. bulbilenun, philadclpliicum, Catrsbœi. Groupe IV. ÎMartagon (Lis à turban). — Périanthe largement campanule, toujoui's pendant, à divisions lancéolées, plus larges. Vers le milieu, non dihjtinctement onguiculées, réfléchies ordinairement depuis leur moitié ou les deux tiei's à leur entier épanouissement; étamines divergentes de tous les côtés. — Exemples : L. martagou, pnmponicum, clmlcedonicum. M. Baker continuera la révision du genre Liliiini. par les études de détail, sur lesquelles nous reviendrons. Pour aujourd'hui nous appelons l'attention des liliophilcs sur l'opportunité de ce travail (|ui leur j)ermettra de distribuer leurs plantes par sections distinctes et d'éviter les erreurs de détermination. Mort de M. Miquel. — C'est avec un profond regret que nous annon- çons la mort d'un botaniste éminent, le D'' jVIi(|uel, professeur à l'Université d'Utrecht. Il s'était occupé de botanique systématique depuis de longues années ; ses publications sur les Artocarpées, les Pipéracées et les Cjcadées ont force de loi dans la classification actuelle et les études sur ces familles. Il s'était spécialement occupé aussi de la détermination des plantes prove- nant des possessions hollandaises dans l'archipel indien, notamment de Surinam et de celles de Japon et de l'Australie. La science perd en lui un appui solide, un travailleui' consciencieux et ardent, et tous ceux qui l'ont connu un ami fidèle et un cœur libéral. ,, , En. André. - 32 PI. L. CLFJfATlS (inr.RiD. vfx yar. r.iiirrsiAM). CLÉMATITES HYBRIDES DE CRIPPS. FlTYMOLOGIE pI CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir lll,:slvnlio,i hoviUulc, vol. |, pi. |i, et vol. Vil, pi. 234. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Voir ibid., suh Cl. lanaijinnsa ot Cl. iMitnm varld. Variétés ; Cl. Star of India. — Tiges vigoureuses; feuilles ovales acuminées courtement pétiolées, subcordirormes à la base; fleurs larges de 15 centimètres, à sépales larges, ovales aigus, d'un violet bleu foncé réticulé de noir, avec une bande pourpre au centre; milieu de la fleur orné d'une couronne d'étamines lilanches à pointes roses. Cl. Tunbridgensis. — Feuilles largement ovales ondulées parfois lobées triangulaires profondément cordiformes à la base; fleurs étalées, larges de 16 centimètres, à sépales obovales obtus creusés en dedans, côtelés en dessous, à extrémité mucronée, d'un violet éclatant très foncé uniforme avec nervures plus intenses encore et une étoile d'étamines blanches radiées au centre. Cl. Lady Caroline Nevill. — Forme de la Cl. liniufjino.m; feuilles ovales aiguës cordiformes à la base, à surface bullée; tiges vigoureuses; fleurs énormes, de 20 centimètres de diamètre, à 6-7 sépales étalés, longs de 0"M0, larges de 0"',07, obovales obtus mucronés, creusés au centre par trois nervures enfoncées; nuance du i'oud bleu lilacé tendre, relevé d'un ton plus foncé au centre; milieu de la fleur portant une large houppe d'étamines recourbées, à filets verts et blancs, à anthères brunes. Ces trois magnifiques variétés ou hybrides sont dues aux semis de M. Th> Cripps, horticulteur, ;1[ Tunbridge M'ells (Angleterre). Elles conti- nuent la série déjà nombreuse des gains obtenus par M.M. Jackmann, de Woking, Simon frères, à Metz, et quelques autres semeurs émérites. Les Cl. païens et lanuginosa ont été les premiers parents de ces plantes, dont la haute valeur ornementale ne peut èti'e dépassée et qu'on emploie aujour- d'hui à tant d'usages dans les jardins. On en forme des tonnelles, bordures, corbeilles, festons, colonnes, etc., de l'aspect le plus charmant et d'un éclat éblouis.sant pendant toute la belle saison. Nous publierons prochainement un article spécial sur l'iiistoire et la culture de ces admirables Clématites. Ed. a. CULTURE. En attendant une notice spéciale, nous conseillons de cultiver ces Cléma- tites dans un sol léger, sableux, siliceux s'il se peut. L'élément calcaire leur est tout-à-fait contraire. On les taille très court tous les ans, le jeune bois seul donnant des fleurs. Leur multiplication se fait par greffe sur racines de la Cl. vitkclla. -l^ Eta^ Iifhie L.Slroobarà, aSani r—Ririi-i-l/^ /ll\/f / It^^'^'-f T.Strodbaiib,aiM.t.]pinz.itiHortoImil ^.ajiMi^ ItalXithleL.StToobantàGani 33 PL. LI. CARICA EPiYTimOCAllPA, im et andré. papayer a fruits écarlates. Papayacées. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Carica. Liiiii. Ga,. ii" 1 127, - rinrcs uiiiscxualos, sa-pissimo didici. Ciili/x liber miiiimiis quiiiquedeiilaliis. Maxc. C.orolla iiypo^yiia inl'uiKlilnilitormis, limlio quin(iuc|iai'tilo. Stinnimi 10, corolhe faiici iuscrla, aUci'iia liiiihi laciiiiis op|iusila Icmyiora; (ila- mciila complanato-linearia, aulliwa! iulrorsa', hiloLulairs, loculis eonliguc adnalis, lonyitiidi- iialiUT deliisceiilibus. Ovarii rudimenlum. Fvin. CoiulUu peUila 5, liypoyyiia libéra. Slaniinum rudimcnta iiulla, v. niiuima ad ba.siii petalorum. Omvium sessile, liberuni, uniloculare, pla- cenlis parlelalibus quinqup, niulto omlatls. Slijtiis brovissimus; stiijma radiala quinquelobuni, lobis findiriatii:. liacca ovata, quiiiqiiangulata, uiiiloeulaiis, pulposa. Sciiihia plurinia, parielalia, baccata. Eiiihrijo in axi albumiiiis cariiosi ortljutropii.-^, ma^iius, cùlyledoiiibus elliplicis, folia- ccis, radicula brcvissima, eeiUrifuga. (Endliclier, I. d. ii" oll9.) CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : ArbuscitUi glabra covlke cinerasccnte, truiico carnoso, «im- plici, eraiiioso, cylindraeeo scutellalo; fi/lin longe peliolala palmala Iriloba, lobix ovato-laii- ceolatis acuminalis apice torlili, laleralibu.s basi rotuiidalis siiiu aiigustalo; fores albi miiiuli, mascull calyce subnullo, eorolla 5-lida iiil'undibiililoriiii, rdanientis iii lubo corolUe allernis brcviorilms; /(rH(i'«Pi calyce 5-deiitalo, cçirolla ii-pelala, sliginalibus-3; bacca ovo galliiiacco niagniludiiie Ibraïaquc similis, succiilenta, \\%. edulis, subcostata, iiileiis, purpureo-scarlalina, uiiilociilaris, polyspernia, scini/ilbui: suberusis magiiis nigresceiitibus, albumine carnoso. — Prope Guayaquil (Ecuador), legit cl. Wallis, 1806. ^ Ad vivuni et l'ruclus fereutem descripsi in liorto Lindcniano. E. A. Ce curieux petit arbre, qui porte dès sa jeunesse de nombreux et jolis fruits écariates de la grosseur d'un œuf de poule, a été découvert par M. G. Wallis dans les environs de Guayaquil (Ecuador), et envoyé en Europe en 1866. Il fructifie dans les serres de M. Linden depuis deux ou trois ans déjà. On nous l'avait signalé comme produisant des fruits comestibles. Nous les avons goûtés dernièrement; leur chair épaisse et laiteuse, douce d'abord, laisse au palais un arrière-goût âpre, qui nous a paru peu agréable. Nous conseillons donc de conserver au Carica erythro- carpa une place seulement comme arbuste d'ornement de serre chaude, soit par son joli feuillage vert palmé, soit par ses fruits qui ressemblent à des œufs rouges de Pâques ou mieux aux baies du Solanum betaceum. Le C. eiijthrocarpa forme un petit arbre glabre à suc laiteux, sans rameaux, au moins dans les spécimens que nous avons étudiés et dont la hauteur n'atteignait pas 1 mètre. La tige, charnue, gris cendré, cylindrique, anguleuse au sommet, porte les cicatrices des feuilles tombées. Le pétiole dressé, cylindrique, canaliculé en dessus, rougeàtre, long fie 10-12 centi- mètres, supporte un limbe étalé, plan, trilobé, û lobes ovales lancéolés TOM. XVMI. — Ki;VRIER-M.\RS 1871, - 34 - acuminés, à pointe tordue, à surface d'un vert gai, plus pâle en dessous, brillante, couverte de corpuscules hyalins globuleux caduques. Les fleurs, blanches, petites, sont monoïques ; les mâles à calyce presque nul, à corolle 5-fîde en entonnoir, à filets des étamines courts, alternes, insérés sur le tube de la corolle; les femelles à calyce 5-fide; à corolle à 5 pétales; 5 stigmates. Les fruits, disposés autour et au sommet du tronc, sont des baies soli- taires, penchées au sommet d'un pédoncule court, ridé, robuste. Leur grosseur égale celle d'un œuf de poule avec une forme identique, à l'excep- tion d'un court mucron, terminal de cinq côtes obscures longitudinales et d'une ligne ventrale comme dans les Pêches. L'épicarpe, lisse, brillant, est d'abord vert, puis d'une magnifique couleur pourpre-écarlate, uniforme à la maturité. Le mésocarpe est de l'épaisseur d'une forte peau d'orange, charnu, blanc jaunâtre laiteux, et de la saveur que nous avons indiquée. Les graines de la baie, uniloculaires, sont portées sur les ramifications d'un axe, qui n'atteint que la moitié de la cavité centrale ; elles sont entourées d'une substance blanche flocconeuse. Leur testa est revêtu d'un liège épais, profondément fendillé, brun-roux, et l'embryon orthotrope est placé au centre d'un albumen charnu. Ed. a. CULTURE. Serre chaude ordinaire; terre très substantielle; i^epos l'hiver pour obtenir une bonne fructification. Les plus jeunes pieds que nous cultivons portent des fruits aussitôt que le bois du tronc a pris une couleur grise et une consistance solide. Dans cet état, la plante est très ornementale, soit dans les serres, où ses grosses baies rouges persistent longtemps, soit comme décoration d'appartements et de tables. J. L. CAMELLIA VESSILLO DELL ARNO. — 35 — PL. LU. CAMELLIA VESSILLO DELL' AllNO, Ternsteœmiacées. ÉTYMOLOGIE, CARACTÈRES GÉNÉRIQUES et SPÉCIFIQUES : Voir UIksIi: liortic, l. VIII, |il. 506, l. X, pi. 513, etc. Var. Vessillo dell' Arno, soniis d'Italie; gniiule lleur imbriiiuéu d'un iiuiyiiiliciiie roUf;e écarlate réticulé veiné de lignes plus foncées. (Suite des Notices de culture.) Les sei'ingages ne sont guère moins utiles aux Camellias que les arrose- ments de la terre même où ils sont plantés. Ils seront C(.)mmencés dès le mois de février, au moment où le soleil commence à avoir un peu de force, et seulement quand il donne, de manière ;\ favoriser le gonflement des bou- tons. Ces seringages ont surtout pour avantage de gêner les incursions des insectes et de les forcer à s'éloigner. Dès que l'hiver approche, les arrosements seront plus rares et distribués enfin avec beaucoup de parcimonie pendant la mauvaise saison, depuis la rentrée jusqu'à la floraison. Toutefois, ils ne seront jamais cessés complète- ment : les Camellias n'ont point de période de repos, nous l'avons dit; ou peut s'en assurer par le travail incessant de leurs racines tout l'hiver. A chaque rayon de soleil, pendant cette saison, il faut faire une revue d'arrosage, et donner ensuite beaucoup d'air pour empêcher la stagnation de l'eau. L'arrosage du matin est alors préférable à celui du soir; il permet une plus rapide évaporation. Si le chauff'age de la serre répand une chaleur trop sèche, il sera bon de mouiller copieusement les sentiers et même les tuyaux ; rien n'est plus nuisible aux Camellias qu'une atmosphère tout-à-fait aride. Enfin on obtient de bons résultats en conservant les Camellias longtemps en serre, jusqu'à l'achèvement de la pousse, c'est-à-dire en juin, surtout si l'on a soin d'ombrer, d'aérer fortement et de multiplier les bassinages quand le soleil frappe les vitres. Ed. a. -36 - VASES ET .CORBEILLES DE FLEURS. Au centre des compartiments réguliers qui se trouvent dans les jardins à la française, ou des terre-pleins sablés qui entourent l'habitation, dans les cours qui précèdent un hôtel à la ville, enfin dans tous les espaces où l'on trouve des axes qui demandent un dessin régulier, peut se placer la corbeille de fleurs représentée par le dessin ci-contre. 'pmm r^ ■Z^^^^> Les bordures sont en pierre à moulures, en marbre, en terre cuite ou en bois rustique, ad libitum. Le centre est occupé par un piédestal en pierre taillée et un vase en fonte ou de marbre, dans lequel on place une grande plante, par exemple un Agave. Entre la bordure et le vase, on plante des espèces variées, à beau feuillage et à fleurs brillantes, dans un sol riche et bien drainé. Nous avons même vu, dans plusieurs villes d'Allemagne, relier les bords du vase aux coins de la bordure par des fils de fer auxquels s'entortillent des Capucines, des Tlnmbergia, Cobœa, Maurandia ou des Vohibilis. Le même modèle peut servir pour décoration d'appartements, vestibules, halls, etc., pour centre de salons' ou salles de bals. On y plante alors des Fougères, Aroïdées et Palmiers, comme le montre notre dessin, et le fond, tenu étanche pour éviter les infiltrations il'eau, doit être garni d'une cuve de zinc et drainé par du charbon de bois, le reste de l'encaissement étant occupé par de la terre de bruyère. On peut tirer de ces motifs de décoration des effets charmants, que nous trouvons trop rarement cherchés, et pour la réalisation desquels nous don- nerons de temps en temps des exemples choisis. Ed. a. - 37 — IIARCOTTAGE E POTS DES STOLONS DE FRAISIERS. Cette opération doit être recommandée, non-seulement pour obtenir do fortes plantes, bien établies avant les froids et destinées à être forcées l'hiver en serre, mais aussi et surtout pour la plantation en plein air. Les coulants enracinés spontanément que l'on prend chaque année pour repiquer et for- mer de nouveaux carrés de Fraises ne produisent que très peu le printemps suivant, surtout si ce sont des grosses Fraises américaines. Il faut dune attendre la pleine récolte plus d'un an. Il n'en sera pas de même si l'on prend la précaution de placer un godet plein de terre bien fumée sous chaque stolon ou coulant avant son enraci- nement. Ce pot enterré jusqu'au bord, recevra les racines du stobm que l'on séparera de la plante-mère après qu'il sera solidement établi. On le plantera à la fin de l'été en planche, même par les temps chauds; il conti- nuera de croître et formera avant l'hiver une forte plante prête à porter au printemps une abondante récolte. Pour forcer en serre, on laisse les pots sans séparer le stolon du coulant jusqu'à l'hiver, afin qu'il devienne très vigoureux. On rentre avant les gelées et l'on commence à forcer en décembre. Ed. a. Tuyaux en béton de ciment comprimé pour conduits d'eau. Dans un bon nombre de résidences, châteaux, maisons de campagne, fermes, fabriques, établissements horticoles, les eaux de sources naturelles captées, ou même dérivées d'un cours voisin, pourraient procurer profit au propriétaire en embellissant la propriété; mais il arrive souvent que la mauvaise qualité ou le prix des tuyaux qui pourraient conduire ces eaux font renoncer à ce projet. Les tuyaux façonnés en terre cuite se désagrègent dans certains terrains, se pourrissent au bout d'un certain temps et laissent pénétrer les racines des plantes voisines, qui se ramifient, s'entrelacent et obstruent complète- ment le vide intérieur. En outre, ces tuyaux en terre ou en grès ne peuvent supporter qu'une pression d'une ou de deux atmosphères. Le prix des tuyaux en plomb est souvent trop élevé pour le propriétaire qui désire avoir de l'eau à bon marché. Le prix des tuyaux de fonte est relativement — 38 — élevé, et ils s'oxydent prompteinent sous l'influence des eaux ferrugineuses. C'est pour obvier à ces divers inconvénients que nous avons imaginé les tuyaux en béton de ciment comprimé. L'application de ces tuyaux se fait de deux manières, soit par parties, soit d'une façon continue sans morcellement. Les premiers sont moulés à l'atelier ou près dn conduit d'eau, par longueurs variant de 0"\60 à 1 mètre et posés dans la tranchée après coup, puis reliés par des manchons disposés à cet effet. Mais ce mode n'est pas sans inconvénient ; il faut d'habiles ouvriers pour opérer les soudures et empêcher les joints de faire eau. Cette difficulté disparait par la fabrica- tion des tuyaux en béton de ciment continus ou sans joints. Ces tuyaux sont composésde la même matière que les premiers, c'est-à-dire de diverses parties de ciment de sable et de gravier. La quantité de ciment qui y entre est proportionnelle à la force de la colonne d'eau que les tuyaux ont à supporter. Les tuyaux sont moulés dans la tranchée à la place même qu'ils doivent occuper, de telle sorte que l'extrémité du second tuyau forme manchon et emboîte le premier; par ce moyen le joint disparaît, le ciment encore mou s'unissant avec le premierr tuyau et l'em- placement du joint se trouvant simulé par un bourrelet, qui empêche toute solution de continuité. On procède ainsi successivement; le poseur allant à reculons, de sorte qu'arrivé à la fin le conduit ne forme plus qu'un immense tuyau sans solution de continuité. Le béton de ciment offre une garantie de durée et de solidité que ne présente pas la fonte, et son prix est de 50 % inférieur. On peut obtenir la résistance qu'on désire en augmentant l'épaisseur des parois. Par ce moyen on peut conduire l'eau à travers une propriété, alimenter l'habitation, la ferme, l'écurie, créer et irriguer des prairies, alimenter un bassin, une rivière anglaise, former des cascades, chutes d'eau, etc., etc. Un conseil municipal, s'il a une source à sa disposition, peut doter sa commune de bassins, de réservoirs, de jets d'eau, de bornes-fontaines, et mettre l'eau à la disposition et à la commodité de ses habitants. Ce système breveté est employé déjà sur une grande échelle par l'auteur de cette notice, qui l'applique sur demande en France et à l'étranger. H. L Mabille, architecte-hydrographe, à Limoges (llaulo-Vicnne, France). TODEA ANTARCTICA, Ed. André. La belle Fougère que nous avons déjà figurée et que les auteurs ont dé- crite sous les noms de Todea africana, T. barbata, etc., dérivés de sa station africaine, présente deux formes bien distinctes. La première, celle qui a servi aux descriptions de Linné, de Willdenow, etc., habite le Cap de Bonne-Espérance; la seconde, les environs de Melbourne (Australie). Les seules plantes cultivées jusqu'ici en Europe proviennent de cette dernière — 39 — localité, et il était difficile de contrôler leur identité spécifique avec celles d'Afrique. Nous avons vu chez un horticulteur de Gaud, M"' A. Van Geert, un envoi de ces plantes arrivées du Cap, et n'avons pas été peu surpris de les trouver très différentes de celles de Melbourne, bien que portant les mêmes caractères spécifiques. Certains botanistes en feraient deux espèces; nous ne voyons lu, nous, qu'un nouvel effet de l'influence du milieu sur les formes végétales. Mais il y a lieu de distinguer ces deux variétés, et surtout de changer l'ancien nom de l'espèce, qui indi(iuait une plante spéciale à l'Afrique, tandis que celle-ci croit sur deu.x points très éloignés l'un de l'autre dans l'hémisphère austral. Voici donc la nomenclature rectifiée et les diagnoses différentielles de ces deux variétés : TODEA ANTARCTICA, Ed. Andio. a. T. ant. australis, camlicilms pUirimia asglomeratis, radicibus ailvoiuiliis onm|iacli'i. tViini.lilms inmiornsiorihus, prlinlis f;lal)ris, iiiiimilis ci'Oiiato-sorraUs iri racliidoiii dociirrfii- liliiis, sporant;iis pei pamis ad iiii'diiiiii U'ondis aKiiloineralis. — Ausiralia, iii Moiik' Maci'doiiio, prope Mt'lbiiiinir. /^. T. ant. africana, caudice siiiiijlicu \cl paULiramoso, credo, radicihus advt'iilitiis raris, Irondihus perpaucis coroiiàiUibus, peliolis rohustis laiia rufa decidua basi dense coperlis, piiiiiis pinnulisque distantibus, ncrvatu-lrausluccidibus vix dccurrenlibus, pagina iiiferiore l'rondis omniiio sporangiis copcrla. — Africa iiieridioiialis, prope Proinont. lioiue Spei. Ed. a. EFFETS DES ÉMANATIONS DU CHLORURE DE CHAUX AU JARDIN BOT.VNIQUE DE BRUXELLES. Nous avons signalé, dans notre Chronique, notre surprise de trouver récemment à Bruxelles la plupart des plantes contenues dans les serres du Jardin Botanique dans un état déplorable , la plupart ayant leurs feuilles tombées, brûlées ou jaunies. Ces résultats étaient le fait d'émanations de chlorure de chaux qui s'étaient répandues à travers des barils contenant cette substance et déposés dans la grande salle voisine servant de magasin à la Société internationale de la Croix Rouge. Les efïéts ont été très variés et il peut paraître de quelque importance d'étudier le degré de résistance de certaines espèces à ces influences perni- cieuses. Nous commencions un relevé sur ce sujet, lorsque le jardinier en chef, M. Lubbers, le dévoué secrétaire de la Société royale de Flore, voulut bien nous ofl'rir d'écrire un résumé qu'il vient de nous envoyer et que nous publions ci-après, en le recommandant aux méditations de nos lecteurs. Ed. a. I. — Plantes qui ont perdu leurs feuilles en une seule nuit, sans avoir jauni : Aralia juponica, A. jap. fol. var., Paralropia Teijsinaniana, Cœsalpinia tortuosa, Cocculus Imirifolius, Lauriis cùmamomum, Combretum elegans, A'aw- tlwchynms ovalifolius, Hippomane longifoiia, Theophrasta, Bombax Ceiba, Cerbera laclaria, etc., etc. IL — Ont jauni complètement en moins de trois jours : les Agave, Yucca. Dasyiirion, Dracœna, Pincenectitia, Musa, Hedychium. — 40 — Les taches jaunes apparaissaient tantôt à la base des feuilles, tantôt au scunmet, sur les bords du limbe ou par macules au milieu et allaient en s'agrandissant. III. — Se sont desséchées lentement : les jeunes frondes des Palmiers, les feuilles développées des Arciiga .sacclKnifera, Salml Adansoni, Cocos [lexuosa, Lulaiiiu rubra, Carijota, Aslrocaryum, Acrocumia et Wnllkhia. IV. — Les espèces suivantes présentent des taches analogues à celles produites par les rayons du soleil, concentrés au moyen d'une lentille ou par le contact de la flamme : Encepliiilaitus Allcnslclnl, Diouii edule, Ceralo- zaniia mexicana. V. — Les PandanuH, Amomum, Musa, Hcdijcliiiun, etc., portent des traces de désorganisation, visibles par transparence, offrant des parties opaques et d'autres diaphanes, sur une même feuille. VI. — Ont peu souffert : les Cliarlwoodia stiicla, Drucœna Draco, Bégonia, les Aroïdées, à l'exception des Scindapsus pertusns, dont certains exemplaires ont perdu toutes leurs feuilles, tandis que des exemplaires de la même espèce, se trouvant dans leur voisinage immédiat, sont restés intacts. VIL — Ont résisté jusqu'ici : les Cliviu nobiiis, Imanlopinjllum miniatum, Aspidistra elatiur. Ficus elastica, Porliera liygroinelrica, Conjpha australis, Latania borbonica, Curculigo sumutrunu, Curhidovica palmata. Gardénia florida, Antjioptcris hijpolcuca, ^Strelit'Ja augusta, et diverses Fougères. L. LUBBERS. REVUE DES PLANTES NOUVELLES. BOTANICAL MAGAZINE. SFJ'TtMIIRE liSTO, Cereus fulgidus, Ilook. lil. — Cactées. — Magnifique e!3pèce à fleurs d'un écarlate fulgurant, très grandes, fleurissant en juillet, et l'appelant de près le port du C. speciosissimus. On n'en connaît point l'origine, et le docteur Hoûker n'est pas éloigné de croii'e qu'elle serait un hyln'ide entre le C. varia- bilis de Pfeiffer, lequel proviendrait lui-même de plusieurs formes mélangées d'une espèce brésilienne de Jacquin, et le C. Pitajaija. Dans tous les cas, le C. lulgidus est une superbe plante qui peut rivaliser avec les plus brillantes espèces du genre. Brodiaea coccinea, Asa Gray. — Liliacées. — Nouvelle espèce origi- naire des comtés de Shasta et Humboldt, en Californie, où elle fut d'abord découverte par M. Low, puis retrouvée et nommée par i\L Wood Brevoorlia Ida-Maia, nom qui n'a pas été conservé. Cette charmante Liliacée, à feuilles étroites, et qui épanouit en mai-juin ses fleurs pendantes rouge sang à extré- mité jaune et lobes recourbés verts, sera une précieuse addition aux plantes bulbeuses de nos serres. Oncidium cryptocopis, Reich. fil. — Orchidées. — Importée du Pérou dans l'établissement de M. Linden, d'où un exemplaire passa chez W. Bull, à Londres, où il fleurit en mai 1870, cette belle plante appartient au groupe Cyrtochilum du genre Oncidium, principalement recruté parmi les espèces de la Cordillière, à grappes longues et entrelacées, leurs périanthes — 41 — marron et de forme crispée bordée d'or et leur labelle généralement petit. Les feuilles sont longues, gladiées, récurves; les fleurs longuement pédicel- lées, à sépales rétrécis à la base, les deux inférieurs très longs. C'est une jolie espèce sous tous les rapports, et qui tiendra bien son rang parmi ses congénères. Tabernaemontana Barteri, Ilook. fil. — Apocynées. — Arbuste haut de 2 à 3 mèti'es, voisin du T. subsessilis, à rameaux arrondis, dichoto- mes, à larges feuilles oblongues aiguës, courtement pétiolées ; à fleurs grandes; tube égalant la largeur de la corolle blanche, de 5 centimètres de diamètre, à limbe plat. Découvert pai' feu Barter, à Eppali, dans l'expédition de Baikie sur le Niger, et depuis par Irving, à Abeokuta, et par Mann, près de la rivière du Vieux Calabar. Salvia interrupta, Schousb. — Labiées. — Plante vivace, rustique, assez connue dans les jardins du continent européen, mais jusqu'aujonrd'liui ignorée en Angleterre, où elle avait cependant été introduite depuis 1798. M. Maw vient de la réexpédier de Tanger à Kew. Le port de cette espèce est dressé, les tiges, feuilles et inflorescences duveteuses; ses feuilles sont pinnatiséquées, ses corolles grandes, d'un bleu violet, à gorge blanche, en longues grappes dressées, très élégantes. Bonne acquisition pour les jardins de plein air. Octodhe. Lissochilus Krebsi, Reich. fil. — Orchidées. — Décrite d'abord, en 1847, par Reiclienbach, sur des échantillons envoyés en Europe par Krebs, cette espèce fut réintroduite, mais cette fois vivante, de Natal, par M. J. Sanderson, ainsi que par MM. Mac Kew et Gerrard. Elle forme une plante à pseudo-bulbes petits, ovoïdes, à feuilles largement lancéolées, pâles, faibles, fortement nervées dessous. Les épis, hauts de 50 centimètres, por- tent des fleurs distantes, à pétales subcordiformes dorés ainsi que le labelle court sacciforme, à sépales renversés, petits, verts rayés de pourpre. La plante n'est pas d'un effet très brillant, mais elle offre une originalité de formes peu habituelle dans les collections ordinaires d'Orchidées. Calochortus Leiclitlini, Hook. fil. — Liliacées. — Petite plante bul- beuse, à feuilles graminées, à tiges bi- ou triflores, hautes de 15 cent., à larges périanthes dont les segments extérieurs sont jaunâtres, petits, dé- combants, aigus, zébrés de brun, les intérieurs (pétales) larges, obovales, cunéiformes blancs, avec une tache poui'pre au-dessus du nectaire cilié, vert bordé de jaune Charmante espèce découverte d'abord par Douglas, puis en- voyée de la Sierra-Nevada de Californie à M. Max Leichtiin, de Carisruhe, par M. Roezl. Leptosiplion parviflorus, var. rosaceus. — Polémoniacées. — Parmi les plantes naines pour rocailles, dont le docteur Hooker continue de s'occuper depuis quelque temps dans les pages du Botanical Magazine, celle-ci brille d'un éclat tout particulier. Les milliers de délicieuses fleurs d'un rose vif à disque doré ou blanc, qui ne s'élèvent que de quelques centi- mètres au-dessus du sol, en font au mois de juin une ravissante miniature. La plante est originaire de Californie: elle est parfaitement rustique et fleurit abondamment dans les jardins de M. Thompson, à Ipswich. TOM. XVIII. - FÉVRIER MARS 1871. 3 -42- Passiflora arborea, Spreng. — Passiflorées. — Seule, ou à peu près, parmi ses cent vingt congénères, cette Passiflore se distingue par son port arborescent, non grimpant, son vaste feuillage ovale oblong et l'absence de vrilles sur ses tiges. Ses fleurs blanches redressées, à rayons dorés, ne sont pas sans beauté, mais beaucoup d'autres espèces la surpassent de si loin en ce sens, qu'on ne peut la citer que par sa singularité de forme. L'arbuste, qui atteint 3 ou 4 mètres de hauteur dans les forêts colombiennes, laisse pendre des feuilles le long de la tige et ressemble, dit le docteur Masters, d'après IM. Cross, à un grand parapluie vert qu'on aurait planté dans le sol. Il croît dans les forêts humides de l'Equateur, de la Nouvelle-Grenade, du Venezuela, où MiM. de Humboldt, Linden, Goudot, Triana, Spruce et Fendler l'ont successivement trouvé. Il fleurit pour la première fois, en 1870, en Angleterre, dans les serres de M. W. Bull, à Chelsea (Londres). Clusia odorata, Seem. — Guttifères. — M. Hooker voit dans cette espèce, qui croît dans la Nouvelle-Grenade, près de Veraguas, où elle fut découverte en 1847 par le D'' Seeman, la même plante que INIM. Planchon et Linden ont nommée C. rosœlhra, que M. Sutton Hayes avait aussi ren- contrée près de Panama, et M. Linden à Truxillo, Venezuela. L'arbuste est pseudo-grimpant, c'est-à-dire qu'il s'appuie aux arbres jusqu'à ce que ses racines aériennes entrelacées puissent le soutenir. Les fleurs sont petites, i\)ses, odorantes, de la grandeur et de la forme d'une Eglantine de nos haies {Rosa canina). On les nomme dans l'Amérique espagnole CopuicUlo olnrono. Barleria Mackenii, Hook. fil. — Acanthacées. — Voisin du B. Gib- soni, dont il rappelle la corolle, ce Barleria en diffère par la forme des bractées et des sépales. Trouvée près des mines d'or latines de la colonie de Natal par M. Mac Ken, directeur du Jardin botanique de Natal, la plante fut obtenue de graines et fleurit à Kew en juin 1870. Elle forme un petit arbuste glabre, à feuilles recourbées ovales subaiguës, à fleurs en cymes terminales, à sépales amples arrondis verts, à corolles en entonnoir à limbe rosacé, large de 4-5 centimètres, à pétales arrondis d'un beau violet foncé. Novembre. Œnothera (Godetia) "WhitHeyi, Asa Gray^ — Œnothérées. — " Le plus beau des Godétias, " dit le D'' Asa Gray, et de l'eff'et le plus orne- mental, par la belle couleur et la dimension de ses fleurs, rassemblées au sommet de la tige. En eff'et, à en juger par la planche et la description données par le Botanical Magazine, d'après un pied fleuri chez M. Thompson, d'Ipswich, l'été dernier, c'est bien là une splendide plante. Les fleurs, rassemblées en bouquet compacte au sommet d'une tige qui ne dépasse pas 30 centimètres de haut, sont très ouvertes, à pétales obovales cunéiformes échancrés, rose tendre, plus blanc à la gorge et maculés au centre d'une superbe tache pourpre cramoisi, comme dans les plus beaux Pelargoniums Odier. Comme fleur annuelle, ce sera là une précieuse conquête pour nos jardins, et l'une des plus belles Œnothères connues. Elle est originaire des plaines de Shelter Cove, comté de Humboldt, en Californie, où le D'' Bo- lander la recueillit pour la première fois eu 1867. - 43 - Serapias cordigera. Lin. et S. lingua. Lin. — Orchidées. — Deux espèces méditerranéennes, assez connues des botanistes par leurs fleurs en épi, ;\ labelle cordilbrme marron dans la première, et linguiforme écarlate dans la seconde. Dans des pots bien drainés, avec un sol argileux lé^er, on les cultive facilement, comme le fait à Twickenliam S. A. le comte de Paris, qui possède une très belle collection d'Orchidées terrestres. Aristolocliia barbata, Jacq. — Aristolochiacées. — Liane de serre chaude originaire du Venezuela et de la Nouvelle-Grenade, d'où elle a été introduite simultanément par M. Ernst, qui l'envoya à Kew, et par les collecteurs de M. Linden, dans les établissements duquel elle existe depuis plusieurs années et qui la met dans le commerce au !<"■ mai prochain. Elle forme une plante grimpante élégante, à rameaux grêles, à feuilles deltoïdes sagittées pubescentes en dessous, à fleurs petites, dont le tube est très renflé à la base et le limbe en entonnoir, divisé en deux parties, ouvertes comme la gueule d'un serpent. La lèvre supérieure est prolongée en un appendice suborbiculaire, couvert de poils pourpres dans sa dernière moitié. Le ton de la fleur est vert pâle, locellé de marron à l'intérieur du limbe. Cette plante est une nouvelle preuve de la bizarrerie et du polymorphisme qui se rencontrent dans les fleurs des Aristoloches, et nous ne croyons pas qu'on ait encore relevé dans le genre de formes plus curieuses que celle-ci. Grevillea Banksi, Brown. — Protéacées. — Découvert d'abord en Australie par R. Brown, pendant le voyage de Flinders, et retrouvé depuis par d'autres collecteurs, ce beau Grevillea fleurit en août dernier chez MM. Osborn, de Fulham, près Londres. Il forme un arbuste de serre froide à port robuste, à feuilles pennées, à segments linéaires, à grappes com- pactes terminales de fleurs rouge pâle nuancées d'or à l'orifice et au sommet du pistil pourpre très saillant. C'est une acquisition importante pour nos collections déjà si riches en beaux Grevilléas. Dodecatheon meadia, var. frigidum, — Primulacées. — Variété arctique d'une de nos plus charmantes Primulacées de l'Amérique du Nord. Elle se trouve sur les montagnes rocheuses, le long des côtes ouest, depuis le 35° lat. N. jusqu'à la côte arctique, abondante sur les rochers et les pentes des montagnes jusqu'à 2000 mètres d'altitude. La plante ne dépasse pas 15 centimètres de hauteur; elle se distingue facilement par la brillante couleur de ses fleurs, ses rares bractées involucrantes et ses étamines foncées, étroites, bien que la plupart de ces caractères varient suivant les milieux où croit la variété. Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'elle est parfaitement rustique, en terre de bruyère, sous nos climats. DÉCEMBRE. Stenoglottis fimbriata, Lindl. — Orchidées. — Malgré quelques diflërences dans les pétaes peu frangés des fleurs, le D"' Hooker rap- porte cette espèce au iS. fimbriata de Lindley, petite plante originaire du district du Cap, depuis Graham's town jusqu'à Port-Natal. Du centre d'une rosette de feuilles nombreuses, radicales, oblongues ondulées maculées de taches brunes transversales sur deux ou trois rangs longitudinaux, s'élève une tige grêle, haute de 10-15 centimètres, portant un épi de fleurs petites, — 44 — rose tendre, à lobes extérieurs ovales acuminés, concaves, à labelle trifide, maculé de pourpre. La plante a fleuri dans la belle collection de M. AVilson Saunders, en août dernier. Gladiolus Saundersii, Hook. fil. — Ii-idées. — Nous ne mentionne- rons cette espèce bien distincte, trouvée au Cap (Albert district) par M. Cooper, que parce qu'elle présente un intérêt botanique par la déflexion inaccoutumée de ses pétales coccinés à centre blanc. Elle est d'ailleurs inférieure, comme ornement, à la plupart des magnifiques métis et variétés obtenus dans ces dernières années par plusieurs semeurs et notamment par M. Souchet. Cassia mimosoïdes, Linn. var. Telfairiana, Wall. — Légumineuses. — Plante le plus souvent annuelle, assez connue, croissant sur les rivages secs depuis la côte est d'Afrique à Zanzibar, jusqu'à Natal. Elle est presque naturalisée à l'Ile-de-France iMauritius). Son joli feuillage plumeux, vert brillant, son port élégant, l'abondance de ses belles fleurs d'or supportées par des pétioles filiformes, sont des titres à l'adoption de cette espèce dans nos serres. Eulophia helleborina, Hook. fil. — Orchidées. — Le D"' Hooker a nommé ainsi cette plante, à cause de sa ressemblance avec YEpipaclis lati- fûlia, que les Anglais appellent, on ne sait pourquoi, Helléborine. (En France on nomme ainsi XEranihh hijemalis.) C'est une espèce originaire de Sierra- Leone, d'où elle fut envoyée par M. Bockstalt; elle arriva à Kew en pleine floraison, dans une caisse Ward, en septembre 1870. La plante n'a point de pseudûbulbes; elle atteint 30 centimètres environ de haut, et porte des feuilles distantes qui ressemblent à celles du Lilium speciosum. Les fleurs distantes, en grappe feuillue allongée, ont les sépales et pétales connivents eu dessus, bruns-roux, et le labelle rose tendre, grand, contracté à la base, ondulé, ponctué de violet au centre. En somme, c'est une plante plus curieuse que belle. Tacsonia Quitensis, Benth. — Passiflorées. — Espèce hâtive de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade, voisine des T. eriantha et mollissima. On la trouve dans les Andes de Quito, où Hartvveg, Jameson, Spruce, iMac Lean l'ont successivement rencontrée, de même qu'au Pérou et à Pichincha. Ses feuilles sont tripartites, dentées en scie, ses bractées petites dejetées, falciformes dentées, et ses bractées connées jusqu'à moitié; ses fleurs assez longuement tubulées, à pétales oblongs obtus, d'un beau rose à sépales d'un rouge plus vif à l'extérieur. Sans atteindre au degré de beauté du T. Van Volxemi, le T. Quitensis est une jolie liane de serre chaude, qui fera tonner à ses introducteurs à Kew, M. J. Andersen Henry, et M. Jameson, de Quito. Geissorliiza grandis, Hook. — Iridées. — Jolie plante bulbeuse à tige dressée, haute de 30 cent., à feuilles linéaires, gladiées, à épis 5-7 flores, à bractées spathacées, à fleurs tubulées jaune d'or rayé de pourpre à l'intérieur, à limbe en entonnoir régulier large de 5 cent., à segments obovales obtus, couleur paille, à veine centrale linéaire rouge sanguin. Espèce d'une beauté délicate, originaire du Cap de Bonne-Espérance, d'où M. "Wilson, de S'-George's Park, à S'^-Elizabeth, l'envoya à Kew en mai 1868. Ed. André. — 45 — CHRONIQUE HORTICOLE. Etablissement Veitch. — Dans un des faubourgs de Londres, à Chelsea, King's road, est situé un remarquable établissement d'horticulturo que toute l'Angleterre et le continent connaissent et apprécient. C'est le siège de la maison Veitch et fils, représentée aujourd'hui par les deux plus jeunes fds, MM. Harry et Arthur, leur père et leur frère aîné John étant morts dans les deux dernières années. A presque toutes nos visites en Angleterre, nous ne manquons guère d'aller jeter un coup-d'oîil dans ces belles cultures, où le botaniste et l'hor- ticulteur trouvent toujours quelque bonne pratique à noter, quelque nou- veauté à glaner. Nous indiquons au passage quelques notes prises. La collection de Crotons apportée par M. John Veitch de l'Archipel du Sud devient de plus en plus belle à mesure que les plantes acquièrent de la force. Trois surtout sont des variétés de premier ordre: C. maximum, Veilchi et undidutum. Ce dernier est le plus beau sans contredit par ses larges macules écarlates sur fond vert sombre. Nous avons vu ces belles plantes à leur arrivée en Angleterre, et nous avons eu la bonne fortune de nom- mer les principales vaiiétés : l'ciichi, undulalum, cornulum, imervuptum, irregidare , etc., en compagnie de M. Harry Veitch (Voir Revue de l'Horti- culture, t. I, 1867). Les Dracœna nouveaux ne sont pas moins beaux. Aux plantes déjà con- nues sous les noms de D. reijina, Mooreana, Maclaiji, une superbe espèce vient s'ajouter, le D. porphijropiiijlla, aux larges feuilles pourpi-es dessous et d'un pourpre vert à nuance porphyroïde dessus. Parmi les Orchidées, peu fleuries d'ordinaire en février, nous avons cependant remarqué en fleurs les Caltleija linguella , Mormodes cobssus, Aerides teretifolia, Saccolabium Harrissoni, Bolboplnjllum veruicosum, Dendrn- cliilum ijlwmaceum, Odontoglossum cariiiatum, etc. Une belle P'ougère nouvelle de la Nouvelle-Zélande, le Leplopteris (Todca) Wilhcsiana, va être mise au commerce en mai prochain. Elle est arlx^res- cente quoique de petite taille, avec des racines adventives, et de longs pétioles un peu laineux roux qui portent des frondes bipennées à lobes dentés et distants, non pressés compacts comme dans le Lept. superba. Ce sera une charmante acquisition de serre froide. — Nous recommandons également aux amateurs les Gymtiogramma Pearcei, à frondes très fines, à côtes filiformes, très jolie espèce péruvienne au commerce depuis quelques années; VAsplenium formosum, très élégant, et le Davallia Mooreana, de Bornéo. Ce sont là des espèces moins nouvelles prises au hasard dans cette belle et nombreuse collection. — 46 — Hybrides de Dominy. — Le chef des cultures de l'établissement Veitch, M. Uominy, s'occupe depuis longtemps d'hybridation entre les espèces d'Orchidées et de Nepcnllies, pendant qu'un jeune homme de la maison, M. Seden, obtint des succès de ce genre sur les Aroïdées de serre chaude. M. Dominy nous a tout dernièrement montré ses gains nom- breux, dont il est fier à juste titre, et dont il a fait réunir les divers types sur une grande feuille de vëlin par le peintre Chaudler. Ses principales obtentions dans les Nepenihes sont les N. hybrida et hyb. maculata. Un Fuchsia qui porte son nom {F. Domiiujana) est le produit du F. serra- lifolia et du F. spcctnbilis. Il est supérieur à ses parents, fleurit beaucoup, tout l'hiver et est aussi robuste que le F. serratifotia. C'est dans les (Irchidëes que les résultats obtenus par M. Dominy sont le plus remarquables. Nous avons surtout noté les hybrides suivants, dont plusieurs sont de charmantes plantes : 1. Pliajus irroratus, Reich. fil., rose tendre, labelle blanc, obtenu des Phajus grandifolius et Calanlhe vestita alba. 2. Cypripedium Domiiujanum, des Cypripedium caudatum et Sclenipcdium Pearcei. 3. Cypripedium vexillarium, Reich. fil., des Cyp. barbcUum et C. Fairieanum. 4. Cypripedium Harrisiamim, des C. barbatum et C. villosum. 5. Cattleya exoniensis, des Lœlia purpurala et CalUeya Mossiœ. 6. Cattleya Devoniensis, de deux variétés. 7. Cattleya Dominyana, 8. Cattleya hybrida, des C. rosea et C. Harrisoniœ. 9. Cattleya hybrida picta, " " 10. Lœlia Pilcherii, » » 11. Cattleya Manglesii, " " 12. Anœctochilus Dominyi, entre Goodyera discolor et Anœct. xanthophyllus. 13. Goodyera Veitchi, entre G. discolor et An. Veitchi. 14. Aerides hybridum., entre Aer. affine et A. Fieldingii. 15. Cattleya irrorata, des C. amethystina et Lœlia eleyans. 16. Cattleya quinqiœcolor, des C. Acidandiœ et C. Forbesii. 17. Cattleya Brabantiœ, des C. Loddigesii et C. Acklandiœ. 18. Cattleya Sideneyana, des Lœlia crispa et C. granulnsa. 19. Calanthe Veitchi, des Limatodes rosea et Calanthe vestita, charmante plante ;\ fleurs grandes roses, et que nous avons vue en fleurs. 20. Calanthe Dominyana, entre Col. masuca et Cal. furcata. Nous savons que M. Dominy poursuit le cours de ses expériences et qu'il a déjà obtenu des fécondations curieuses dont nous espérons voir les pro- duits enrichir avant peu nos collections. Pots à Fougères. — Nous avons trouvé dans plusieurs établissements, à notre dernière excursion en Angleterre, des modèles de pots à Fougères qu'il nous semble utile de signaler. L'un d'eux, très simple et très répandu — 47 — dans les serres anglaises, l'est peu en Belgique et moins encore en France. On s'en sert toutefois chez M. Linden pour les Orchidées. Pour les Fougères, sur- tout les espèces à frondes légères, comme les Adian- tum, ce pût est très utile en ce qu'il permet aux pousses de se répandre tout autour, de passer à travers les l'entes, et de former une charmante boule de verdure, quand on l'emploie comme suspension. L'autre de ces pots, également destiné aux Fougè- res, s'applique le long des murailles et est très élégant. Il suffit de regarder le croquis ci-joint pour s'en faire une idée suffisante. On peut les remplir de terre de bruyère et de sphagnum et planter des Adiantum dans les fentes latérales en faisant occuper le sommet par une Fougère à feuilles dressées d'une espèce différente. Il va de soi qu'on peut varier les plantes qui' vivent dans ces vases et que nombre de petites Broméliacées s'accomodent volontiers de cette situation horizontale. C'est là un ornement précieux pour les murailles des serres que l'on néglige trop d'ordinaire. Les Lapins et les Arbres fruitiers. — Piu- sieurs moyens existent, tous assez simples, de protéger l'écorce des arbres, surtout des arbres fruitiers, contre les lapins qui la dévorent pendant l'hiver. Les ravages que ces animaux occasionnent sont parfois considérables. Il suffit d'enduire le tronc, à la hauteur que peuvent atteindre les lapins, soit avec de la fiente de porc, soit avec des excréments humains, soit avec du sang frais. On conseille également le goudron de gaz, et nous avons vu récemment un verger de pommiers, à Mariemont (Belgique), chez M. Warocqué, préservé par cet enduit à la base des arbres jusqu'à 50 centimètres de hauteur. Pavia californica. — M. W. Robinson, qui, comme nous l'avons annoncé, revient d'Amérique et qui a poussé jusqu'aux montagnes rocheuses en Californie, nous a donné quelques nouveaux détails snr l'habitat du Pavia californica, très bel arbre importé il y a plusieurs années en France par M. Bourcier de la Rivière. M. Carrière, du Muséum, l'a déjà répandu de tout son pouvoir, grâce aux greffes qu'il en a faites et aux graines qu'il récolte abondannnent sur le pied-mère. C'est un superbe végétal, qu'on ne saui'ait trop recommander et qui est, bien entendu, parfaitement rustique sous nos climats. " Sur ses montagnes natales, '> nous a dit M. W. Robinson, '■ le Pavia californica semble de loin des masses de rochers, quand ses feuilles sont tombées. Ses rameaux compactes, gris de pierre, et son port buissonneux lui prêtent cet aspect. Il garnit le " cost range " ou chaîne qui borde la côte du Pacifique sur une assez grande étendue, et depuis San Francisco jusqu'au pied des Sierras il est si abondant qu'il constitue le trait principal du paysage auquel il donne un caractère tout particulier. Les indigènes, qui le nomment •' Buckie ", se servent de son bois et de ses fruits, que les '■ écureuils mangent aussi avec avidité. » — 48 — M. Robinson partage notre opinion sur la valeur ornementale de cet arltre, que nous voudrions voir planté dans tous les parcs. Ravages du siège à Paris. — Nous venons de contrôler de visu les ravages que nous avions déjà signalés d'après des lettres particulières, à Paris et dans les environs, et nous pouvons y ajouter quelques détails encore inédits. Le Jardin du Luxembourg a peu souffert, grâce ;\ l'intelligente activité du jardinier chef, M. Rivière, qui a imaginé de transformer ses appareils de chauffage de manière à utiliser, en l'absence de la houille, des huiles lourdes de gaz comme combustible. Il a aussi pu sauver la plupart de ses plantes. Les Champs Elysées ont été saccagés par le peuple, qui a cherché du bois de chauffage dans les massifs, et par les Prus.siens qui ont attaché leurs chevaux aux arbres et arbustes rares, tous broutés ou brisés. Les belles plantations arbustives de l'Avenue de l'Impératrice, qui con- stituaient, en même temps qu'un jardin mouvementé et cliarmant, un arbo- relum oti avaient pris place presque tous les végétaux arborescents rustiques cultivés, n'est plus qu'un souvenir. Toute la collection de Conifères, si riche, a été détruite par le peuple pour se chauffer. A deux pas de là, après avoir franchi les monceaux de terre qui servent de fortification, à la place de la grille élégante qui s'ouvrait jadis à la porte Dauphine pour les cavaliers et les équipages de luxe, on entre dans le Bois de Boulogne. Le spectacle de cette dévastation est navrant, et l'on peut à peine retenir ses larmes. Dans cette plaine naguère boisée et charmante, aujourd'hui absolument nue, on voit çà et là se dresser la silhouette d'un pavillon restaurant, d'un abri pour les cavaliers, d'un embarcardère sur le bord du lac autrefois si animé. Le désert a remplacé l'oasis, et c'est ainsi dej)uis la porte Maillot jusqu'à Auteuil et Boulogne. Il ne reste que les parties maigres et éloignées du bois oii les arbres soient conservés. Près de la mare d'Auteuil, le magnifique massif de plusieurs hectares, composé de Quercus rubra, coccinea, tinctoria, pahislris, macrocarpa, phellos; de Carya porciiiea, olivœfnrmis ; de Fraxinus jiujiandifolia, sambucifulia, alba, cinerea, enfin de tous les beaux arbres de l'Amérique du Nord rapportés par André Michaux et son fils et plantés il y a plus d'un demi-siècle par M. de Sahune, ce massif est anéanti. On ne voit plus à la place que quelques chicots qui ne repousseront plus. Au Muséum, nous avons vu M. HouUet s'occuper avec courage de réparer ses serres à Orchidées et à Fougères, absolument détruites, et le grand pavillon chaud, oti les beaux Palmiers ont péri en grande partie, à l'excep- tion du grand Sabal Blackburnianum, qui est resté aussi vert qu'autrefois. Mais c'est à la Muette, établissement municipal d'horticulture, que le spectacle est navrant au-delà de toute expression. De ces quarante belles serres, remplies de tant de richesses, que M. Barillet avait réunies avec tant d'ardeur pendant plus de dix ans, de cet établissement que nous avons eu l'honneur de diriger pendant cinq années, il ne reste à peu près rien. Les magasins ont été converties en dépôts militaires et les caves en récipients pour 2500 tonneaux de poudre. Toute la rangée de petites serres à multipli- — 49 — cation est vide de plantes, les châssis brisés, les coffres déserts. De cent ouvriers il en reste vingt; la plupart ont été occupés aux travaux du siège, dans les corps du génie; plusieurs y sont restés; d'autres ont souffert plus qu'on ne saurait dire, et c'est avec une triste émotion que nous avons serré la main de ces anciens serviteurs, qui n'ont point oublié le temps où nous vivions heureux ensemble au milieu de nos belles plantes. Quelques Palmiers d'espèces robustes sont encore debout, mais la majeure partie de l'admirable collection de ces princes des végétaux est morte. Les arbres fruitiers et utiles des tropiques sont perdus. Tous les Tlwoplirasta, Mdastoma, TerminaUa, dont un portait cinq fruits, les Barri nijloii in, Aiioiia, tous les Ixora, Spatliodca. Guarea, Passi/lora, Brownea, un admirable Sirava- diiim insigne de trois mètres de haut, les Curruloba, Cujj'i'a, Carolinca, les Artocarpées sont absolument détruits. La belle collection d'Aroïdée.s, impos- sible ;\ réunir de nouveau aujourd'hui, est à peu près éteinte, de même (pie la riche collection d'Agaves. Les Pandanus sont plus maltraités encore (juo les Palmiers. Un exemplaire énoi'me de Pliiludcndruin jicriusnm, que nous avions planté nous-mème sur un tronc d'arbre au-dessus d'un bassin il y a liuit ans, et qui se couvrait de fruits chaque année, est gelé. La serre dite du sevrage, si riche en belles plantes, a subi le sort commun. A peine reste-t-il les Camellias, quelques Azalées et plantes dures de peu de valeur. Telles sont les ruines que nous avons de nos yeux vues dans cet établisse- ment jadis si florissant. Pourquoi faut-il que nous ajoutions que cette des- truction n'est pas la conséquence seule et fatale du siège, mais aussi celle de l'incurie et de l'incapacité de l'homme qui était placé à la tête du fleuriste de la Muette. Depuis le départ de M. Barillet, depuis que le chef des cultures, M. Ermens, a quitté la Muette pour aller au Caire comme jardinier du khédive, le fardeau des cultures de la ville, pendant ces ciixonstances difficiles, a reposé sur des éi)aules trop faibles et un cerveau trop étroit pour une pareille tâche. Tandis que M. Rivière, un véritable ami des plantes celui-là, s'ingéniait pour parer aux désastres et y réussissait, l'anéantissement du jardin fleu- ri.ste de la Muette s'accomplissait faute d'un esprit ingénieux et instruit, qui eut sauvé la majeure partie des plantes, que tant de Français et d'étrangers avaient tour à tour admirées. Les herbes voyageuses. — Franchissons d'un trait quelques milliers de lieues, si vous le voulez bien, afin d'oublier ces tristes récits de sauva- gerie, d'ignorance et de charlatanisme. Un journal américain, le Philadelpliia Ledger, publie une note curieuse sur le nombre et les espèces de plantes européennes qui se sont trouvées introduites et naturalisées aux États-Unis. La plus grande partie viennent d'Angleterre. Le total est maintenant de 214 espèces observées. En 1837, il n'était que de 137, et en 1672 un auteur ne comptait que 22 plantes ou herbes étrangères importées avec le bétail de la mère-patrie. Le plantain, le mouron, plusieurs chardons ont a ce point envahi le pays en quelques années, qu'ils ont maintenant atteint les lieux habités les plus éloignés. Beaucoup d'autres plantes ont suivi cette loi et de jour en jour nos espèces européennes envahissent l'Amérique, comme le Nouveau-Monde, à son tour, TOM. XVIII. — FÙVRIER-MARS 1871. C — 50 — nous a donné de mauvaises herbes, telles que YErùjeron canadense et YEIodea canadensis. Ces migrations accidentelles des plantes rendront la tâche difficile au\ liotanistes de l'avenir. Le Lichen aux cheveux d'or. — Parmi les curiosités que M. Ro- biuson a rapportées d'Anieriquo, et dont la liste est loin d'être épuisée, il faut compter un magnifique Lichen à chevelure d'or, dont il nous a donné un échantillon qui a fait l'admiration de plusieurs personnes. Ce beau spécimen de cryptogame couvre, parait-il, des étendues entières de forêts sur les versants humides des montagnes rocheuses. Il croît de préférence sur r.l/;/('.<; iwbilis, dont il entoure les rameaux de la tête aux pieds, et l'échantillon que nous possédons, pour preuve, contenait dans l'intérieur de son thalle rameux dos feuilles de cette Conifère. Cette espèce se rapporte au Chlovea vulpina de Njlander [Conncularia vulpinu, DC; Evcrnia vulpinn, Ach.). ainsi décrit par Fries : •' C. tliallo ranwsissimo aiiijulato Idinoso citrino vi'l lœle (l.avo, subiiudo, passim lougissimo /ilanientoso. In tnuuù Plni, prœcipue ccmhrœ, in nlpestribus Euvopœce mediœ et Europœœ borealis. " Nylander l'indique également dans les Vosges et les Pyrénées, et nous avons d'ailleurs que son habitat géographique est fort étendu. D'un autre côté, M. Robinson, qui a porté sa plante au meeting du 15 février de la Société d'Horticulture de Londres, l'a vu déterminer sous le nom de Barrera flavicans, ce qui est une erreur facile fi reconnaître, car nous avons nous-mônie retrouvé la plante dans les exsiccata de Rabenhorst (l) sous son vrai nom de Evernia (cldorea) vulpina, Ach., d'après des échan- tillons avec fruits recueillis près du Monte Rosa (vSuisse italienne) en 1856. M. Berkeley fera donc bien de revoir sa détermination et de la rectifier. Ce Lichen est fort beau et si on pouvait le cultiver il serait certainement un ornement digne de remarque dans les jardins ou même les serres froides. Rectification. — Nous avons maintenant, pour notre compte per- sonnel, à réparer une erreur que, nous dit-on, nous aurions commise en déterminant la belle Rose japonaise, publiée dans la première livraison de 1871. Cette espèce, quoique nouvellement introduite, serait depuis longtemps décrite par Thunberg sous le nom de liosa rugosa. Nous ignorons si cette critique est fondée, mais nous n'en serions pas surpris. Notre excuse serait alors bien simple et nous avons confiance que nos lecteurs la trouveront justifiée ; Pendant plus de neuf mois, nous avons été privé, par la guerre et surtout par le siège de Paris, de tout moyen d'étude, de notre biblio- thèque, et nous en avons été réduit à nos notes personnelles antérieures ou à nos descriptions sur le vif. Les sources nous ont donc manqué pour les recherches que nous faisons toujours longuement et scrupuleusement et c'est sur la foi d'un de nos amis, botaniste distingué, que nous avons publié l'espèce comme nouvelle. En attendant un examen attentif de la question, nous voulons prendre (i) Ualioiihoi-sl, Lichenes Europœi, fasc. VI), ii" l!ll. — 51 - date poui' cette rectification, et nous espérons en l'esjirit bienveillant et yjaipathique du imblic éclaii'é qui nous fait l'honiieur de nous lire. Ed. a. Mort de M. Hart-weg. - Les rangs des botanistes et voyageurs de renom s'éclaircissent d'une manière eiirajante. Hier M. Miqucl, maintenant M. Hartweg, qui s'est éteint, le 3 février dernier, à Seliwetziugen, où il était inspecteur du jardin grand-ducal. Cari-Théodore Hartweg naquit en 1812 à Carlsruhe, où son père, inspec- teur des jardins grands-ducaux, lui enseigna de bonne heure les éléments de la botanique et de l'horticulture. Après la mort de son père, il se rendit à Paris pour y continuel' ses études, puis il fut envoyé par la Société d'Horti- culture de Londres au ]\lexi(|ue, qu'il explora de 1S3G à 1840. Ses plantes furent décrites par M. Bentham, sous le titre de Phtiiiœ Hartwegianœ. C'est ù la fin de ce voyage, qu'arrivant à Comitan, sur la frontière du Guatiniala, il vit arriver un voyageur, à cheval comme lui, au détour d'un sentier, dans la forêt vierge, et que tous deux s'écrièrent réciproquement, sans s'être jamais vus:" Linden! Hartweg! •• En effet, les deux voyageurs se croisaient en tous sens depuis quatre ans dans ces parages, entendant à chaque instant parler l'un de l'autre, sans que le hasard les eût encore réunis. Hartweg visita ensuite l'Etat de les Altos et celui de Guatimala, d'où il s'embarqua pour Guayaquil au commencement de 1841. De là il vint à Loxa, puis à Quito par Rio-Bamba. Eu décembre 1842, je le rencontrai de nou- veau entre 'Villa de Purificacion et Popayan, puis à liogota, d'où Llartweg se rendit à Santa-Martha, puis en Angleterre. Il repartit en 1845 pour la Californie, qu'il parcourut jusqu'en 1848, toujours pour la même Société. Nous ne saurions l'apporter ici ses nombreuses découvertes, mais nous devons rappeler que ce fut lui qui le premier introduisit YAbies nobilis, le Scquoia fjigantca, le Pinus Ilaviivccjii. Une Orchidée, modeste comme lui, a reçu son nom par les soins du D'' Lindley; c'est le Harlwecjia purpuiTu, ijui, avec les Liipinus Hartwegii, Berberis Hariwegii, etc., perpétueront son sou- venir. Le grand-duc de Bade le nomma inspecteur des jardins de Schwet- ziiigen, où il se maria et où il est mort d'une maladie de cœur, contractée à la suite de la perte d'un de ses enfants. Hartweg a été un des premiers voyageurs-botanistes de ce siècle ; il a enrichi les cultures européennes d'un grand nombre de belles plantes et les herbiers d'espèces précieuses et jusque-là inconnues. Sa mémoire vivra long- temps parmi les cœurs qui savent inscrire en eux les noms des fidèles appuis de la botanique. J. L. PI. LUI. DlOSCOliEA MLLTlCOLOli, UMN et AXDRÉ (Varletates). DIOSCORÊES MULTICOLORES (Varioles). DiOSCORÉES. ÉT^'MOLOGIE : De Diosconilcs, célObie iiK'ilecin et naturaliste grec. CAUACTICRES (iKNKUlQUES : Dioscorea, Pluin. Ccii. l. 20; Liiiii. Gra. N° 1122. — Flores dioici. Prrif/iiiiiioii li('rl):ieeiini, liilio triptero ciim ovario connato, limbi supero scxpartito, persistente. Sliiuiitui G, Iwsi pcrigonii iiiscrla; liiamenta sulnilata, anthera; subglobosœ. Oua- rium cum perigonii tubo connaluni, Iriloculare. Ovulti in loculis 2, supcrposita anatropa. Slijli 5, distiucti; slir/iiiald olisoleta. Capsula nienil)raiiac('a, triloeularis, Iriangularis, com- pressa, aiigulis saliontibus loculieiila-deliisccns. Scmina in loculis 2 compressa, membranacco- alata. Einhryo niinimus, in allinniinis carlilaginei cavitala majore prope umbilicum siUis. — Hirlnv jicrennes v. sii/l'rulicc.i, siitlslroysiim vnliiliilos in rrf/ioiiihits Irirpiàs snltlrujiicisrjue lolius orljîs (jhvii ; rliiziiiitiitc hihvvosu, iiilcnhiiii muxUiio, ipiaiulo. IV. :,'.*-. M;iil. Piilm. C. i. ,i-20. — Flarcs monoici , s|iiiilifil)us tlivcr.si .sexiis iii cadi'iii slir|ii; v. anclrogynis, raiiiis iliuiris, iii fovcolis i-liaclicis iinmei-si, spatha duplioi, cxicriore coneava, inirriori' compressa v. fiisiruniii. Musc. Ciili/.r lri|il]yUus, foliolis cariiialo concavis. Corolln tripclala, pctalis planis. Slitmiim 0; Itlaniciilii infi'nii' in cylindrum ooiinala, a|iici' lihi'i'a, anllirranim loculis divarii-alis. Ovm-ii nuliiiu'iUiim. l'i-in. Cali/x tripliyUus. Corolln i;an]iiprlala, IriCiila. Vrceohis scxiloiilaUis, ovarium amhieiis. Vvariuin Iriloeulare. Sti/liis basilaris, .slii^matilius ô. rcvokuis. lioceii monospcnna. Emliryo iuquahile. Alhiiincn sublaleralis yel basilaris. (Kndliclior, Gênera Plant. N" ITol.) CARACTKUES SPÉCIFIQUES : Caiulcx elpi;aiis, sinipli'x, eroctus, Ini'rmis. cyliiuiraoeus, vfii/lnix liasi niplis fuiiilei-is liilvis nicdio costal is ; />ii»(/c.< bipiiiiiala', /)i7(i)?o ^lacili, iiitvoso, siihlorcii, supra piano, suirurfiiracco, rarliirlf triquclro, /linnis lini'ari-lanccidalis .-icnlls ]}vr 20-r>l) pari.i dispositis (■i[uidislanlil)Us allcrnis apicc siihoppusiiis, uliimpiç yiridissiniis, planis, glaliris, niTvis-ô oxsortis; //o;-c.s /'rii(iiisi\ui: Habitat in Rrasilia australi. — Vicii \ivain l't descripsi in horlo Lindfinano Gandavcnsi. — En. .\. A première vue, ce charmant Palmier rappelle le Glaziova eleganlissima ou Cocos Weddelliana II a été introduit tlu Brésil, en 185G, par M. Porte dans l'établissement de Bruxelles. Le Geonoma ScJiottiana forme un petit arbre dressé, très élégant, élancé, à tronc ou stipe cylindrique, revêtu de gaines roux fauve, embrassantes, très dilatées triangulaires costées à la base, puis ailées déchirées en lanières réticulées appliquées. Le pétiole, à angle aigu avec le stipe, est grêle, nerveux, long, un peu furfuracé, arrondi dessous, plane dessus, prolongé en rachis triquètre, long de 0'"70 sur une plante haute de 1'". Le limbe est divisé en 20-30 paires de pinnules alternes, les supérieures souvent opposées bijuguées, linéaires-lancéolées équidistantes, du même vert foncé sur les deux faces, larges de 0"'015-20, longues de 0-40, planes, glabres, à 3 côtes ou nervures principales saillantes dessus, longuement filiformes aiguës à pointe noire. Ce gracieux petit arbre, qui paraît s'éloigner des Geonoma par la division extrême de ses frondes, les rappelle cependant par un accident qui arrive souvent à leur extrémité, c'est-à-dire qu'elles restent conjuguées ou sou- dées obliquement et irrégulièrement. Kos serres trouveront là une charmante espèce à ajouter aux nombreux Palmiers cultivés en serre chaude. Ed. A. CULTURE. Comme tous ses congénères, ce Palmier habite les montagnes et croît généralement dans l'épaisseur des forêts. Il demande une terre riche formée d'humus et de terre forte et une place éloignée du jour. La tannée lui con- vient particulièrement. J. L. — 56 — PI. LVI. ODONTOGLOSSUM WALIJSII, imi. m. ODONTOGLOSSE DÉ WALLIS. Orchidées. ËTYMOLOr.IE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES: Voir Itluslr. Iwrtlr., 1870, p. III. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : pxrudo-liiillii. ovoiileo-ancipitcs csiilcali ; j'nliii lincaii-hiii- ceolata basi anstistiiira plicala; ;jrt;(«.'i(te railii alis liracteis raris ailprcssis aniplcxaiitilius acu- lis; scapo gracili sulicompresso ; /!ores longe pcdicellali hraclculati distantes; scpiiUi, pi-liilaquct oblongo lanccolata aeuta apicc rellcxo, margine rimoso, pallklc lutca brunneo maeiilata; lahct- liDH columiiœ ailnaluni tubuloso-clavatum canaliculatuni niox (loncxum limbo ovalo finil)riato aIl>o-tigi-ino macula centraji bomicyclaiia margiiiata lloccoso-barliulata, apiee aculo decurvalo ; crisia basi C-cormila ; columna clavata, apicc galcata bicallosa, aIis-:2 ilcllcxis (ililbiMiiilnis bniiiiicis; polliiila ovoïilca Uiiigc caiidiculata. — In l'iigitlis (>'ovie-(iranat;e) Icgit G. Wallis, 18()S. — Vidi IloriMiti'ni et ad vivuni dcscripti in lioito Lindeniano. — Ed. A. Odont. Wallisii, Rcli. fil. lu Oardcncrs' Chrouidc, 1870, p. 104. Cette jolie espèce, découverte par M. G. Wallis, en 18G8, dans les régions froides de la Nouvelle-Grenade, rentre dans la section des plus gracieuses, sinon des plus ornementales du genre. Elle rappelle d'abord, soit par son aspect, soit par la ibrnie tubuleuse soudée de la colonne et de la base du labelle, YOd. Lindleyanum, dont elle s'éloigne par plus d'un autre caractère. Nous venons de la voir en ileurs pendant plusieurs semaines dans les ser- res de M. Linden, à Bruxelles, où nous avons pu en apprécier tout le mérite et en étudier les caractères. Ses pseudobulbes courts, ovoïdes ancipités, sans côtes, sont parfois ponctués de violet foncé, et portent de longues feuilles linéaires lancéolées, larges seulement de 1 centimètre, de contexture légère, et recourbées, rétrécies et pliées à la base. De la base des pseudobulbes sort la hampe grêle, un peu comprimée, portant quelques écailles embrassantes longues à pointe aiguë applicj^uées. Les bractées qui accompagnent les fleurs, paniculées distantes et longue- ment pédicellées, sont ovales-allongées et appliquées sur les pédicelles et les ovaires, dont la longueur i-éunie est de 3 centimètres. Les sépales et les pétales sont oblongs lancéolés, étalés en croix, à pointe aiguë rejetée en arrière et à bords un peu rongés ; leur couleur est un jaune pâle largement maculé marron, surtout sur les deux pétales latéraux. Le labelle, soudé à la colonne en tube claviforme comprimé, est canaliculé, puis déjeté en un limbe pendant frangé sur les bords, aigu recourbé au sommet, blanc tigré de rouge-violet à la base avec une tache semi-circu- laire blanche centrale entourée de violet et floconneuse barbelée; la crête se compose de 2 appendices cornus déjetés et de 4 autres filiformes laté- ODONTOGLOSSUM WALLISI (Rcuh. /il.). — 57 - raux blancs. La colonne, claviforme, longue de 0,015, a son sommet bical- leiix accompagné de 2 barbules filiformes déjetées marron ; les masses polliniques sont ovoïdes longuement caudiculées. C'est ver's 2000-l-)000 mètres d'altitude que se rencontre cette jolie espèce dans les alpes néo-grenadiennes; elle se contentera par conséquent d'une culture analogue à celle de ses congénères de serre froide. En. A. LA LEGENDE DES LIS ROUGES. « A Kintzheim (Alsace), il y a un château en ruines, qui était la demeure du jeune, brave et beau Thierry de Kœnigsheim, le dernier de son illustre race. Il y vivait avec sa mère et la pupille de sa mère, fille de noble maison, compagne de son enfance, qu'il devait bientôt épouser. Ils étaient tous deux fervents catholiques; je n'ai pas besoin de vous dire qu'ils s'aimaient : ils s'aimaient comme dans les légendes. Or, une bande d'héré- tiques, venant du centre de la France, se répandirent en Alsace, prêchant une religion meilleure, disaient-ils, que l'ancienne. Ils pillaient les châteaux, dévastaient les églises, mettaient tout â feu et à sang. Les nobles s'armèrent. Thierry de Kœnigsheim descendit dans la plaine à la tête de ses vassaux, atteignit les hérétiques, les combattit vaillamment et délivra le pays. Mais à la dernière rencontre, celle qui consomma la défaite des envahisseurs, le bon jeune chevalier reçut une blessure mortelle. Sentant qu'il ne guérirait pas, il se fit ramener à Kintzheim pour embrasser une dernière fois sa mère et dire adieu à sa fiancée. On put l'apporter jusqu'au seuil de la tour. Là, il fallut s'arrêter, tant ses forces déclinaient vite. On le déposa donc sur les herbes et les fleurs qui croissaient en cet endroit; et parmi les fleurs s'éle- vaient de beaux Lis, blancs comme la parure des vierges, purs comme le cœur des enfants. La dame de Kœnigsheim et sa pupille accoururent en larmes. Le doux blessé leur fit signe d'attendre; le chapelain du château seul approcha : il entendit la confession sincère du bon chevalier qui avait offert sa vie pour la sainte mère Eglise et tout le peuple chrétien. Quand le bon chevalier eut reçu l'absolution, alors la pauvre mère et la triste fiancée s'avancèrent, et le bon chevalier leur dit adieu et mourut. On emporta la mère, qui avait perdu tout sentiment; la fiancée s'agenouilla près du cadavre, immobile comme lui, dans la première angoisse d'une éternelle douleur, essayant pourtant de prier. En ce moment un ange apparut et lui dit : " Console-toi, de la part de la Vierge Marie et de Jésus notre Sauveur. Dieu a fait grâce à ton fiancé, qui a été fidèle à tout ce qu'il aimait et qui a donné sa vie pour ses frères. Thierry est dans le ciel. Pour preuve de sa gloire, regarde ces fleurs où son sang a coulé. " Elle regarda. Les Lis baignés du sang de Thierry étaient rouges; et c'est de là que les Lis rouges sont venus. Et, triste jusqu'à la mort, jusqu'à la mort elle rendit grâce à Dieu. » Louis 'Veuillot. TOM. XVIIl. — FtVRIER-MARS 1871. — 58 — LA VEGETATION DE LA GUIANE BRESILIENNE. Sous ce titre général, M. Gustave Wallis a publié, pendant le cours de l'année dernière, à son retour d'Amérique, une série d'articles dans le Woclienschrifi. Nous en donnons ici une traduction libre. Le nom de ce voyageur est connu par les découvertes qu'il a faites en explorant pour compte de M. Linden le bassin de'l'Amazone et de ses principaux aiïiuents. Ed. a. I. — Coup-d'œil général. La région supérieure du Rio-Branco, — affluent du Rio-Negro, — porte une empreinte tort différente du caractère général des vallées de l'Ama- zone. Des savanes, dont l'ensemble l'orme une zone géographique qui com- prend la Guiane dite brésilienne, en occupent la plus grande partie. La végétation y est, en général, moins vigoureuse et moins brillante que dans les autres régions équatoriales et peu de formes saillantes rompent la mo- notonie de cette contrée. Toutefois ces solitudes ne sont pas sans quelque variété ; elles n'attristent pas le regard comme les vastes plaines desséchées du Mexique, de la Patagonie et de l'Asie, où le pied du voyageur rencontre à peine, cà et là, une fleurette qui survit; mais des oasis de verdure, des îles fraîches rompent de distance en distance l'uniformité du tableau. Au bord des fleuves, des ruisseaux et des lacs isolés on trouve même une végé- tation luxuriante. Enfin, une série de petites montagnes, dernières ramifi- cations de la chaîne des Andes et dont les plus élevés atteignent à peine 1000 mètres, s'élèvent parfois pour entrecouper l'uniformité des prairies lointaines. Les saisons humide et sèche, connues sous les noms d'été et d'iiiver des tropiques, divisent l'année en deux parts inégales. Pendant les mois de mai, juin, juillet, août, la pluie tombe en telle abondance, qu'à la fin du second de ces mois, le fleuve atteint le maximum de sa crue annuelle, s'élevant de plus de six mètres au-dessus de son plus bas niveau. A peine les pluies ont cessé, la sécheresse commence; des vents violents soufflent sans relâche et l'aridité n'a plus d'interruption. Tout se flétrit rapidement et quand viennent décembre et janvier le sol est à ce point brûlé que les bestiaux sont obligés d'émigrer sur les montagnes pour trouver quelques places où l'herbe est restée fraîche et abondante. C'est à cette époque que la savane justifie son nom et prend son vrai caractère. L'herbe, brûlée par le soleil et les vents aigus, est à peine éclairée de temps en temps par l'étoile fugitive d'une fleur, qui vient égayer un moment le voyageur harassé. Des cerfs fugitifs errent, poussés par la faim, sur les plaines dépouillées. Le chasseur est attiré à chaque pas par le Tamanoir au long museau, le Renard qui poursuit les oiseaux, TArmadille, le Tatou, la Tortue Jabuti, le Porc musqué, le Tapir et autres animaux sauvages. Les steppes, de plus en plus étendues, se peuplent de troupes criardes d'oiseaux aquatiques : Canards, Plongeons, Spatules, -59 — Cigognes et de Tuyuyus {Tantnhis loculatnr), à la démarche grave et perchés sur leurs jambes de l^SO de hauteur. Les rivages sont animés par une population nombreuse, au milieu de laquelle on distingue les oiseaux babillards, comme les Ciganes croassantes [Ophistoconnis) , le Rossignol brésilien, le Caxsidiis au nid élégamment suspendu, et plusieurs gallinacés, notamment le Jacamin [Psopliin), à la démarche niaise, et les Hoccos (Crax). Rien n'est plus étrange que le concert formé i)ar ces oiseaux sur les arbres qui bordent les rivières, bruit auquel s'ajoutent les sifflements discordants des serpents et les bruissements des animaux tapis sous les taillis. Si, du rivage, nous jetons un regard sur le fleuve, quelle animation dans tout ce qui l'entoure ! Les arbres et arbrisseaux qui croissent dans le limon transporté par le flot nous présentent une forêt à demi-suspendue au-dessus des eaux mortes ou faiblement courantes qui baignent leurs pieds. Des iles laissées à découvert semblent des étoiles blanches sur le bleu des eaux et contrastent avec l'hoi'izon de sable qui encadre le tableau. Mais le caractèi^e le plus saillant de la vie qui anime le Rio-Rranco et ses rives est fourni par le nombre prodigieux de poissons et de tortues qu'il nourrit. Sous ce rapport, aucun affluent des Amazones ne saurait lui être comparé. Quelles bénédictions la natui'e n'a-t-elle pas répandues sur ces sables interminables? Le pied heui'te, à chaque pas, d'iimombrables œufs de tortues, ressource précieuse pour le voyageur. Indépendamment de ces animaux, combien d'êtres inférieurs sont compris par le fleuve dans sa masse luxuriante ! Les indigènes et les marchands de l'intérieur viennent y recueillir des végétaux précieux : le Regaton, dont on convertit le pro- duit en eau-de-vie; la Salsepareille, — produite par plusieurs espèces de Smilax, — le Castanha, — fruit du Bertliuilelia excelsa, — le Piassaba, que . fournissent les fibres du Leopuldinia jnassuba, et nombre d'autres substances utilisées dans les grandes villes. Le contraste de la végétation des savanes du Rio-Branco avec les autres parties de l'Amérique que j'avais déjà parcourues me rendit très pénibles les recherches premières que j'y fis pendant la sécheresse terrible du mois de janvier. Quelle fatigue que d'errer tout le jour à la découverte de plantes introuvables, avec l'éternel aspect de ces herbes desséchées! Je me persua- dais que j'étais peut-être le seul être humain qui eût osé rester dans ces solitudes à une pareille époque, avec la perspective d'attendre quatre ou cinq mois la saison des pluies, mon seul espoir. Cinq mois! temps précieux pour un collecteur, dont les heures solitaires sont si longues, loin de la patrie et des êtres chers ! La foule de mes pensées se reportait vers tous ces souvenirs, s'arrètant sur ceux qui m'avaient d'abord accompagné, puis m'avaient abandonné à l'époque des hautes eaux, où il est si difficile d'atteindre les villages des Indiens. Cependant, forcé de vivre avec ceux-ci pendant de longs mois, j'utilisais ce séjour pour m'instruire, grâce à leur complaisance remarquable, sur toutes les particularités de ces contrées peu étudiées jusqu'ici. Les bords du Rio-Branco sont excessivement riches en Myrtacées et en espèces buissonneuses à'Iiuja et de Zizypims, qui n'acquièrent pas toujours une force suffisante pour arriver à mûrir leurs fruits. Des Triplaris et des — GO - Cecropia viennent s'y adjoindre de distance en distance. Mais les genres P.sidium et Eugcnia, parmi les Mjrtacées, sont répandus en quantités innombrables d'individus et d'espèces, qu'il conviendrait d'étudier de plus près comme plantes sociales et de déterminer scientifiquement. Parmi ces plantes vivant de compagnie, plusieurs de celles que l'on rencontre con- stannnent sur les bords de l'Amazone et de ses allluents, par exemple les Gynerium saccharoïdes, Ilermesia castaneœfolia et Saiix Ilumboldtiana, man- quent complètement ici. Peut-être faut-il à ces espèces des terrains plus anciennement émergés que ceux du Rio-Branco. La composition géologique de ces deux régions est en efi'et très différente; le sol argileux est formé, sur le fleuve des Amazones, par un terrain volcanique, tandis que celui du Uio-I3ranco se compose de débris de granit et de quartz mêlés à une grande quantité de sable roulé et déposé. On sait peu de chose, d'ailleurs, sur les lois qui ont présidé à la distri- bution de ces plantes sociales, en dehors de quelques documents de géogra- pliie botanique. Combien de fleuves, bordés d'une flore spéciale, se trouvent dans le môme cas? Les éternelles Myrtacées caractérisent le Rio-Branco; les Graminées bordent en nombre immense le fleuve des Amazones; l'aspect général des rives du liio-Purus est une variété infinie de grandes Aroïdées, de Saules et d'Euphorbiacées; le Rio-Mauhes nom-rit, dans ses larges et tranquilles baies, toute une légion d'Apocynées. Cette uniformité de végétation donne aux rives du Rio-Branco une teinte grise générale, assez semblable à celle que produisent les Saules en Europe. Mais cette monotonie n'est qu'apparente ; en s'approchant, on aperçoit des rameaux entrelacés, étincelant de mille fleurs charmantes produites par la quantité de plantes grimpantes, Bignoniacées, Passiflores, Combrétacées, qui enveloppent les Myrtes et les Inga de leur manteau varié à plaisir. Une de ces charmantes lianes est la plante aux violettes, sorte de Schweigeria indéterminé, qui pourrait bien être le type d'un nouveau genre. Le sommet des rameaux de cet arbuste se couvre abondamment de fleurs brillantes et parfumées, d'une forme bizarre et suspendues à l'extrémité des longs fils qui les supportent comme une nuée de petits oiseaux verts et blancs. Le commensal des lieux frais, qui indique de loin le voisinage de l'eau, le Palmier Mauritia (Mauviiia (lexuosa) se dresse comme une sentinelle blanche au bord des ruisseaux et des rivières. Quelques Sgaijrus et Bactris, de taille plus humble, l'accompagnent fréquemment; ce sont les seuls Pal- miers remarquables de ces Savanes. Les étapes naturelles des voyageurs et des Indiens dans ces déserts sont les bosquets, les bouquets d'arbres que l'on aperçoit de loin en loin. On trouve là les végétaux, dits des campements, qui sont de bien curieux exemples de la pauvreté de la nature dans ces contrées. L'œil le plus indififé- rent serait frappé de la forme surbaissée de ces végétaux, de leurs branches noueuses et cassantes, de leur verdure qui semble roulée sur le sol. Le Canambé (Curatella sambaïvu) se distingue entre tous par son feuillage si rugueux (jne les ébénistes brésiliens s'en servent comme de papier de verre pour polir les meubles qu'ils fabriquent. Sa couronne de feuillage est tou- jours unilatérale et cette disposition lui vient de la persistance et de la — 61 — violence des vents qui soufflent toujours du même côté et le forcent, dès sa jeunesse, à prendre cette forme penchée vers le sud, qu'il conserve tou- jours. J'ai découvert également, près de ces campements, des Plumeria, h'ijrsonima, Psidium, Amijris, Rhopala de divei'ses espèces, et un Palicouvca à très belles fleurs qui fei'ait un précieux, ornement de nos serres chaudes, s'il était plus facile de cultiver ces enfants capricieux de la nature. Les petits Psidium ou Goyaviers qui ombrageaient ma tète, laissaient constam- ment tomber une pluie de fruits mûrs à travers leur feuillage épais et obtus; ces fruits semblaient vissés sur le sol qu'ils couvraient souvent d'une couche continue. Une petite Malpighiacée à racine renflée comme un navet qu'on aurait greffé sur une tige hors terre, me produisait l'effet le plus burlesque. Et cependant, cette forme était encore une prévoyance du Ciel, qui a voulu que le pauvre bétail de ces contrées trouvât une nourriture saine dans ces tiges de consistance chai'nue, renflées hors du sol, quand la sécheresse a détruit toute verdure. Cependant, de cette végétation misérable, on passe parfois, en pénétrant dans les forets vierges, à un plus riant spectacle et plus digne des régions tropicales. Là, de nombreuses tribus de beaux arbres entrelacent leurs rameaux : Grandes Myrtacées, Lecytlm, Laurinées, Légumineuses, Amyris, Apocynées, Sapotacées, Mimosées, Sterculiacées, Platonia, Clusia, etc., etc. Sous ces arbres et arbustes éternellement verts et fleuris, sommeillent pendant la plus grande partie de l'année, de septembre à mai, ces petites plantes bulbeuses ou tubéreuses qui se cachent dans le sol de longs mois et dont l'œil ne voit point la trace. Mais la pluie a-t-elle commencé à tomber, que cette armée innombrable soulève la terre amollie et renaît à la lumière. Le réveil de la végétation est accompagné des mêmes phénomènes que dans nos climats du Nord. En peu de jours, les Cnladium, Costiis, Maranla, Amtirijllis, Diaconlium, toute la tribu des Orchidées terrestres : Pkajuf: rosellus, Sobralia, Ci/riopcdium, sortent de terre, poussent et fleuris- sent. Comme animée par un coup de baguette magiiiue, la nature engour- die renaît à la vie; la savane se drape d'une fraîche verdure et le grand jardin a rouvert ses portes. Le collecteur se remet à la besogne avec une nouvelle ardeur', et profite, pour faire sa gerbe, du court moment de répit que lui donnent ces trois mois de végétation active, avant i|ue le tout ne retombe dans ce repos qui ressemble, pour une longue période, au som- meil de mort. II. — Tableaux isolés. 1. De Cunlia|n'ic;i, au-dessous de l'eiubouchurc du Rio-Taeulû. La première de mes excursions, pendant la saison sèche dont je viens de parler, fut celle qui me conduisit au pied du Caruma, montagne dressée pittoresquement au-dessus de toutes les autres hauteurs qui dominent le fleuve. Je me dirigeai dans sa direction en prenant pour boussole son som- — 62 — met, que j'avais le projet d'atteindre, bien que n'ayant trouvé personne dans les environs pour me servir de guide. Cependant l'entreprise, dans ces conditions d'isolement, ne laissait pas que d'être un peu aventureuse, et ce fut pour moi une bonne fortune de pouvoir à la fin déterminer deux jeunes Indiens, nommés Dick et Diinn, et un nègre de bonne volonté à m'accompagner dans cette course. J'avais indiqué mon intention, peu de temps auparavant, à plusieurs voyageurs, parmi lesquels se trouvait le commandant du fort Joaquin. Tous voulurent me suivre; mais suivant un usage trop fréquent, personne ne fut prêt au moment décisif. Je suivis la première partie du chemin en compagnie de mes trois domes- tiques, sans rencontrer autre chose que des tapirs, que nous faisions fuir du milieu des massifs d'arbustes, et des serpents qui traversaient devant nous le chemin escarpé et rocailleux. Mais bientôt un petit lac, très touffu sur ses bords, nous barra le chemin. Un Anacotida y était tranquillement occupé à dévorer un porc musqué. Cette espèce de serpent, que les indi- gènes nomment Sucurijti et dont la dénomination scientifique est Hua aqua- tica ou Eurrectes mnrinus, est aussi peu craint des Indiens que le petit Boa conslrictor qu'ils gardent dans les maisons pour détruire les rats et les souris. Ici, le passage devint difficile. Moitié nageant, moitié rampant en nous suspendant aux racines funiformes des Clusia et des Aroïdées, nous nous dirigeâmes vers le sommet du mont, guidés par le bruit sourd des torrents que nous entendions au loin se précipiter sur les rochers. Enfin, après mille zigzags, nous retrouvâmes le chemin des tapirs, à une altitude d'environ 500 mètres, c'est-à-dire à GO mètres de la cime mesurée par R. Schomburgk. Il me fallut renoncer à atteindre ce but; mes guides, effrayés de la perspective de monter plus haut, refusèrent d'avancer, pré- férant renoncer à leur salaire. " Entendez-vous la voix des esprits, disaient- ils en réveillant les échos; c'est l'àme d'un voyageur que le diable a étranglé! " Et il me fut impossible d'aller plus loin, et de songer à autre chose qu'à la descente. La végétation de ces montagnes est absolument différente de celle des savanes. Je récoltai, dans cette excursion, beaucoup plus de plantes que n'en indique Schomburgk; il avait cependant de meilleurs guides que les miens et put compléter fascension. Cependant le nombre des végétaux que je recueillis fut au-dessous de mes espérances. Un des arbres les plus remarquables, qui s'avancent au pied de ces mon- tagnes, est une espèce de Centrolobiiim, que les Portugais nomment le Bois de la Reine (Pao de Eeinha). Je ne crois pas que cette espèce ait été décrite. Ses fruits sont ailés, longs de 20 à 24 centimètres, et forment une gousse armée d'aiguillons acérés, longs de 2 à 3 centimètres et crochus à leur extrémité. Les fleurs se montrent en juin et les graines sont mûres au mois de février; elles étaient tombées lors de ma visite. Les jeunes feuilles agentées et comme plumeuses de l'arbre le font distinguer de très loin. On en recherche beaucoup le bois pour l'ébénisterie, et l'on tire un grand parti de ses nuances jaunes, roses et rouges, qui brunissent en vieillissant. Sa station naturelle, sur les bords du Rio-Bi'anco, est au-dessus des cascades — 63 — inférieures, où il marque un des traits les plus distinetii's de la végétation. Sur les premières pentes du Caruma, on rencontre une Myrtacée à feuilles de Romarin, que Scliombui'gk a citée et dont le feuillage froissé répand une odeur de lavande ou de romarin. Ces feuilles, coriaces et d'un vert foncé, sont longues de 3 centimètres et larges de G millimètres. Entre les rochers erratiques qui montrent leurs formes bizarres sur les flancs de la montagne, une végétation vraiment tropicale se développe. Le Fmrcroija (jigantea, des Catasetum, des Hcchtia à port roide, hauts de 2 mètres, y constituent des fourrés impénétrables. Dans les crevasses des roches stra- tifiées, fortement frappées par le soleil, croit une autre belle espèce de Pliimeria aux grandes tieurs blanches parfumées. A l'ombre des mêmes roches, au nord, le regard perçoit des Mélastomacées rampantes, parmi lesquelles j'ai remarqué une jolie espèce à rameaux renflés et étranglés aux articulations. Parmi les Cactées, assez nombreuses sur les pierres dessé- chées, une espèce de Cierge fournit des fruits rafraîchissants qui sont un soulagement précieux pour le voyageur altéré. Des Mdocactiis, hauts de 25 centimètres, ornent également les rochers nus de leurs sphéroïdes verts, surmontés de houppes grisonnantes. Des Orchidées peu abondantes, comme le Zijfiopetalum rvsirntum et VEpidendrnm viviparum, développent chaque année de nouvelles grappes de fleurs sur leurs vieilles hampes. Sous l'ombre noire des buissons toufi'us, se confondent les feuilles charnues et spatulées d'un Antliurium terrestre qui se distingue au milieu des Fougères les plus délicates, Polypodes, Adiantes, et une autre Cactée, le Cereus Irifionus, autour duquel grimpent les Alstrœmeria salsitla et sanilla aux fleurs tigrées. Peu de nouveautés se rencontrent dans la végétation arborescente. Un fait assez étonnant, c'est l'absence complète de nouveaux Palmiers dans une région qui semble réunir toutes les conditions pour des formes incon- nues dans cette famille si largement représentée dans toutes les latitudes analogues. Je ne puis me séparer de la montagne de Caruma, sans donner un sou- venir au panorama superbe dont on jouit de ces hauteurs. A vos pieds se déroule majestueusement le cours du Rio-Branco, comme un fil d'argent qui va se perdre en serpentant à Fhorizon. Ces interminables savanes, vues ainsi de haut, sont admirables dans le calme de leur ensemble jusqu'au pied des montagnes, enveloppées dans le brouillard, et çà et là des points ver- doyants ou fauves indiquant les bouquets de bois, où les troupeaux errants ajoutent au charme de cette scène, dont ils relèvent la monotonie sans lui ôter son calme et son ampleur. 2. Le point le plus éloigné que j'aie atteint dans la Guiane brésilienne, à ce premier voyage, fût à huit journées de marche vers l'ouest, et à deux journées au-dessus de la mission de Porto-Alegre. Cette mission m'oifrit l'image de la désolation. Les bâtiments étaient abandonnés; les rues et les places envahies par de mauvaises herbes de la hauteur d'un homme et au travers desquelles on se frayait difticilement un passage. On rencontrait, en avançant, une quantité de plantes et de graines épineuses, des Mimoses, — 64 — des Mauves et quelques Graminées. Mais un tourment plus grand encore était causé par une quantité inimaginable de puces des sables et de petites mouches, qui ajoutaient, à l'ennui de leur bourdonnement insujiportable, l'inconvénient de s'introduire dans la bouche, les yeux et les oreilles. Si je les chassais de l'un de mes yeux, l'autre était envalii aussitôt. Tout était réuni en cet endroit, chauves-souris, teignes, rats, fourmis, pour en faire un lieu de tourment perpétuel. Dans les forêts les plus voisines crépitaient désagréablement des feux allumés par la sécheresse et qui terminaient la misère des êtres dont on entendait au loin les cris. Rien n'est exagéré dans cette description, et la vue de la mission de Porto-Alegre, dans son état actuel, fournit une preuve nouvelle de la fragilité des institutions et des œuvres humaines. Il est cruel de se trouver dans des contrées semblables, si loin de toute civilisation et pour de si maigres résultats. Le voyageur-collecteur doit être muni d'un riche fond de bonne humeur, s'il veut mériter un plus haut grade dans son emploi. Je me suis trouvé dans ce pays désolé, sans con- solation, presque sans espérance, et soutenu seulement par les quelques bonnes découvertes que j'y faisais de temps en temps, grâce à des courses incessantes. Dans le voisinage de la mission et un peu plus haut sur la rive droite, je recueillis un jour un magnitique Cntllcijn à. fleurs bigarrées. Je le pris d'abord pour le C. superba, son proche voisin, dont les fleurs étincellent comme des rubis sur le fond vert des forêts. Le coloris de ma nouvelle plante était plus foncé et plus riche encore. Le labelle est d'un pourpre foncé, de même que les pétales, dont l'extrémité est plus pâle et agréable- ment rayée. La couleur du labelle est jaune avec des veines rouges et le centre est d'un blanc pur. Sur les sépales, de longues bandes purpurines se détachent sur un fond plus pâle; leur face postérieure est blanc pur et les pointes sont vertes. Toute la fleur scintille comme d'un reflet de filigrane. Même en l'absence des fleurs la plante se distingue facilement du C. superba, par ses feuilles plus pâles et sa vigueur beaucoup moindre. Cependant, nous ne conseillons guère aux voyageurs de retourner chercher cette belle Orchidée dans ces parages, s'ils n'ont pas beaucoup de temps à consacrer â leurs investigations; je ne l'ai trouvée que sur le bord d'une petite cas- cade formée par le fleuve et croissant parmi les rochers, parfois aussi sur des troncs d'arbres. G. Wallis. (La suite à la procitiiiiw licratsoit.) — 65 CHRONIQUE HORTICOLE. Exposition de Londres, — La partie horticole de l'Exposition de Londres continue à être l'objet des préparatifs de la commission nommée à cet eff'et et dirigée, comme nous l'avons dit, par MM. les secrétaires suivants : D'' Hogg, pour les fruits; D"' Masters, pour la division étrangère ,de la floriculture, et T. Moore, Esq., pour la division nationale du même département. Nous venons de recevoir à ce propos un nouveau document, qu'il est bon de mettre en extrait sous les yeux des intéressés et qui complétera les renseignements que nous avons publiés sur les règlements de l'Exposition. " Tout étranger peut exposer des nouveautés ou autres plantes à tous les meetings des Comités des fruits ou des fleurs. " Tout horticulteur étranger l'eprésentant son pays à l'Exposition ou assez expérimenté pour rendre service aux comités de l'Exposition, sera installé comme membre pro lempnre et prendra part aux délibérations. " Les secrétaires formeront le noyau d'un jui'y international pour les nouveautés étrangères exhibées dans chaque département; ils pourront s'adjoindre des membres spéciaux et instruits présents aux meetings, sui- vant qu'ils le jugeront convenable. " Les Expositions permanentes seront examinées au 1"'' meeting de cha- que mois; leurs mérites seront marqués par des points qui seront addi- tionnés à la tin de la saison pour la distribution des récompenses. Les récompenses pour nouveautés étrangères seront les certificats ordinaires de première et de seconde classe, en usage dans la Société. " Les étrangers concourant dans les classes spécifiées sur les scliedules (programmes) pourront, s'ils le veulent, faire changer en médailles les prix indiqués en numéraire. " Les pi-ix pour les Expositions permanentes et pour les Expositions spéciales étrangères, telles que plantes nouvelles, Orchidées, Palmiers, Pommes, Poires, groupes de plantes, fleurs ou fruits, etc., consisteront en médailles, qui pourront être converties en argent ou objets d'art sur la demande préalable des titulaires. " On recommande aux Exposants étrangers qui ne font pas accompagner les envois, de transmettre sans retard le connaissement (bill of lading) au secrétaire-assistant, M. James Richard, aux bui'eaux de la Société, South Kensington, pour éviter tous délais et pertes de marchandises. " Pour tous autres détails, revoir les programmes déjà publiés. " L'Exposition horticole de Londres commence donc ce mois-ci (avril). Nous verrons si elle tient ses promesses et si elle égale ou surpasse, soit ses aînées anglaises, soit celle de Paris en 1867. On doit attendre beaucoup d"une nation comme l'Angleterre et principalement de ses horticulteurs. Les plus belles Jacinthes. — Au moment où les Jacinthes défleu- rissent, nous retrouvons, dans des notes de l'Exposition universelle de 1867 TOM. XVIII. — 66 — à Paris, une liste très épurée des plus belles variétés hollandaises et nous pensons quelle pourra être de quelque utilité à nos lecteurs pour leurs plantations de l'automne prochain. Ils auront au moins le temps de s'y prendre à l'avance et de commander les bulbes dans les maisons spéciales. La plupart de ces variétés ont été notées sur les collections de M. Krelage, de Haarlem. Nous les recommandons tout spécialement, pour les avoir vues et admirées, soit à diverses Expositions, soit dans l'établissement même à Haarlem, et nous conseillons aux amateurs de s'adresser directement au producteur, au lieu de passer par les mains des marchands qui eux-mêmes l'ont venir de Hollande leurs ognons à fleurs pour être revendus. Nous rappelerons à ce propos, que la plantation des Jacinthes doit com- mencer vers le 15 octobre et dans tous les cas, ne jamais dépasser la deuxième quinzaine de novembre. La plupart des insuccès dans la floraison des Jacinthes viennent principalement de l'oubli de cette précaution et la plantation tardive doit être déconseillée. Jacinthes blanclics simples : Alba superbissima, Grand Alexandre, Grand Vainqueur, Jenny Lind, Mammouth, Prince d'Orange. Blanches doubles : Aima Paulowna, Prince de Waterloo, Sultan Achmet, la 'Virginité. RûUijes et roses simples : Aurora, Amphion, Amusement champêtre, Baron van Thuyl, Cléomène, De CandoUe, Duc of Devonshire, Graat' van Nessel- rode. Honneur d'Overween, Ko-i-noor, Dame du Lac, Rachel, Unique. Rouges et roses doubles: Bouquet royal, Henri IV, Joséphine, la Coclienille, la Virginité, l'Eclipsé, Rex rubrorum, Suzanna-Maria. Bleues et violettes simples : Argus, Charles Dickens, Darwin, Pollens, Grand Lilas, Général Havelock, Haydn, la Nuit, Général Pélissier, Palmerston, Leviathan, Lamartine, Madame Reston, Prince Alexandre, Voltaire, Zriny. Bleues et violettes doubles : Albion, Blosberg, Kaiser Alexandre, Enfant de France, Othello, Prince Frédéric, John Franklin. Jaunes simples : Chateaubriand, Duc de Malakofl', Grand Jaune, Ida, Vic- tor Hugo. Jaunes doubles : Goethe, Ophir, Van Dyck, Lord Anson, Reine des Jaunes. La liste précédente, maintenue dans une soixantaine de plantes de premier ordre, pourrait être beaucoup plus étendue. Mais nous avons la conviction de satisfaire le public le plus nombreux en donnant une liste restreinte ne com- prenant que des variétés hors ligne. Aux amateurs spécialistes ensuite d'y faire des additions selon leur fortune et leurs goûts ! Maackia amurensis. — Notre ami et confrère, le professeur Edouard Morren, a donné, dans la Belgique horticole, une étude intéressante sur ce bel arbre rustique, découvert par M. Maack dans la région du fleuve Amour, et qui sera une bonne acquisition pour les jardins et les parcs. C'est un ar- buste voisin du Virgilia lutea, Reich. (Cladrastis hitea, Raf.), et MM. Bentham et Hooker en ont même fait le Cladrastis amurensis. Son bois est robuste, ses feuilles imparipennées trijugées, à folioles entières et épaisses. Il produit des grappes blanches de fleurs papilionacées, composées d'un calyce campanule sublobé, à lèvre supérieure fonnée d'un lobe relativement grand, à lèvre — 67 — inférieure terminée par trois dents petites, et d'une cornlle blanche légère- ment pointillée de rose, avec dix étamines monadelplies ù la base, un ovaire en légume pubesccnt, et le fruit glabre en gousse compi-imée brun fauve. M. Van Volxem cultive avec succès le M. aninvensis dans ses pépinières de Perck (Belgique), oi'i il a déjà donné des graines. Nous avons publié, dans notre ouvrage intitulé ; Un mois en Russie, une liste de quelques arbres et arbustes rustiques de la région de l'Amour. Plusieurs sont déjà introduits, mais ce pays n'a pas dit sim dernier mot et nous espérons avant peu voir nos jardins lui emprunter quelques végétaux d'une véritable valeur ornementale. Taille sur nœud. — Un amateur distingué d'horticulture, M. J. Cour- tois, vice-président de la Société d'Horticulture d'Eure-et-Loir, nous a autrefois parlé d'un petit procédé applicable à la taille de la vigne et qui produit de grands résultats. On sait que le sarment de la vigne présente des noHids de bois plein et des mérithalles ou entrenœuds creux à l'intérieur. Si l'on taille entre les nœuds, la pluie se glisse dans le tuyau restant, pourrit la moelle et bientôt le bois, et cause des blessures fatales à la plante. Cet inconvénient ne se produit pas si l'on fait avec la serpette, au moment de la taille, la section au travers du nœud qui surmonte l'œil de prolongement que l'on a combiné pour la pousse prochaine. La pluie glisse sur cette coupe, le bois au-dessous reste sain, et on se contente d'enlever l'année d'après le chicot protecteur du nouveau rameau. Cette petite opération s'appelle la taille sur nivud. Nous la recommandons comme une pratique intelligente et simple, que les résultats récompensent amplement. Greffe du Poirier sur le Pommier. — A côté des greffes fantasti- ques que nous avons déjà signalées dans ce recueil, et qui n'ont pas cessé d'être cornées aux oreilles des paupcres spiritu depuis Virgile, jusqu'à M. de Caylus et nos contemporains, il faut citer les exceptions réputées impossibles et qui sont cependant du domaine des faits. Il est admis géné- ralement que la greffe du Poirier sur le Pommier ne réussit pas. Cela est vrai pour la plupart des cas. Cependant M. Carrière montre, dans les pépinières du Muséum, deux exemples qui font échec à cette loi. L'un est un Beurré de Malines, l'autre un Beurré Spence ou Fondante des bois, qu'on a pu voir, l'automne dernier, chargés de fruits magnifiques et qui ont été greffés sur Pommier doucin en 1856. On voit donc qu'il n'y a pas de règle sans exception et il serait bon de faire des expériences suivies avec soin sur les prétendues incompatibilités d'union entre certains genres, en greffant, soit en fente, soit en écusson, un grand nombre de variétés sur des sujets de genres différents. Culture alternante des Fraisiers. — Le même M. Carrière, qui a été forcé par la guerre d'interrompre la publication de la Revue horticole et qui va bientôt, nous l'espérons, reprendre son utile mission, rapporte dans son dernier numéro (16 septembre 1870) une idée ingénieuse de M. le mar- quis de S*-Innocent pour prolonger la durée des planches de Fraisiers de tous les mois. Au lieu de cultiver un, deux ou trois ans, un carré de Fraisiers jusqu'à épuisement et de le transpoi'ter ensuite ailleurs, comme on le fait d'ordinaire, il conseille de ne point supprimer les coulants qui — 68 — s'enracinent dans l'année entre les pieds-mères. Le printemps suivant, il arrache ces pieds-mères et laisse un sillon bêché k la place, reconstituant ses lignes avec les jeunes coulants enracinés l'année précédente. Ceux-ci produisent à leur tour des stolons qui s'implantent dans la terre meuble du sillon et qui formeront la récolte de l'année à venir. Il y a, par ce moyen, une alternance de culture et un repos de la terre très profitables à la bonne production des Fraisiers. L'économie de travail est également considérable, car on n'a besoin d'aucun frais de replantation, et c'est là un avantage qui est à considérer. On peut prolonger ainsi la durée d'une planche ou d'un carré de Fraisiers pendant sept à huit ans en faisant d'abondantes récoltes. Les Eucalyptes. — En Portugal, on se préoccupe fortement de la plantation en grand des Eucalyptes. Notre confrère M. Oliveirajunior nous apprend, dans une de ses chroniques du Jornal de Horikullura pratica, que le conseil municipal de Grandola a demandé 200 exemplaires cVEucaiyptus (jlobidiis pour être plantés près de la ville. D'un autre côté, le général Vasconcellos a planté en même essence des terrains dénudés de la forte- resse de la Serra do Pilar. C'est là une excellente idée, et si, comme on a lieu de le croire, les résultats sont conformes aux espérances, ce sera le signal d'un reboisement général des Serras do Pilar, montagnes stériles et pittoresques qui deviendraient d'une rare beauté et d'un immense produit. On se fera une idée du développement des Eucalyptes en Portugal par les exemples suivants, pi'is dans les pépinières de la vallée de Cannas (Coïmbra). Cinquante Eue. globulus plantés en décembre 1867, et ayant 0"'50 de haut, ont donné en 1870 une liauteiir moyenne de 8 mètres sur un diamètre de 0°'10 à la base. UE. piperita, planté à la même époque, a donné 5™ de haut sur 0"'06 de diamètre; l'^'. ubliqua, 5"'50 sur 0"'05. En une année, 1869-70, on a constaté les dimensions suivantes sur un certain nombre d'espèces : Eucal. amijijdnlina, 4'"; ijiganlcu, 4"'50; globata, 4"'50; resinilcrn, 4™; Rùdoni, 4'°; falcata, 3"'; globulus, 6"'; marginala, 2'"; robusla, 3"; pendula, 3"'50; occi- denlalis, 2"; montana, 3'"; Reciana, 5'". Ces arbres, plantés en pépinière, étaient très exposés au vent ; aucun n'a souffert, à l'exception de 1'^'. Gun- nii, que l'on nous dit cependant former des forêts dans les alpes d'Australie, à 1200'" d'altitude. On voit que les essais se multiplient pour le reboisement par ces beaux et utiles arbres dans le sud de l'Europe, de même qu'en Algérie, où de vastes espaces ont déjà été plantés. Espérons que des travaux de ce genre vont désormais occuper les hommes de notre génération, au lieu des oeuvres de massacre et de dévastation qui ont signalé les tristes temps que nous venons de traverser. La Soupe aux Bégonias. — "A quelque chose malheur est bon >-, a-t-on dit souvent. Nous trouvons une confirmation de ce vieil aphorisme, de ce qu'on appelle la sagesse des nations, dans les découvertes qu'a fait naître le siège de Paris. Au moment où l'alimentation des habitants deve- nait de plus en plus problématique, on imagina d'essayer comme nourri- ture quelques plantes de serre que 1 on allait perdre d'ailleurs par faute de combustible. Des centaines de Bégonias provenant des serres du Luxem- bourg furent livrés à la consommation en guise d'oseille. L'eau dans laquelle — 69 — on les fit cuire devint d'une couleur vermeille, et on trouva soit à la soupe, soit aux plats de légumes séparés qu'on fit des plantes, une saveur analogue à celle (le l'oseille. L'analyse montra à M. Chatin qu'elles contenaient du bioxalate de potasse et qu'il faudrait par conséquent les blanchir avant de les livrer à la consommation. Les espèces les meilleures furent les Bcijonia rex, lucida ou seinperflurois, et incarnata. Nous ne pensons pas que jamais la culture des Bégonias en serre comme légume soit assez rémunératrice pour être tentée sérieusement, mais il pourrait en être autrement dans le midi de l'Europe. Nous nous souvenons d'avoir vu cultiver à Nice, à la villa Gastaud, des planches de B. rex et B. grandis en plein air, ù l'ombre, comme on aurait fait des planches de salade, et y produire d'énormes feuilles. Il y a peut-être là quelque chose à tenter. Le géant des 'Wellingtonias. — Nous citions dernièrement les dimensions des plus gros Wellingtonias de Californie. Elles sont aujourd'hui effacées par celles du géant de l'espèce, qu'on vient de découvrir près de 'Visalia, dans la Californie du Sud. Le diamètre de son tronc à la base est de -10 pieds 4 pouces anglais (12'"24). Un tronçon de ces arbres énormes, maintenant exposé à Cincinnati, a été transporté de Mariposa dans trois énormes chariots, après avoir été coupé par tronçons numérotés et rassemblés après coup. Ce fragment a 14 pieds de haut et 7G pieds de circonférence à la base. Ces dimensions colossales donnent assez clairement aux spectateurs une idée de l'ensemble de l'arbre. Plantes pseudomorphiques. — A l'une des réunions de l'année der- nière de la Société d'Hoi'ticulture de Londres, un membre présenta une série de plantes et rassemblées par groupes de familles différentes, et cependant d'un (acifs tellement identique qu'il fallait un examen attentif pour découvrir qu'elles appartenaient chacun à une espèce et à un genre distincts. Le pré- sentateur les nommait mimelic plants (plantes mimiques), nom qu'un auteur a proposé de remplacer par le terme plus exact de pseudomorphiques. M. Wilson Saunders vient d'offrir un nouvel exemple de ces ressemblances bizarres en exhibant à la Société Linnéenne les plantes suivantes que nous réunissons deux par deux pour indiquer leur identité d'aspect: Olea Europœa Oléacées. Swammirdamia antennaria .... Composées. i Anémone coronariu Renonculacées. ( Pelurgunium triste Géraniacées. Osmanlhus licterophylhis Oléacées. Ilex aquifolium var Aquifoliacées. ( Gnaplialium orientale Composées. ( Lavandula lunata Labiées. ( Iris pulchella Iridées. ( Dicrijpla iridioïdes Orchidées. ( Potlios urgyrœa Aroïdées. f Peperomia arifolia Piperacées. — 70 — Adonis autumnalis Renonculacées. Pyrethrum iiwdonun Composées. Ilelerotropa asarnïdes Aristolochiacées. Cyclamen Prrsiaan var Primulacées. 1 Oxalis Pliuiikrl Oxalidées. ( Crotalaria laburnifulln Papilionacées. Gentinna lutea Gentiaiiées. Veratrum viride Mélaiithacées. Gymnostachium Verscliaffelti. . . . Acanthacées. EchiU's rubro-vcnosa Apocynées. GreviUm spec Proteacées. Acacia spcc Légumineuses. Posa spec IJosac(;cs. Xanlhoxylon spec Xaiitlioxjlées. i EnjdiDrbia mamiliaris Eupliorbiacées. ( ApU'ranlIics Gussoniana Ascleiiiadées. ( Danois carota Oialjellii'ôres. ( Pclanjnninm rniivfolium Géi'aniacées. Il sei'ait diliicile, dit \o danlcncrs' Clironiclr, qui relate ces faits, de donner de ces ressemblances une explication plausible. Ce jiarallélismo des formes est indépendant d(! la culture, de riijbridation, des climats, etc.; il se repro- duit d'ailleurs dans d'autres règnes de la nature et résiste ;\ toute disserta- tion que la science pourrait essayer siu' ce sujet. Combien de faits curieux d'ailleurs ne faisons cpie constater, sans qu'il soit possible d'en déterminer les causes, ou [jlutôt que savons nous, sinon constater des faits^ Un nouvel ennemi des Conifères. — A une récente visite à Gand, M. l'^iliiuard Pyiiaert nous a ni(.)ntré, dans les pépinières de son beau-père, M. A. Van Geert, les traces de ravages causés sur de nombreux spécimens de Conifères par ini insecte coléoptère qui passait pour inotTensif, au moins pour les résineux. C'est le Lucane cerf-rolanl, dont la larve, en l'orme de gros ver blanc de 5 à 6 centimètres de longueur, rongeait les racines des jeunes Taxus, Thuiopsis, Chanuecyparis, Abies, etc., jusqu'à ce que mort .s'en suivit. Ces redoutables larves avaient été appoilées par la vieille tannée, sortie des couches de l'établissement, et leurs ravages avaient été considérables. Il y a donc un danger évident à se servir comme engrais de la vieille tannée des .serres ou des couches et il vaudrait mieux, dans tous les cas, ne l'employer qu'après l'avoir exposée préalablement au soleil ou l'avoir aspergée d'eau bouillante, pour faire périr les larves dont nous parlons. Nous sommes de l'avis de M. Pynaert, mais nous nous demandons si c'est bien de la larve du Lucane cerf-volant qu'il entend parler, comme d'un in.secte commun, dans les vieilles couches. Ne serait-ce pas plutôt la larve du coléoptère nommé vulgairement Rhinocéros, gros, brun-roux, avec une corne dressée sur la tète, et dont le nom scientifique est Oryctcs nasicorne.'! Celui-ci est très commun dans le vieux tan et les terreaux de feuilles surtout. N'y aurait-il pas eu confusion de la part de notre confrère? Nous n'avions vu jusqu'ici le Lucane commun cpie dans les bois et ne l'avions guère constaté dans les cultures. Ed. André. EtabïiQî. ieLStroolantiSani 71 PI. LVII. PLUMERIV LllTEA, mi î^mv PLUMERIA A FLEURS JAUNES. Apocynée.s. ÉT\'M0L0G1E : Doclii.' ;éu I!. I'. Pliiniior, ;uilriir ilc Irav^iiix iiii|i()il;nU:i sur la hiilaiiiqiic clos Antilles. C.\HA(/rÈRE.S (lÉNÉRlQUES : Ciilij.c apico .o-loliiis, lohis roliirnlatis, raii.ssiinu inlcyei'. Corolltf tulms gracilis, reclus vel incumis, l'auce (.'xa)i|H'iulic.:iilata, lubis 5 ilextrorsuni con- \olulis. Sliiiiiiiia 5, basi corolhF insorta, filaiiiciitis luevissiniis; aiUberu» basi sa'po dibilaUv, apiee oblusiuscuUe. Oviirla 2, disco imniei'.sa; slyliis l, stif(niate oblongo apice biliilo, ovula oc, suturaD ventrali afïixa. Follkuli 2, polyspernii, sutune venlrali dehiscenU's, exlorni' caniosuli. Sfiniim oblouga, compressa, biiic nicniliranacco-alata, bilo clongalo, ala laciniata, albumine ; cotyledones ampte. — Arimsciilœ plerœrjue Am.eririinœ, ramis crassis ckalrisidis. Folhi al- tci'iia, (iiiipla; flores (iiiipli in cynius terinliiiile.s corymljosas disjiositi, .•ijnciasi, sa'j>c fra- ip-diilcx. Alph. DC. Picil. V, 8, p. 391. C.AUACTEKES SPECIKIQUE.S : Folia oblongo-olKJvala acula in pvliiiliuii ani;uslala glalira. CytiHi termiiialis unibellata imiUillora folio suba'quali; w/y.c lubis truncalis; im-dllir lobi obovali [lallide rosi'i disco aurei lubo (cre recto triplo lougiores. Fullkuli recli ekingati ulriii- (|ue oblusi (.1. 11. HoOh. Uot. Mac/, t. 5779). Le genre Plumeria fait partie de la tribu des Plumériées, caractérisée par un ovaire double, des l'ùllieules en partie charnus et pulpeux, et des graines non soyeuses, le plus souvent peltées. Les espèces qui le composent appartiennent presque toutes à l'Amérique tropicale et constituent des végétaux à très belles fleurs, à rameaux charnus et à port peu rameux. C'est à M. J. Linden que nous devons l'introduction du P. lutea, déjà décrit depuis longtemps par Paiiz et Pavon dans la Flora Pcruviana, et dont le D'' Hooker a donné en 1869, dans le Bntankal Magazine, une figure peinte par Fitch, que nous reproduisons aujourd'hui. A Kew, où un beau spécimen, dft à M. Linden et haut de six à sept pieds, fleurit abondamment chaque année en juin dans la grande serre aux Palmiers, il produit un magnifique eff'et au moment de la floraison. L'espèce est originaire du Guatemala. Son indigénat au Pérou est assez problématique; on l'y cultive dans les jardins, sous le nom vulgaire de Carhuas Suche ou Suclie amarillô, et il épanouit ses cymes de belles fleurs blanc rosé à centre jaune de janvier à mars dans ces contrées. Dans la serre de M. Linden, où nous l'avons observé, le P. lutea présente une tige charnue, peu rameuse, d'un gris cendré, et rendue noueuse par les cicatrices en forme de dépressions ovales ou semi-circulaires, provenant de la chute des pétioles. Les rameaux, dressés, d'un vert olive zébré de gris et devenant cendrés en vieillissant, sont contractés à leur base comme ceux de certaines Euphorbes arborescentes ou de quelques Cereus. Sa hauteur — 72 — totale peut atteindre de 3 à 6 mètres. Au sommet des rameaux se rassem- blent les feuilles, longues de 25 à 45 centimètres, oblongues obovaies, à base descendant sur le pétiole court et robuste, subaiguës, d'un vert brillant en dessus, plus pâles dessous. Les cymes terminales, en forme d'ombelle, d'une longueur à peu près égale aux feuilles, sont multiflores. Sur les pédon- cules et les pédicelles verts et robustes restent des marques en croissant, causées par la chute des bractées et des bractéoles. Une odeur douce s'exhale des fleurs. Le calyce est vert, à tube urcéolé. à cinq lobes courts transversalement oblongs tronqués crénelés pubérulents. La corolle, large de 10 centimètres, porte 5 lobes élargis oblongs obtus, trois fois plus longs que le tube, légèrement recourbé; sa couleur est d'un blanc rosé avec une large base jaune d'or pâle; le tube est poilu à l'intérieur. Les étamines, placées à la base du tube, sont petites, avec des anthères subaiguës. Le style est très court, à .sommet cupuliforme, à deux stigmates peu saillants. Les fruits ou follicules, comme on les nomme dans les Apocynées, sont indiqués par Ruiz et Pavon comme d'une longueur égale à celle de la main. Ainsi qu'on peut le voir par la planche ci-contre, le PI. lutea est une de nos plus belles plantes de serre chaude, où ses fleurs paraissent avec une grande abondance après la période de repos nécessaire à sa végétation. Nous espérons que les amateurs seront séduits par ces qualités de premier ordre et qu'ils attribueront aux espèces d'un genre si remarquable une place qui leur a été refusée jusqu'aujourd'hui, sans qu'on en sache la raison: Explication des Figures analytiques. 1. Tulie (le la corolle ouvert. — 2. Etaiiiine. — ô. Calyce. — 4. Ovaire, style et stigmate. — 5. Coupe transversale de l'ovaire (le tout deux fois grandeur uaturellej. Ed. a. CULTURE. Aux Antilles comme au Mexique et au Guatemala, les Plnmeria croissent spontanément sur les rochers ou dans les terrains sablonneux, exposés à toute l'ardeur du soleil. Nous les cultivons en serre chaude dans un com- post de terre de bruyère, de terre forte et de sable, peu d'arrosements et une place rapprochée du grand jour. J. L. ■Si . , ODONTOGLOSSUM HALLI [lAudlnf,. 73 — PL LVIII. ODOMOGLOSSLIM IIALLI, umEv. odontoglosse du colonel hall. Orchidées. ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES: Voir Ilhislr. Iwrtlc, 1870, p. lli. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : pxcudohnUii Niiigo ;iciiiiiin;iti nneipiles; fnlla liiieari-oliloiiga, eariiiala, 0'"r>0-0"|-iO loiiga, 0"'0I lata; Siiuiinur pscuiluhulliis minores, scariosa' ; sciqn robusti, sa'pe 0"'75 alli, c basi pseiulobullioruni orientes, piiimim erecli, deiu dellcxi ; pures ampli, distantes, biaeteolati, ilianictro 0"'10, sepalis petalisque subconformibus, ovato oblongis acu- minalis aeulis uudulatis apicc decurvo, atrol)iunneis luteo-niarginalis maculatisque; InlivUnm eoUimn^' tubo adnatum mox dellexuni, basi biaurionlatum, limhn sul)pandui'iformi albo macii- lis piirpmols, maigine fimbiiato, apice coiiiuto deeurvato, crista in fauce inserla nmltiradiata aiireo-el)uniea; colninna erecta, clavil'ormis, albida ; foslrlhiin oblusum, rosiratum, foveola- lum, alis duabus antice i)rojectis filiforniibus; uvariiini cylindraceuni sulealum, viride. — In Nov;c-Granal;e monlibus t'rigidis legerunt Hall (fuie I^indley) et G. Waliis, 1868. — Ad viviim descripsi llorentem iu horto Lindeniano. — Ed. A. Odont. Halli, Lindley, Bot. Re vol suIihIoIiiiS(i, iiiiii ovaiin coiiiiald, lindio superci, lii'i'vi, (|uini|ii<'di'niali], |icrsisti'iil<' vid deciduo. (JimUd s\i\wv.i. UiliiUi>sa, raiii|paniilala vol iidiindlliulUdriiiis. Iiilici :r(|uali vi'l liasi liiiio sildiii, lindm (|iiiii((iiolid(i roLjiilari vi'l liii^i'iilo. StaiiiiiKi 5, ooi'iilkf luho irjsoila, oxsoila vol iiiolu>a. (h'iii-iiiiii iiit'oinii], Iri-liiloriilaro. Driiln. iii locillis plura, ox aui^iilu oonirali poudiila, analrci|ia. Sh/his Ijlildniiis; slii/iiin oaiiilaluiu. Biu'ni cai'iiosa, Iriloi-ulai'is vol disse|iiiiiontis (Iotiiiiih uliliteralis uiiiloculaiis, oliiiosiioriua. Scmiiia inversa, cruslacoa. Finbn/o in axi alhuniinls cariiosi l)rovis, ortluilropus, ooljiodoni- bus olliplicis, radioiila und)ilico |)i'oxiiua, lilioia. — Frulices en-cti vel satiiclciilex, iit lirinis- plwrœ liormlis rc(/ii)iiil)iis c.iinilrojiiris et validioribus olmii, iiilcr tropicus Asiœ et Aiiierieœ rari; fotiis opposilis, petlolatts r. sessilitins, inferduni eonnatix, infef/ris vel iii eafletti Nyjct'tt? suliniiiriiidlis, fliii-itiiis (leilliiriliiis varie dis])()sitis. (Endl. Gen. l'I. 3557.) CARAr.TKRES SPEr.lFiyi'ES : Folki llliora, docidua, puhonila vel subjjlahia, snlilus «lauca, ovalo-oblusa, lias! alloiuiala; /liiri:t in capiUilcis torininalo,'; inibrioalos disposili, i'inj;oiilos. CARACTÈRES DE LA VARIÉTÉ : Fn/iii elliptioo-oblonsa sublus pallida, supra Uelo viridia valde luteo albidoque maeulata et punctata. — Ed. A. Tout le monde connaît le Chèvrefeuille des bois, dont les jolies têtes de fleurs blanc jaunâtre, marquées de rose au dehors, se détachent au printemps sur le fond léger d'un feuillage glauque et pubérulent. On en cultive déjà quelques variétés dans les jardins, entre autres les L. p. serotinuin, L. p. belgicum, et le L. p. quercifolium, à feuilles découpées comme celles du Chêne commun. Rien de plus rustique et de plus gracieux que ces plantes comme orne- ment des tonnelles, treillages, où leui's tiges s'enroulent toujours de l'est à l'ouest, et oii leurs jeunes feuilles apparaissent après l'hiver au premier rayon du soleil, saluant le retour de la vie végétale avant tous les arbres de nos forêts. La variété que nous figurons aujourd'hui, trouvée accidentellement dans un bois et fixée par la culture, s'ajoutera aux précédentes et sera la digne émule de la variété japonaise si élégante, connue sous le nom de Lonicera brachypoda aureo-reticulata. Notre plante, qui offre tous les autres caractères du type, se distingue par ses pétioles courts, pubescents, ses feuilles d'un vert très pâle dessous, plus foncées dessus, et largement maculées de bandes souvent obliques, variant du blanc jaunâtre au jaune vif, et occupant la plus grande partie de la surface du limbe. Les feuilles adultes vigou- reuses deviennent cendrées et pointillées. La panachure est très nette, et pour la conserver telle, il sera bon de surveiller la pousse de la plante, de ne pas la planter dans un sol trop riche, et de supprimer les pousses vertes s'il s'en présentait. Ed. A. CULTURE. De plein air, aussi rustique que le type ; terre maigre et situation om- bragée, pour que le soleil ne brûle pas les feuilles. J. L. 76 PI. LX. GLONERIA JASMINIFLORA, lim.o et am.iie glonérie a fleurs de jasmin. Robiacées-Hedyotidées? ËTYMOLOGIE : en riioiineur île Prosper Gloner, directeur de rÉUihlissemcnt .1. I.iiiden , à Gaiid. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Gloneria, Ed. Andié, Gen. nov. — Cali/x lubo obovoideo, cuiii ovario coiinalo, linibo siipeio, brevissiino, persisteiite, quadridentato. Corolla supera, iiifuiidibuliformis, tubo tereli, longo, giacili, fauce dilatata, linibi 4-pailili laciniis oblongo- acutis apice subcalcaratis, subaiilhesi patentihus, ;estivatione coiUoito-imbricatis. Slmiiiiia i, medio corolUe lubo inserla, exserla; lilanieuta filiformia, longa ; antliene lineares, hifidse, précise, ùvarium inferuni, biloeulare; ovula in plaeenlis cainosis, dissepiineiilo uliiiique iiiserlis plurima. Stijliis simples, staniiiiibus diniidio bievior ; sliymala 2, linearia. inelusa, divergenlia. Capsula ovoidea, calycis linibo eoronala, liilocularis.... — Fi-ulcx brasiliensis; liahilu spccioso, crcctiis, l'aiiwsus, corlice nlbido; rami ad tiodos pilostilos compressi ; folia breviter petiolala, coriacca, ovato-ohUiiiçja brcvitcr acuiiiiitata ink'ijra, marijhiUms siihrevolu- tis, supra (jlabra, sablas lomeiiUisn-iilbida; panicula Icniiiiudis corijmhosa, fasciculis opposi- tis compresso-clavall s IriihuUiinis hrarlcolalis, /loribus subsi-ssiUhus iilvcis. — Ed. A. Gloneria jasminiflora, L. et A. ; espèce unique, caractères du genre. — Province de Si'^-Calherine, au Rrésil. — Libon, 1800. Malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible d'identifier cette charmante plante à aucun genre décrit dans les ouvrages que nous avons consultés. M. J. Linden, qui la reçut de l'infortuné voyageur Libon il y a une dizaine d'années, la croyait un Remijia, genre duquel, en elïét, elle se rapproche notablement. Cependant, en y regardant de plus près, on voit que les Remijia, DC, ont le limbe du calyce et de la corolle à 5 divisions, 5 étamines incluses à filets courts, inégaux, un ovaire à placenta linéaire, des ovules ascendants, et que les espèces qui composent le genre, bien que brésiliennes, sont grêles, peu rameuses, différent peu des Cinchona, portent des feuilles profondément sillonnées en dessus, des rameaux velus ferru- gineux, des stipules lancéolées, etc., tous caractères qui s'éloignent abso- lument de notre plante. Le genre Aspidanihem de Beutham, plus nouveau, faisant partie de la tribu des Gardéniées et créé sur un arbuste de la Guiane, paraissait s'en rapprocher davantage, mais nous n'avons pu l'etrouver la forme en bouclier des anthères, la corolle à lobes obtus, la glabriété générale, les feuilles cunéiformes souvent colorées, les stipules foliacées, lancéolées caduques, la panicule compacte et le tomenltim caduque, qui sont attribués à ce genre. D'ailleurs, nous doutons très fort, même en l'absence de fruits, que notre espèce puisse rentrer dans les Gardéniées. ùà lA è L. StTûolaiit.a îa GLONERIA JASMINIFLORA (Liwhm et Andrc). — 77 — Au contraire, nous trouvons ([ue les Hédyotidëes offrent les caractères généraux de notre Gloneria, par leurs stipules intrapétiolaires invaginantes et connées, accompagnées de soies, et que la section Kacincallis du genre Hechjolis, à l'exception de ses fleurs et de ses anthères sessiles, touche de près à l'espèce dont nous nous occupons. C'est donc dans les Rubiacées -Hédyotidëes que devra prendre ]ilace le genre Gloneria, si les fruits mûrs ne donnent point de caractères différents de ceux que nous avons observés dans les ovaires rudimentaires. L'espèce, jusqu'ici unique, que nous nommerons Gt. jnsminillora, l'orme un charmant arbuste à port régulier, dressé, à rameaux divariqués, cylindri- ques comprimés aux nœuds, d'un beau vert dans leur jeunesse et devenant bientôt d'un gris presque blanc argenté. A l'aisselle et sur la surface des rameaux, les téuilles, opposées courtement pétiolées, entières, ovales-oblon- gues peu aiguës, épaisses, parcheminées, convexes ondulées et à bords un peu révolutés, sont accompagnées de stipules très courtes en formes de poils dressés l'ameux; le limbe, d'un beau vert glacé et glabre en dessus, est blanchâtre et finement tomenteux en dessous, à nervures non saillantes. L'inflorescence en panicule courte ou corymbe terminal, multiflore, se décompose en fascicules pédicellés, trichotomes unilatéraux, accompagnés de deux bractéolés dentées conjuguées ou disposées en anneau, et portant des fleurs subsessiles. Le calyce ovoïde un peu anguleux dressé, à quatre dents courtes aiguës ciliées, surmonte de son limbe l'ovaire semi-supère et entoure la base de la corolle, à long tube grêle, arrondi, un peu sinueux, dilaté au sonmiet, à gorge nue, à surface extérieure pubescente, et couronné par un limbe à quatre divisions étalées oblongues portant une saillie en éperon court au sommet. La longueur de ces fleurs est de 0"'02.5 et leur couleur d'un blanc de neige. Les étamines, insérées sur la moitié du tube, sont alternes avec les lobes de la corolle ; elles sont saillantes, à filets filifor- mes, à anthères oblongues bifides, à déhiscence externe. Le style, filiforme, inclus, moitié plus court que les étamines, se termine par deux stigmates linéaires divergents. L'ovaire, biloculaire, à cloison longitudinale charnue, contient de nombreux ovules insérés sur chaque côté du placenta, et autant que nous avons pu voir, sans trace d'ailes, ce qui les éloigne des Cinchonées. Jusqu'ici nous n'avons pu voir aucun fruit en voie de développement. Le Gloneria jasminiflora, on peut s'en rendre compte par la planche ci-contre, sera l'un de nos plus jolis arbustes de seri'e tempérée. C'est à son robuste feuillage persistant, à sa floraison facile, à la régularité de son port qu'il devra d'être accueilli avec joie par les amateurs, et nous lui prédisons sans crainte une faveur marquée. Ed. a. CULTURE. Ce charmant arbuste, originaire des régions australes du Brésil, réclame la serre tempérée froide. Nous les cultivons dans un mélange de terre de bruyère et de terre forte, dans une situation ombragée mais aérée. Il développe ses jolies fleurs jasminiformes dès le mois d'avril et continue à fleurir jusqu'en juin. J . L. — 7S — Figures analytiques du Gloneria jasminiflora. rt. Fascicules tricliolonics de rindoroscence avec bracléoles connées. — /). C.alyc-e. — c. Étamine. — d. Style. — e. Ovaiie, cou|)e Iraiisvcrsale. (Les 4 derniers dessins au double de nature.) LA VEGETATION DE LA GUIANE BRESILIENNE. (Suite et fin, voir liage ti-i.) A ma première visite, j'avais déjà remarqué les fruits de deux espèces curieuses de Passiflores, sans avoir pu en récolter les fleurs. L'une d'elles, la plus intéressante, était confinée dans un lieu aride ; son feuillage était replié comme celui d'une plante qui sommeille. La forme de ces feuilles était tellement inusitée, que je crus d'abord qu'elles appartenaient à une tout autre plante, quelque chose comme une Cucurbitacée ou plutôt une Hellé- bore. A cet aspect se joignait l'attrait de leur port horizontal et d'un vert si brillant, si doux, si gai, que je ftis frappé de sa beauté. Aussi l'on peut juger de ma joie lorsque, vers la fin d'août, à ma troisième excursion, je la vis couverte de nombreuses fleurs du plus beau bleu d'azur! Ces char- mantes fleurs semblaient mettre de la coquetterie, comme le feuillage, à se présenter horizontalement, étendant la couronne de leurs rayons entourés d'un anneau violet, comme pour se faire mieux admirer. Elles se succèdent avec une grande abondance; j'en ai compté 24 sur un seul rameau, et d'autres boutons devaient encore paraître. J'envoyai cette belle plante en Europe sous le nom de P. helleborifolia. L'autre espèce n'est pas moins remarquable que celle-ci. Son fruit est gros, charnu, à trois cloisons élastiques qui éclatent à la maturité. Le pistil est persistant et accrescent. Les graines, cornues, très ridées, pendent librement sur le placenta, et ne sont pas entourées de pulpe. Les feuilles de cette Passiflore sont elliptiques, longues de 25 centimètres, larges de 20, et échancrées aux deux extrémités. Ayant recueilli des fruits mûrs en juin- juillet, je croyais pouvoir placer la floraison entre janvier et février. Aussi - 79 — grand fut mon étonnement, lorsque je trouvai en septembre la plante en fleurs, ce qui suppose un espace de neuf mois pour la maturation des fruits. Ces fleurs, quoique leurs dimensions ne fussent pas en rapport avec l'am- pleur du feuillage, étaient fort belles, d'un blanc pur, couleur rare dans les Passiflores; leur couronne de rayons, insérée un peu obliquement, était d'un jaune de chrùme léger, passant souvent au blanc et parfois au violet tendre. Les rameaux ne portaient guère à la fois que 6 à 7 de ces fleurs. Ces deux plantes, malgré leurs dissemblances, me frappèrent par ce fait, que toutes deux portaient des fruits sans pulpe et non comestibles, et qu'elles fleurissaient à une époque inusitée dans les autres espèces du genre. Les terrains brûlés du soleil plaisent à la première, et l'autre, il fleurs blanches, i>réfère les sols frais et profonds, au bord des fleuves et des lacs. Pour cultiver avec succès la P. Iicllcbnrifolia, je conseille de chercher d'abord un développement très abondant du feuillage, à la reprise de la végétation, coïncidant avec la reprise de la saison des pluies dans son pays natal. Dès que cette saison est passée et que la j>lante est abondamment pourvue de rameaux, souvent longs de 4 ou 5 mètres et feuillus d'un bout à l'autre, elle se met à fleurir à l'apparition des premiers jours de séche- resse. Il faudra donc, dans les serres, provoquer d'abord la végétation herbacée par de copieux arrosements et les cesser tout-à-fait pour faire apparaître les boutures et les fleurs, sans oublier ensuite une période de repos nécessaire. 3. Le sol des plaines du Rio-Branco est généralement infertile, peu encou- rageant pour l'explorateur, et contraste vivement avec la forte végétation qui s'étale au pied des montagnes. Ce fut là que je dirigeai de préféi-ence mes "excursions, loin des solitudes habitées seulement par des peuplades indiennes et que les blancs ont depuis longtemps dévastées. La vie dans ces régions manquant de tout est difficile, et les bois seuls sont habités par quelques blancs, qui doivent aller au loin, près de la mer, chercher les objets qui leur manquent en échange de quelques produits naturels. J'ai trouvé, dans le voisinage de ces montagnes, des sites qui ne le cédaient en rien aux forets vierges les plus réputées. Des groupes immenses de Papayers (Carica papaya), de Manioc (Jatropka maiiilwi), de larges plan- tations de Bananiers {Musa paradisiaca et M. sapientum), montraient une rare puissance de végétation dans ces fécondes colonies sub-andines ! Dans ma dernière tournée vers ces parages, j'appris que la chaîne de montagnes de Cunucu, située non loin de là, au nord-est, formait une sorte de jardin d'une prodigieuse fécondité. Cette chaîne, pourtant, n'est point considérée comme brésilienne; elle forme une soi'te de territoire neutre, sur lequel les couronnes respectives du Brésil et de la Grande-Bretagne ont des droits de possession encore mal déterminés. Je profitai de l'occasion pour visiter cette contrée. Entre autres végétaux intéres'sants, j'y rencon- trai, pour la première fois, le célèbre arbre aux tortues {Pao de Tortiuja), que je n'avais pas encore vu vivant. Je n'arrivai point sans difficultés. — 80 - toutefois, à me procurer ce précieux arljre. Non-seulement les indications précises sur sa station me manquaient, mais le voyage était matériellement assez difficile. Pirara, localité indiquée pour l'arbre aux tortues, est très mal famé à cause des nombreux meurtres que les Indiens ont perpétré sur les lilancs. Cependant ces indigènes sont, pour la plupart, très poltrons. Si un danger se présente quand ils vous escortent, ils prennent aussitôt la fuite, et s'écrient en vous regardant avec une compassion simulée : " Je ne veux pas assister au moment de votre mort! •' Sur ces terres, en effet, le meurtre n'est pas rare, et il ne faut qu'une occasion pour (jue les Indiens le com- mettent, s'ils le peuvent sans crainte. Ces considérations ne m'empêchèrent pas de poursuivre mon projet d'atteindre Pirara. J'essayai d'obtenir pour guides quelques soldats de la forteresse que je demandai au commandant, mais sans aucun succès. Je trouvai même que les Indiens des sources du Macusi, qui constituent la population de Pirara, se montraient plus récal- citrants qu'aucun de leurs confrères. Il me fallut enfin me contenter de deux hommes, espérant bientôt les congédier en les renouvelant de proche en proche, par des indigènes d'autres peuplades, et je m'acheminai hardi- ment vers Cunucu, afin d'y recueillir l'arbre où tendaient mes efibrts. Cunucu est situé sur la rive droite du Rio-Tacutu ; on peut gagner son port en quatre jours de marche à partir des basses cataractes. Le fleuve s'étant trouvé en crue, il nous fallut, à un endroit difficile, retourner en arrière à la distance d'une journée environ. A partir de ce point, nous eûmes une route intéressante et semée de toutes sortes d'aventures. Nos provisions furent augmentées par la chair d'un cerf et d'un tapir que nous abattîmes et qui me fut d'une grande utilité pour la nourriture de mes Indiens. Mais le martyre du moustique vint bientôt nous torturer, sans nous laisser un jour ni une nuit de répit. Le Rio-Branco, qui est délivré de cette peste épouvantable pendant la saison sèche, fourmille de ces insectes au moment des pluies. Poursuivi et atteint chaque jour par les attaques des Plums et des Borraschudos, on peut imaginer quel redoublement de souf- rance, lorsque, au crépuscule tombant, des troupes nouvelles de moustiques font continuellement irruption sans qu'on puisse entrevoir le moindre adou- cissement à ce supplice. La lune se lève; une nouvelle plaie arrive. Des myriades d'atomes vivants, presque invisibles, les Micuims par exemple, vous couvrent toute la portion libre du visage, et du corps, le cou, les mains, se cachent sous les cheveux et vous épuisent quand vous tombez de sommeil et de fatigue. Les Indiens même, entièrement nus, sont sensibles à cette souffi-ance, malgré leur habitude de l'endurer, et parfois ils lèvent le can>p au milieu de la nuit pour aller chercher ailleurs un repos problématique. J'aurais pu épargner ces litanies au lecteur, et pourtant la plainte du martyre est si étroitement liée à la jouissance des beautés de la nature tropicale, qu'il est impossible de parler de l'une sans l'autre. Je pensais souvent que ces satisfactions de l'esprit, si supérieures à celles du proprié- taire paisible au coin de son feu, pouvaient s'acheter au prix de quelques tourments corporels; mais qu'au travers de ces belles perspectives une troupe de ces diables ailés vienne vous ensorceler, toute considération sur - 81 - les plantes ou les grands paysages s'envole dans les nuages pour vnus ramener aux souffrances du moment. Cependant nous touchions au terme; tout allait être oublié. Après avoir erré dans toutes les directions, et souvent m être éloigné de deux ou trois lieues de nos campements, je commençais à me fatiguer et à douter de la sin- cérité de mes gens, lorsque le premier Arbre aux tortues s'ofirit à mes yeux. Son tronc élevé, de 2 mètres de circonférence, s'élançait d'un seul jet à 10 mètres. de hauteur. Le bois en était si dur, que deux hommes travaillè- rent trois heures pour l'abattre, et encore il ne faut pas moins que les haches américaines pour avoir raison de cette dureté extraordinaire. En examinant la structure des feuilles et des fruits, quel ne fut pas mon éton- nement de voir que l'arbre appartenait à la famille des Artocarpées, qui est remarquable par le bois mou des plantes qu'elle renl'erme! Quant au suc laiteux qui en découlait, cela ne me présentait rien de nouveau, car j'avais déjà trouvé dans la zùne équitoriale sub-andine des Sapotacées à bois remar- quablement serré. Les feuilles de TArbre aux tortues sont petites, elliptiques aiguës, poly- morphes, vert foncé, entières, et rassemblées surtout au sommet des ra- meaux. L'arbre forme une couronne ample et élevée. La partie intérieure du bois, ou cœur, est d'une densité remarquable, qui dépasse celle de l'eau, et d'une beauté qui fait son prix élevé; le reste, ainsi que l'aubier, est blanc, et considéré comme de nulle valeur. Le noyau de ce bois est d'une couleur de fond rouge pâle avec des taches noires ou rouge-noir, et il imite, quand il est poli, une écaille de tortue, d'où son nom. Si l'on réussis- sait à introduire ce bois en Europe, il y serait très en faveur et nul doute qu'il ne soit vendu à un très haut prix, au poids, comme objet de haut luxe pour la tabletterie. On l'appelle également bois de serpent parmi les indi- gènes de Cunucu. Parmi les autres matières intéressantes qui se rapportent à la botanique, j'ai encore à parler d'un arbre à odeur balsamique et de la plante Cui-are, qui sert aux Indiens à empoisonner leurs flèches. L'Indien marche volon- tiers entouré de poison. Il tue les gros poissons au moyen de flèches trempées dans la sève du PaidUnia tiinbo et les petits à l'aide du Baillera verbasco (espèce de Loncliocarpus). Je me procurai jusqu'à dix espèces de plantes dont les propriétés étaient analogues à celles-ci, mais j'étais resté longtemps sans réussir à voir celle qui fournit le curare. Sans nul doute elle crossait dans ces parages, et si je ne pouvais la rencontrer, c'était par la méfiance des Indiens qui m'en éloignaient sous le prétexte que je voulais arracher leur plante. Enfin, une seule fois, elle me fut timidement montrée; elle grimpait, entortillée autour du tronc d'un arbre dont elle atteignait le sommet. Sur le sol gisait une quantité de fruits mûrs tombés. Leur pulpe était réduite en bouillie, et leurs graines, arrondies et charnues, étaient entourées d'une mince croûte ligneuse épaisse de quelques millimètres et à surface fendillée comme des cristaux de gypse cristallin. Ces graines, au nombre d'environ 20-25 pour chaque fruit, sont éparses et entourées par la pulpe; elles germent en quatorze jours et produisent déjeunes plantes dont la racine ressemble à un navet. — 82 - Chose étrange! ce terrible poison est tout-à-fait inoffensif tant que la plante reste à l'état cru. Elle ne devient vénéneuse qu'après une mani- pulation spéciale et après avoir sulii, par l'ébullition, une transformation chimique qui lui donne sa redoutable puissance. Quelle idée singulière put conduire le premier Indien qui découvrit ce poison? N'est-ce point un trait de hasard analogue à celui qui mit entre les mains du moine franciscain Derthold Schwartz le mélange d'où sortit la poudre à canon? L'habitant du monde civilisé et l'Indien doivent rendre grâce tous les deux à la haute victoire remportée ici par le pur hasard qui leur a mis en main de pareilles découvertes. Malgré sa superstition si développée, l'Indien ne montre aucune peur des diverses parties de cette plante. Cette sécurité me fit même commettre une assez grande imprudence : après avoir récolté de ces graines, je les lavai par inadvertance après en avoir écrasé l'écorce, et je me souvins plus tard qu'à ce moment j'avais un doigt blessé. Après la cuisson préalable qui doit développer les propriétés dangereuses du Curare, la sève prend la consistance et la couleur d'un sirop, et peu à peu elle acquiert à l'air libre la dureté de la pierre. Cette viscosité et cette consistance s'obtiennent surtout par l'addition du suc d'un Ciisus pendant l'ébullition. En l'absence de cette dernière espèce, on la remplace par une espèce d'Euphorbiacée. L'arbre à baume, dont j'ai parlé plus haut, est une nouvelle espèce de .Uijiospcnnnm. L'huile volatile abondante que renferment ses graines lui a valu une grande réputation curative. Les blancs payent très cher ces graines, dont les Indiens font de longs chapelets qu'ils portent autour de leur cou, et auxquels ils attribuent des vertus merveilleuses. Il me reste à indiquer, parmi les plus belles lianes que j'aie rencontrées, un superbe AUamanda que j'ai vu en cet endroit pour la première fois,, des Tlievelia (?), Ferrnrin, et, comme plantes à feuillage, de nombreux Maranla et un Cissus. L'Allamaiidn, qui porte des fleurs larges de 13 centimètres et à odeur suave, me paraît se rapprocher beaucoup de VA. nobilis. Il s'éloigne des autres espèces par ce point caractéristique que ses fruits sont lisses, tandis que les AUamanda les ont presque tous hérissés. Tel est le résumé de mes observations pendant huit mois de séjour cou- tinuel dans la vallée du Rio-Branco. Dans ces notes se trouvent énoncés des faits qui m'ont offert de l'intérêt, bien que l'ensemble n'ait pas répondu complètement à mon attente. En somme, la Flore de la Guiane brésilienne, qui est tout-à-fait analogue à la Guiane britannique, est misérable, malgré l'originalité qu'elle présente sous de nombreux rapports. L'horticulture n'y peut trouver que de faibles ressources, et les points de vue géographique et climatologique n'y présentent rien de bien saillant. Si d'un autre côté, on considère que R. Schomburgk, le voyageur le plus instruit et le plus consciencieux qui ait parlé de la Guiane, a eu le bonheur de faire d'heu- reuses trouvailles dans ces régions (comme celle de la Victoria rctjia, qui croît d'ailleurs, dans tous les affluents de l'Amazone), personne ne pourra s'étonner que notre sujet ait été passablement mis à sec, d'autant plus que - 83 — le célèbre voyageur avait parcouru la Guiaiie anglaise pendant sept années entières, sous la protection de siDn g'ouverneraent. G. Wallis. L'Arboriculture dans la Russie du Nord. Le " Messager de l'Horticulture « (Wcstnik Sndowodstwn), journal de la Société impériale d'Horticulture de Russie, publie les recherches du savant chef des cultures au jardin botanique de S'-Pétersbourg, D'' Regel, sur les arbres et arbustes rustiques sous le climat de Russie septentrionale. Ce grand travail, fondé sur les observations faites pendant quinze années con- sécutives au jardin botanique de S'-Pétersbourg et aux environs de cette capitale, présente une haute importance scientifique et offre un intérêt tout particulier pour le jardinage. Le troisième cahier du M'estnik contient le commencement de ce remar- quable travail. Après un aperçu des caractères distinctifs de familles et de genres auxquels appartiennent les arbres et les arbustes rustiques de S'-Pétersbourg, le savant auteur passe en revue et donne la description détaillée de ces plantes, ayant soin de tracer les traits les plus saillants de chaque espèce mentionnée. Suivant le système d'Endlicher, M. Regel débute par les Conifères. Comme espèces de cette grande et importante famille rustiques à S'-Péters- bourg, il indique les suivantes : Juniperus communis, L., J. iiana, Willd., et /. Sabiiia, L. La rusticité dn J. cœsiu, H. P. (espèce de Tchougoutchak), ainsi que celle du J. pseudo- Sabbid, Fisch. et Mey. (d'Alta'i), est douteuse. Tliuja occidentalis, L. Picea excelsa, Lk. (avec les variétés : peiidula et Clanbrasiliana (= Pinus jnjgmœa), P. obovata, Ledb., P. nigra, Lk., P. alba, Lk., et P. rubra, Lamb. La rusticité du P. ajanensis, Fisch., et du P. Schrenkiana, Fisch. et Mey., deux belles plantes de Sibérie, n'est pas confirmée par les expériences faites au jardin botanique de S'-Pétersbourg. Abies balsamea, Mill, et A. sibirica {pichta), Ledb. A. pectinata, DC, et A. Nordmanniana, Spach, ne supportent pas le climat et gèlent à rase terre. Pinus sylvc.slris, L., P. uncinata, Ram., P. Pumilio, Hajucke, P. Cenibra, L., P. piimila, Rgl., et P. sirobiis, L. Larix europœa, DC, à trois variétés : Ujpica (= L. pijramidalis, Salisb.), pendulina (= L. archangelica, Laws.) et pendula (= L. prndtda, Salisb.), L. dahurica, Turcz, L. microcarpa, Forbes, et L. sibirica, Ledb. Par ce nombre restreint des Conifères dùsponibles pour l'ornementation des jardins et des parcs de la capitale de Russie, nos lecteurs doivent juger que pour en tirer un parti convenable, le jardinier de S'-Pétersbourg doit posséder un goût et un talent bien développés. - SI — Nous tiendrons compte des articles suivants de M. Regel sur la Dendro- logie russe, au fur et à mesure de leur publication dans le W'ealink. F. WOLKENSTEIN. [Ami , CORBEILLE DE FLEURS SUSPENDUE. On peut construire soi-même ce modèle de corbeille pour antichambres, salons, vestibules ou même plein air, soit au moyen de morceaux de bois découpés qu'on ajuste d'après la figure ci-con- tre, soit tout simplement en bois rustique. Tout jardinier intelligent de- vrait meubler la rési- dence de ses maîtres de semblables ornements. Rien n'est plus gracieux, dans les situations à. de- mi-ombragées des parcs, et surtout près de l'habi- tation, que de rencontrer une de ces corbeilles fixes, plantées dans le sol et décorées avec goût d'une gerbe de fleurs et de feuillage que l'on re- nouvelle au besoin. L'in- térieur de la vasque est garnie d'une cuvette de zinc dont on garnit le fond avec un drainage de briques cassées ou de charbon de bois. Au cen- tre, sur une petite tor- chère dissimulée dans le feuillage, on place un Yucca, un Dracu-na, un Agave, un Alocs ou une plante analogue. Des Fou- gères, Dracénas, Commeljnes, Pelargoniums lierre, Lobélies, Capucines (Tropœolum Lobbianum), Bégonias, et des plantes à belles fleui\s sont plan- tées en pleine terre ou en pots cachés par de la mousse et renouvelées de temps en temps. Des trous sont ménagés dans le zinc pour laisser l'eau surabondante s'écouler, et au moyen de seringages fréquents, ou entretient facilement l'ensemble toute la saison d'été. Ed. a. — 85 — CHRONIQUE HORTICOLE. De Tutilité des études botaniques. — Malgré les services rendus chaque jour par la botanique à la grande et ;\ la petite culture, aux sciences, à l'industrie, au commerce, on entend contester encore son utilité par les personnes même qui en profitent à leur insu. Pour elles, son rôle se réduit à la connaissance stérile des plantes et à leur classification. C'est une erreur contre laquelle il faut protester. Il est facile de démontrer combien au contraire de bienfaits sont attachés à cette science et quelle source de jouissances morales et de bien-être physique découle de l'étude des plantes. On peut dire que parmi les sciences qui touchent de prés à l'agriculture, notamment, la botanique occupe le premier rang. L'honnne des champs jilus qu'aucun autre, est en contact étroit et permanent avec la nature, à l'exception des savants spécialement attachés à l'histoire naturelle, car son travail, ses recherches, ont toujours lieu au milieu du grand laboratoire. La botanique, même maintenue dans la connaissance des noms et des propriétés des plantes, arbres, herbes et fleurs qui entourent les habita- tions de nos campagnes, ajoute un charme inappréciable à la vie rurale. De même que le voyageur, familier par ses études avec l'histoire, les antiquités, la littérature des peuples et des pays qu'il traverse, trouvera dans ses pérégrinations un plus grand intérêt que le touriste indiflérent ou ignorant, de même tout habitant des campagnes, ouvrier ou proprié- taire, riche ou pauvre, qui sera initié aux études botaniques, découvrira une source de plaisir sans cesse renaissante dans la contemplation des produits de la nature qu'il aura appris il connaître. Mais ce qui est un plaisir pour l'amateur devient une nécessité pour le cultivateur. Il doit étudier les plantes qui entourent la ferme, non- seulement pour leur nomenclature aride, mais pour leurs usages, leur histoire, leur importance dans la culture, et le reste pour s'en faii'e une distraction toujours nouvelle et toujours charmante. La tâche n'est pas si formidable qu'on pourrait le supposer. Le commencement seul est difficile , comme pour toutes les choses à apprendre. Après un bon point de départ, l'intérêt s'accroît, s'intensifie, devient presque une passion, et les progrès subséquents, loin de coûter de laborieux efforts, portent a-vec eux leur récompense. Notre éducation populaire ou primaire est défectueuse sous bien des rapports. Elle dépend trop de la science des livres, pas assez de la con- naissance des êtres et des choses. Elle s'adresse à l'intelligence seule, et laisse à part l'examen du monde pratique de la nature. Il ne peut en être longtemps ainsi, avec les idées qui dominent maintenant les peuples. Le jour viendra sans doute où la jeunesse sera plus sérieusement armée pour remplir les devoirs de la vie de chaque jour. A ce moment là, l'étude de la botanique sera élevée à un rang distingué, et prendra la position — 86 — que son importance justifie. Ce serait faire acte de bon sens que d'en agir ainsi, et préparer plus sérieusement des hommes qu'en leur bourrant le cerveau de connaissance abstraites et sans utilité immédiate pour la vie qui s'ouvre aux jeunes gens. Chacun d'eux, sorti du collège, veut passer pour un savant ou pour un homme d'esprit. L'esprit, cet ennemi intime du bon sens! Il faut croire qu'il en a toujours été ainsi, témoin l'anecdote que raconte Voltaire : " Le contrôleur-général donnait audience ce jour là. Des hommes d'un génie profond lui présentèrent des projets. L'un avait imaginé de mettre des impôts sur l'esprit. Tout le monde, disait-il, s'empressera de payer, personne ne voulant pas.ser pour un sot. Le ministre lui dit : je vous déclare exempt de la taxe. " De combien de gens n'en pourrait-on pas en dire autant aujourd'hui? Au lieu d'appliquer la jeunesse d'abord au grec, au latin, à l'histoire, à la philosophie, toutes choses qui devraient être réservées pour un âge plus mûr, pourquoi ne commencerait-on pas l'instruction et l'éducation par les premières notions exactes des objets qui nous entourent et au milieu desquels nous devrons passer notre vie? En un mot, pourquoi faire connaître à un enfant la législation des Grecs sous Lycurgue avant de lui apprendre ce que c'est qu'un épi de blé ? L'étude de la botanique est donc étroitement liée, ou devrait l'être, aux premiers pas de l'intelligence de l'enfant, comme elle doit le devenir aussi à l'âge mûr de l'homme. Espérons que ces pensées viendront un jour à ceux qui gouvernent les peuples, à la place de ces fausses idées de gloire, d'ambition, de conquêtes et de massacres qui viennent de nous plonger hier encore dans les ténèbres de la barbarie ! TJn préservatif des suites de la variole. — Combien sont plus dignes d'intérêt les vrais amis de l'humanité, qui consacrent leurs veilles à calmer ses souffrances et à guérir ses maux ! Nous avons autrefois raconté, dans ce journal, les tentatives faites par un pharmacien de Bourges, M. Mille, pour faire adopter les préparations pharmaceutiques du Sarvacenia purpuvea comme préventif et curatif de la variole. Les résultats qu'il avait obtenus étaient, dit-on, des plus remar- quables. Malheureusement, M. Mille vient de mourir et probablement ses essais ne seront point continués , au moins que nous sachions. Ce qui est certain, c'est que les tribus sauvages de l'Amérique du Nord emploient le Sarracenia de nos jours encore comme préservatif de la terrible maladie qui vient de désoler l'Europe occidentale et dont nous ne sommes pas quittes à l'heure qu'il est. Dans l'Inde, les naturels, faute de Sarracenia, ont imaginé un autre remède pris également sur une plante indigène, bien connue et cultivée dans le midi et le centre de la Finance, \e Melia azedarach, L., vulgaire- ment nommé Lilas des Indes ou arbre à chapelets. Ses feuilles, réduites à l'état de bouillie, ne guérissent point la petite vérole et ne la pré- viennent même pas ; mais, si on les applique sur le patient après l'éruption, elles empêchent toute trace de la maladie de paraître après guérison. Les feuilles du Melia exercent le même effet sur toutes les maladies — 87 — éruptives susceptibles de laisser des traces sur la peau. L'attention de nos médecins peut être utilement appelée sur un pareil sujet. Exemple d'échenillage. — A ceux qui préconisent lechenillage et le hannetounage comme seuls moyens de conjurer jusqu'ici deux fléaux terribles pour les cultures, on répond généralement, — je parle des esprits chagrins et arriérés, — que ces moyens sont trop locaux et qu'ils ne sont, pour l'extinction du mal, qu'une goutte d'eau dans l'Océan. Ce système d'abstention paresseuse est fatal, devant la nécessité d'agir contre de pareils envahisseurs. Nous n'avons qu'à citer l'exemple suivant, pour prouver que l'on pourrait arriver promptement à la destruction des che- nilles, si les hommes savaient s'entendre pour faire le bien comme il ne le font que trop souvent pour le mal. Nous empruntons cette petite relatiofi au Cercle professoral d'Arboriculture de Gand : " A Beirvelde, près Gand, on ne trouve presque plus de nids de che- nilles, ni anneaux, ni œufs. Les enfants des écoles communales les recueillent à l'envi. Leurs maîtres, MM. Vandevelde et Paelinck, avaient acheté quelques petits volumes pour les distribuer aux élèves qui auraient rapporté le plus de ces insectes. Quatorze élèves (dont on donne les noms) ont réuni le nombre immense de 219,377 nids ou cocons, plus de 300 anneaux et 7 kilogrammes 2 décagrammes d'œufs. " Voilà ce que peuvent des enfants, malgré leur jeune âge, alors qu'on leur apprend à suivre d'utiles conseils. Ces enfants certes sont dignes d'une belle récompense et leurs maîtres méritent de trouver des imitateurs. " Voilà un exemple de cet enseignement pratique et vrai que nous vou- drions voir inculquer aux enfants, et que nous recommandions en tête de cette chronique. Commerce des fruits en Belgique. — Dans le même recueil, se trouve une intéressante statistique du commerce des fruits en Belgique, d'après des documents recueillis par notre collègue et ami M. Ed. Morren. En 1867, l'exportation des fruits de provenance belge s'est élevée à 24,517,577 kilogrammes, représentant une valeur de 7,555,273 francs. Dans ces nombres, l'Angleterre seule figure pour 23,748,575 kilogrammes ou 6,864,898 francs. D'autres part, l'importation, en 1867, s'est bornée à une valeur de 167,592 francs, soit une balance supérieure à sept millions en faveur de la Belgique. Ces chiffres sont une éloquente réponse à ceux qui contesteraient l'importance de l'arboriculture fruitière et les progrès qu'elle a accomplis en Belgique depuis quelques années. Secours aux horticulteurs français. — Nous apprenons avec une vive satisfaction que le Comité anglais intitulé : French horticulliirists' relief fund Conunitlee, dans une de ses dernières séances au siège de la Société royale d'Horticulture de Londres, a appris du D'' Maxwell Masters qu'une somme de 500 liv. st. (12,500 fr.) était déjà réalisée, indépendamment de nombreux dons en nature offerts avec empressement par les horticulteurs anglais à leurs confrères d'Outre-Manche. Nous savons que ce noble exemple est également suivi par la Belgique, et de pareilles marques de sympathie dans les temps de calamité sont de nature à rapprocher encore des hommes déjà habitués à s'estimer et à s'aimer mutuellement. Exposition de Londres. — L'exposition internationale de Londres s'est ouvei'te le 1°'' de ce mois sans beaucoup de solennité. La parole était malheureusement au canon chez d'autres nations voisines et le contrecoup d'événements aussi fatals s'est fait sentir violemment en Anj^'leterre. L'Horticulture n'y occupe d'ailleurs qu'une place assez effacée et ses expo- sitions de quinzaine ne sont guère plus que des apports libres de plantes un peu supérieurs en nombre et en importance aux présentations ordinaires faites aux séances de la Société royale à Kensington. Certainement la réca- pitulation des produits exposés bimensuellement du l'-'"' mai à la fin de septembre ne manquera pas d'intérêt, mais nous attendions quelque chose d'analogue à ce qui s'est fait en 1867 à Paris, et notre espoir a été déçu. Avec des secrétaires généraux tels que MM. Masters, Hogg et Moore, le conseil de la Société, aidé du gouvernement, avait voté des subsides, on eût pu espérer de grandes choses, mais d'autres préoccupations, parait-il, ont empêché la réalisation de ce projet. C'est à Nottingham que va se reporter cette année l'action horticole anglaise de 1871. Nous savons que les préparatifs sont déjà considérables, et tout fait espérer que l'industrieuse cité verra dans ses murs, du 27 juin au 3 juillet, une imposante manifestation du jardinage anglais. Cocos "Weddelliana. — A l'occasion de cette charmante espèce, qui a paru dans les collections sous plusieurs noms différents, nous devons mettre sous les yeux de nos lecteurs les renseignements suivants, fournis par M. Wendland, de Herrenhausen, qui éclaircissent tout à fait une question controversée : Ce beau Palmier fut découvert en 1831 par le D'' Weddell (le seul nom, entre parenthèses, que nous connaissions ayant toutes ses lettres redou- blées!), sur les pentes méridionales des montagnes des Orgues, au Brésil. En 1832, M. Riedel le retrouva près de Macahé. Il fut introduit par M. Van Houtte en Belgique il y a quelque dix ans, et quelques années api-ès importé en assez grande quantité par M. Linden, qui le mit au commerce, en l'absence de déterminations scientifiques, sous le nom de Leopoldiiiia pidchva, Lind. Enfin il parut encore un peu plus tard sous le nom de Glaziova elegantissima. Martius le considérait comme un nouveau genre, mais M. Wendland ne voit pas qu'il diff'ère sensiblement des Cocos. La description que ce botaniste en donne est ainsi conçue : Cocos Weddel- iiana, Wendl. mss. — Plante de 2™ à 3-; tronc très grêle, de 1"" 30 à 2'"; feuilles de 1" à l"" 30, couverte d'écaillés brun noirâtre; les segments ou pennes au nombre de 50 à 60 sur chaque côté, linéaires étroites, oblique- ment aiguës, vert foncé, argentées dessous, longues de 0'"20, larges de 0"'01; spadices longs de 0'"60 à 1'", dressés, avec 2 enveloppes, l'extérieure longue de 0'"15, l'intérieure de 5-8; pédoncule du spadice comprimé au sommet, à 30-50, rameaux étalés, grêles, longs de 2-6 cent. Calice et corolle triphylles, sépales et pétales subconformes, les derniers plus grands, courtement acuminés avec éperon; anneau de staminodes très court; six étamines ; ovaire ovoïde ; stigmate trifide. Fleurs monoïques. Fruits incon- nus, à moins que sur des renseignements écrits qui indiquent les noix comme presque globuleuses, petites, à trois loges. — 89- Biota aurea à haute tige. — Dans l'établissement de MM. Simon frères, à Metz, MM. Thomas, les habiles chefs de culture qui le dirigent depuis de longues années, ont imaginé de greiiér le Biota aurea, cette variété naine en boule que tout le monde connaît, à haute' tige sur le Thuia.du Canada, (Thuia occidentalis) . C'est une idée ingénieuse et qui donnera un ornement de plus pour les jardins réguliers, les encoignures de parterres, les centres de cor- beilles circulaires, etc. C'est par la greffe herbacée, greffe ordinaire des Conifères, que MM. Thomas ont obtenu ce résultat. Pour cela ils n'ont point déplanté ni mis en serre le sujet, mais un simple cornet de papier a protégé au printemps le greffon herbacé qui reprend facilement, dans une situation semi-ombragée surtout. Emploi du Biota avrca dans los jardins sym('tii(nies. Nous ne voudrions pas nous faire l'avocat du Biota aurea sous cette forme, nous qui ne l'aimons déjà guère dans sa forme ordinaire en boule sur le sol. Nous trouvons qu'il est déplacé dans les jardins paysagers, ennemis des silhouttes régulières et où le pittoresque est la première loi. Il est, au contraire, du meilleur goût dans les parterres réguliers et les jardins symétriques. Nous savons même un endroit où il fait un remar- quable efiét. C'est à Baden-Baden, où nous l'avons vu, eu septembre 1869, — 90 — employé clans le mode suivant : a, a, a, bandes fleuries entourées de lierre; b, b, b, gazon; c, c, c, Dioia aurea isolés sur le gazon et garnis au pied d'une petite butte plantée de Lobelia erinus; d, d, allées circulaires et extérieures. Dans ces conditions l'effet était excellent, surtout avec le relief de la cor- beille, qui était très bombée au centre et ornée au sommet de quelques hautes plantes à grand feuillage. Nous croyons que tous les éléments, mis à notre disposition par la natui'e où l'industrie horticole, peuvent être utile- ment employés à la décoration des jardins, mais trouver leur véritable place, c'est le difficile, et personne ne peut dire qu'il y est passé maître. Nous aurons occasion de revenir sur ces questions. Epine cramoisie à fleurs doubles. — Nous venons de voir, dans une récente visite aux pépinières de MM. Simon Louis frères, à Metz, un carré tout entier d'un arbrisseau admirable, que nous savions exister, mais que nous n'avions pas encore vu en fleurs. C'est la variété à fleurs doubles de l'Aubépine cramoisie (Cratœgus oxyacantha punicea plena). Les variétés rose double et blanche double sont fort connues et appréciées, et la ponceau ou cramoisie simple ne l'est pas moins. La plante dont nous voulons parler est aussi éclatante que celle-ci et aussi double que les pre- mières. C'est une acquisition de premier ordre. On la doit à M. Christophe Boyd de Waltham Cross (Angleterre) et elle a été figurée dans ce recueil, 1867, pi. 536, mais la planche en donne une idée bien au-dessous de la réalité. Mélangée au printemps avec des boules de neige (Viburnum opulus stenlis) l'effet en est remarquable au plus haut degré. C'est tout à fait une magnifique plante, que tous les jardins devront d'autant mieux posséder, qu'elle est aussi rustique que l'Aubépine de nos haies. Voyage du D' J. D. Hooker au Maroc. — Nous apprenons que le D'' J. D. Hooker, le célèbre voyageur aux terres boréales et dans l'Himalaya, le directeur des jardins de Kew, vient de partir pour le Maroc, en exploration botaniqttè, en compagnie de M. John Bail et d'un jardinier de Kew. Nous avons lieu d'espérer que l'expédition sera fertile en résultats botaniques et horticoles, surtout si les voyageurs dépassent la côte et pénètrent dans l'intérieur, et nous attendons avec impatience des nou- velles qu'ils ne manqueront pas d'envoyer si leur entreprise réussit. "Voyages de M. Roezl. — M. Roezl, après avoir pendant longtemps exploré la partie occidentale de l'Amérique nord, le Mexique, l'Amérique centrale, a porté récemment ses pas dans la Nouvelle-Grenade et diverses régions de l'Amérique méridionale, qu'il explore actuellement pour compte de M. Linden et d'où il ne manquera pas d'expédier de précieuses collections. Cette attraction de la nature tropicale sur ceux qui l'ont une fois admirée est invincible. Al. de Humboldt disait toujours, à la fin de sa carrière, qu'il ne voulait pas mourir sans revoir l'Amérique. Nous avons entendu M. de Siebold annoncer qu'il se préparait, à plus de 75 ans, à un nouveau voyage au Japon. Combien de fois notre directeur et ami, M. Linden, ne nous a-t-il pas parlé de cet aimant enchanté qui l'attira sans cesse vers les régions luxuriantes qu'il a parcourues pendant douze années de sa vie? Avec quelle ardeur n'y courrait-il pas de nouveau! Mais les devoirs de la famille, les mtérêts, les affections, et aussi les atteintes éprouvées par la santé dans — 91 - ces courses lointaines sont autant de réalités qui conduisent à s'abstenir, et il faut se contenter de jeter de loin des regards d'envie sur cette patrie absente des forêts vierges et des splendeurs de la végétation ! Pour les vrais amants de la nature, il n'y a pas d'obstacle. Combien de ces apôtres de la science et des voyages en sont devenus les martyrs^ Victor Jacquemont, mort dans l'Inde à t>-2 ans, en pleine jeunesse et en plein talent, et dont les correspondances ont révélé un si grand esprit; Duvaucel, Quantiu Dillon, Heudelot, Steinbel, Aucher-Eloy, Libon, Porte, Pearce, qui ont succombé ;\ la suite de grandes fatigues ou de maladies contractées dans leurs expéditions botaniques; l'infortuné Bertero, qui périt dans la traversée de Taïti au Cbili; AUan Cunningham, que des sauvages indigènes assassinèrent dans les forêts australiennes; Petit, compagnon de Quantin Dillon, qui fut dévoré par un crocodile en traversant le Nil à la nage ; David Douglas et tant d'autres ! La mort de Douglas est horrible ; son souvenir est resté dans toutes les mémoires. Il explorait l'île d'Hawaï (groupe des Sandwich) ; en parcourant une forêt, il fut précipité dans une fosse creusée par les naturels pour prendre les animaux sauvages et dissimulée par des branchages. Tout meurtri de sa chute, le malheureux Douglas se trouve en face d'un taureau furieux, tombé avant lui dans le piège, et en quelques instants il est mis en pièces. Son cadavre fut retrouvé horriblement défiguré. Le martyrologe serait long des pauvres explorateurs restés à la peine dans ces courses aventureuses. Chacun sait ù quoi il s'expose en se mettant en route, et cependant la soif de l'inconnu est si grande et la jouissance de ceux qui réussisent, probablement si intense, que tous les jours s'accroit leur nombre , au grand profit de la science des voyages et de l'histoire naturelle. Nécrologie. — Dans nos courtes notices nécrologiques sur les illustra- tions de la science des plantes et des jardins, nous avons oublié de signaler la mort du prince Puckler Muskau, à son château de Branirz. Il naquit le 30 octobre 1785 à Muskau, étudia la jurisprudence de ISOO à 1803 à Leipsig, combattit ù Dresde dans les gardes du corps, et rendu à la vie privée, se mit avec ardeur à créer à Muskau un parc où il voulait ren- fermer toutes les beautés de la nature, en poussant l'art des jardins à ses dernières limites. Il publia en 1834, sous le titre .- " Andeutunyen tibev Lamhchaftstjartnevei •> un traité d'architecture paysagère et des albums d'une grande beauté, qui eurent à cette époque un certain retentissement par la nouveauté des vues qu'ils exprimaient. Après avoir passé de longues années à l'arrangement de son parc et y avoir dépensé la plus grande partie de sa fortune, il fut obligé de le vendre, et l'on dit qu'il venait souvent errer la nuit sous ces ombrages qu'il avait plantés et dont il ne pouvait se séparer sans avoir le cœur brisé. Il a laissé en Allemagne quel- ques élèves ou plutôt des imitateurs de son style, plutôt recherché que naturel, et l'on cite M. Jiiger, d'Eisenach, comme ayant conservé ses traditions pour le tracé et la plantation des parcs et jardins. Ed. André. — 92 — PI. LXI. GONGORA PORTENTOSA, i,i\n. et liEiciiii. fil. GONGORA, Orchidées. KTYMOLOGIE : Urtlk' à Anloiiio Caliallcro y (iongora, ami du bolauistc Mulis. CARACTERES GÉNÉRIQUES : Pcriyomi patenlis foliola oxtpi'iora laleralia lilicra, divaricata, snpn'imini ooliinin;p ilorso ailiiatiim; iiilcriora iniiioi'a, coliinina^ mi'dii) coiinala. Ijilidhim ciNii liasi c(]|uiiii];r cDiiliiiiiiini, lilii'i'iiin, iiiii;iiiriilalurii, diiuidio inlcricirc iliv|»ii-|iili(ii r\|ila- iialii, iili'iii(|iiL' l'iiniuKi, sii|n'ii(ir(' (l'iiichiliol M'i'licali, aiii-i|iili (l'arichus iip|i(isilis i'(iiii|diL'alis, connalis), acumiiiali). Coluiiimi cloiigala, arcuata, clavala, mai'ginata. Aiillwra incomplète bildciilaris. l'olluiiii 2, linearia, in caudicuia cuiioata sessilia. — Hcrlxi' (iiiKTimiiœ, cpipliytœ, pscitdiihidhosce; foliis pliciitis, rari'niis clnm/dlls /Icxiiosis, iiiidti/loris. — Cumioni, Ruiz et Pav. Prodr. H 7, t. 25. CARACTERES SPÉCIFIQUES : Hniriiius clongalus plui-illoius; /7ocm longcpodicellati ; svpa- luiii doisale ligulalo aciilum; si-pahi lateralia oliionga apicidala; pctala caniosa lincari-falcala; liihriliiiii i-arnosissinnim comp[csM]m. jnediu siiperne aiigulalo aristis gcminis iTlimsis in basi laniinai-nni dolahiiUiiininm aniice aeutaruni, aniice aditum in antruni lalK'lli apcricnliiirn ; cpirlidiiiiii labnla'rornic aiK'e]>N parvnm lignia linrari bicnrva anleposita {G. pin-lciilosu, Lind. Cl Rcicli. III. in Ciii-il. Chniii. ISil!», p. Sili). — Cundinaniaica, pi-ov. Rogota (Nova-Granata). AVallis, lS(i8. — Vidi vivani haud llorenlem iii liorto Liudeniano. — Eu. A. Cette nouvelle et curieuse plante, découverte par M. Wallis en 1868 à Vergara, dans la province de Bogota (Nouvelle-Grenade), fait partie d'un genre remarquable par l'étrangeté de ses formes, et situé entre les Stanhopea et les Conjantlies. Elle présente de grandes fleurs jaunâtres, à larges sépales, à pétales charnus aigus, violet tendre ponctués de pourpre, à labelle triangulaire élargi de la même couleur que les sépales. Ces fleurs sont disposées en grandes grappes pendantes à la manière des Stanhopées, mais plus longues et plus grêles. Chaque fleur est longuement pédicellée ; le sépale dorsal est ligule aigu, appliqué, verdàtre, les latéraux grands oblongs, apiculés, ondulés, d'une couleur jaune violacé ponctué de brun; les pétales, charnus, linéaires cornus, falciformes, sont violets pointillés. Le labelle, très charnu comprimé, est anguleux dans la moitié supérieure, avec deux arêtes ou barbes rétrorses vers la base de deux lames étalées dolatriformes aiguës en avant, s'ouvrant en fosse profonde au-dessus du labelle, avec un prolongement en corne dressée linéaire au sommet; la moitié inférieure du labelle (épichilie) est en forme de table triangulaire ancipitée petite avec une ligule linéaire bi-recourbée placée en avant. Nous empruntons à M. H. G. Reichenbach la description de cette sin- gulière fleur, que nous n'avons pas vue épanouie et de laquelle nous ne' pouvons dire que ceci de visu, c'est qu'elle est portée par une plante dont les pseudobulbes sillonnés oblongs rappellent ceux des Stanhopées. et des feuilles longues et grandes acuminées au sommet, longuement rétrécies en pétiole à la base, sillonnées et de consistance peu charnue. Le G. portentosa, qui fleurit abondamment chaque année dans les serres de M. Linden, est une de nos plus bizarres Orchidées américaines. Ed. a. CULTURE. Culture sur bois ou on corbeille, dans un compost de terre (ibreuse, de tessons et de spliagimm haché. Serre tempérée, beancoup de soringages pendant la période de végétation et peu d'Iinmidité pemlanl le repos. J. L. ■'■■? f GONGORA PORTENTOSA (Liml. et Reichb. fil.). /^. û - , a^.^a û ^ n. -A a à..A-^A.:l. -Â: ^ — 93 - PI. LXII. WELFIA KEGIA, ii wendi™ WELFIA ROYAL. Palmiers. ÉTYMOLOGIE : En l'honneur de la famille royale de Hanovre (Guelfe). C.\RACTËRES GËNËRIQUES : Char, a clar. Wendland non adhuc omnino desumpti. Genus a Geonoma differt staminibus numerosioi'ibus (56-42), staminodiis 18, seininuni raphe in doiso ramosa, etc. C.\RACTÊRES SPÉCIFIQUES : Arhiisciila orecUi, Inmm gracili ; folin (juniora purpuren- salnionea biloha) longe petiolala, pellolo b.isi dilatato vaginante triangulari, supra cylindrieo gracili, ereclo, purpurascenle; adultoruni l'oliorum prinue plurinKP linearcs iii;eqiiales alternai, in rhachidem supra furfuraceum angulatum decurrenles, nervis promiuenlihus erubescen- libu.s ; inflorcsncntia raceniosa mullilida, nulans, ad basim foliorum truni-nni coronans, ramis octogonis, elongalis; floivs ; sfiniiia niinoria, nvoïdea, basi foveata uuguiculata, in lineas dorsales singnic disposita — In Nova-Granala legit G. Wallis, anno 18GS. — Vidi vivam phmtani juniorem in horlo Lindeniano. — Ed. A. Welfia regia, II. WendI Mss.? L'élégance des formes et le charme des couleurs sont le partage de ce ravissant Palmier, reçu par M. Linden en 1868 de M. G. Wallis, qui le découvrit dans les régions tempérées de la JMouvelle-Grenade, à 1,200 mè- tres d'altitude. Les jeunes plantes, dès-à-présent mises au commerce et que les serres de l'importateur contiennent en assez grand nombre, présentent un tout autre aspect que les plantes adultes observées par M. Wallis dans leurs sites natals. En effet, dans le jeune âge, elles ofl'rent des feuilles bilobées, puis pourvues de quelques rares pennes alternes comme dans certains Geonoma. Ce n'est qu'à l'état complet de formation que le Welfia regia forme un petit arbre du port le plus gracieux, à frondes découpées comme celles d'un Cocos, et ayant le port d'un Seaforthia elegans en miniature. Si les jeunes enfants dont nous parlons ne prennent point cet aspect, ils en offrent un autre qui ne le cède en grâce à aucune autre espèce. Leurs frondes, doucement inclinées sur leurs pétioles de pourpre, avec deux grands lobes bifurques terminaux oblongs et obliques, d'un beau rouge passant au vert glacé et foncé, leurs nervures purpurines sous la face verte des feuilles adultes, et ce port régulier sans raideur, cet air princier que tous les Palmiers revêtent sans exception, même dans les espèces humbles, tout contribue à faire de cette charmante espèce une acquisition de premier rang. Nous n'en connaissons point les fleurs et notre description sommaire doit se réduire à ceci à l'heure présente : petit arbre dressé, à tige grêle, feuilles (les plus jeunes bilobées pourpre saumoné) à long pétiole dilaté invaginant à la base triangulaire, puis cylindrique grêle, dres.sé, purpurin; les adultes — 94 — à pennes nombreuses linéaires inégales alternes décurrentes sur le pétiole anguleux, rouge, et farineux en dessus; nervures saillantes rouges; inflo- rescence rameuse, pendante, à divisions nombreuses, couronnant le stipe; et portant des rameaux octogones, allongés; fleurs ....; graines petites, ovoïdes, à base creusée et onguiculée, disposées une à une en rangées dorsales. Depuis l'impression des lignes qui précèdent, nous avons reçu de M. Her- mann Wendland, de Herrenhausen, \e phéiiicogmphe le plus distingué depuis Martius, la lettre suivante, qui ajoute quelques utiles indications à celles que nous venons de donner et dont nous voulons faire profiter nos lecteurs : " Le genre IVelfia est nommé en l'honneur de la famille royale de Hanovre, spécialement du roi Georges V. Il n'a pas été publié encore avec détail. Je l'ai d'abord mentionné dans un recueil d'histoire naturelle à Hanovre en 1861, et j'en ai publié une courte notice en 1869 dans le Oartenflora, p. 242. Le genre diffère des Gconoma par le plus grand nombre des éta- mines (36-42 au lieu de 6), des staminodes (18 au lieu de 6) et par les graines, qui ont un raphé rameux extérieurement, pendant que les Geoiwina présentent un raphé courbe et simple. " Je ne connais actuellement que deux espèces : Wellia Georgii et W. regia. Le premier vient de Costa-Rica; le second de la Nouvelle-Grenade. " Le Weljia Georgii offre un tronc de 20'" de hauteur, avec 20-30 feuilles de 6-7"" de longueur, portant 40-60 segments de chaque côté du rhachis. Le régime, presque sessile, est peu rameux, à rameaux hexagones de 1" de longueur sur 0,03 de diamètre. Les fruits atteignent 34-45 mm. de long sur 12-14 mm. de diamètre, et sont plus gros que ceux du Wclfia regia. " Le W. Georgii est également un Palmier de la plus grande beauté, comme l'espèce que vous publiez. » Ed. a. CULTURE. Nous cultivons cette espèce dans un mélange de terre de gazon, de terreau et de terre de bruyère. Elle réclame la serre chaude-tempérée et beaucoup d'humidité. J. L. ARISTOLOCHIA BAR BATA (Jacquhi). ï- r- n r> rr n u ft m r» c MrMl\/ri I r_(^DrMAnF - 95 - PI. LXIII. ARISTOLOCIIIA BARBATA, jaco ARISTOLOCHE BARBIGERE. Aristolochiacées. ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Itluslnitioii horticole, 1870, pi. 1. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Frulicosa; ccmlh volubilis aiigulatus ranmlis foliisque sulitus pubescenlibus; folia loiiijiuscule petiolala deltoideo vol sayiltalo oortiala obtusa vol aouta supra glabra, aurieulis basi iiiagiiis rolumlatis, siuu semiclauso vel aperlo; flores loiiyiuseule podicellati axillares solitarii, porianthio pallitio, tubo basi obovoidoo globoso inllato, lauce lato intiuidibuliformi, oro lalo liianto oblique truncalo buccœl'ormi vcnoso, labio parvo slipilalo suborbiculari iutus supra mediuui processubus eloiiiîatis purpureis dense barbato (J. D. Hooker, iu Bot. Mn;/. l. 5869). A. barbata, Jacq. Coll. Imt. 111, p. 2-21. Stirp. rar. v. III, p. 17, t. 608. — Willd. Sp. pi. V. IV, paît. I, p. im. — Ducliarlre in DC. Prod. XV, part. I, p. 447. — Griseb. FI. brit. W. Ind. p. 299. A. dktyantlia, Duoli. in .\ini.. Se. mit. sor. 4, v. Il, p. 49, et in DC. Prod. I. e. p. 446. Hoivardia Imrijuta, Klotzscli. iu Moualsb. Ac. liei. 1831), p. 615. Encore une singularité à ajouter aux e.çpèces déjà qui composent ce genre, et dont nous avons publié plusieurs remarquables espèces nouvelles. Ici ce n'est plus le vaste pavillon d'un cor de chasse, ni une étoffe indienne élégante, ni un vaste lambeau de pourpre à odeur cadavéreuse, ni une pipe turque, ni des lanières tortillées et pendantes. C'est une petite fleur verte et brune s'ouvrant en deux parties comme la gueule d'un serpent dont la lèvre supérieure serait barbue intérieurement. La plante n'a pas encore fleuri à Bruxelles, mais la planche que nous donnons d'après le Botanical Magazine offre une idée exacte de cette bizarre espèce. Elle est originaire des environs de la Trinidad (Venezuela), d'où M. Ernst, de Ca- racas, l'envoya à Kew, et depuis elle a été retrouvée par M. Koezl, dans la Nouvelle-Grenade, qui l'expédia à M. Linden. C'est un arbrisseau de serre chaude, à tiges nombreuses, grimpantes, anguleuses, grêles, ligneuses à la base, hautes d'un mètre et plus. Les branches sont pendantes; les feuilles, sur des pétioles longs, sont longues de 10 cent., de largeur variable, cordiformes deltoïdes, oblongues cordées ou subsagittées, à oreilles arrondies, à bords recourbés, glabres ou à peu près en dessus, pubescentes et glauques dessous. Les fleurs sont solitaires, axillaires, sur des pétioles recourbés plus longs que les pétioles. Le pé- rianthe est long de 6 à 7 centimètres, avec la portion basilaire en forme d'outre obovoïde, vert pâle, le tube presque droit, veiné, s'étalant en une expansion en entonnoir velu intérieurement, fortement réticulé, brun pâle à l'intérieur, vert tendre au dedans. Lèvre dressée plus petite que l'orifice du périanthe, comme pédicellée, suborbiculaire un peu arquée, brune et réticulée vert à l'extérieur, verdâtre à l'intérieur avec de nombreux poils bruns claviformes accumulés à la moitié supérieure. Six anthères linéaires, et six stigmates delto'ides tubulés, récurves, jaunes ocreux, sont réunis en colonne ou gynostème. Ed. A. CULTURE. Même culture que celle indiquée pour Y A. Duchartrei. J. L. — 96 — PI. LXIV. UTRTCIILAPJV MONTANA, mmi UTRICULAIRE DES MONTAGNES. Lentibulariées. ÉTYMOLOGIE : Du lutin nlririilii, polile oiilro, petite boiileille, par allusion aux vésicules aériféres qui soutiennent sur l'eau les rameaux île (|uel(|ues espèces. CARACTÈRES GÉNËRlyUES : Calij.c diplijilus, foliolis lequalibus, indivisis. Corotla hypo- gyna, personata, tubo .subnullo, basi aiitice calcarata, labio superiore bilido, inferiore, lou- giorc, palalo prominente. Stritimia '2, corolUe labio superiori inserla; niamenla connivenlia incurva, apice intus anlherifera; antheric coha^rentes, uniloculares, siniplices vel didjnio- constrictK, longitudinalilcr déhiscentes. Ovariuin unlloculare, placenta basilari globosa. Ovula plui'ima, anatropa? Slijlus brevissinius, crassus ; stiij)na bilabiatuni, labio superiore brevissinio vel ob.soleto, inferiore lamellit'orini, dilalato. CapsuUi globosa, uniloeularis, démuni irregu- lariter ru|ita. Sciniiia in placenta basilari globosa, libéra plurima, umbilico basilari. Emhnjo exalbuminosus, indivisus .. — Horhœ cusmnjxjiitœ in America Imreali tcmjm-aln et Nova- Hullaiidid itnpriwix cnpinsa', aliw aijtinlirœ, lilicre naUintcs foliis radiralihus demcr.sis, miilti- fidis , vesiculis plurimis ai-riferis inslriictis, aliœ paludosœ, radicanles, foliis radicalUms confcrtis, indivisis, vesiculis intvrdum rudiculihns , sc.apis midis, nunc squamulis paucis vel foliis vcsicvliformilms inslriictis, floribus spicotis, racemosis vel sulitariis. Utricularia, Linn Gcn. n° 3i, etc. (ex Endiich. Gen. 4193). CARACTERES SPÉCIFIQUES: repens, stolonitcra; tubercula oblonga aibo transluceutia fibrillis ulriculit'eiis; folia radicalia erecta integerrima lauceolala basi attenuata rubescenlia, glabra, carnosa, euervosa; scnpus erectus gracilis, "1-2 florus, viridi-piirpurascens, arliculatus, squamis caulinis minulis remotis linearibus; calijcis lohi ovato-cordati obtusi basi auriculati marginibus revolulis, paluli v. erecti, aIbo llavescentes, extus purpureo lineali; corolla magna, albida, breviter tubulosa, lobo superiore reluso obovato ereclo scpaloque superiore subadnato, fauce curvata, labello sacciformi ore ovalo anlice producto gibboso angulalo aureo, dein limOo undulato dejeclo expanso basi rotundalo, calcarc infero, 0"'03 longo, infra labellum antice incurvo eoque longiore. Stamina 2, in superiore faucis parte inserlis, antheris quadri- fidis, brunneis, subexserlis; lilamenluni eurvalo-calcaratum clavatum superantibus. Ovarium sphaToïdeum, sessile, superum, iiniloculare, niultiovulatum; stiyma subsessile, in ore hiante dilatalo insertum. - Crescit in humidis altis(]ue monlibus Martiuicœ, Sancti Viuceiilii, Triui- talis, GranatS', Montis Serrati, etc. In frigidis provincia; Ocaûa (Nova-Granata) delexit Roezl misitque in Europam anno 1S7U. — Vidi vivant et descripsi in horto Lindeuiano. — Ed. A. Utricularia montana, Jacq. Amer. \t. 7, t. 6. Beaucoup de botauLstes et d'horticulteurs ne connaissent, parmi les Utriculaires, que les quelques espèces à fleurs jaune d'or et à rameaux aquatiques, capillaires et vésiculeux qui parsèment la surface des petits étangs de nos régions tempérées. Ils ignorent que des centaines d'espèces, particulières aux Indes, à l'Australie, à l'Amérique du Sud, produisent des profusions de charmantes et étranges fleurs rouges, bleues, jaunes ou blan- ches, d'une grande variété de formes et du tissu le plus délicat. C'est qu'en effet, peu ou point d'entre elles ont pu parvenir jusqu'en nos cultures. Si on les introduit, elles fondent le plus souvent avant de fleurir. Or, comme dans / ( -■"^< il .•»\ 1^' \^ y^ I UTRICULARIA MONTANA (Jacquhi) — 07 — les herbiers leurs tissus légers se décolorent et se déforment, nous ne con- naissons ces plantes que par les figures et les descriptions. Nous avons aujourd'hui enfin la l}onne fortune de faire exception à cette fâcheuse règle et de pouvoir donner à nos lecteurs une de ces jolies Utriculaires, arrachée par M. Roezl l'année dernière aux régions froides d'Ocana (Nouvelle-Grenade), d'où il l'envoya à M. Linden à Bruxelles. La plante avait été découverte déjà depuis longtemps dans plusieurs autres régions : la Martinique, Saint-Vincent, la Trinité, etc., et même dans la Nouvelle-Grenade, sans qu'on put l'avoir, que nous sachions du moins, conservée vivante dans les serres. Nous l'avons vu prospérer et fleurir chez M. Linden, où la présente planche a été faite sous nos yeux. C'est une petite plante traçante, produisant, autour de ses racines fibroso- charnues, des tubercules oblongs transparents, pédoncules, d'abords blancs, puis verdàtres, et eux-mêmes pourvues de fibrilles à utricules. Les feuilles, toutes radicales, insérées une à une sur le rhizome traçant, sont dressées, longuement lancéolées, atténuées à la base en pétiole rougeàtre, vertes sur les deux faces, très entières et charnues, à nervures peu apparentes en dessus et nulles en dessous. Les hampes grêles, paucitlores (une ou deux fleurs sur celles que nous avons vues), sont vert teinté de pourpre à la base et aux articulations, où se trouvent de petites écailles éloignées, aiguës; les pédicelles, égalant les fleurs, sont accompagnés à la base de trois bractées linéaires acuminées. Le calyce est à deux sépales colorés de jaune pâle et vergetés de pourpre saumoné à l'extérieur : ils sont ovales cordiformes obtus auriculés à la base, le supérieur dressé plan, l'inférieur déjeté latéralement, tous deux à bords révolutés. La corolle, grande et blanche, courteraent tubuleuse à lobe supérieur obovale dressé sous le sépale supérieur, à gorge semi-circulaire, présente un labelle d'abord sacciforme à ouverture ovale, projeté en avant en une bosse anguleuse d'un beau jaune doré, s'étalant ensuite en un limbe déjeté, élargi arrondi à la base. Un éperon infère, long de 0'"03, recourbé en avant sous le labelle dont la pointe aiguë le dépasse, est étroitement appliqué sous cet organe. Les deux étamines, insérées à la partie supérieure du fond de la gorge, off'rent des anthères brunes quadrifl- des au sommet d'un filet en éperon recourbé et renflé en massue. L'ovaire sphéroïde, sessile, uniloculaire, multiovulé, est couronné par le stigmate sessile, contracté, puis dilaté en orifice ouvert comme une lèvre béante. Ces charmantes fleurs durent plusieurs jours épanouies. D'abord blanches plus ou moins teintées de rose, elles jaunissent en se flétrissant. Nous con- seillons de leur donner, en serre tempérée (sous cloche ou sous châssis spé- spéciaux), un traitement voisin de celui des Sarracenia, DarUnglonia ou Cephalotiis, avec un peu plus de chaleur. Ed. a. — 98 LES JARDINS PUBLICS AUX ETATS-UNIS. A mon départ pour le " grand pays " (c'est ainsi que les Américains appellent avec raison le vaste territoire de l'Union), je me tins le raison- nement suivant : je vais me trouver transplanté dans un ordre de choses tout différent du nôtre; ici les nécessités de la défense contre l'ennemi n'ont pas contraint les hommes à s'agglomérer en masses compactes, en villes étroites d'où la brise du ciel est impuissante à chasser les exha- laisons délitères; ici, où de grandes étendues de terrain sont souvent concédées gratis au fermier émigrant, je verrai à plus forte raison des espaces attribués dans les villes aux jardins et aux plantations, qui sont la santé, la joie et la consolation des créatures humaines forcées de sup- porter la vie artificielle des cités populeuses. Dans ce pays jeune et sans préjugés, parmi une nation qui progresse dans des conditions de richesse et de force inconnues jusque là, je pourrai constater, sinon la présence de monuments superbes, au moins de larges voies pour la commodité des com- munications et le développement futur des villes. Je fus cruellement désabusé. Peu de cités du vieux monde m'ont offert des rues plus étroites et plus sales que celles de New- York; peu de capi- tales sont aussi dénuées de jardins et de places, dans toute la vieille Europe. Même dans les tristes conditions où se trouve Londres sous ce rapport, on ne saurait y voir une circulation plus difficile que dans Broadway, et il est très rare de constater, dans la grande ville commerçante de l'Union, qu'on se soit préoccupé de créer de grandes et spacieuses voies plantées qui apportent l'air et la lumière comme dans les nouveaux boulevards de Paris. Dans toutes les villes d'Amérique, à l'exception d'une seule, les rues sont longues, droites et étroites, et c'est là presque tout ce qu'on en peut dire. Combien de fois, quand vous vous trouvez seul à demander une adresse ou un numéro, on vous répond simplement : •• Tout droit, à cinq milles d'ici, sur votre droite ! " Les places plantées sont rares, et très éloignées les unes des autres et généralement d'un détestable arrangement, d'après ce vieux faux principe qu'il faut entasser les arbres les uns sur les autres. Cet état de choses, toutefois, est aisément explicable. Dans beaucoup de cas, lorsqu'on traçait le plan d'une ville, il ne venait à l'esprit de personne qu'elle atteindrait jamais la dixième partie de son développement actuel , et il eût été ridicule de voir dans un village d'énormes places et de vastes artères. Mais actuellement ces mêmes villes sont honteuses de cet état de choses et l'on se préoccupe, dans le plus grand nombre, de distribuer, autrement les nouvelles annexes suivant un plan rationnel, commode et agréable. Il existe cependant deux séries de jardins publics dans lesquels les Américains semblent destinés à nous dépasser de bien loin : les grands parcs et les cimetières. On doit reconnaître qu'ils sont conçus avec une ampleur remarquable et d'immenses sommes d'argent sont consacrées à leur création. Les cimetières surtout laissent loin derrière eux tout ce que j'ai — 99 — vu d'analogue en Europe, et sont aussi supérieurs à nos nécropoles que la tombe de Napoléon aux Invalides surpasse un simple mausolée du Père- Lacliaise. C'est avec une vive satisfaction que dans un pays encore aussi jeune, j'ai noté la présence de si beaux parcs, qui donnent le meilleur augure des développements futurs de la nation en ce sens. Dans cbaque État des cime- tières sont disposés avec tant de goût qu'ils forment de très beaux jardins publics, et sont une vive protestation contre les agglomérations de tombes en désordre comme dans les cimetières de Paris et Londres. Au lieu d'en- terrer les corps pressés les uns contre les autres comme des allumettes dans une boîte, cliaque famille est propriétaire d'un petit lot de terrain formant un jardinet dans lequel les tombes sont placées isolément. A Cincinnati on améliore même ce système en cachant les limites de chaque lot derrière le gazon, et en ne permettant au propriétaire qu'un seul monument dans l'espace qui lui est attribué. Sur cette construction sont inscrits les noms, — si même inscription il y a, — des diverses personnes enterrées auprès. Par ce moyen l'effet disgracieux ordinairement produit par le fait de cou- vrir le sol de milliers de monuments hétéroclites est évité en grande partie, tandis que le dessinateur du jardin peut obtenir de très beaux efi'ets paysa- gers en ménageant des vues, de vastes pelouses et des plantations bien agencées qui produisent de véritables scènes de paçcs. New- York, la principale ville des Etats-Unis, est sous certains rapports la ville la plus désagréable et la plus sale que j'ai vue. Le fameux Broadway, à part sa longeur, est inférieur à la plupart des boulevards de second ordre à Paris. Comme je le disais, à l'intérieur on trouve fort peu de plantations, et quand il s'en rencontre, c'est en bordure de voies étroites, de sorte que les Vernis du Japon (AilaïUus) et quelques autres arbres employés, dès qu'ils prennent un peu d'accroissement, remplissent à moitié la rue et obstruent le jour. Les squares sont rares et très inférieurs à ceux de Paris et même de Londres. Ordinairement ils sont traversés par des allées droites et parsemés d'arbres communs, de sorte qu'on n'obtient aucun efïét ornemental. Dans les parties les plus fashionables de la ville, les rues sont propres; mais combien d'autres quartiers où la saleté est incroyable et la boue permanente ! On a conservé cette bonne vieille habitude de répandre les immondices des maisons dans les rues, et la municipalité, bonne mère, seconde le mouvement en laissant pourrir indéfiniment ces tas d'ordures. On aimerait mieux être Lidien dans les forêts de l'Amazone que " l'habitant respecté " de nombreuses rues de New-York, que j'ai eu le malheur de traverser. Plusieurs même de celles qui vont de Broadway au quai sont les plus mal tenues. A ce triste spectacle vient s'ajouter l'inconvénient plus sérieux des tas de pavés qui roulent sur la chaussée et sont un danger pour les véhicules passants, ou des rues sans empierrement d'aucune sorte et recouvertes d'un épais lit de boue. Sous d'autres aspects cependant, New- York est une grande et belle ville, et rachète les fautes ci-dessus. Comme toutes les grandes cités de l'Est- Amérique, elle est bâtie sur un très beau port, à cheval sur une lie bordée d'un côté par la rivière Hudson et de l'autre par le grand estuaire nommé — 100 — East river, qui forment de larges boulevards aérés et apportent une excel- lente ventilation aux populations denses qu'elles traversent. On sait combien le Central-Park est magnifique. Le jardinage ornemental proprement dit n'y occupe pas une grande place, et c'est avec raison (]ue cette sobriété de décoration y est en usage; mais sous le rapport du dessin il est certainement supérieur aux parcs de Londres les plus étudiés. On y trouve des pelouses vastes et tranquilles, et de nombreux rochers naturels conservés, mais pas encore ornés de plantes saxatiles et de buissons pittoresques. On a eu le tort cependant d'y multiplier outre mesure les ponts au-dessus des routes, dans le but de maintenir les chemins de cava- liers isolés de ceux destinés aux voitures et aux piétons. Les dépenses occasionnées inutilement dans ce but sont énormes. Dans Hyde-Park aussi bien qu'au Bois-de-Boulogne, où la circulation est beaucoup plus considérable, il n'a pas été nécessaire d'employer cette mesure. Le cimetière de Greenwood, à Brooklyn, est très étendu et très beau; sa surface très variée et plantée avec discernement. C'est aujourd'hui un véri- table jardin public, et nous espérons qu'il conservera ce caractère. Prospect Park, également à Brooklyn, seconde partie de New-York, n'est pas moins remarquable et tracé avec beaucoup d'art. Les voies et boulevards qui en font les approches sont larges et bien percés et l'ensemble est digne d'un grand pays. Si les autres villes américaines suivent ces modèles, elles laisseront loin derrière elles, sous ce rapport, les créations analogues de la pauvre vieille Europe. J'ai été fort désappointé à Philadelphie par la monotonie de ses 'longues rues, quoique la ville soit vaste, saine et intéressante à de nombreux points de vue. Les égouts sont à découvert et traversent les trottoirs par de petits canaux La chose n'est rien moins qu'agréable par les grandes chaleurs et ressemble plutôt à une rue de vieille ville irlandaise qu'à ce qu'on est en droit d'attendre d'un peuple jeune et d'une civilisation avancée. On a essayé de planter un square avec les arbres indigènes d'Amérique, mais comme toujours, les arbres sont trop rapprochés les uns des autres et produisent une confusion complète, bien loin d'ajouter à la beauté du lieu et de pré- senter un développement satisfaisant. Mais dès que le promeneur entre dans Fairmount-Park, il est frappé de l'ampleur et de la magnificence avec lesquelles ont sait traiter les parcs dans l'Amérique du Nord. Qu'on imagine une immense pièce de terre, inclinée sur les bords d'une large rivière bordée des rocs les plus pittores- ques, mesurant une étendue de 3000 acres (plus de 1200 hectares) et d'une telle diversité d'aspects que tout le talent d'un habile architecte paysagiste pourrait s'y excercer à plaisir pendant un grand nombre d'années pour en développer les beautés. Si ce beau parc est traité avec goût et modération, dans le style naturel, et si l'on sait y dépenser de l'argent pour l'embellir par les éléments que la végétation peut fournir, il surpassera de beau- coup tout ce qui est connu jusqu'ici. Mais à Dieu ne plaise qu'il tombe entre les mains de ces prétendus artistes qui, au lieu de l'enrichir par ces éléments, lui enlèvent son caractère et le sillonnent d'allées droites, de - 101 — dessins géométriques, de fontaines et de ponts coûteux, statues, etc., en un mot, chercheraient à le dénaturaliser! On admire également à Philadelphie un cimetière contenant plusieurs centaines d'acres de superficie, très bien orné et entretenu, et non moins bien planté. J'j ai recueilli des spécimens d'un superbe Gordunin, arbuste couvert de belles grandes fleurs blanches ressemblant à celles du Maijnulia glauca. A Baltimore, un parc, taillé sur des dimensions analogues, semble un coin de la Suisse et commande de magnifiques perspectives sur le pa^s avoisinant. Le genre de destructeurs dont je parlais plus haut j a laissé sa trace, en imaginant deux longues lignes de vases massifs rangés près d'une route voisine de l'entrée, tous du même modèle et faisant l'effet de senti- nelles de pierre gardant cette partie du parc. Si les Baltimoriens conti- nuent dans ce genre de laisser gâter leurs parcs, les beaux effets de la nature y seront bientôt soumis aux caprices du mouleur ou du tailleur de pierre. La ville de Boston ma paru de beaucoup supérieure comme tracé et bonne tenue des voies de communication, aux autres cités de l'est, et se rapproche de la disposition donnée aux villes anglaises les mieux bâties. Un point célèbre, connu sous le nom de Boston commoii, est une chose assez ordinaire et le jardin qu'on y a créé ressemble à un caprice d'enfant ou de petit rentier. On n'y trouve ni grandeur ni variété, mais un semis sans ordre et sans fin de corbeilles de fleurs et de bordures l'égulières, et le bassin du milieu a reçu la forme de trois violons rassemblés par le haut, le tout bordé de pierre, un hybride monstrueux et détestable entre le genre naturel et le genre symétrique. A côté de cet exemple, je sais que Boston se préjiare à créer un nouveau parc, à l'imitation de beaucoup d'autres villes des Etats-Unis, et je ne doute pas que ce parc soit di"ne de cette noble cité. J'y ai déjà remarqué un excellent modèle de boule- vard, avec une pelouse au milieu, ornée d'arbustes et de fleurs, et une voie pour voitures de chaque côté. Chicago, la nouvelle grande ville de l'Ouest, que l'on nomme bien à tort la ville des jardins, n'est rien moins qu'un lieu de plaisance. Elle est vaste et vivante, sans doute, mais sa situation est à un niveau très bas, sans posséder l'agrément des vastes rivières ou estuaires que l'on rencontre dans les villes de l'Est. Si on embrasse son ensemble du haut d'une maison, cette surface se rapproche plutôt de celle de Chelsea ou des parties basses de Rotherithe que de Manhattan ou Boston. On y trouve de belles rues, mais de fort laides aussi, dans lesquelles une population sans nombre d'affreux rats pullule sous les trottoirs en bois. Comme à New-York, l'agréable usage de laisser les immondices dans les rues a prévalu, et beaucoup de ces rues sont assez longues pour un pèlerinage. La ville est située sur le bord du grand lac Michigan, et l'on supposerait que les habi- tants sont fiers de sa belle surface et la maintiennent pure avec soin, car c'est le seul point environnant où la nature soit séduisante. Il n'en est pas ainsi. Tous les décombres y sont jetés; des lignes d'afi'reux wagons en sui- vent les bords et dans la plupart des cas en cachent la vue de la ville. TOM. XVIII. — MAI ISIT i; -10-J - M. Olmsted, le dessinateui' du Centi'al-Parc, architecte-paysagiste de grand talent, qui a les idées les plus vraies et les plus larges sur son art, est occupé à dessiner pour Chicago plusieurs parcs et jardins publics et de larges boulevards plantés pour y accéder, de sorte que dans un court délai les environs, qui se trouveront ainsi reliés agréablement entre eux, forme- nmt à la ville une ceinture rapidement entourée d'habitations. Je termine cette esquisse par Washington, capitale des Etats-Unis. Les rues y sont magnifiques, bien tracées, souvent bien plantées, bien qu'il reste encore beaucoup à faire. Plusieurs dépassent cinquante mètres de largeur; on y peut planter des arbres sans crainte d'obscurcir la vue des fenêtres. La situation de la ville est superbe, les vues étendues et fort belles et en matière horticole et agricole, elle est un point central, le siège d'un établissement unique au monde et dont j'aurai occasion de parler prochainement. W. RoBlNSON. PLANS DE JARDINS. Notre éditeur nous a plusieurs fois demandé de donner à nos lecteurs de temps en temps des plans de parcs et de jardins comme modèles à consulter. Nous nous étions abstenu jusqu'ici de peur qu'on ne nous accusât de mêler le métier à la science, et en voyant un architecte-paysagiste recommander sa marchandise, que l'on ne s'écriât : " Vous êtes orfèvre, M. Josse ! " Aussi nous en étions nous tenu jusqu'ici à quelques dessins de petits par- terres de peu d'importance et pris à des sources étrangères. On me dit que ces scrupules sont exagérés. « Pourquoi, m'a t'on objecté, ne préconiseriez-vous point dans votre journal ce que vous conseillez à des propriétaires éclairés? N'est-ce pas, d'ailleurs, à peu près le même public? Le plus grand nombre de vos abonnés n'est-il pas recruté parmi les pro- priétaires ruraux pour qui l'ari'angement extérieur de leurs jardins n'est point indiffèrent ? " Et une foule d'autres raisons qui n'ont pas eu de peine à faire pencher vers ce sens quelqu'un d'ù-moitié converti. Je donne donc aujourd'hui le plan d'un jardin d'un peu moins d'un hectare. Il est tiré des gravures déjà prêtes pour le Traité ijcneral des Jardins que je prépare depuis de longues années et qui paraîtra prochainement chez Victor Masson et fils à Paris. La propriété est celle de M. le baron de Cr...r, dans le département du Cher. L'échelle du plan est de 1 millimètre par mètre. La largeur des grandes allées est de 3 mètres ; celle des sentiers de 1"^50. L'entrée G est la principale, bien qu'elle soit d'une largeur égale à. la grille H, qui sert de sortie des voitures sur la campagne. L'habitation A est isolée et entourée de massifs de Rhododendrons, de 4 côtés. Les deux autres côtés libres doivent conserver le jour des cuisines et soubassements divers. Une petite pelouse ovale, vallonnée, portant une corbeille de ileurs F, un massif 1 d'arbre à belle floraison et d'arbustes à feuilles persistantes, - 103 — d'un Marronnier rouge N° 10, d'un Yucca 11, d'un Paulownia 12 et d'un Sorbier hybride 13, sépare l'habitation et la masque des communs F. Les écuries et remises B, hangars, brichers, maison de jardinier et vacherie EE, &4 » t a •c p •< v> a CL S er a le chenil C et le poulailler D, entourent la cour centrale de service, cachée d'ailleurs par les massifs extérieurs. Dans le jardin paysager proprement dit, naturellement incliné en pentes douces sur les bords d'une petite rivière, on a capté les eaux pour les faire — 104 - partir d'une petite cascade M, garnie de plantes grimpantes et saxatiles. Un pont de bois rustique, un autre de fil de fer K et un troisième en rocailles la franchissent au passage des allées ; elle forme une expansion en forme de bassin ovale un peu plus loin, puis elle entoure une petite île de Saules et Tamarix, et se perd dans les prés après le jardin. En N, se trouve une place de pêche; en L, une salle verte avec table et chaises de fer; en J, une place analogue ombragée d'une tente-abri; ça et là enfin sont des bancs de jardin placés aux extrémités des points de vue ménagés entre les plantations. Les massifs 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, qui constituent le cadre du jardin, comprennent un grand nombre des arbres et arbustes qui peuvent entrer dans les terrains frais et y former des groupes harmonieux de feuillage et de fleurs. La nomenclature en est un peu longue; nous la donnerions volon- tiers à qui nous exprimerait le désir de l'obtenir. Il n'en est pas de même des arbres et arbustes isolés, dont la liste est assez restreinte et dont la position offre une certaine importance. Ils sont ainsi distribués : 14, Mcnjuidia (jrandijlora ; 15, Catalpa commun; IG, Chêne pyramidal; 17, Pin noir d'Autriche; 18, Plaqueminier d'Italie; 19, Taxodiuin distichum ; 20, 3 Sapinettes bleues; 21, Peuplier de la Grèce; 22, Bambou grêle; 23, Noyer d'Amérique; 24, Négondo argenté; 25, Noyer cendré; 26, 3 Pinus excelsa; 27, Peuplier de Russie; 28, Olivier de Bohême; 29, 3 Taxodium sempervireiis; 34, 3 Arundo donax; 35, Plaqueminier de Virginie; 36, TamurLr indica; 37, Tulipier de Virginie; 38, Cnjptomeria ele- gans; 39, Aulne laciuié; 40, Bouleau pleureur; 41, Erable jaspé; 42, Acacia visqueux; 43, Frêne d'Amérique; 44, 3 Abies moriiida; 45, Cedrus deodara; 46, Epine cramoisie double; 47, Vernis du Japon; 48, Poirier à feuilles de Saule; 49, Frêne pleureur; 50, 3 Saules romarin; 51, 3 Tamarix telrandra; 52, 1 Saule pleureur; 53, Piniis slrobus; 54, VirgUia lutea; 55, Peuplier d'Ontario; 56, Aulne à feuilles en cœur; 57, Acacia rose; 58, Saule ar- genté; 59, Araucaria imbncata; 60, Rosier Malton. Nous ne parlons pas, s'entend, des nombreuses plantes vivaces, à fleurs ou à feuillage ornemental, qui peuvent orner les pelouses et le bord des eaux indépendamment des arbres que nous indiquons. On peut aussi garnir les murs et clôtures, de même que le pied des arbres avec des plantes grimpantes de diverses espèces. On trouvera des listes de ces plantes à belles silhouettes dans notre traité des Plantes à feuillage ornemental. Tel est l'arrangement que nous proposerions pour une propriété d'un hectare dans des conditions comme celle-ci. Nous avons négligé exprès le potager, qui est en dehors de la propriété, mais qu'il serait facile d'y an- nexer, en prenant les terrains indiqués par la rubrique champs cultivés; Ed. a. — 10.- CHRONIQUE HORTICOLE. Exposition de Nottingliam. - L'Exposition de Nottingham, que nous avons annoncée naguèi'e, vient d'avoir lieu; elle a obtenu un très vrf succès. La presse horticole anglaise avait " cbauff'é à blanc '■ la réussite de cette exhibition provinciale de la Société royale d'Horticulture de Londres, dépossédée pour un moment de son local ordinaire. Les noms bien connus des principaux organisateurs, MM. Lowe et Reynolds Hole, avaient été mis en avant, leurs portraits publiés avec leur biographie en vedette; des excursions, avec déjeuners, luncheons, dhiers, soupers, toasts, etc., complé- ments obligatoires de toute fête anglaise, petite ou grande, avaient été préparées pour les plus beaux jardins du voisinage; les compagnies de chemins de fer avaient réduit leurs tar'ifs, la ville de Nottingham s'était pavoisée et mise en fête; aucune espèce d'attraction n'avait été omise. Les apports, nombreux, variés et choisis, ont été dignes de ces préparatifs, et les prix n'ont pas manqué aux vainqueurs. Leur total dépassait 62,500 fr. Voici les apports qui nous ont le plus frappé : Plantes vouvelles : Ont reçu des certificats de P" classe, MM. Veitch, de Chelsea, pour Begnuia Clidsoni, Die/Ji'nbfichia Hausei, Drncœna Tf'/.vc- mani et D. anmbilis; M. B. S. Williams, pour Trickomnnes auriculalum ; MM. Fischer, Holmes et C", pour Thijnius cilriodorus aui-eo-margi)ialus ; M. G. F. Wilson, pour Lilium culiloriiicuin; L. jmberulum, L. penduliflnrnm, L. canndeiise IJnvum ; M. C. Turner, pour Pelargonium Achievemeut, Zcpliyr, Cœsnr, Pumpt'ij, Chaiieinngue; M. J. E. Mapplebeck, pour variétés curieuses de Fougères de plein air : Punis aquiliua vars. incurva, grandiceps, cristala, glovcri; Laslrœa fUix-mns. vars. irvolvcns ; Athijriuni filix-fœmina vars. dila- lulum, Mapplcbeckii, reclangulare, cavdicidatum, ceralophyllum, flabellifolium, tenue, Oillsoniœ, Craigii glomcrntum ; Bleclinum spicant var. crispalum ; M. Lowe enfin, pour une autre collection de Fougères rustiques, dont nous donnei'ons plus loin la longue énumération avec quelques réflexions. Les premiers prix pour plantes de serre variées ont été remportées par MM. Jackson et Son, de Kingston; Laines, jardinier de M. NichoUs, à Southgate; Stevenson, de Timperlej. Pour les plantes panachées ou à beau feuillage, par MM. Baines et R. S. Williams, Londres. Pour les Pal- miers et les Orchidées par le même M.Williams. Pour les Pelargoniums, par M. Edwards, de York. Pour les Fougères exotiques, par MM. Shuttleworth, de Preston, Williams et Stevenson, de Timperley. Pour les Fougères indi- gènes, par M. Mapplebeck, M. Thompson, de Leicester, et M. Edwards, de Muthall. Pour les Roses, par MM. Laxton, de Stamford, Paul et Son, de Cheshunt, Johnson, de Nottingham, et Timson, d°. Enfin des concours spéciaux, dignement remplis par des horticulteurs venus de tous les points TOM. XVIII. JlIN 1871. , Ji - 106 — du Rojaume-Uni, ont toLiriii la preuve éclatante que l'Angleterre soutient toujours sa supériorité culturale. Exposition de Bruxelles. — La Société royale de Hore de Bru- xelles, de son coté, a maintenu sa vieille réputation, et à l'Exposition qu'elle a tenue à la fin d'avril dernier dans le raagnifîijue local du Jardin botanique, elle est restée digne d'elle-même et des horticulteurs éminents qu'elle compte dans son sein. Un concours spécial pour les Azalées dites de l'Inde, ainsi que nous l'avons annoncé dans notre Chronique de février dernier, tentait les amateurs par les prix substantiels de 500 fr. et de 100 fr. qui y étaient annexés. MM. Vervaene, père et fils, de Gand, ont été vainqueurs. Les nouvelles variétés les plus remarquables étaient : Mont blanc, strié, fond blanc, dianthiforme ; Triomphe de Wundelghi'in, douljle, saumon, énorme fleur de 10 centimètres de diamètre. Bernliard Andvca alla (Illustr. iiort. 1870. PI. XV.), fleur blanche double, forme du Bernhavd Andréa. Ccrcs. très grande fleur à fond blanc; Dame Mcluiiic, rameau fixé de la variété roi Lcopold; j\,jme j-(,,, Houtle, énorme fleur blanche strié rose ; Président Gliellinck de M'alle, coloris très délicat; Au chapitre nouveautés étaient inscrits en tète les apports de Mes- sieurs J. Linden, de Bruxelles, et Jacob Makoy, de Liège. Ce dernier exposait 10 plantes importées du Mexique récemment par M. Omer de Malzinne, et que M. Ed. Morreu a surtout étudiées de près. Malgré la médaille d'or attribuée par le jury à ces plantes, dont plusieurs sont d'ail- leurs remarquables, on leur a trouvé un intérêt plutôt botanique qu'horticole et ornemental. Leurs noms étaient : .Sciimen Morreniana, Tillanduia Morre- niana, Alsophila Mahinneana, Lycopodium Malzinneanum, Lycop. taxifolitwi, L. mandiocamun, Peperomia (sp. de Cordova), Billbergia (sp. de Cordova), Tillandsia sleptophylla. Dans le lot de M. J. Linden, exposé pour le même concours, on comptait les : Acer palmalum ornalum (Japon, 1871); Agave Lindeni (Colombie, 1870) Arisœma filijorniis (Japon, 1870); Carludnvica imperialis (Eucuador, 1869) Dielfeiibachia nobilis (Pérou, 1869); Dracœna lentiginosa (N'"'-Zélande, 1868) EnchoUrion Libonianum (Brésil, 1808); Philodendron sp. (Amazone, 1870) Rapatea pandanoides (Para, 1866); Zamia cylindrica (Australie, 1870). Une grande partie de ces dernières espèces sont des plantes de premier ordre, qui ont été, sont ou -seront figurées dans ï Illustration horticole et dont nos lecteurs pourront juger en connaissaoce de cau.se. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que, dans les concours d'Orchidées, les plantes de M. Linden ont été dignes d'une collection aujourd'hui sans rivale en Europe, de même que les Palmiers, où se faisaient remarquer les espèces suivantes: Calamus lanatus, Astrocaryum Malyba, Acanthorhiza Warsceiuiczii, Cocos Bonneti, Deckeria Corneto, Iriartea zamorensis, Chamœrops (sp. nova), — 107 — Liviitona Martiann, Malortira sjicriusa, Thiiiiax clnjaiitlssima, Wdfin rc(jia, Caryola prœuuiyaa. Cet ensemble hors ligne était encore rehaussé par de magnifiques échan- tillons fleuris du Codiliostcma Jucubiamun, et du gracieux l'riinula ciirlusoïdes (jrandiflora. Enfin, dans ces notes succintes sur les principales richesses de l'Exposition, nous nous faisons un plaisir de citer une collection d'Orchidées de serre, froide d'une culture sans reproche. Elle était due à un amateur passionné de Bruxelles, M. Van Rranteghem. Le soin qu'il apporte à ses plantes est récompensé par une exellente végétation et des floraisons superbes. Nous savons qu'il porte toute sa sollicitude sur un genre charmant et peu collec- tionné, les .Uasdevallia, dont il possède toutes les espèces aujourd'hui intro- duites. La liste de ses plantes exposées doit prendre place ici : Odoiiloglossum nœvhim, O. neindosnin, 0. rosevm, 0. IliiUi, 0. cristalum, 0. Pe.icatorei, 0. cordatum, 0. iriiunphnns, 0. pulcliellum, Masdevallia Veitchiana mtrea, Lœlia superùiens, L. prœUann, Oncidium pnrhyplnjllum, 0. scrraliim, 0. pubcs- cens, Epidendrum purum, Cypripedium villosum. Semis de Fougères. — En citant tout-à-l'heure le nom de M. Edw. .J. Lo\\e comme l'un des plus actifs organisateurs de l'Exposition de Nottingham , l'importance de ses travaux pi-atiques sur les Fougères nous revient en mémoire et nous croyons utile d'en dire quelques mots. Huit volumes des " Feras Britisli et Exutic " et deux des " Native Feras " ont rendu M. Lowe populaire parmi les nombreux Pleridnphiles de la Grande-Bretagne. Comme expérimentateur, il a empli son jardin de Fougères et il a obtenu de tels succès dans cette culture que plus de cent certificats de première classe ont été le résultat de ses présentations à diverses Sociétés horticoles. Le secret des résultats qu'il a atteints dans ses semis en produisant des formes nouvelles, est dû au mélange des spores d'espèces diverses. On le trouve consigné dans une notice lue à la •> Bntisli association " (1870, p. 120), avec les remarques suivantes : " Les spores semées d'une fronde normale ont reproduit la plante normale. •• Les spores d'une espèce semées dans une même teri'ine en ((uantité égale avec celle d'une autre espèce, ont donné U() "/„ de i)lantes anormales. •' Les spores de frondes remarquables semées à part, on reproduit les parents. ■• Les spores d'une douzaine de frondes atrophiées de diverses espèces ont donné un grand nombre de variétés remarquables. " Les spores provenant du résultat du précédent semis, mêlées toutes ensemble, ont donné 4(KJ0 plantes, dont on ne pouvait trouver deux semblables. -^ Les conclusions de ces observations, qu'il serait bon de rapprocher de celles de M. Stelzner, de Gand, sur le même objet, est que les spores de diverses espèces mêlées enseml)le conduisent à l'obtention certaine de nou- velles variétés horticoles. ■Voici la liste des plantes de semis exposées par M. Lowe à Nottingham — 108 — et qui lui ont valu des certificats de première classe : ScolupriKliinm vuhjure vars. perfectum, vinjinale, acccptuin, cochU'iiluin, tuntulum, Mooniœ, iiinoadum, Daviji, Krespedoii, Tlmumaston, Keplialudon, Feilowsii, Sincei , umiiiliict'ruin, Lowei, Keratopkoron , diclwtomum , prwcinchun; Asplenium marinum vars. Thompsoniaz, admiraùilc, ccipitatum; l'ieopdlis (Microsovium) irroïdes, var. cristata; Lastrœa filix-inas, vars. lUdpcri, dcpaupcrala Padli-iji, vnricfjata ; Atlujiium filix-fœmiiia, vars. Gullso)ii• La végétation arborescente se complète enfin de quelques Figuiers, Micocouliers, Oliviers et Peupliers. Après une réception gracieuse du gouverneur de Maroc, El Grawi, nous reti'ouvons le D"' Hooker et ses compagnons le 14 et le 19 mai dans l'Atlas, (loi)t les sommets de 3 à 4 mille mètres renferment des trésors minéra- logiques encore inconnus , de par la défense que fait le sultan à tout Européen de pénétrer dans ces riches régions géologiques. Arrivé à 200 ou 300 mètres des sommets de l'Atlas, les voyageurs durent redescendre sous une violente tempête de neige, sans avoir touché les cimes de ces montagnes. La Flore de ces hauteurs, excessivement pauvre, ne comporte aucune de ces — 110 — espèces qu'on appelle plantes des Alpes, et les neiges et les vents, Sirocco et autres, laissent à nu le porphyre, le granit et le calcaire dans toute leur sauvagerie. Au contraire, des plantes fort intéressantes et variées crois- sent au-dessous de TUOO pieds et kl les collections du docteur se sont vite enrichies. L'ensemble de la végétation est analogue à celle de l'Espagne. Les flancs des montagnes sont couverts de Cistes, Lentisques, Arbousiers, Chênes ballota, Filarias, Lauriers tins. De nombreux Rosiers, Peupliers, Saules, Chèvrefeuilles, Ornus, Genévriers, Ciillitris, Noyers, Oliviers, Sureaux et Chumœrops forment la parure ligneuse, tandis que des j)lantes vivaces, nombreuses et nouvelles tapissent le sol. Au total, végétation sèche. Fougères rares (cinq en tout découvertes), quelques Saxifrages et peu de plantes saxicoles, tel est le bilan de la pre- mière partie de l'expédition. Nous poursuivrons ces notes si de nouvelles correspondances parviennent du D"' Hooker au Ganlcneni' cltroniclc Fécondation artificielle. — Un habile horticulteur de i\Ieaux , M. Uuétier, ddiit nous avons déjà parlé, poursuit assidûment des expériences de fécondatiiin artificielle. On voit aujourd'hui dans son jardin les produits suivants, hvbrides ou métis, dont voici la généalogie, d'après .M. Carrière : 1° TrUoma uvaria fécondé par Fiuikia jajtonica ; 2° Tritoina uvaria par Liluim laiicifuliuiit ruhnini; 3° Eucomis puiiclatii par LUium lamifolium rnbniin; 4° Funkia japonicn par Llliiun laiicifulluin riibrum; b^ Ltlium lancifoliuiii ntbnim par Crinuiii Mvldeiisc ; Q° Crinum Meldcnw. par LUium laïuifoli.um; 1° 'Vigne Meunier par Précoce MiiUiujre; 8" Poirier Prt.s'sc Calmar ])-dr Doyenné d'Iiiver; 9° St-Germaiii. par Bon clirétien d'Iiiver ; 10° Beurré gria d'hiver nouveau par Ban chrétien d'hiver; 1 1° Doyenné (éliiver par Bon chrétien d'Itiver. 12° Tecoma radicans par Bignania jnsminoides. 13° Chou rave fécondé par Raphanus caudatus, et provenant déjà de cette dernière eispèce fécondée par Sinnpis arvensis. Nous nous informerons de ce que sont devenus ces curieux produits, et nous verrons s'ils vivront et se reproduiront, ou s'ils s'éteindront comme des monstres accidentels. Mais M. Quétier ne se fatigue point et il nous montrera liien autre chose encnre, si Dieu lui prête vie ! Les plantes et l'hiver 1870-71. — Au milieu des désastres que la guerre a semés, quelques résultats curieux, dus à cet état exceptionnel, ont été obtenus. Nombre de plantes, abandonnées dehors, ont péri; d'autres,- que l'on croyait délicates, ont résisté. Au fleuriste de la ville de Paris, les Fuchnia Carters meteor, Pachysandra terminalis varieyata, Nipliobolm linyua, Rhynchoxpermum jasminoides ont passé sans aucune couverture. Les Averrhoa carambola, Po>,o<]ueria macrantlia , Cephœlis ipecacuanha, Coffea arabica, Citrosma Lindeni, Harpulia pendula, Psychotria leucocepliala, ont enduré pour la plupart 3 degrés sous zéro sans souffrir, malgré leur réputation de plantes de serre chaude. — 111 — Nouveautés pour 1871. — Les catalogues d'horticulteurs et d'im- portateurs de plantes contiennent leurs listes ordinaires de nouveautés. Celui de M. J. Linden est cette année un véritable volume. Il comprend les espèces et variétés suivantes, que l'espace nous empêche de décrire, et qui paraîtront, d'ailleurs, ou ont paru pour la plupart dans Vlllustratiuit horticole : Aristolocliia harbata , ,lacq. (N ""-Grenade j ; Arist. clypcala, Lind. et Andr. (N"'^-Grenade) ; Bégonia wnca, L. et A. (Assam); Cnlnilium Jules Putz^eijs, (BréaW); Cissus allio-iiiteiis, L. et A. (Brésil) ; Dichorisandra vittnla, L. et A. (Brésil); Dioscorea chnjsiiplnjlla, L. et A.; D. ntelaiioleuca, L. et A.; D, melal- iica, L. et A. (tous 3 du Kio-Negro); Oraiilopinjlluiii mediauruliim, L. et A. (Brésil; IlœnuuUclijiin refulgens, L. et A. (Pérou); Maranla undulata L. et A. (Ecuador); M. jmcifica, L. et A. (Ecuador); Mavtinesia erosa, (Antilles); Passiflora sangtdnolenta, Masters et Linden, (Colombie); Peperontia ebunica, Lind. (N"'^-Grenade) ; Pep. rescdœflora, L. et A. (N"'^"-Grenade) ; Pep. velulina, Lind. (Ecuador); Poftoqueria inultiflora, Ch. Lemaire (Brésil); Sciadocalijx diijitaiifhira, L. et A. {^'^"-Greimde) ; Sphœiogijiie imperialis, Lind. (Pérou), Ulrimlaria inonlana, Jacquin (N"*-Grenade). Toutes ces plantes sont de serre chaude. Parmi les introductions de serre froide, M. Linden met également en vente : Azalea indica Alice, Aitkur Warocqiie, Dernhard Andréa alba, J'alérie, mislress George Merrill; Camellia M""' de Cannart d'Hamale ; Cordijline leiili- giiiosa, A. 'Versch.; Rhodndcndruni M. Eljiier; Tlieinisluclesia coronilla, L. et A. (N'^'-Grenade). Enfin la pleine teri'e fournit les plantes suivantes : Acer palmalnm orna- tum , Siebold (Japon); Canna indica BreniiingsH , llort. (semis de Kicl); Elœagnus loiigipes crispa, Thunb. (Japon); J'runula corlusuides ijraiulillora (semis Anglet.); Qiiercus siriula, Siebold (Japon); Rhododendrons Neini Doucel et Souvenir de Hurtweg. Dans le catalogue de MM. X'eitcli, Cholsea, Londi'cs, nous ti'ouvons ;1, l'ailicle " New plants for 1871 ; •• Adiuutum Veilcbi, Moore (Pérou); Bégonia Clielsont, H. Veitch (hvb. de Biiliviensis etSedent); Croton Joliunnis (sjn. an- guslissinnnn) H. Veitch (iles Salomoiii; C. nnillicolor, H. Veitch; C. Hookeri, H. Veitch, des mêmes "des; Diejfenbachia Bowmani, 11. Veitch (Brésil méri- dional); Dracœna Dennisoni, H. V. (iles de l'Archipel du Sud); D. magni/ica, (même patrie) ; A^epentlies Sedeni, H. V. (hybride Veitch); Pandanus J'eitclii, H. V. (îles de la Mer du Sud); Rbodod. Drooheanum gracile, var. Veitch (Bornéo); Tudea Vilkesiana, Moore. Nous avons vu vivantes toutes ces plantes dans l'établissement Veitch; plusieurs sont d'un grand mérite. M. William Bull, de Chelsea (Londres) met en vente les Prinmlajaponica, Asa Gray (admirable espèce récemment importée par M. Fortune et dont nous donnerons prochainement une figure et une description) ; Agave bulbosa (N"''-Grenade); Allamanda Chelsoni (Afrique occidentale); f^ertolonia gultata vars. alba, splendens, snperba; B.punctata; Bignonia Roezliana, (N'^'-Grenade) ; Tecoma Valdiniana (Chili) ; Ciirculigo slriala , Dracontium elatuin , (Afrique occidentale) ; Eryihrina compacta (Philadelphie) ; Ficus elegans (Java) ; Gastro- nema flammeum (Afrique sud); Gladiolus cruentus (Natal); Goodyera Dawso- - 112 — )iiiniii pictn et 0. JJ. alniviiidis ; Ihiivnnin viiiosii, N"''-Grena(le) ; Joitfsiii. decliitata (Java); Libonin Penriwsiciisis (croisement du Libonia floribuiidu avec Sericngrapliis Ghieubreghtiiivn) ; Mncknyn bella (Natal); Musa africana (Angola); M. Assnmicu (Haut Assain); Oiicidium rnjptocopis; Paiidanm fiiv- caUis (Inde); P. luis (Java); Siingoninin (ilbo-lineatum (Amérique centrale); Tacsonia lomenlosa sjicciosn (N"'--Grenadei; Tijdœa display; nouveaux Coleus. Fuchsia, Achimenes, Pétunia, Vcrbenn, Pclargoniuin, et la collection des nouveaux Chrysanthèmes de Chine due aux semis de M. Salter. H. Benj. S. Williams, Victoria et Paradise nurseries, upper Holloway, Londres, met au commerce les nouveautés suivantes : Adiniitum Cnpillus- Veneris crispiilum, Moore ; plusieurs Fuchsias; Jxora Prince of Orange et /. Willinmsi; Pelargoniuni Princess Beatrix et P. Lord of Lomé; Passiflora Jnnesii; Pteris serrulata innjnihifeia, Moore; Toxicoplilœa TIanibergii; Viola cornula EnchanUess. MM. Backhouse et Son, à York, livrent au public une charmante plante qui peut rivaliser avec les Ccntaurea candidissima et C gymnocarpa. et être employée aux mêmes usages. C'est le Senecio argenleus, Kunze, qui croît au Chili sur les sables et les rochers et dont nous publions la description. Parmi les résistes français, nous ne voyons encore rien paraître. En Angleterre, MM. Paul et Sons, de Cheshunt, ont obtenu et mis au com- merce les variétés de Roses suivantes : Princess Louise, fleur blanc bleuâtre, large et belle; Prince of IVales, rose argenté foncé, énormes dimensions, superbe rose; Climbing Victor Verdier, variété grimpante ou sarmenteuse, portant des fleurs rouge cerise comme ]'ictor Verdier. Catalogues 1871. — Nous avons reçu les catalogues suivants : Ch. Huher iSc C", Hyères, Var (France). Nouveautés en graines : Carduns cinarescens, H. Hub. (Utah); Cardans Verdii, H. Hub. (Sierra Nevada de Ca- lifornie) ; Cleome intcgrifnlia (Californie); Mulva nurantiaco-rubra , Roezl (Etats-Unis); Eriogonune sujfrntescens, H. Hub. (Californie). Autres graines de plantes nouvelles, fleurs, graminées ornementales, Cucurbitacées , Cannas, etc. Groenewegen & C", à Amsterdam (Hollande). Nouveautés : Artocarpus (sp. Java); Ardisia villosa mollis (recommandé); Calamus (sp. Bornéo); Calamus Oxleyanus, Reidia glaucescens. — Plantes de serre chaude et tempérée, etc. Louis Van Houtte, à Gand (Belgique). Arbres et Arbrisseaux de plein air. Conifères, Rosiei's, Gesnériacées (magnifique collection). Arbres fruitiers (Catalogue n° 136). — Plantes de serre etc. (Catal. n" 1.38). Bruant, à Poitiers (France). Nouveautés en plantes de plein air et serre pour l'ornementation des jardins d'été : Dahlias, Pétunias, Fuchsias, Verveines, Pelargoniums, Lantanas, Phlox, Balisiei's, etc. (Catal. n° 85). Baltet, frères, à Troyes (France). Supplément aux arbres fruitiers, Rosiers, arbres d'ornement, plants divers, plantes vivaces, etc. J. LiNDEN, Bruxelles. Catalogue spécial d'Orchidées, collection dépassant 1200 espèces, la plupart en forts exemplaires. Notice sur les principaux genres et espèces d'Orchidées. Ch. Saunders, à St-Hélier (Jersey). General catalogue of fruit trees, etc. J. Durand, à Bourg-la-Reine (Seine). Nouveau Fraisier Docteur M orére. - 113 — Obtention de M. Berger, à Verrières-le-Buisson (Seine et Oise), très recom- mandable pour sa fertilité, la beauté et la bonté de ses fruits, que nous avons dégustés et dont nous pouvons parler de visu et gnslu. Louis Leroy, à Angers (France). Prix-Courant (sans remise) des arbres fruitiers, forestiers, d'ornement, etc. Ausseur-Sertjer, à Lieusaint (Seine et Marne). Prix-Courant des arbres fruitiers, forestiers, arbustes, Conifères, Vignes, Rosiers. AuDUSsoN-HiRON, fils, à Angers (ALaine et Loire). Prix-Courant pour marcliands (sans remise), arbres fruitiers, forestiers, d'oi'iiement, etc. Nécrologie. — Nous terminons bien tristement cette Cbronique. M. Lemaire, notre prédécesseur à la rédaction de Ylllnslr'nlion horticole, vient de mourir à Paris. Nous consacrons plus loin un article spécial à sa mémoire. C'est un triste et dernier honneur que nous voulons rendre à un maître et un ami. Ed. André. RROMELIA FERNAND.E. CULTURE. Espèce terrestre, croissant dans les endroits rocailleux et arides. Nous la cultivons dans un compost formé de terre de bruyère, de sable et de racines fibreuses. Elle demande le grand jour et beaucoup d'humidité pendant la période de végétation. Explication des figures analytiques de la planche LXV. 1. Une bi'aclce isolée. 2. Calycc à ô divisioii.s aiguës, un ijcu jilns courtes que celles de la corolle (]ui paraissent au-dessus. 3. Le même, avec les lobes de la corolle ouverts pour montrer le stigmate triparti. i. Une des divisions ovales aiguës, il bords eonvolutés, du calyce. 5. Une ëtamine, insérée au fond de son sillon, avec son lilet dilaté à base dentée, d. Coupe longitudinale de l'ovaire, montrant les ovules attachés à l'angle interne des loges, le stigmate convoluté et deux des etaniines libres. 7. Coupe transversale de l'ovaire trigone et Iriloculaire montrant une loge stérile. 8. Membrane accompagnant les Heurs. {N. B. Toutes ces ligures sont de grandeur naturelle, à l'exception des trois dernières, un peu amplifiées.) TOM. XVni. Jl IN 1871. — 11-1 — PI. LXV. BROMELIA FEUNAND/E, b. umv . BROMÉLIE DE FERNANDE. Bro.mkliacées. ETYMOLOGIE : du ann: |Spâ«)j, noiiriiliiri'. r..\Ii.\CTEI!ES (!h!)NEIUyUES : PiTii/oiiii siipcri S('\|i;iilili Imi/iiir exlcriorcs rnlijrinœ crecUi', cariiialïi', iiili'iioirs iictnluïdeœ coiivoliil;i', crcctx' xol apice palontcs, l>asi iiilus nuihc. Staniiiin 6, imo poriyonio in.serta, fiUiiiicidis lirevihu.s, ci"i.s,siu.sculLs, hasi (lilatalis, ple- runu]U(! iiilcr .se et ciiiii laciiiiLs connalis, uiitlirris linearihus .subsagittatis, orecliusculLs. Ovarium iiiforum, triloi'ularc. Ovula in plat-oiUis c loculoi'iiiii angulo centrali proniimilis i)lu- riina, versus apiceni conl'erliora, lioi'izoïitalia, aiiatrupa. Sti/liis hrevis, Irit^oiiiis; slii/iiiahi-ô, brevia, cariiosa, eierta. Biiccii oljlonga vel ovala, Irikiciilaiis, piilposa. Seml/ia plurima, ovala, testa cnriacca l'usca, iliaplie lineaii concolorc, uml)ilicuiii liasilarem clialaza' apicali lulieiculi- fornii jungenle. Einhri/d parvus, in l)asi all)uiniiiis ilcn.se farinosi iineinatus, extreniitalc raill- culari incrassala, eenlripela. — Hcrixr amvriciiiiiv Irojiicii', armiks vcl caulesrentcs , foliis rudicdlilius liiiccirihiix riiiiKlinilalis, dcnlatu-vcl ci/hito-spiiioxis, jliirilms lii.rc .■ipiciitis tel dense coryinliDsis, hrnrictifi.i {HsvL. Geii. 1500.). CARACTERES SPÉCIFIQUES: Planta rolmsta, Aiianaxsœ liahilu; folia lonya, acuminata, caualiculata, undulata, hifvrUn-a patentia arciiata, sapn-iiira ei-eclo-palentia, dor.so ruheseen- tia, margine lelioisum uneinalo-aculeala, inleriora l)reviora hasi ventricosa arcte scapuni breveni usque ad apieem aniplexantia. Iiifdrrsci'nlia eapitala, prirnum laliuhefyniiis, mox ovato-splueroidea, braeteis eoronata. Singnloruni llorum liracUw lanoeulal* acuta', spinoso- serratie dui'i.ssinKe, apice aculissima;', adulta' dellexie lloribus longiores, supra pulclire cinna- barina', subtus albidu-furfurace;e. Flores sessiles, lil)eri. Cahj.r adlia'rens, scgmcnlis-.j lanceo- lalis acuniinalis aculis coriaceis carnosis basi su!H'oli;erentibus, ereclis, irregularitcr coniprcssis, margine subcouvoluto mcml)ranaceo. Curulla ochroleuca, in calycis tubo inserta, basi breviter tubulosa, lobis-3 erectis, couvolulis, liuearibus acuminatis, calyeeni paullo superantibus, O^.Oôo longis, 0'",00i latis. Stainhia inclusa, in tubo eorollie inserta, tria corolUe lobis oppo- sita, sulco dentato adhierenlia, tria libéra, oninia filainento expanso subulato; aiU/icra dorsi- fixa, crceta, oblonga. Sli/lus crcelus, trigonus, stigmate tripartito staniina a?quante, partiluis auguste convulutis. Ovarium inferum, bacoilornie, ter-quaterve laleraliter conipressnni , locuUs-3 è quibus 1-2 intcrdum sterililius; oimia subsphaL'riea, inlerno loculorum angulo affixa, borizontalia. — Prope Para (.\inerica brasiliana calidior) legit G. Wallis, anno IK(i(>. — Vidi vivant et descripsi (noiulis Ed. Morronii addilis) in horto Lindeiiiano. Clar. Lindeni optato advenliP nepti Fernamla' Cloner die quarta (albo notanda lauillo!) caleiid. septenibri 1870 nat;e, comiter a el. Ed. Murren dicala. — E. A. Bromelia Fernandse, Ed. Morreu, mss., 1870. Cette magnifique plante, découverte en 1866 par M. G. Wallis, au Para, non loin des bords du fleuve des Amazones, par conséquent en pleine Amérique équatoriale, a fleuri pour la première fois en juillet 1870 dans les serres de M. Linden, à Bruxelles, oïl nous avons pu la décrire dans son plein épanouissement. Elle a été dédiée par notre ami Ed. Morren, professeur de botanique à l'université de Liège, à la petite-fille de M. Linden, Fernande Gloner, née le 4 septembre 1870. C'est une riche et noble plante, dont le port rappelle celui des Ananas, o ce œ — 115 — mais qui diffère de ce dernier genre par la corolle gamopétale propre aux Bromelia, les ovaires iiidëpendauts, les loges pluriovulées, le placenta non palmatifide et les graines horizontales. L'espèce fait partie du groupe Karatas de Linné et de Jussieu (Juss. (jener. plant, ji. 50), dont les fleurs sont en corymbe serré, et les baies ovales. Ses caractères spécifiques sont les suivants : plante robuste, à feuilles longues (de 0"',60 à 0"',80), acuminées, canaliculées, ondulées, armées de robustes aiguillons onguiculés rétrorses, les inférieures étalées-arquées, les supérieures dressées-étalées, à surface inférieure rouge; celles qui accom- pagnent l'inflorescence beaucoup plus courtes, atteignant le sommet de la hampe et entourant étroitement la base du corymbe de fleurs, dressé, robuste et haut de 30-40 centimètres. Cette inflorescence, en tète compacte ovoïde ou subsphérique à l'état adulte, est d'abord aplatie, de forme tabulaire au sommet, jusqu'au moment où l'anthèse approche; alors elle s'arrondit. La bractée qui acc(jmpagne chaque fleur est lancéolée aigué à sommet renversé; sa consistance est très dure et des épines très roides la bordent comme une scie, la dernière étant fort piquante et dangereuse à toucher. Toute la beauté de la plante, à part son port et son feuillage, réside dans l'admirable couleur vermillon ou cinabre de la partie supérieure de ces bractées, qui sont sur l'autre face blanchâtres et farineuses. Les fleurs, sessiles, libres, ont un calyce adhérent, à trois segments lancéolés acuminés aigus très durs, coriaces, cohérents à leur base cliar- nue, irrégulièrement comprimés et à bords subconvolutés membranacés. La corolle est d'un jaune pâle, insérée sur le tube du calyce, brièvement tubuleuse à la base, à ti'ois lobes dressés convolutés, linéaires acuminés, un peu plus longs que le calyce, de consistance molle, longs de 0'",035, larges de 0"\004. Les étamines sont incluses, trois étant opposées aux lobes de la corolle et fixées au fond d'un sillon denté, les trois autres libres, toutes composées de filets dilatés subulés et d'une anthère dorsi- fixe, dressée oblongue. Le style est érigé, trigone, à stigmate égalant les étamines et divisé en trois parties étroitement convolutées. L'ovaire infère, bacciforme, à trois ou quatre compressions latérales, à trois loges, dont une ou deux sont parfois stériles, contient des ovules subsphériques attachés à l'angle interne des loges et horizontaux. Nous n'avons pas encore vu les graines mûres contenues dans ces fruits, dont les plus avancées étaient bacciformes et ovoïdes comprimés. Le bromelia Fe.ntaiidœ fera partie, dans nos serres chaudes, dé ces Broméliacées à robuste végétation, qui -caractérisent plusieurs espèces de Pourretia, Viiesea, Pvya, Bromelia, Disterjunthus, Heciitia, Ananassa, etc. En plus de la beauté de son feuillage, il aura l'attrait considérable des inflorescences les plus éclatantes du genre, dues à la couleur cinabre ou écarlate qui orne ses étranges et immenses capitules. Ed. a. Culture et Explication des figures analytiques, voir p. 115. — 116 PI. LXVI. ODONTOGLOSSUM ROSEUM, limey. ODONTOGLOSSE A FLEURS ROSES. Orchidées. ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNERIQUE.S : Voir /H«s remontaient. Celle de M. Mabille, que nous avons vue et dégustée, est tout autre chose. Nous n'hésitons pas à la recommander très chaudement, non-seulement par sa valeur intrinsèque, mais parce qu'elle va sans doute faire souche de variétés à gros fruits réellement remontantes et supérieures à celle-ci. La consommation populaire et générale de cet excellent fruit est tellement désirable qu'il faut applaudir à tout ce qui peut l'augmenter et la f.iriliter à toutes les bourses. Nous publions plus loin l'article que M. Mabille vient de nous adresser au sujet de son nouveau gain. On verra que cet horticulteur vient également d'obtenir une variété à fruits énormes, sur la qualité de laquelle il fait toutefois des réserves. A ce propos nous venons de lire les lignes suivantes dans VÉcho du parlement belge : '• On a ouvert ces jours-ci, à Boskoop (Hollande), une Exposition de Fraises. On y a remarqué un lot de quatorze de ces fruits pesant un demi-kilogramme. " Nous voici, on le voit, bien près de la douze à la livre de M. Mabille. — 129 — Plaise à Dieu qu'elle devienne excellente et productive comme les Capi-ons des marais de S'-Laud, à Angers, que nous achetions autrefois cinq sous la panneree de cinq livres! Dans certaines contrées de la Bretagne, à Plougastel, par exemple, on voit encore de petits bateaux à vapeur, au mois de juin, convier les popula- tions à des parties de Fraises. Moyennant cinquante centimes, on traverse la rade jusqu'à Lauberbach où l'on est libre de manger les Fraises des champs de Plougastel. Cette culture y est d'une importance telle que les Fraises ont payé, il y a deux ans, cent trente-deux mille francs de transport sur le chemin de fer de l'Ouest. Et nous ne parlons ni des Fraises d'Aberdeen, en Ecosse, si célèbres dans tout le Royaume-Uni, ni des millions qui sont produits chaque année par la seule Fraise Princesse royale aux environs de Paris! Combustible économique. — Avant que la saison d'hiver arrive et que l'on se préoccupe de la question du chauffage, signalons un combus- tible à bon marché, qui a été employé durant l'hiver dernier et le siège de Paris. Pour économiser le charbon de teri'e, on l'a mélangé, après l'avoir pilé, ;\ de l'argile ou même à de la terre forte ordinaire, avec laquelle on le pétrissait en boules ou en briquettes. Les boules ainsi intro- duites dans les foyers des chaudières, après être devenues rouges, conser- vaient fort longtemps une chaleur intense et chauffaient très bien les serres. Le procédé n'est pas nouveau; nous l'avons vu pratiquer il y a plusieurs années par M. Chantrier, horticulteur, à Mortefontaine, et notre ami. Ed. Morren, nous a dit qu'on le connaissait depuis bien longtemps à Liège, ofi des femmes sont occupées à fabriquer ces boules de coal-cloy, qui ont même reçu un nom particulier. Nous le recommandons aux horticulteurs soucieux de leurs deniers et surtout aux propriétaires qui ont de petites serres, où ils ne tiennent guère à aller faire de fréquentes rondes de nuit. Le Cabbage stick. — L'Angleterre est la patrie des excentricités. Au dernier voyage que nous avons fait dans ce pays, nous avons vu M.\L les fashionables, cette aimable et oisive race de boulevardiers qui fleurissent aussi bien sur les dalles de Regent's street que sur le bitume du boulevard des Italiens, se promener en tenant à la main un énorme gourdin qui semblait de nature à assommer un bœuf. Tout bien considéré, il s'est trouvé, à notre grand •• esbahissement, ■• que ces formidables tri- ques n'étaient autres que des tiges desséchées de Chou cavalier ou Chou vache, nettoyées, raclées, peintes et vernies. Ces bâtons n'ofti-ent bien en- tendu aucune solidité; elles n'offrent que le mérite contestable d'être légè- res, incommodes et inutiles. Nous doutons fort que par ce trait d'esprit l'inventeur fasse fortune de ce côté-ci de la Manche, et la mode du •■ Cabbage stick '- ne durera guère plus que le pied de Chou qui lui a donné naissance. Le Rosier d''Hildesheim. — On lit dans le Fremdenblatt de Vienne : •• Le plus ancien Rosier connu (?) est celui qui tapisse un mur de la cathé- •• drale d'Hildesheim (Allemagne). Il a un millier d'années. De son tronc " principal, qui a un pied de diamètre, s'étendent six branches d'une hauteur •• de quinze pieds. Déjà au moyen-âge, l'évêque Hézilon le fit garantir par " une toiture contre les intempéries. " — 130 — Nouveaux Cyclamens. — Depuis deux ans, ces jolies plantes ont fait de considérables progrès entre les mains des hor'ticulteurs anglais. Nous en avons vu de ciiarmantes variétés, à fleui's larges, variées ei bien colorées, se vendre comniuiiénient à cinq ou six pences chez les marchands de Covent-ganlcni. L'horticulteur qui tient maintenant le haut du pavé pour cette culture, est M. Henry Little. de Cambridge Park, à Tvvickenhara, près de Londres. Ses semis poursuivis avec intelligence et ses fécomlations artificielles l'ont conduit à améliorer considérablement les variétés exis- tantes. Sa collection est déjà magnifique. Voici son programme de perfec- tions à atteindre pour chaque variété de choix : poit régulier; plante portant une masse légèrement convexe de feuilles épaisses, fortes, bien dressées, panachées nettement comme le Soiieiila margnritacen ; au-dessus de ces feuilles, un bouquet de fleurs toutes de même hauteur ou le centre un peu élevé; les fleurs grandes, de couleurs vives et pures, les pétales larges, obtus, non tordus, et l'œil très ouvert. Un grand nombre, sinon l'ensemble, de ces qualités sont réunies dans les plantes dues aux semis de M. Little. Nous engageons nos lecteurs à retenir son adresse, s'ils veulent obtenir une collection d'élite de ces ravis- santes plantes de serre tempérée. ■Viola cornuta perfection. — Une autre nouveauté anglaise, qui est bien le bijou de la saison, poi'te le nom ci-dessus et fait fureur à Londres. Elle a été obtenue d'une plante sauvage des Pyrénées, le V. connUa, qui faisait déjà un charmant effet en bordures. La V. cornuta perfection surpasse le type de cent coudées. C'est une acquisition hors ligne pour corbeilles, bordures, plates bandes, etc., de plein air. Elle est rustique en Angleten-e. où le climat humide parait lui mieux convenir que la sécheresse du conti- nent. Tous les hortieulteui's anglais la mettent en vente à des prix modérés. Ij''AspIenium lucidum, plante sacrée. — Le docteur George Ben- net a recueilli, au dire du Gnnleners Clironkle, de curieux détails sur les usages superstitieux des Néo-Zélandais à propos de cette plante. Le prêtre- médecin ou Tohunga, en agite les frondes au-dessus de la personne qu'il prétend guérir, pour écarter les mauvais dieux, cause du mal selon lui. Il secoue de même la fronde en invoquant la Divinité, et si la plante se brise, l'augure est funeste. On l'emploie également en signe de deuil, et les femmes s'en entourent la tête à la mort de l'un de leurs proches, de même que les hommes s'ils viennent à perdre leurs femmes. Quand un chef se fait tondre la chevelure, on trempe cette fronde dans l'eau, et si elle se brise en l'agitant ensuite, le signe est également néfaste, tandis que, si elle reste entière, elle indique succès, santé et longue vie. Exposition de Londres. — L'exhibition partielle du 5 juillet à Londres a été remarquable à plusieurs titres. Des délégués étrangers assez nombreux s'y sont trouvés réunis : MM. Regel et Wolkenstein, de St-Pé- tersbourg; C. Koch et von Heyder, de Berlin: Ed. Morren , de Liège; J. Linden, de Bruxelles; Antoine, d'Autriche; D. Moore, de Dublin; Gloner et prof. Pérard, de Belgique, etc. Les plantes nouvelles de M. Linden ont obtenu grand succès, notamment les AUoplectiirS vittattis , Dielf'enbacliia impevialis, Dioscorea chrysophylla , — 131 — Eldorado, prismatica, mcleagrts, Maraiita Mnx.elli et Wnllisi dUrolor, Katsia japottica variegata, Epidendnim Friederici-GuiUt'Iini. L'ensemble des apports (le M. J. Linden a reçu trois médailles et neuls certificats. M. Dallière, pour d'excellents spécimens de culture de Maranta et Calathea, a obtenu une médaille et un certificat. Les Roses de MM. Cli. Turner, ■\^eitcli, Paul et Sons, W. Paul, ont été admirables. Les Orchidées de M. Denning, jardinier de lord Londesborough, étaient d'une superbe santé; les Pelargoniums colorés de MM. Henderson et Son, dignes de la réputation des exposants, de même que les Pelai'goniums à grandes fleurs et les Verveines de M. Turner, et les Ixora de .M. Parker, de Tooting. En somme, bonnes présentations, mais trop peu d'exposants , et surtout d'étrangers, qui auraient absolument manqué, sans l'esprit entreprenant des Belges. A la séance du 19 juillet, M. le D"' Masters a présenté à la Société les magnifiques Anuimboya de M. J. Linden, Melastomacées nouvelles de la N'^'-Grenade, dont nous aurons occasion de reparler amplement dans ces colonnes. Vente des Orchidées de M. Rucker. — Une des plus riches collections du continent, celle de M. Sigisraond Rucker, auquel a été dédié YAngidoa Ruckeri ainsi que plusieurs autres Orchidées, vient d'être vendue en Angleterre, d'abord à MM. Veitch, puis en vente publique par les soins de M, Stevens. Les prix ont atteint des proportions considérables. Les meilleures Pommes. — Nous avons déjà publié, d'après le bulletin du Cercle d' Arboriculture de Oinid, la liste des meilleures Poires de vei'ger. Voici, d'après M. P.urvenich, l'un des plus érudits collaborateurs de cette puldication et des plus actifs d'entre les membres de l'Association, ce qu'il considère comme les meilleures Pommes pour les jardins de la Belgique : Alexandre l, Baldwiii, Bedfarsliire's jouudling, Bleniliiiin pippin, Borsdurler, Boi'dwin.^l.ij, Cadeau du General, Calvitie barre. Calville iS'-Sauveur, Duchesse d'Oldenbaunj, Ihito-ohl()n};a ulilusa };l:iMiluloMi-;ipicul:ila piliisa liirsulave nervis ntrin(]ue cosl;c ad 10 painlis parallelis : /lara: .'i-III siilipia'ccMes ninliellali loni;e peduncnlali, xeptiUi lirevia ovala ciliata; innillri inruiidihulari-eanipanulala exlus pulierula ad médium o-loha, lobis elliptico- ovalis; sidiiiiiifi ',> stylo vix brevioria, nipsula ovoïdeo-oblonga profunde sulcala parce selosa lucida (Hooker fil. in llolan. Maijnz. t. 5',I05). Azalea mollis, lilume, llijrlr. 833. — Regel, Cnrtciiflora. 1867, p. 289, t. 336. — Ed. André, l'iaiilrs dr Irrrc de hriit/rre, p. 180, 186i (et p. 183, sul>. A:, siuensis, Lodd.). Azdica jn/iuiilcd, X. (iray, in Meni. amer. Aead. Se. Vol. VI, p. -iOO. Aziilcri fiiiiiisis (■?), I.odii., Itot. eab., vol. IX, t. 883. IViudodciidrutii molli', Sieb. et Zuecarini, FI. jap. Fam. na(., ])arl. 2, p. 151. Rhndodiiidriiiii fiiiiiisc, Svveet, Itril. FI. (iaril., 111, t. 290. Maximowicz, in Meni. Acad. imp. Se. Petersb., vol. XVI, w 9, p. 13. — Hook. lil. in Bulan. Mai/a:., t. 3903. A l'inspection des synonymes qui précèdent, le lecteur verra que l'espèce dont il s'agit est depuis longtemps connue et décrite. Envoyée en Angle- terre en 1824, elle y fut importée de nouveau par R. Fortune en 1845, mais resta toujours rare dans les collections. Elle vient d'être réintroduite par M. Maximowicz, le célèbre voyageur et botaniste russe, de graines reçues du Japon. Ce botaniste a conservé à la plante le vieux nom de Rhododendron sinense, que Sweet lui avait donné dans son llnltsh Flower Gaiden. Nous n'adoptons pas cette dénomination, tout en respectant les motifs qui font assimiler à juste titre les Azalées aux Rhododendrons. Nous y trouvons l'inconvénient d'une confusion horticole qu'il faut éviter, et d'ailleurs rien n'est plus facile que d'adopter les Azalea comme une tribu du genre Rho- dodendron, en conservant l'usage des horticulteurs pour les nommer dans la pratique. L'yl:.((/('a mollis, qui a fourni aux horticulteurs japonais un certain nombre de jolies variétés à fleurs blanches, jaunes, carnées, rouges, orangées, porte les caractères suivants : buisson dressé, à rameaux nus, étalés, les jeunes velus, comme les feuilles, les pétioles, pédoncules et calyces. Feuilles étalées, de 5 centimètres environ de longueur, membraneuses, courtement pétiolées, obovales ou oblancéolées oblongues obtuses, à raucron glanduleux, ciliées, velues sur les deux faces, à 10 nervures environ, étalées sur chaque côté de la cote médiane. Fleurs par 5-10 en ombelles; pédicelles de 2 à 6 centi- mètres de longueur. Calyce à lobes petits, obtus. Corolle à demi-campanulée ou demi-tubuleuse, à 5 lobes ovales oblongs obtus atteignant son milieu, variant en couleur du jaune pâle au rose et k l'orangé ; 5 étamines à filets — 13;î - puhescents vei's U base; antlières jaunes, petites. Ovaire velu, à 5-loges; style grêle, pubescent ;\ sa base; stigmate petit. Fruit (d'après Maxinidwicz) ovoïde oljlong, sillonné, luisant, un peu velu. Pour rester dans la vérité, il nous faut ajouter que déjà, plusieurs des variétés cultivées de \'A:-nlea mollis présentent des difierences avec la des- cription précédente, prise sur la plante à fleurs jaunes que l'on peut consi- dérer comme le tvpe de l'espèce, en l'absence de documents certains. Non-seulement l'A:-, mollis n'est une nouveauté que par sa réapparition récente sur la scène horticole, mais ce que l'on sait moins, c'est qu'il y a trente ou quarante ans, il a formé, en Angleterre, souche de curieux hybrides horticoles dans les circonstances suivantes : M. Snnth, de Norbiton, près de Kingston (comté de Surrey), avait imagini' de féconder le Rhododcndrum ponlicum par une Azalée chinoise à feuille.- caduques, qui n'était autre que VAzalea mollis ou siiiensis. Les résultats de ce premier croisement furent importants : cinq hybrides distincts, cinq plantes nouvelles, se montrèrent ensemble. Les deux ou trnis plus belles apparurent un beau jour, en 1839, à l'Exposition de Gand, au grand étonnement des amateurs. En 1844, une série perfectionnée et plus nombreuse de la même origine, exposée en Angleterre, attira l'attention d'un habile hoi'ticulteur français, M. Paillet, qui revint plein d'ailmiration pour les Rhododendrons à fleurs jaunes (c'est ainsi qu'on les appelait alors), les rapporta en France et les multiplia en nombre. Ils furent l'objet d'une mnde entliousiaste de 1845 à IS.jO, puis ils tombèrent peu à peu dans l'oubli et disparurent, excepté dans quelques collections d'amateurs, où nous avons retrouvé leurs traces, lorsque nous rédigions notre Traite des plantes de terre de bniijére. Les hybrides de Rlwdodendrum ponlicum et d'.l'ro/cft mullis ou sineiisis sont caractérisés par des l'euilles j)ersistantes, pubescentes et non glabres comme dans la plupart des Rhododendi'ons, larges, peu épaisses, molles, plus ou moins giaucescentes en dessous, de forme ovale-obtuse ou ovale-acuminée. Leurs corymbes de fleurs égalent souvent l'ampleur des beaux Rhodo- dendrons hybrides. Pas une de ces plantes n'est rustique. Le traitement qui leur convient est la serre froide avec la culture des Azalées di'e de l'Inde. Elle se greffent assez bien sur Rhododendrons, mais ne vont pas sur Azalées. Leur plus sûre multiplication s'effectue par le bouturage. Voici la liste des meilleurs île ces hybrides des semis de M. Smith, que l'on retrouverait encore aujourd'hui dans quelques établissements, et que nous voudrions voir remises en faveur : L'h. Xorhitonensc (le premier obtenu», uureum siiperbum, Burlingtoni, Droufjhtunianum, cuprcum clegans, Johkinsoni, carnenm, elegantissimum, ochroleucum, sjiectalnle grandijlorum, l'icloria regia. Quant à ÏAuilea mollis et à ses variétés ijue M. Linden a remis au com- merce depuis quelques années, ce sont des plantes rustiques qui s'accom- modent fort bien de la culture ordinaire, eu pleine terre de bruyère et à l'air libre, comme les Azalées pontiques et autres espèces à feuilles caduques. El). A. TOM. Wlll. — .llll.l.RT 18TI. 18 134 l'I. LXIX. VWmWA JAPOMCA, )sH,m. PRIMEVÈRE DU JAPON. Primul.-v.cees. i:'lYMOI,()(;iE cl C.Vli.VC.ÏKKES GËNKRIQUKS : Viiir llhistr. Iioiiic. 18(iG, p. iH-2. (•..\li.\CTK,IiES SI'KC.IKIOUES : glal)ni; /hlhi vi\ poliolala ()l)Ov:iU)-(i!)lonL;a vel spaihulala art;ule dciilala \i!l (lii])lirato-(leiitala voiiosa clai'iiiosa; saipiix olalii.s; /Inirs iiiinirrosi vcili l'illati, inviiliirri hfcicli'w lincari-sulnilata' inappiMiillciilaUi' iiilcgcrriniir ix'ilu'ello miilti)- l)reviorPs; adij.r ovo'idoo-campaniilalii.s, lobis Iriaiigiilari-suhiilalis , lubo iiitiis fariiiifcro U'qiiilongis: riirollœ purpuroa' lulnis calyccm longe supijraiis lobi.s olicoi'dali.s; (■(ijis}(l(i gloixi.sa M'ilicc nuila (Irnuini irrcgulaiiler nipla (Hook. lil. llol. Miir/a:., l. ."iOlO!. Primula japonica, A. Cray, in Mnn. muer, .icial. Se, vol. VI. p. idO. — Uni. .Mai/. t. ;>!l|(i. — Gard. Chroi,.. 1871, p. 122!. La Reine des Primevères! C'est sous ce nom qu'un journal anglais salue la magnifique plante que M. W. Bull exhiba pour la première fois à la Société d'Horticulture de Londres, séance du 3 mai de la présente année. Un certificat de P" classe lui fut voté par acclamation, et toute la presse horticole de la Grande-Bretagne fut unanime pour célébrer sa beauté hors ligne. ■■ Elle est rustique comme un paysan, et resplendissante comme une princesse! " disait M. Moore! Il y a juste dix ans que M. Robert Fortune la rencontra au Japon, au seuil de sa porte, oii un panier plein de ces admirables fleurs avait été apporté. L'acheter, l'emballer, l'expédier en Angleterre, cela fut fait avec toute la hâte que M. Fortune put mettre pour doter son pays d'une aussi belle conquête; mais, hélas! la traversée fut trop longue et toutes les plantes arrivèrent mortes. Après plusieurs tentatives infructueuses, la Primula japonica fut enfin introduite dans les circonstances suivantes, que raconte M. Fortune dans une lettre adressée par lui le 26 avril dernier au docteur J. D. Hooker : •' J'ai vu cette plante en fleur en mai 1861, dans les jardins des environs » de Yédo. J'ai expédié d'abord en Angleterre des graines, qui ne ger- ■■^ mèrent pas et des pieds vivants, qui moururent dans le voyage. Les « graines que j'ai reçues l'année dernière et qui ont produit les plantes ■■•■ actuelles, m'ont été envoyées par M.\L W. Keswick, de Hong-Kong, et '> Walsh, Hall et C", de Yokohama. Cette espèce sera parfaitement rus- •■ tique en Angleterre; elle est aujourd'hui, 26 avril, en pleine floraison à •• Chelsea, chez M. W. Bull. Elle a déjà produit plusieurs variétés toutes ■■■ charmantes, et nul doute qu'elle en produira de plus nombreuses. « La description donnée par le prof. Asa Gi'ay, qui nomma la plante et la publia en 1859, fut prise d'après des spécimens collectés près de Hakodadi, 2:à LA.hL StrccbarAiGacS. V PRIMULA JAPONICA l-im Gmij). — 135 — ]iai' Charles Wi'iglit, qui la recueillit en 1855. L'espèce est pruclie voisine (lu /'. proiifiTa, (les montagnes de Kliasia, dans le Bengale oriental, récoltée par les \ovageurs de ^^'allich, et que le D'' ILickor retrouva lui-même dans ces parages à une altitude de 1500 mètres. Le /'. iiiiin-yinlis (.Uuigli.), de Java, en est également un allié de très près. Le /'. juponka a été rencontré également par M. Maxiniowic/, à 'i'oko- liama, et jiar le consul C. P. Hodgson, près Hakodadi. Les caractères de l'espèce sont ceux-ci ; plante vivace, glabre, sans pubescence ni poudre, à l'exception de quehjues atomes en dessous des feuilles. Feuilles subsessiles, longues de S à 15 centimètres, larges de 3 à 8, obovales-ûblongues ou subspatulées, obtuses, à un ou deux rangs de dents fines, convexes dessus, ridées et veinées. Hampe élevée de 30 à 45 centimètres, forte, dressée, roide, portant de trois à six verticilles étalés de fleurs d'un beau pourpre clair, large de 2 i/.) centimètres et disposées par 6-18 sur chaque verticille. Pédicelles de la. longueur des fleurs. Tube du calvce subhémispliériqne, surl'ace inférieure saupoudrée de poussière jaune, lobes ti'iangulaires subulés. Corolle à tube trois fois plus long (|ue le caljce, à lobes obcordés. Style grêle. Capsule subglobuleuse, dépassant ;\ peine les dents du calj'ce, irrégulièrement déhiscente par 5 valves. Les variétés suivantes, auxquelles M. Fortune fait allusion, ont déjà été observées : P. japonica Ulncina, fleurs un peu plus grandes (|ue le tvpe, o;il entouré d'une zone nette de rouge orangé, passant à l'extérieur à un beau rose lilas, le reste des lobes blanc. Variété d'une nuance cliaste et charmante, qui a obtenu un certificat de l'*-' classe. P. jnponicata carminata, fleurs rouge carmin pur, avec un anneau mari-on cramoisi autour de l'œil. P.jop. allia, fleui's blanches à w'û ent(juré d'une zone d'or; fleurs un peu plus petites que le tj'pe. P. jap. spleiidida, variété })lus naine et d'un port plus dense avec des fleurs plus grandes que le type, d'un ton magenta brillant, la zone d'un riche cj-amoisi, entourant un œil large et ouvert, qui montre le tube jaune à l'intérieur; segments de la fleur légèrement recourbés. P jap. rosea, très distincte, fleurs d'un lilas rose, avec un aruieau cra- moisi au centre. Ces superbes Primevères seront une noble addition ;\ notre flore exo- tique de pleine terre. Leurs nombreuses fleurs, par verticilles distincts, s'étagent comme des girandoles et se montrent dans un éclat qui n'est guère dépassé parmi les autres plantes vivaces et que n'égale aucune autre espèce du genre. Ce sont les favorites du jour, et elles le méritent bien. Leur succès ne sera pas éphémèi'e, et avec une telle propension à varier dès le début, il n'est pas douteux qu'elles soient bient(Jt variées à l'infini. Quant à leur rusticité, un hiver passé impunément sans couverture aucune, dans un jardin de Londres, sous l'influence d'une atmcsphère de fumée et de brouillards, est le meilleur critérium qu'on ait pu choisir. Les plantes ainsi traitées se sont montrées au printemps pleines de vigueur, de santé, et ont abondamment éiianoui leurs belles fleurs. Ed. A. — 13(J PI. LXX. ENCllOlJlllli^I COIIALLIM;;^!, ,i. inie ENCHOLIRION fl FLEURS DE CORAIL. BuoMÉI.IACÉES. KIVMOLOCUK : de £-/xo>-, ['iiinc-', luiifc, cl An'fm», li-, [lar iillusiou u la loniiL' lancéolée cli's 1kiiii|ii's florales. (;.\R.\(yrEI!ES GKNKIUQIES : l'n-iijiDiii liheri scxparliti laciii'iw oxleriorcs calijchuv «•(liialos, liii'vt's, (.■i'('fl;p, iuloriuios jyi'liilohli'œ rreliuscula'. SIrimiiia G, li.vpogyna ; /itaincntit bas! (lililala, plana, Inevissiina; oiitlicru' liiit'aies, .suben'cUc, coiiiiivi'iilos. OiHirium lilioiniii, pvramiilalo-lri^dimiii, UiloL-ularc. Octilii ]iliirinia, atlsceiMlciUia. Sli/lns lris,'onus; .iliymala-Ti iTa.ssiiisc'nla, ii\a|ii (ihloiiga couloi'la. Capsula ovalo-cyliiulrica, v. siibaiigulala, mucninata. Scinimi oliluiiyo cmiiiirossa inoiiihraiiaooo-marginala v. pilis st'laccis ulriiuiuc sUpata. — Ilcrbœ lirasilicnSL's, scopirjcra', fulih radiciiUhiis rosulalis lliicari hiiiccnlntis, iiiiiri/iiic .Hj)liwsis c. iiilcyrix, fliirihus in spicK dîsticlui hritiiriilis (Kiulliclicr. i, pi. (171. Nous avoiLs eu quelques hésitations, malgré l'aflinnation de MM. Ed. Mor- ren et Regel, à rélerer cette plante au genre Encholirium ou Encholirion, créé en 1830 par Martius, et qui ne comprenait, au temps de sa formation, ([u'une seule espèce à graines différentes de celles que présentent les autres espèces. En effet, il est dit dans Scluiltes, Syst. veg., d'après Martius, que les graines des Encholirions sont comprimées et entourées d'une membrane sur leur bord, tandis que dans notre plante les funicules, très allongés et soyeux, filiformes, leur prêtent un tout autre aspect. D'un autre côté, nous ENCHOLIRIUM CORALLINUM (J- Undcn). — 137 - ne saurions la rapporter davantage au genre ]'ricsea comme l'a l'ait M. Regel. Les étaniines de ce dernier genre, exsertes et dont 3 sont libres et les 3 autres adnées au pétales, difl'érent des ëtamines égales, conniventes, réunies en anneaux de la plante que nous figurons et décrivons aujourd'hui. Toutefois, au lieu de créer un genre nouveau dans une famille déjà si difficile à étudier, et en attendant le grand travail que notre ami Ed. Morren prépare, nous conserverons le genre Encholirium pour notre plante, en mo- difiant un jieu les caractères que Martius lui avait primitivement attribués. UEiiclwlifiiiin corallinmn, Mart., est une plante vigoureuse, à port régu- lier, à feuilles toutes radicales, très entiéi'cs, linéaires canaliculées obtuses mucronées, longues de 0"'50, larges de 0"'05, couvertes en dessous d'une glaucescence violacée et en dessus d'un ton vert bleuâtre légèrement rave de zébrures transversales. L'inflorescence, haute de (jO à 80 centimètres, est dressée et dépasse les feuilles. Elle se compose d'une hampe C3lindrico-polygonale accompagnée de bractées foliacées pourpre violet, entières, ovales, semi-amplexicaules, cûni(jues au sommet, et d'un épi gi'and, dressé, distique, de tleurs cliarnues, écartées d'abord, dressées-étalées, puis défléchies après la floraison, sub- sessiles. Ces fleurs sont entourées de bractées lancéolées embrassantes mucronées, luisantes, entières, et de la longueur des sépales d'une cnu- leur variant entre le poui'pre violacé et le rouge vif. Le calyce est à trois sépales libres lancéolés, un peu épais, luisants, contournés connivents api-ès l'anthèse, jaunâtres ou verdâtres, exsudant une gomme visqueuse et diaphane. Les trois pétales libres, jaune pâle, dépassent la longueur des sépales de 7 â 8 millimètres; ils sont obovales ligules canaliculés, à limbe dressé cai>uchonné au sommet et accompagnés à leur base de deux grandes écailles menibranacées entières translucides. Les étamines, incluses, au nombre de six, ont des filets très courts, dilatés comprimés, et des anthères oblongues dorsifixes, bilobées, conni- ventes en un anneau conique. Le style est dressé, dépasse les étamines, et est coui'onué par un stigmate à trois lo])es courts frangés. L'ovaire est pyramidal, trigone et triloculaire et confient de nombreux ovules fixés à l'angle interne des cloisons. La capsule, cylindrique anguleuse acuminée mucronée, est défléchie à la maturité; elle contient les graines filiformes dressées sur nn funicule ou podosperme très long, soyeux, et qui sont terminées au sommet par une soie analogue, plus courte. Cette Broméliacée est une plante de premier ordre. Port régulier, feuillage lustré, délicatement coloré, végétation robuste, floraison facile, hampes robustes de fleurs empourprées, rien ne lui manque pour en faire une précieuse décoration de serre ou d'appartement. On en doit l'introduction à l'infortuné voyageur Libon, qui la découvrit dans la province brésilienne de S''^-Catlierine et l'envoya à l'établissement Linden en 1862. Ed. a. CULTURE. Culture des Broméliacées épiphytes. — 138 - PI. LXXI. iiOLLLETiA ClîilYSA^TlH, um^umù. KOULLÉTIA A FLEURS DOR. Orchidées. i:TY.Mor>OGlE 01 OAIiACTÊRES GÉNÉUigUKS : \(iir llhisir. lunli,-.. 1870. |i. dit. C.VIiACTÉRES SPÉCIFIQUES: P^nidoliiilhi spl](i'roï(Jcn-v. (ivoiden sulcali; folia sulilaiia iimpla ovnlo-Iaiicwihikt. iilii]ii|iie longe acuiuiiiata , 0"',oO loiisa, (l"',12 lata, porgamiMiea. I:clc \iii(lia. sulcala, cosla sublii.s pniniiiii'iUo, jii'liuld piMil'uiKlr caiialiailalo; siiiiniiiœ basi- l.iri's iiv.-ilo-acuUo ainpli'xaiilcs; sai/jus crecUis, bi'cvis. rdbuslii^. oriiboscciis. brat-lcis ravis, aciilis, palliilis, jjeilirfllis palulo-dellcxis, clavalis; /lorca ll"'(l."> diaiii. pcrlaiillm siitirr'i;ulai'i, (■(incavd, scpalls jifldlix^iui- subccinformibus laïc obovalo-oblusls obsfuro niin-romilalis cuciii- lalis. (xlus flayLs, iiitus aurcis purpurco-punc-lalis; Inhrlli l)i'(î\is i;i)lvltiliiim iiilus venucosuin lobis posliui.s uvalis apicc oblique curvalis, culiininw iiicuiv» clavaUe aniualibus; iiwsucliiVniM liuiicaluiii; liijpor/tiliiiiii subbaslatum nicrlio breviler mucroiiulaliim coniubus duobusdcflexis. — In prov. Anlioiinia (Nova-(;ranala') ; Wallis, ISGS. — Ad viviini dcscripsi ihaud (loreiilem^ iii horlo Liiideniano. — Ed. A. Charmante espèce aux fleurs d'or tigrées de pourpre, à ajouter aux niagui(îi|ues et étranges plantes que contient déjà ce beau genre. Elle est originaire des parties occidentales de la Nouvelle-Grenade. Espèce encore toute nouvelle et inconnue dans les cultures de l'Europe, elle obtiendra sans nul doute plein succès quand sa niultiplieatiou per- mettra de la répandre. Le HouUetia chnjfianOin est une plante à bulbes courts sphéroïdes ou ovales sillonnés. Ses feuilles, grandes, atteignent .50 centimètres de longueur sur 12 de large et présentent une consistance parcheminée, avec une forme accuminée aux deux extrémités, ovale lancéolée, et une teinte vert clair et brillante. La cote médiane est très saillante en dessous, prolongée en pétiole profondément canaliculé et les nervures secondaires sillonnent le limbe par leurs fortes saillies. Les fleurs, portées par des hampes courtes assez robustes, entourées à la base d'écaillés embrassantes et de bractées aiguës, sont portées par des pédicelles étalés ou un peu défléchis, renflés en massue au sommet. Elles présentent un périantlie presque régulier, comme campa- niforme, à sépales et pétales subégaux, largement ovales obtus cucuUés mucronulés, jaune pâle à l'extérieur, jaune d'or ponctué de pourpre siir toute la surface interne. Le labelle se compose de trois parties : l'épichilie, uu lobe supérieur à deux ailes ovales recourbées obliquement en pointes divergentes au sommet, égalant la colonne centrale ovale claviforme; de l'articulation médiane tronquée (mésochilie), et de l'hypochilie ou lobe extrême subtriangulaire mucroné au milieu , avec deux appendices ou cornes défléchies aiguës. Ed. a. '^:^:;,■ I HOULLETIA CHRYSANTHA (Lindcn cl André). - 139 CAMPANULA GARGANICA. En nous promenant l'cité dernier dans les rues de S^-Hélier, à Jersey, nous avons été sui'pris de voir, à un grand nombre de ces petites serres- fenètres {wiiidow ijtirili'iis], dont les Anglais sont si grands amateurs, une cdiarmante fleur bleue, retombant à profusion autour de pots suspendus. En nous approchant, nous reconnûmes bien vite la plante. C'était une Campanule autrefois assez connue, la Campiuiula (jnnjiiiiicti de ïenore, que l'on ne rencontre guère aujourd'hui que dans ([uebiues jardins botaniques. Originaire du nmnt Gargan, en Apulie, et de Dalmatie, cette espèce fut signalée en lSi'7 par ïenore, dans les actes de l'Académie de Naples, puis dans sa Ftoy(; uajiolitaiiie, dans le Britisli Fhnvcr Garden, sér. 2, t. 'S^2, et enfin par Presl, sous le nom de M'ahleiibenjia jlaccida. Elle forme une jolie toufle à rameaux intérieurement laiteux, i'am}iants ou retombant avec grâce autour du vase où elle est plantée. Ces ramifica- tions, un peu anguleuses, sont plus ou moins pubescentes et portent des feuilles réniformes crénelées, assez longuement pétiolées, les supérieures ovales dentées, les florales entières acuminées. A l'extrémité de ces rameaux, les pédoncules portent de nombreuses et grandes fleurs, réunies par une ou deux sur chaque pédicelle. Leur calvce, à tube sphéroïde côtelé, est couronné par cm[ lobes ovales acundnés entiers, grands et alternant avec ceux de la corolle. Rien de plus frais et de plus gracieux que l'a-spect de cette corolle rotacée, bien épanouie, d'un bleu tendre, luisant et légèrement violacé, divisée en cinq grands lobes cordiformes aigus veinés, au milieu desquels se dresse un long style renflé en massue au sommet. La disposition régulière de ces fleurs autour des suspensions, leur longue durée (nous eu avons conservé en fleurs tout l'été), la vei'dure sombre des petites feuilles charnues, la largeur même des corolles qui atteignent 5 centimètres de diamètre, fout de cette jolie Campanule une plante digne de toute recommandation. Elle sera la bienvenue dans chaque salon, dans les serres tempérées, et même eu plein air, oii elle supporte parfaitement les hivers. Nous parlons au moins pour le climat de Jersey, (pii est très doux, mais tout porte à croire qu'elle est rustique sous nos latitudes. Nous la cultivons avec succès dans du terreau de feuilles et de terre de bruyère mélangé de terre de jardin, et nous la multiplions de boutures sous cloche, qui reprennent rapidement. Ed. à. LE FRAISIER LINEPUISABLE. Monsi(Mir le lii'iliicli'ur. Kii 18G7, j'ai fomle à l,i Soiilorraine (Creuse) une petite pépinière, un peu trop éloignée di' mes soins. Un an après, ji^ transférais à Limoges, dans un vaste terrain, toutes les plantes transportables. Dès cette même année, je m'oeenpai sur une assez vaste éelielle de la culture du l-'raisler, et je coninieuçai des semis continués depuis. Des semis faits en I8G9, un sujet — 140 — ;(lli['n 111(111 :illi'iili(in clans une |il:iiicli(' (senii^i il'alioril onli'rriiii'i coin posée de jeunes planls liyliriilt'S lie VAmiiiii.s piTprIiicl el de la Virlarid (TnoLoi'PEi. Ce snjel paralssail plus vijjoui'oux ([ue les aulres, lout en se maintenaiil plus Irapu. Dés le eonmieiieenienl de 187(1, je lis soigner lous ses eoulants el je le inullipliai. J'en piaulai, en aonl de la inèiue année, el eela ;■> plusieurs reprises, une plale-haude niesuraul \-10 mètres. A» prinlemps de I.S7I celle plale-hande nie donna IHO livres de tridscs! Depuis le mois de mai, les Heurs succeih'iil au\ lleiirs, qui produisent cliatpie jour de 1res heaux et lions fruits. .le classe ce Fraisier dans la eali'f^orie des variélé'S à gros fruits. An printemps, mes fruits (li'passent la grosseur moyenne: ils sont nu peu aplatis, carmiiu's du coli' du .soleil; Ils sont pleins et délicieux. Pendant l'été et raulouine. le IVuil est nnuns gros, plus pâle et aussi plus arrondi. Il faut, à cause de la vigueur, planter les piecK a ill cenlinH''tres au moins. Ce Fraisier, au(|uel j'ai doniu' le nom de l'liit''i>iiistihlv, ;i cause de son rendenieut exceptionnel et continu, m'a douJK' sur ipielipics pieds clioisis, àgi's' de deux ans, jusipi'à 17(1 fruits, ipii, sur chaciue |iied, f(U'maienl au priidemps une épai.sse eollerelte de fruits, .le fais en ce UKunenl (pndipies expéditions pour les plantations de septembre et d'octolire, peur les personnes ipii ont vu à Limoges et dégiisli' celte nouveauté. Je vous envoie plusieurs pieds porlani des Heurs et des fruits. Coinine vous [louvez le reconnaître, sa forme tient de VAiiiDitis jicrpcliicl et un peu de la XiiiiivUi, T.; mais il est lieaucoup plus fertile et surtout plus remonlant tpie l'.Viiaria^. .Sur volic appi'eri.ilion. vous lui donnerez la pulilicilé (pi'il mérite. J'.ii olitenu ]iar semis, l'an dernier, un nouxeau .sujet re.ssenililanl heaucnup au fruil ilu Ki'aisier le Dortriir ?iiriiisi\ (pie j'ai classe sous le nom de Dmizr à la Livi'c. Comme forme, il ressenilile beaucoup à celui du /.c, quoiipie plus arrondi, mûrissant mieux et beaucoup plus gros. Les fruits qu'il m'a donnc'S ont atteint jusqu'à 0"",li."i d(' eireoiiférence et ()"',00 de longueur. Sa ipialité n'a rien de remarquable. Sa place est dans le jardin de l'amateur, où il attire, par son volume gigantesipie, l'ieil du promeneur. J'ai fait planter les (piehpies lilels que j'ai obtenus, aliu d'eu ('ludier la valeur au printemps |iroçli;iin. Les planls (|iie je vendrai au prinieinps ne seront livr(''s (]ue sous ces rt'.serves. .MAlîll.LK, 2, l'Iiiic (In t'.lKiiiip de Foire, à hiiiiofji'S iHrnile- Viriiiie , Frnite('). LE JARDIN FRUITIER-POTAGER. " Omiic tulit. piinclum ([ul miscuti utile dulci, - a dit le gi'aud législateur de la poésie latine. C'est l'explication toute naturelle de l'apparition à cette page d'un plan de Jardin fruitier-potager, que nous recomman- dons à nos lecteurs connue une œuvre remarquable. Il est du au doven de l'arboriculture et de la pomologie françaises, M. Jamin père (Jean Laurent), dont la réputation est européenne et dont la vie a été consacrée en entier <\ l'étude et à la propagation des meilleures variétés d'arbres à fruits. La planche ci-contre, que M. Jamin père a bien voulu faire reproduire e.xprè.s pour nous d'après le jardin qu'il a exécuté chez AL de Morny, et qui est maintenant l'une des plus belles créations de ce genre qu'il soit donné de •voir, la planche ci-contre doit prendre place dans notre Trailé genernl des Parcs et Jardins. Nous la donnons comme un excellent spécimen de jardin utile approprié à une résidence luxueuse, nous proposant de passer en revue plus tai^l quelques exemples plus modestes. Laissons maintenant la parole à J\L Jamin : 141 ^^^''^^miywr^'-^'^Vi^'f ""S^»^ Ed André, del' — 142 — Jardin fruitier-potager de Nades, créé en 1855-56. I.:i ii liiu- i;issiiU(i, leiiui, a'quali, linihi ipiiuqueparlili laciiilis iililiiiij;ls, paleiUilms. Aiithcnf .j, lineares, iii linihi eoridlini sinulius sessiles. Ùenneti iiiferuni, biloculare. Cnniimla- \n Iriqihdsperniiis dissepiinerilo inserlis plurini;e. Sli/lus lililorniis, kI-'I""''- apiee iiicrassatus; utii/mii luevissinie bifidum. Ca/jsiila cal.ycls limho coronala, liilocularis. Sentiiiii plurirna, anj^ulala. ((lliar. e lîenlli. l'iciiil. Harttv. a el. Éndiiclier desunipli.) ((icncra Plaiilanim, suppl. 11, p. 5Ô.) CAHACTÈRE.S SCECII'lQl'ES : l'ndcr i-Tj pedalis, lani lialiilu qu.im eliaraclerihus Aiif/iisfœ allinis, eorolhe l'urnia i;eiierice dislinelus. Faliii ad apices rauioruni appruxiniala, oppcisila, hrcviler peliiilala, ohlongo laneeolata, aeuliuseula, inlegerrinia, liasi aiiyustala, juniora prie- serlini ad venas uli ramuli el petioli pube bre\i lonieniella. adiilla su|ira Icre glabra. SUjiiilœ utrimpie solilari;e, ialie, subulalo-aenniinala", luseci nieinbran.ieea', in vaginaiu bicveni eon- nat;e, (leeidu;e. Curi/uibiis lerniinalis, eundeLisalus, pancillnrus. Hriiiiciv obliingo-lineares, ii\ario paulo lungiores. Fions subsessiles. Ciili/cis tulnis per anlliesiii ."-i lin. Iiingus, laeini;e angu.sie lineares .'i-G lin. longîp. Corolhe lubus 3-îj'/-i po'l- '.ongus, lenuis, puee.seens; laeini;e linihi pollicares. p'orina lloris Tucoyeiutm retert, charaeleres vero earpolugici omnino Aiujustœ V. Poi-lliiiiflUv. (LixiiKN-, in Hurtiis Liiuh-iiiii/ius, fasc. I, p. II.) (îualeinala. Liindenia rivalis, Uemli. Plant. Hartiffij. p. 84. — Id. in Hook. Icun. Plant, l. 470. Le genre Lindenia, créé il y a plus de trente ans par Bentham, ne con- tient encore que deux espèces, les L. rivalis et L. acutijlora, toutes deux décrites par ce botaniste dans les Icônes planlarum de Hooker. Celle qui fait l'objet de la notice et de la planche que nous publions aujourd'hui a été d'abord découverte par M. Liiulen dans l'Etat de Tabasco, au Mexique, formant de ravissantes franges de verdure et de corolles blanches sur les rives du Rio-Puyopatengo. Elle a été retrouvée peu de temps après sur les bords de la 'Vera-Paz, Guatemala, par M. Hartweg, qui en envoya des échantillons secs à M. Bentham. Son introduction à. l'état vivant ne date que de 1856, époque où M. Ghiesbreght réussit à rapporter de bonnes graines à M. Linden. Les pieds actuellement existants en Europe datent tous de cette époque. Nous en avons récemment vu un au Muséum de Paris, que M. Houllet nous a montré comme un des rares survivants du bonibardeiueiit. Le L. rivalis forme un joli arbuste de 1 mètre environ de hauteur, ■■ ramifié dès sa base, dit M. Linden, à feuilles assez épaisses, saliciformes, et à longues fleurs tubuleuses d'un blanc pur ". 11 fleurit en août-septembre. Ed. a. CULTURE. Serre chaude humide; compost formé de terre de prairie et de terreau. Arrosages copieux et fréquents. — 156 - PI. LXXV. DARLINGTOMA CALIFORNICA, lom. DflRLINGTONIE DE CALIFORNIE. Sarracéniacées. KTV.MuLOlilE : (Irdiciici' de M. Jolui Turrey au If William Darlliigloii, bolaiiislt' de Wesl (ihcsler (Pennsylvanie). r.AHACTERES GENERIQUES et SPÉCIFIOUES : Calij.r ehracleolatus, (luincinesepaUi.ssepalis dislinelis .subiielaluideis; ciii-iilhi (|nin(|iii'|]et:da, pelalis latissimo ungnifulalis. lamina ovata ii]ii;iie niulto minore; stainina \i-\o uni.serialia, lilamentis brevibus subniatis, anUieris ohlongo- linearibus, loeiilis iniequalibus ; ornylniii lurbinatum, (luinquelocnlai'C, ti-lobaluni, apico dila- latum concavum; sli/lus brevis columnaris, rj-lidus, laciniis linearibiis, diver^enlibus, apicc inlu.s sligmalosis; capsula ovalo-lurbinala, apice ilepressa 3 deiitala ; ophUi plurima, analropa, minima, plaeentariis latis axilihus bilobi.s allixa; semiim obovaln-clavata; (esta membranacea, sclis .s(|uari'Osis; albiiiiicit l'arinosum; l'inhrijo minimus, cotylcdoiiibus brcvissimis, radieula ejiindrica. Planta licrliacca, Califaniira, paliiUicnla, Sarracenia^ folioinim liahilu; ascldin appciuUi-nlalii apivc. luhis-i loiii/is rtircrf/ciitiliiis; scapi iiiiiflori, hractcnti, braclch sii/)crioriliiis coiii/cstis, iiiihriailts, infcrioiihiis sjuirsis; flores roniiii j/iirpuri'scftites sfrititis. — Habitai in calidioribus paUidibus Calilorniu' burealis prope Sliasla Peak ([îraekenridge, Hiilse, \V. Unbiiison). — C.liaracl. e Toneyi deseriplione desuniplis, a nobis auetis eniendatisque seeundum planlam eullam in liorto Lindcniano. — Eu. A. Darlingtonia californica, Torrev, iji Smithsotjian eonliil)iiliuns to Knowledge, Was- hiin^tiin, l«oi. En l'an de grâce 1842, un M. J. D. Erackenridge, botaniste de l'expédi- tion envoyée en exploration des montagnes rocheuses par les Etats-Unis, sous la conduite du capitaine M''ilk.es, découvrit, dans un marais près de Shasta Peak, l'une des plus curieuses plantes qu'il lui eût encore été donné de voir. Ses formes insolites éveillèrent au plus haut degré l'attention du voyageur qui recueillit tous les spécimens secs qu'il put obtenir, la saison étant fort avancée. Avec ces matériaux incomplets, on ne sut guère à quelle plante on avait affaire. Mais en 18.50, le D'' W. Hulse, de la Nouvelle-Orléans, traversant la même localité, retrouva l'espèce en pleine floraison, et se hâta d'en envoyer des échantillons au D'' Torrey, le savant botaniste américain. Celui-ci reconnut bien vite un genre nouveau, qu'il dédia au D'' Darlington, botaniste de ses amis, président du West Cliesterbank, Etat de Philadelphie. Le nouveau genre, qui prenait place à côté des Sarracenia et de YHeliam- pliora, est basé sur d'excellents caractères dont nous venons de donner le détail dans la description précédente. 11 a été accepté par tous les botanistes, et MM. Bentham et Hooker, fils, l'ont placé dans leur Gênera, vol. I, p. 148. Il se rapproche des Pyrolacées par le genre Moneses. Les publications européennes se saisirent de la notice américaine, à 'g 1- DARLINGTONIA CALIFORNICA (Tovrcvj). — 157 — défaut de la plante vivante, et la Bclijiquc liniiicolc, en 1835, la Flore des serres, en 1859, enfin le Botankal Magcn-ine, en 1871, en publièrent des figures et des descriptions. Jus(jue lu, on avait en vain tenté de l'introduire dans les cultures. En 18G4, le professeur W. H. Brewer, agissant counue botaniste du Califoriiia ijculo- gical Surreij, en envoya des graines bien nn'ires, cueillies sur place, et qui, après avoir germé, ne fournirent que de faibles plantes qui moururent bientôt. Un peu auparavant, M. Van Houtte en avait reçu qui n'eurent guère meilleur sort en Europe. Enfin depuis l'ouverture du chemin de fer du Pacifique, plusieurs envois sont arrivés à bon port sur divers points de l'Union et même en Angleterre. Niifre ami M. W. Robinson, qui était dans les montagnes rocheuses en dctobi'e 1870, en recueillit une (juantité assez considérable que nous avons vus vivants chez lui et chez iMi\I. Veitch, à Chelsea, d"(jù ils commencent à se l'épaudre dans un certain nombre de serres du continent. M. J. Linden en possède de beaux exemplaires qu'il cultive avec les Dru- sera, Sarracenia et Leptopteris, dans une serre froide humide et peu éclairée. Au lieu d'offrir à nos lecteurs le maigre plat d'une longue description botanique de cette curieuse plante, nous préférons leur donner un extrait de la lettre écrite par M. Robinson et dont le D'' Hooker apublié l'original dans le Botankal Magazine, auquel nous avons emprunté la planche ci-contre ; " Le Darlimjtonia croit dans des marais spongieux de sphagnums, au milieu des joncs et des Drosera, dans la vSierra-Nevada, de Californie, ;i 5000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Ses urnes ressemblent à des trochets de poires Jargonelle. Ils atteignent de 10 à 22 pouces de hauteur, et entourent des tiges hautes de trois pieds à trois pieds et demi, qui à la maturité portent des capsules grosses comme des noix. Le sommet de l'urne est recourbé en dessous, formant un dôme qui, de même que toute la partie supérieure de la feuille, rappelle la couleur jaune d'une poire mûre. Ces feuilles-ascidies sont toutes contournées en spirale, principalement au sommet, et leur fond est rempli, sur une hauteur de deux à trois pouces, d'une couche d'insectes de toute surte et de toute dimension, depuis les petits coléoptères jusqu'aux grands papillons de nuit. On ne sait guère ce qui peut attirer ces petits animaux, mais on voit fort bien comment ils ne peuvent sortir de leur prison. Au sommet et à l'intérieur, la surface de l'ascidie est lisse, puis apparaissent quelques poils qui deviennent de plus en plus nombreux et garnissent toute la surface d'une couronne dont les pointes transparentes et rigides sont tournées vers le bas à angle aigu, et convergent au centre de manière ù fermer toute issue à l'insecte qui s'est frayé un passage au travers. - Dans leur jeune âge ces feuilles sont comme quadrillées de marques vert foncé très élégantes avec leurs appendices pendants et purpurins ». Ce que nous ne trouvons indiqué ni par M. Robinson ni par les autres auteurs qui ont parlé du Darlinglonia, c'est la ressemblance de la forme de ces ascidies avec le Dauphin de nos mers (Delpinnus globkeps, Risso) et sur- tout avec les sculptures et images de cet animal que les artistes anciens et — 158 - (lu miijen-age nous ont légués. Le dos voûté au-dessus de la tète, les nageoires latérales représentées par les appendices divergents cités plus haut, le corps effilé imité par le tube, tout rappelle l'aspect du dauphin et contribue à classer cette bizarrerie végétale dans ces plantes pseudomorphi- (jucs ou ménechmes dont les Anglais se sont récemment préoccupés. Le D. califovnka, maintenant dûment introduit, se verra désormais dans tous les jardins botaniques, nous l'espérons, et il n'y formera pas un objet de médiocre intérêt pour les curieux. Ed. a. RAJEUNISSEMENT DES COCOTIERS. Les Indiens, quoi qu'on en ait dit et que l'on puisse encore en dire avec raison sous certains rapports ayant trait à l'horticulture et k l'agriculture, ont parfois des procédés qui feraient honneur aux Européens. En voici deux qui pourraient trouver une application avantageuse dans les serres et qu'il serait surtout bon de répandre dans les autres contrées où la culture du Cocotier est en pratique. Il est même probable qu'on pourrait l'employer avec un égal succès pour d'autres genres de cette belle et grande famille des Palmiers. Quand, par une cause quelconque, mauvaise qualité du sol, mutila- tion, etc., un Tenna-marom (Cocotier), comme disent les Tannidjars, atteint de 5 à 15 ans d'âge et ne se développe pas avec vigueur, que la fructifi- cation ou la production de la sève vineuse ne sont pas d'une abondance normale, les indigènes les plus soigneux pratiquent l'opération suivante : Une motte d'environ deux mètres de diamètre (souvent moins, ce qui est un mal) est découpée jusqu'à un mètre de profondeur. Cette première opération terminée, on fouille au-dessous pour en retirer le sous-sol jusqu'à ce que la masse entière soit descendue ]>ar son propre poids à la profondeur voulue, d'ordinaire un mètre. On remplit le vide fait au-dessus au mojeu de la terre extraite de la fouille, quand celle-ci est de bonne qualité, c'est-à-dire sableuse; dans le cas contraire on fait un apport de sol nouveau et fertile. Deux causes principales produisent l'amélioration que l'on a ainsi en vue : le rapprochement des racines existantes de la couche aquifère, et le déve- loppement d'un nouveau système radiculaire sur toute la partie du tronc enterrée. Cette opération se fait aux âges ci-dessus pour des troncs de ()"'50 à 4 mètres de hauteur. J'ai tiré parti de l'observation de ce procédé pour transplanter des indi- vidus de ces mômes Cocotiers ayant 15 ans de plantation et qui n'avaient pas prospéré dans le sol où ils se trouvaient, parce qu'il était trop argileux. Pour ce, ayant en vue une grande quantité d'exemplaires de cette précieuse espèce qui doivent céder la place à un tronçon de voie ferrée, j'ai dû installer de toutes pièces un appareil qui convint à une population agricole, réfractaire aux innovations compliquées, par la bonne raison qu'elle n"a pas les moyens d'en faire l'acquisition. C'est avec cet appareil, qu'il serait trop — 150 — long de ilëcrire ici, que depuis six ans je replante les allées d'un grand pare dont la moitié des arbres, d'essences très variées, étaient détruits. L'adaptation de cette coutume indienne an rajeunissement des Palmiers soull'reteux de nos serres est des plus simples : on dégage le collet de la plante, si l'on ne veut pas la dépoter en entier, et on garnit cette partie de terre nouvelle contenue dans les deux moitiés d'un pot de terre, que l'on a fendu en deux loiigitudinalement et que l'on rapproche de manière à serrer étroitement ce sol nouveau. De nouvelles racines se développent, et au fui- à mesure qu'elles prennent de l'accroissement, on enlève la vieille motte inférieure en retranchant les racines gà'ées, puis successivement le vieux tronc enterré et décrépit (i). Un autre procédé, plus rarement pratiqué par les aborigènes, n'est employé que pour des arbres auxquels on a reconnu des qualités liors ligne et dont on prévoit la décrépitude. Ces arbres ont dans ce cas une grande élévation : 10 à 15 mètres. Voici l'opération : à un ou deux mètres au-dessous de la couronne de feuilles, on installe solidement, ;\ l'aide de branches, de paille et de cordages, une sorte de grand panier à marcottes que l'on remplit de terreau, de menues plantes aquatiques ijui peuvent remplacer la mousse ou la spiuiigue, telles que Putuminjelon, Walli-'^iieiia, Alijriopinjllum, etc. Le Saimnrf, espèce de gjmnasiarque chargé de récolter la lii^ueur alcooligène, n'a plus qu'à y monter une panelle d'eau par jour. Les racines se développent bientôt en abondance dans ce lit d'humus. Quand celui-ci en est suffisamment garni, — ce qui n'arrive guère qu'au bout d'une année, — on supprime environ la moitié des feuilles pour alléger le fardeau et diminuer l'expiration. Enfin on coui)0 au-dessous de la nou- velle souche, après avoir assujetti le tout au moyen de bambous et de cordes et l'on descend avec précaution. Cette coutume si simple est d'une efficacité parfaite, et elle donne des arbres nains qui se couvrent de fruits. Dans une serre devenue trop basse par suite de la végétation des arbres, l'un ou l'autre, même l'un et l'autre de ces deux moyens trouveraient un emploi tout naturel. COiNTEST-L.iCOUR, birccleiir dit jardin liotanique de Poiidlchcnj (Inde française). (i) Avant (le recevoir de noire collabor.iU'ur M. Conlesl-Lacour la notice précédente, nous avons vu employer au même usage le proeédé suivant, dû à M. Decraen, chef de cultures de lelablissemeut de M. Lhideu, à Bruxelles : Le collet de la plante ayant été mis à nu et la plante démottée, après l'abblation des racines gâtées, M. Decraen garnit ce collet d'un fort tampon de mousse Iraiehe et plonge le lout dans la tannée d'une couche dans une partie chaude de la serre aux Palmiers. De nouvelles racines ne tardent pas ii faire irruption dans la couche de mousse, que l'on augmente peu à peu et que l'on remplace par de la terre quand l'émission du nouvel appareil radieulaire est suflisanle. Nous avons vu ainsi rajeunir des Cocos, Gconoma, etc., qui semblaient perdus auparavant. {Note du Rcdaclcur.) — KiO CORBEILLE DE FLEURS POUR VESTIBULE. >^im^^ Au lieu de mnintenir la décoration des vestibules de château et de maisons de campagne, même des habitations de ville, dans la gamme froide de l'architecture et de l'ameublement, on pourrait obtenir la grâce et le charme, la vie, par des ornements floraux bien entendus dans le genre de la corbeille dont nous rlounoiis le dessin ci-contre. Elle est construite en bois découpé, assemblé au milieu avec une légère armature de fer et gar- nie à l'intérieur d'une cu- velle de zinc double, dont la première partie est per- forée pour laisser pas.ser l'eau surabondante des arrosements. Une tige de fer avec torchère au cen- tre et deux branches à volutes, servent de sup- ports à trois vases en po- terie artistique ou mieux en fil de fer treillage avec goût et retenant de la mousse où sont logées les plantes. Au bas, sont plantés des Dracœna, Ca- liulium, Bégonia, Fougè- res, Pclargonium, jeunes Palmiers, Fuchsias, avec bordure de Lycopode. Un Cissm ou un Tropœolum Lobbianum grimpe le long de la tige de fer. Le vase le plus élevé contient un Palmier ou un Yucca, quelques Pteris légers ou des Xephrolepis, des Comme- lyna zebrina en festons retombants, et les vases latéraux une décoration analogue. L'effet de cette corbeille est très joli ; elle demande peu d'entretien. Il va de soi que nous n'indiquons point le mode de construction détaillé de la corbeille elle-même, ce qui est le fait du menuisier ou du serrurier, pourvu qu'on s'adresse à quelque artiste renommé pour son bon goût dans ces sortes de choses. Ce que nous recommandons, en dehors des suggestions liorticoles qui précèdent, c'est de conserver les proportions indiquées par notre dessin. Ed. a. — KJl — LISTE DES (lIlCllinÉES ELEMUES DANS LES SERRES DE M J. LINDEN. A BRUXELLES. Aci'idi's i-i'is|Fiini. I.imh,. — Larpeiil;i'. — (piioratiinr, Iaiik. — (luinciiii'viilnci'inii, LiMir.. — spt'C. iiov. Aspasia cpidcndroïilcs, I.imu. Brassia Ocafu^iisis, I.imu.. — vervucosa. Builiiij;lonia^i'aiiali'iisis,l.iNi)L. — rij;ida, Limil. Catllcva .Mi)ssi;i', P.uiK. — SkiiiiR'ri, Batk.m. — var. (Miiiilcij Iliitl}. Ciri'lijca viriili-purpiiira. I.imj. Clcisostonia crassiliiliiiiii. — roscum, Limm. Cypripediiini iKirli.iliini laiili's- cens. — liirsutissiiijUDi. — Unwi. — villo.siuii. Cyrtiicliiliiiii loucochiliini, I'l. Dcmlroliiuiii Dalliinisianuiii. — doiisilUiium, W.ii.l. — iiioscliaUini, W.vli.. Eflii. nm'.). — la've, l.iNni.. — Lindlejaniuii, liiani. f. — luted-piirpureiini, EiMii,. — l'iiala'iuipsis, I.ino. — pi'asiinini. — puliliclUini, Rai KM. — sceplruni, Rleiiiull)alli.s cardiostula. — eardiiini, Rr.iin. f. — r.lKiiiieiisis, LixiiL. — lani|ir(ipliylla — IriclHirliacliis. l'Iioliddla pliolas, Rcni». f. l'Iivsiisipliiin Liiddigesi, R(aiii. (. Piluiiina fragraiis, [,imii.. l'niineiina (Zi/ijni>ftiiluii>) sta- pelioides, LiNnL. Resirepia elegans. Saccolabiuni ainpiillaceuiii. — (U'iisilUiriiin, Eindl. — niiiTaiillium (?). .Sarcanllius paiiii-iilalu.s (?). — spei'. nov. — rosiralus. Selciiipcdiuiii eaiidatuiii supcr- Imui. — Si'lilinii. SophniiiKis coccinoa. Trieliopilia cris|ia. — edCL'iiiea, Waksc. \'anda Raleinaiii, Lindi.. — suavis. — Iriciilor, Ri:hu. — — einnanidnie.i. — — tuniiosa. Acineta lliiinluddli, l.iMii.. Aerides iiuiii((uevulneruni. Auguloa Clowesi, Lindl. Aspasia opidendroïdcs, Lindl. — Uinala, Lindl. Biasavola Matliieuana, Klotz. Brassia olniialiarina. Lind. et L. | Cirlogyne paiuliiiala, Limu TO)l. wiii. — Aoin l«TI. Juillet 1871. Brassia Laneeana, Lindl. — verruccisa. I r.aianllie veiatrilolia, R. Bu. j Catllcya Eldorado, Lind. - niicraiiDia. I — Wallisi. ('.(elogyne speeiosa. Limpl. — Tluiiiiaiia, Ri'.iiii. L Cleisoslonia latiliiliiini . Lindl. — Cuniiiiinghi. — roscum, Lindl. r.ymbidiiiin tigrinum. ('.ypripediiiiii liarbatiini. (',y|il'i|>i'(liiiiii li;ii ImIiiiii niiijif-. — Loui. — sii|ii'il>ii'iis. — villdsiini. Dt'iulrdliiiini coclili'nliiiii. — (lon>ok. Lœlia orispa, Riain. — olegans candida, lUaui. T. — grandis, Lindl. bjcasle Deppei, laNni,. — lanipos, Limil. — RL'iclicnhaclii, GiiiKoii». — Iiicolor, Kl. Masdevallia civilis. l'uaii;. cl Waiis. Maxillaiia liili'n-alli.'i. I.imil. — 102 — Ma\illaiia Mailrri, Kin M. — Iiiiipiini'tala llciiiliiiiaiiiii. — \t'imsl;i, l.iMiL. Mi'sospiiiidiiiiii isanguiiiciini. N'asonia ciiiiialiarina. Milloriia piililii'lla. — cert-'ola. Od(inloL;lossiini Ali'xaiidia'. — rariiiircriiiii. l'uani. I'. Cilni.-^IllIHIl, I.IMll.. — rordatiuLi, LiNUi.. — iristaUim, Li\dl. — Elircnhergi, V. lion. — roseum, Linol. — haslilal)iiirn, Lim>l. — Liiidli'vaiiimi, liciii:. 1. — IV'scalitnM, LiNi». — Pliala'iKipsi.s, LixDr,. — Rciclii'iilii'iiiii, IjNii. — Schlicpcriaimni (firclio- s II III ) ■ Oiicidiuiii abiirlivuin, Riaiii. 1'. — cucullalum maoulaliiin. — iiiiurviini. FUiik. — leucocliiliini, Ratksi. — lingiiiroriiK', laMiL. — niai'iaiilliiiiii, laMiL.. vai- liaslit'criini. — iHibigi'iiiiin. Ijmil. — liiilvinaliini, Limi:.. Oiiridiiini Sriiliiiil, l.iMi. — srnaliiMi , LiNOL. — WoiihMiiUiianum , Iïateii. Pi'I'isU'iia l'Iala, Hmik. Pli\ sosiplioii Luddigcsi, Rcnii. I'. Piliiniipa Iragians, laxDL. Plciiriilliallis Iridi'Dlata. — Cliami'iisis, LiMiL. Polyejeni.s lepida. Limi. lîiaiii. I. — muscifi'ia. ProniiMiea slapoliijïdos, Lixdl. Rcstrepia anUMiiiilera. — elogaiis. Saccolaliiiini rakrdlan', LiNDL. Sarcopodiiiiii Lol)l)i, Ia\i)L. .'^l'IiTiipodiiini l'cai'coi. Sobralia inaci'aïUha. — LiÊidloy.iiia. Sleli.s Irislyla. Slenia limbriala. Trichopilia coccini'a, WMisc. — crispa gloxiniadlora. Trigoiiidiiiiii ringon.s, Lindl. Valida Rati'iiiani, Limil. — tcrps, LiM>L. — trioolor, Rciiis. — — aurea. Warstanvitzclla di.scolor. Zygdpi'taliim Mackayi, HooK. A. GODEFROY. REVUE DES PLANTES NOUVELLES. GARDENERS CHRONICLE. Juillet a DÉr.EMniti: 1870. Brassia farinifera, Liiid. et Reich. fîL — Orchidées. — Nouvelle espèce voisine du B. ijlumacea, pi:)rtant des fleurs ronges tachées de brun, avec labelle en forme de violon et demi-cercle farineux. Introduit chez M. Linden. à Bruxelles, par M. Wallis, qui la découvrit dans l'Ecuador. Spiranthes "Weiri, Reich. fil. — Orchidées. — Feuilles oblongues aiguës, presque sessiles, vert pourpré dessus, avec nombreuses taches blan- ches, pourpre foncé dessous, suivant la notice de M. W. Saunders. Par l'in- florescence, la plante ressemble au 5. Funkiana; les grappes portent des fleurs rougeàtres avec bractées blanches cuspidées. La plante a été dédiée par M. Reiclienbach, qui n'en indique pas la patrie, à M. Weir, collecteur de la Société d'Horticulture de Londres, et qui a perdu la santé par les fatigues endurées pendant ses voyages. — 1G3 — Tacsonia tomentosa, Jiiss. var. sprciosa, Mart. — Passiflorées. — In- troduite de la Nouvelle-Grenade par M. Bowmann, cette plante a fleuri à Kew cette année en juillet, et se rapporte au T. speciosa de Kunth, qui n'est qu'une variété du T. tnmcnlosa de Jussieu. Les rameaux sont tomenteux, anguleux, ses feuilles brillantes, trifides à lobes lancéolés dentés en scie; les pétioles sont longs de 25 niill., et les pédoncules, de même longueur, portent les fleurs, à tube vert long de 10 centimètres, ù sépales verts à l'intérieur, roses en dedans, oblongs obtus, à corolle de deux rangs de pétales, l'un à tubei-cules maculés de rouge près la gorge, l'autre membra- neux, blanc, défléchi. Plante demi-rustique : résisterait peut-être près d'un mur, si elle était gi'eff'ée sur Passiflora cœrulea. Notylia albida, Klotszsch. — Orchidées. — Par ses belles fleurs blanches, cette espèce ressemble plutôt à un Eria ou un Aiigrœcuni qu'à un Notijlia. Le D'' Lindley avait déjà pu l'observer avant que la botanique la perdit. Des spécimens ont été récemment expédiés à MM. 'Veitch de Costa-Rica et Nicaragua, ce qui a permis à M. Reichenbach de voir une belle inflorescence de cette plante. Odontoglossum prasinum, Lind. et Reich. fil. — Orchidées. — Peu ornementale, mais curieuse à plus d'un titre, cette espèce à fleur verdàtre ponctués de noir, à labelle blanchâtre, callus ocracé, androcli- nium brun, a été introduite de l'Ecuador par M. Linden, dans les serres de qui elle a fleuri pour la première fois en 18fi9. Oncidium lepidum, Lind. et Reich. fil. — Orchidées. — Plante grêle, de l'Ecuaddr, introduite par M. Linden, portant une grande panicule de fleurs petites, pâles, maculées, dans le genre de ÏO. Boolhiaimm. Bien que son intérêt soit principalement botanique, l'amateur de plantes " modestes " lui trouvera des mérites. Oncidium vernixium, Lind. et Reich. fil. — Orchidées. — Jusqu'ici la plus curieuse espèce du genre, au dire de M. Reichenbach. Les sépales et les pétales ressemblent â ceux d'un petit Cuiimiiilum avec une large labelle ressemblant parfois â ceux des Oncidium planilabre ou pardothyrsus. La panicule thjrsoïde recourbée supporte des fleurs à pétales et sépales cannelle bordés de jaunâtres; le labelle est jaune à oreillettes basilaires émoussées rétrorses jaunes à leur extrémité réniforme, avec un callus de forme bizarre, et un disque brun verni. Introduite de la Nouvelle-Grenade par M. Liinleu. Cœlogyne psittacina, var. Huttoni, Reich. fil. — Orchidées. —Assez voisine du C. sjwciosn, cette espèce en diffère toutefois par la couleur et la forme de sa crête. On n'en connaissait que des exemplaires d'Amboine. MM. Veitch l'ont reçue de leur malheureux collecteur, M. Hutton, à qui elle est dédiée; c'est une variété bien distincte du type spécifique, à fleurs blanches et brunes. Oncidium rusticum, Lind. et Reich. fil. — Orchidées. — L'inflores- cence en zigzag de cette plante la rapproche de ÏO. cimiciferum. Les fleurs, vert oignon, portent des taches d'un brun léger; le callus du labelle est orange, et le labelle porte plusieurs raies brunes sur son fond jaune pâle. C'est encore une introduction de M. Linden, qui la reçut de l'Ecuador. - IGl — Cœlogyne viscosa, lieicli. fil. — Oi'cliidées. — Jolie petite espèce, distincte du C. Ilaccida par ses ovaires rouges visqueux, des sépales plus étroits et plus aigus, les veines des lobes latéraux contluentes, la colonne rouge en arrière, le lobe antérieur du Libelle jaune foncé, et deux taches de même couleur extérieurement. Les sépales et les pétales sont blancs, et les larges raies du lobe latéral du labelle d'un beau brun. Plante rare, que M. Reiclienbacli avait vue dès 1850 chez MM. I)00th. de Hambourg, et qu'il reçut de nouveau récemment de MM. Veitch, de Londres. Mormodes tibicen, Reich. fîl. — Orchidées. — Comme le M. col()>;sus. dont nous avons naguèi'e donné quelques lignes de description, cette espèce produit de grandes fleurs comme celle du M. igncuin. Lindl. avec des barres pourpres sur fond jaune, le labelle blanchâtre, avec le bord et la griffe jaunâtres et de nombreux points pui'jmrins le long du bord. Sa station naturelle est probablement la Nouvelle-Grenade. Oncidium Hart"wegi, Lind. var. pnrvi/lonim, Reich. fil. — Orchidées. — Diffère du type en ayant, non pas la magnifique couleur de YO. Jlariwegi. mais un ton inari'on brun et des fleurs moitié plus petites. Reçu par M. Linilen des forets de l'Ecuador. Pandorea austro-caledonica, Seem. — Bignoniacées. — Liane très jolie et très gracieuse, originaire des montagnes de Balade, Nouvelle- Calidonie, où M. Vieillard la découvrit, en môme temps que MM. Milne et Mac Gillivray la trouvaient dans l'Ue de Lord Home. Au dire du docteur Leemaim, M. Bentham a oublié cette espèce dans sa Flore d'Australie, l'ayant probablement confondue avec une des nombi'euses formes du Pando- rea auslnilis. Dans la révision des Bignoniacées que M. Bureau a insérée dans le Bulletin de la Société Botanique de France, cette plante porte le nom de Tecoma austro-caledonica, l'auteur n'admettant les Pandorea que comme une section du genre. Elle est glabre, à feuilles imparipennées, à folioles elliptiques larges obtuses peu dentées, à panicules terminales compo- sées, portant de l.j-iO fleurs plus petites de moitié que celles du P. austrulis. Dioscorea retusa, M. Masters. — Dioscorces. — Présentée à la Société d'Horticulture de Londres, au printemps 1870, par MM. Veitch, cette élégante plante grimpante, à fleurs jaune sombre en longs chatons rameux,à feuilles quinquëfides comme le D.penlaplnilla, ïut étudiée et nommée par le D'' M. Masters. Elle a été d'abord trouvée par Burke sur la rivière Macalis, Afrique méridionale, ainsi qu'il appert d'un spécimen conservé dans l'herbier de Kew, et probablement à Natal par Gérard. Les pieds vivants sont dus à M. Th. Cooper, qui les envoya à M. Trevor Clarke, d'où ils passèrent dans les mains de MM. V^tch, de Chelsea. Bien que d'une culture facile et d'une santé robuste, il faut à cette jolie liane la serre chaude pour développer ses fleurs peu décoratives, mais douées d'un doux parfum, et s'harmoniant bien avec le ton vert foncé, uni, du feuillage. Ed. A. — 165 — CHRONIQUE HORTICOLE. Exposition internationale d'Horticulture de Gand , en mars 1873. — Nous avons reçu du comité directeur de cette Exposition la circulaire suivante, avec prière de la publier : '- L'administration de la Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand a l'honneur d'informer MM. les horticulteurs et amateurs belges et étrangers, qu'à la fin du mois de mars 1873 aura lieu l'Exposition inlcv- itutionale du plantes, que d'ancienne date elle ouvre tous les cinq ans. " Cette exposition, dont le programme paraîtra au printemps de 1872, dépassera en importance celle par laquelle fut inauguré, en 1868, le nou- veau local de la Société. » Le Sccrctciirc, » Le Président, n Clî.-VRLES LeIRENS. •' DE GhELLINCK DE WaLLE. " Les jets de Houblon, — Nous lisons, dans la Revue que publient les rédacteurs du Bulletin du Cercle d'Ai boriciillure de Gand, sous le titre : " le Jardin d'agrément et le Potager, » une note qui préconise la culture d'un légume économique fort usité en Belgique, et qui est trop peu connu ailleurs. C'est l'emploi des jets de houblon en guise d'asperges. Tout jardin devrait posséder quelques pieds de houblon pour cet usage. Nulle culture spéciale ne lui est nécessaire; on coupe les pousses quand elles ont 10 centimètres ou un peu plus de longueur, qu'elles sont tendres et vert pâle, presque blanches ; on peut même les couvrir de terre pour les faire blanchir, et on les accommode comme les Salsilis ou les Scorsonères, avec une sauce blanche bien liée, relevée d'un peu de crème de tartre. Les jets de houblon sont sans doute inférieurs en finesse de goût aux pousses d'asperges, mais comme ils précèdent ces dernières d'un mois environ, c'est un mets qu'on ne devrait point dédaigner. Après la récolte, on laisse, bien entendu, la plante croître en liberté, et l'on sait quelle précieuse espèce grimpante elle forme pour couvrir les tonnelles et les treillages, cacher les vieux murs, les dépôts de fumier et d'immondices, etc. Les Haricots en cotylédons. — M. Ed. Pynaert recommande éga- lement l'emploi des haricots, qui viennent de germer, comme un légume très friand. On confie à la terre et à la chaleur pendant quelques jours des haricots d'une variété quelconque, et lorsque la plante a développé ses feuilles séminales, on accommode le tout à la crème, en ne supprimant que la racine. Nous croyons sans peine que ce mets ainsi préparé est très délicat. Le cassement pour la fructification du Poirier. — Dans l'une des séances de 1871 de l'Association susnommée, une intéressante discus- sion s'est élevée sur l'opportunité de substituer le cassement des rameaux secondaires ou à fruits du Poirier, ù la coutume si bien établie de pratiquer le pincement. Il va de soi que les opinions ont été fort diverses. M. Van - IGG — Huile n'admet le cassement que pour modérer les rameaux trop vigoureux; M. Daumerie propose de le substituer à tout autre mode de taille pour les branches à fruit; M. Burvenich est l'adversaire de cette proposition; M. Bamps l'approuve si l'on casse tard, au mois d'août, etc. Nous avouons que pour nous, cette discussion a plus d'importance qu'on ne le croirait d'abord. Elle nous incite à jeter en passant une i)ierre (non pas un pavé) dans le jaj'din de MM. les professeurs d'arboriculture et de taille des arbres à fruits, sauf tout le respect que je leur dois (i). Ils ont fait beaucoup de bien en répandant le goût de la culture des fruits par leurs cours et leurs livres, mais à mon sens, ils ont de beaucoup dépassé le but en compliquant les procédés pratiques au lieu de les simplifier. La taille des arbres (n'en déplaise à ceux qui vont crier bien haut haro! et tout bas : il a raison!) est une pratique intelligente : elle n'est pas une science. Tout ou presque tout y est empirique ou le résultat de l'observation, la consécration de pro- cédés utiles obtenus par des tâtonnements, le produit de la fantaisie et de la patience de ceux qui trouvent plaisir (quelques-uns profit) à utiliser la docilité des arbres ù se laisser dresser et former de façons diverses. On a reconnu qu'il faut traiter de telle ou telle façon les branches d'un arbre pour le faire prendre en un court espace de temps une forme voulue; qu'en les abaissant on les affaiblissait; qu'en les relevant on les renforçait; que les productions fruitières se renouvelaient ou non sur la même branche ; que suivant le genre elles mettaient une ou plusieurs années à se parfaire ; et on a agi en conséquence. Tout cela est au mieux. Si l'on ajoute à ces connaissances ce qui se rap- porte au choix des sujets, ù, la notion des sols, au mode de plantation, à la sélection des variétés et espèces pour un climat déterminé; voilà de quoi défrayer sans doute des cours très intéressants et écrire quelques bonnes pages. Mais de là à avoir voulu ériger ces connaissances en corps de doctrine, en science complète; à y avoir fait entrer la botanique, et de prétendues lois de la physiologie végétale observées seulement dans des livres; à justifier l'entassement de centaines de volumes et de milliers d'articles; de là à justifier l'enseignement doctoral, grave, haut en cravate, des titulaires de soi-disant chaires d'arboriculture, et la course au clocher des honneurs et des faveurs, il y a loin; il y a un abhiie d'excès et de ridicule dans lequel on s'est plu à patauger, au grand ébahissement des auditeurs et des lecteurs trop confiants. On a fait de l'arboriculture une sorte d'arche sacro-sainte à laquelle il est défendu de toucher, et la génération qui nous suivra rira bien de tout le tapage qui s'est fait autour de cet art insigne de charcuter les pauvres arbres ! Je demande à faire observer que je ne parle que des excès et point de ce (i) Ces Messieurs ue devronl pas s'en plaindre, car, suivant un proverbe aral)e : <> On ne jette des pierres qu'aux arbres qui portent des l'ruiis. » - 167 — qu'il y a de bon dans la vulgarisation de procédés intelligents de culture et de taille, appliqués avec modération. Mais, de par Dieu! quand finira donc la comédie dans laquelle nous voyons tant d'acteurs engagés avec un sérieux apparent, devant tant d'auditeurs qui croient (jue " cela est arrivé? •> Ou nous nous trompons fort, ou cet engouement aura une fin assez pro- chaine. On reviendra malgré soi à la vérité, à la pratique simple et à l'en- seignement modeste de quelques bons préceptes; on délaissera l'art de couper une feuille en quatre et d'incliner une branche à cent douze degrés et demi (!), et l'on fera comprendre dans le peu de mots de quelques leçons claires, sans échafaudage et faux étalage de science professorale et univer- sitaire, que tel procédé est bon dans tel sens ou dans tel autre ;i l'exclusion de la routine et de l'ignorance. Nous reprendrons ce sujet à l'occasion. En attendant, parlons du casse- ment des branches à fruit du Poirier. Pour pratiquer convenablement le pincement, j'ai vu qu'il faut un jai'di- nier à l'année dès qu'un jardin fruitier a une certaine importance. Tout est perdu si l'on cesse un instant la surveillance des arbres ! Ce qu'on a publié de volumes là-dessus est incalculable, et plus innombrables encore les journées passées de bonne foi à cet effet par d'honnêtes gens de loisir. Oui le pincement, même avec son excès de soins, est excellent si l'on tient à des arbres irréprochables et nous le recommandons à- tout petit rentier dont l'horizon se borne à ses 200 mètres de jardin et dont la vie se renfei'me entre ses quarante poiriers! Qu'il passe sa vie à cette distraction ou à jouer aux boules, nous n'y voyons aucun inconvénient majeur. Mais, qu'on nous permette de le dire, là n'est pas la moyenne des posses- seurs de jardins. Ceux-ci ont à la fois un potager, un jardin fruitier, des fleurs, parfois des serres. Un jardinier, seul ou avec plus ou moins d'aides, doit entretenir tout cela. Ou veut des arbres d'une forme agréable sans chercher une régularité mathématique. On cherche surtout des fruits ! Eh bien, nous n'hésitons pas à dire que le cassement doit être dans ce cas préféré au pincement. Laissez vos arbres pousser vigoureusement au printemps, bien établir leurs rameaux, développer leurs feuilles, nouer leurs fruits, les grossir même, et pousser normalement en un mot. Aidez simple- ment à l'équilibre de la charpente par les procédés connus, ou si vous avez un moment à perdre, pincez gà et là en vert quelque rameau trop vigoureux, sans en chercher bien long sur la façon de placer l'ongle ou la serpette. Pendant l'été, à votre heure, avec la serpette appuyée sur le saillant du pouce, abattez tous les bourgeons trop longs et qui s'emportent à bois, comme disent les académiciens de l'arboriculture. "Vous verrez l'année prochaine les boutons à fruits se répandre sur la partie de branche -restée après le cassement. Si vos arbres ne sont pas assez vigoureux, plantez sur franc, ou tenez vous à des variétés qui poussent bien, si vous êtes obligé par le terrain de vous en tenir au Coignassier. On me dira que je manque d'expérience en la matière. C'est une erreur. Je taille les arbres de quelques amis depuis plusieurs années, cela en fort peu d'heures, on peut le croii'e, et ces ar-bres sont suffisamment beaux et se couvrent de fi-uits Mon propre jardin fruitier est planté de plus de cent — 168 — pyramides de Poiriers, dont l'âge varie de dix à vingt ans, sans compter les jeunes. Ces arbres sont bien formés sans être des joujoux mécaniques, et à l'beure qu'il est, mon fruitier s'emplit. C'est tout ce que j'ai à en dire, et j'invite il venir voir qu'ils ne sont pas l'objet d'autre taille que le casse- ment en été, et la taille en sec l'iiiver. J'engage donc le public soucieux de son temps et de ses intérêts à croire à l'efficacité de la taille, en tant qu'elle reste simple, économique, pratique, vulgaire, je puis dire. Tout le reste e.st inventé pour faire un piédestal d'or ù une statue de plâtre ! Les Moineaux et les Boutons d'' Arbres fruitiers. — Si nous prêchons une croisade contre le fatras d'inutilités qui encombrent l'ensei- gnement horticole, nous ne proscrivons pas, au contraire, la vulgarisation des petits procédés, eu apparence peu importants, mais qui sont d'un emploi facile et donnent de bons résultats. Nous tenons le suivant de notre ami, M. Rodigas, à qui il a été récemment communiqué à Gand : Par les printemps secs, avant l'épanouissement des boutons à fleurs des Poiriers, l'espoir de la fructification est souvent compromis par des nuées d'oiseaux, surtout de moineaux qui viennent picoter, lacérer les boutons et en disperser au vent tout l'intérieur. Or, on vient de découvrir que la gent emplumée n'agit ainsi que pour se désaltérer. Placez de loin en loin un petit vase plein d'eau au pied de vos arbres, et pas un bouton ne sera désormais touché. "\'oilà le secret; il est bien simple, et il paraît que rien n'est plus efficace. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous apprenons que plusieurs jardiniers anglais se plaignent que les moineaux détruisent de la même façon les boutons à fleurs de leurs Glycines en avril. Le remède, on le voit, n'est pas loin du mal, si, comme nous le pensons, la cause est la même que pour les boutons des arbres fruitiers. Nouvel emploi des Choux. — Nous apprenons, par le même M. Rodigas, qu'on peut utiliser, comme le fait M. J. Winand, jardinier à Rochefort (Belgique), les choux de la manière suivante, quand les légumes sont rares au printemps : Du 15 août jusqu'en septembre on sème dru de la graine de chou hâtif d'Ulm, et on fait un deuxième semis en février-mars. Le premier sera éclairci au premier printemps, le second à la fin de mai jusqu'à l'arrivée des choux pommés, et l'on mange ces jeunes plants à la manière des choux ordinaires dans une saison oîi ce légume est rare. Au fur et à mesure qu'on éclaircit les plants, l s autres restants se développent et remplissent les vides, pour être bientôt enlevés à leur tour. On peut consommer ainsi des bottes déjeunes choux comme des bottes d'asperges, et k la même saison. Ce mode si simple rend de très grands services à cette époque de l'année. Destruction des 'Vers et de la Mousse sur les Pelouses. — M. Ph. Crowlej, ù Crojdon (Angleterre), a détruit à la fois les vers qui infestaient ses pelouses et la mousse qui les couvrait, au moyen d'une solution de sublimé corrosif, dans la proportion d'une cuillerée et demie à thé pour 100 litres d'eau. Un seul arrosage a fait disparaître les vers et la mousse sans affecter le gazon eu aucune manière. - 1G9 — Vente des collections horticoles de M. Laurentius, à Leipzig. — Le célèbre établissement (riiorticultiii'o de M. H. Laurentius, à Leipzig, aura vécu ù la fin de ce mois. La vente a lieu depuis le 11 septembre jusqu'au 1 octobre. Elle comprend 412.5 lots importants, et un nondjre immense de plantes de toute sorte. Une maladie incurable force cet habile horticulteur à se défaire de ses collections et ;\ cesser le commerce des plantes. Crocus d'automne. — Les fleurs d'automne sont rares. Nous enga- geons les amateurs de jardins qui désirent prolonger leur jouissance avant la venue des frimas ù tenir compte de la liste suivante de Crocus d'automne, que nous empruntons à. l'excellent Journal of horticulture de notre confrère et ami le docteur Robert Hogg, de Londres : Crocus Boriji, blanc; fleurit en septembre-octobre; C. Pallasii, lilas; d" d" C. médius, violet; d" octobre; C. cancellatus \av. Maziiaricus, blanc; fleurit en octobre; C. 7Ju/c/i('//».<, bleu pâle; _ d° octobre-novembre; C. Scharnjaiii, jaune ; d° d° d° Plus de trente autres espèces de Crocns, de printemps et d'été, peuvent être ajoutées à cette liste. Nous recommandons surtout le beau €. speciosus. Le C. Scharajari est une espèce de la Russie occidentale, qui est encore rare dans les collections. Fruits de choix. — Nous recevons de M. Ch. Baltet, le pomologue bien connu dont nous avons souvent parlé dans ce recueil, une lettre qui contient le passage suivant, intéressant pour les amateurs d'arboriculture fruitièi'e que le choix des fruits préoccupe : " Nous récoltons cette année des poires Clapp's faimirite et de l'Assomjilion qui sont délicieuses, de tout premier ordre et qu'on ne saurait trop recom- mander urbi et orbi. Souvenir du Congrès, superbe également, mais de qualité moins fine, est également à faire ressortir. " La pomme transparente de Croncels, très belle et très bonne, est un fruit gros, blanc et incarnat, mûrissant en août-septembre, et portée par l'arbre le plus vigoureux qui se puisse voir. " La prune Souvenir de JlJadame Nicolle est celle qui approche le jdus de la Reine Claude, avec le mérite de mûrir plus tard. Sa forme est oblongue et sa couleur celle de la Reine Claude. " Les abricots Jacques et Pourpre de Meijlan sont beaux, à chair ferme. Nous ne saurions trop les recommander pour le transport et les conserves. " Germination du Gui. — Les phénomènes qui accompagnent la ger- mination et la végétation du Gui [Viscum album L.) commencent ;\ être bien connus. Nous n'en voulons point relater ici la bibliographie, mais seulement attirer l'attention de nos lecteurs sur une notice que vient de publier M. Ed. Morren d'après des observations de M. Charles Van Geert, pépiniériste à Anvers. Depuis 1863, M. Van Geert poursuit ses expériences sur la germination du Gui et sur sa culture. Après avoir vu les spécimens obtenus par le R. P. Belljnck, à Namur, il voulut à sou tour essayer sur — 170 — (les Cratœijus oxijaciuitha de ses pépinières. 11 réussit à suuluiit, en obtenant trente-deux toufl'es de Gui qui mirent trois ans à se développer et qui for- maient enfin, en 1868, de petites boules dont les deux tiers étaient femelles. Depuis cette époque, M. Van Geert essaya en vain de faire germer de nouveaux Guis. P^n désespoir de cause, il tenta la greffe sur Ancuhn, Lùjuslrum, Castuiiea, Phijllivœa, Crnticfjus, mais sans plus de succès. Enfin, le même observateur a constaté que des Guis greffés sur CnitœijHs et qui avaient été brisés par le vent, ont repoussé quelques centimètres plus bas après être restés plus d'un, an sans montrer de traces de végétation. Les observations de M. Van Geert sont curieuses et dignes d'être rap- pelées. Que de choses on découvrirait, s'il existait beaucoup de chercheurs de ce genre ! Voici ce que nous savons à notre tour sur la question ; Il y a deux ans, nous promenant dans les pépinières de M. Richard Smith, à Worcester (Angleterre), nous aperçûmes des Pommiers tiges mis en jauge et présentant des têtes de Gui de diverses grosseurs. M. Smith m'apprit que ces arbres étaient vendus par lui chaque année en assez grand nombre à l'occasion de la Christmas, et qu'il n'en avait jamais assez. On sait qu'à la Noél, en Angleterre, les jeunes gens offrent aux jeunes filles des branches de Mislletoe (Gui), que l'on suspend au chevet du lit et aux- quelles se rapportent des légendes anciennes assez curieuses. Nous avons revu cette année même des Pommiers au Gui chez M. Smith. il nous a dit que cette culture parasite n'offrait pas beaucoup de difficultés et que des ouvriers habiles réussissaient chez lui à coup sur chaque année. Nous demandons à M. Smith une note sur ce sujet et nous la communi- querons à nos lecteurs. Fécondité d'un pied de "Vigne. — Chacun connaît, de vkii ou de ttuditu, le célèbre pied de Vigne de Hampton-Court et sa fécondité prover- biale. Nous trouvons dans le Messager du Midi quelque chose d'analogue à ce colossal enfant de Noé, dans la relation de la prodigieuse fertilité d'un cep de vigne à S'^-Hélène (Montastruc), France méridionale. — Il portait cette année 970 raisins, qui mûrissent parfaitement et dont le poids n'a pu être encore évalué, la récolte n'étant pas faite. La grêle, qui avait ravagé les vignobles en 1863, avait d'abord épuisé ce remarquable espalier; mais il est aujourd'hui, comme on le voit par sa fécondité, pleine de vigueur, et il fait espérer qu'il vivra longtemps encore en produisant d'abondantes récoltes. La plante de la Résurrection. — Sous ce nom {Résurrection plant) les Américains du nord désignent une Lycopodiacée du Texas, nommée scientifiquement Selaginclla lepidophijUa, Spr., et qui a la faculté de renaître. à la vie sous l'influence de l'humidité, lorsqu'elle a été repliée sur elle-même en forme d'œuf par la sécheresse. En 1868, MM. Vilmorin réintroduisirent cette curieuse espèce et voulurent bien nous en envoyer deux exemplaires, qui sont restés dans une boîte fermée depuis cette époque. En juillet der- nier, nous retirâmes ces deux boules sèches de la caisse, nous les fîmes planter par notre jardinier chacun dans un pot, en terre de bruyère, et placer sous cloche dans une serre chaude humide. — 171 — Quel ne fut pas notre étonnemeut, lorsque nous vîmes les feuilles recro- quevillées se dérouler lentement, reprendre leur forme primitive, et s'étaler sur le pot en une rosette verte et charmante ! Les plantes sont restées en cet état depuis ce temps; nous ne savons si elles sont vraiment vivantes encore et si c'est la véritable résurrection d'une momie, ou s'il n'3' a lu qu'un fait lijgroscopique qui ne permette pas à la plante de pousser ensuite. Une pareille longévité dans ces conditions serait bien curieuse! Plus de trois ans dans une boite, sans terre, sans humidité, sans compter que les pieds avaient dû être déplantés au Texas un an auparavant peut-être, et être transportés à sec à travers les mers ! Nous livrons ce fait à l'attention des ph^'siologistes. Les Groseillers à grappes. — iM. Billiar,08-0"',10) cjiindrico-comprcsso siibalato basi vaginaceo prope lamina' basiiii supra violascciitc-maciilato, lamina plana intogerrinia, supra iiilida, apicc aeuta relroacta (!'" longa, 0"',20 lala), marginibus undulalis oomplanatis purpurasceiUibus, cosia supra appla- iiala, sublus prominonte scmi-lorolf, lenliccllis oblimgis violaceis adsi)crsa, nervis lalci'alibns parallclis romotis anlo marginom cdnfluontibus ; porcs solilarii; pcdiiiniiliis in peliuli lissi bas' invagiiialus, cjlindrious, 0"',50-0"',i0 allas, ercctus; sjxil/ia ovalo-ulilonga lanocolala carnosa cuc'ullala adscendens, basi ovala elausa, mcdio obslriila, apice oblusa apcria, ()"i,12()"',l,"i longa, oxlns nivca Ilavotincla, prope margineni rosoo-lineala, intus vividc chermesina alboniarginala; spadix reclus, robuslus, albo-flaveseeus, spallia paulum brcvior, cylindraceus, nieilio inllaUis, basi ovoïdcus, dcmum viscosissinms, pcde oblicpio, hrcvi.... Species ab omnibus altcris valde distincta, florum colore habilui|ue speciosissinia. — In vallc Rio-Crancensi (Brasilia) a cl. peregiin. Wallis leela, anno 1801. — Vidi viv.im florentem in Iiorlo l.indeniano. — Ed. A. Philodendron calophyllum. Ad. Rrongt. mss. — niveo-chermesinum, Lind. el André. Depuis l'introduction de YAntIturium Schertzerianum, aux spathe.s écar- lates, rien d'aussi brillant n'avait été importé dans nos serres que cette admiraljle Aro'idée. Nous n'en connaissons point qui réunisse à un pareil degré la richesse et l'ampleur du feuillage à des fleurs aussi fulgurantes que ces spathes de carmin et de neige. Les deux couleurs y sont merveilleuse- ment tranchées et contrastantes et c'est une véritable révélation que l'entrée triomphale de cette plante dans les serres de l'Europe. Notre planche d'ailleurs en donne une idée fidèle, et nous ne craignons pas d'être taxé d'hyperbole en appuyant sur le mérite transcendant de cette splendide espèce. Dans la famille même, nous ne lui connaissons rien d'analogue, si ce n'est peut-être le Philodendron speciosum, figuré par Schott et qui croit dans la province de Rio de Janeiro. Encore la vivacité du coloris est elle loin d'égaler celle-ci, et les feuilles de cette e.spèce grimpante sont cordifurmes. Le Philodendron calophyllum, d'abord découvert dans la Guyane française, a été retrouvé en 18G4 par M. G. Wallis sur les bords du Rio-Branco (Brésil) et de là introduit dans les serres de M. J. Linden à Bruxelles, où nous l'avons admiré en pleine floraison au mois de juin de cette année. Par son port et la forme de ses feuilles, il rentre dans la section des Philo- — 173 — dendrons h feuilles entières, radicales, que rappelle la belle espèce décrite par i\I. Ad. Brungniart sous le nom de P. Mdinoni. C'est une plante acaule dont les feuilles sont érigées, épaisses, oblongues lancéolées cunéiformes à la base et accompagnées d'écaillés ou gaines foliacées longues de 20 à 40 centimètres, dressées vertes zébrées et mar- ginées de rose. Le pétiole, long de 8 k 10 centimètres seulement, est cylin- drique comprimé ailé invaginé à la base et maculé de pourpre en dessus auprès de la souche. Le limbe, plane, très entier, est d'un vert brillant en dessus, à pointe aiguë rejetée en arrière : sa longueur totale, pétiole compris, est de 1'" et plus, et sa largeur de 20 centimètres. Les bords, ondulés amincis, sont liserés de pourpre; la côte médiane, aplatie en dessus, est saillante et arrondie en dessous, a.spergée de leuticelles oblongues violacées, et les ner- vures latérales, distantes et parallèles, se réunissent en une ligne qui suit le bord du limbe de très près. Les fleurs sont solitaires, portées sur des pédoncules de 30 ;\ 40 centi- mètres de hauteur, dressés, cvlindriques, sortant de la base des feuilles comme d'une gaine qu'ils déchirent en passant. La spathe, ornement de premier ordre de cette belle espèce , est longue de 12 à 15 centimètres, oblongue lancéolée charnue cucullée dressée, étranglée an milieu, ovoïde à la base fermée, à pointe obtuse au sonnnet ouvert en nacelle. Sa couleur extérieure est un blanc de neige ça et là teinté de jaune p;\le et limité par une ligne rose à une petite distance du bord ; à l'intérieur', cette nuance fait place à un ton du plus brillant cramoisi parcouru par des lignes plus foncées, avec une bordure blanche autour du bord. Un spadice robuste, un peu plus court que la spathe, d'un ton blanc jaunâtre et farineux, c^dindraeé, renflé puis étranglé au milieu, à support oblique à la base et empreint d'une abondante mucosité visqueuse qui tache les doigts en brun d'une manière presque indélébile lor.sque la fleur se passe, tels sont les prin- cipaux caractères de cette conquête hors ligne (jue viennent de faire nos serres chaudes. Après avoir fait de consciencieuses recherches dans les auteurs, nous avions pensé avoir afl'aire à une espèce entièrement nouvelle, lorsque nous avons appris que cette plante se retrouvait à la Guyane française , d'oft M. Mélinon l'avait envoyée il y a quelques années au Muséum de Paris. M. Rrongniart l'avait désignée d'abord sous le nom de Ph. Pricureaiium, mais il changea ce nom pour celui de Calopliijlluin, qui rappelle la beauté du feuillage. " C'est sans doute la plus belle espèce du genre, nous écrit M. Brongniart; elle est très digne d'être progagée, mais la brièveté de son rhizome doit rendre la multiplication assez diftlcile ■'. Bien qu'aucune publication imprimée n'ait reçu communication du nom donné par M. Brongniart, nous regardons la priorité comme acquise et le conservons avec déférence pour un maître vénéré, à la place du Pli. nivco- cltermesinum que nous en avions fait tout d'abord. Ed. a. CULTURE. Serre chaude humide; compost formé de terre de bruyère, de sphagnum haché et de charbon de bois concassé. TOM. XVIII. — SEPT. 1871. Si — 174 - PI. LXXVII. CALATIIFA ARRECTA, linden & amé. CALATHÉA DRESSÉ. Cannacées. ÉTYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illustration horticole, 1870, p. 3i. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES: Glal)ra, acaulis, procera; folia longissime petiolata, con- gosla; sqnamœ (vagitue) ha?,\\ifcs, loiigioros scario,s;e luride rubesceiitcs cariiia tereti ; pctioli arrecti canaliculati, usquc ad médium longiuidinis cl ultra complanali subdistici, margiiiibus convoUilis mfmliraiiaceis, dorso et apico tereles, 0"',40-0"',60 alti, ba.si violaceo purpuras- ceules, apiee sordide virides inlensioribus punetis sub epidermidc percipieiidis, geniculo crecto subcontorto, cylindraceo, oloayiiio colore, iii lamin:e cosla subtus produclo; lamina erecta, oblongo elliplica, basi subeordala, 0"',2Û-0'",2.~i longa, O^.IO lala, apiee breviler acumi- iiala inncrone relorlo, margiiiibus undulalis, supra plana iicrvis Iransvcrsalibus pinnalis albidis valleculala, iiilida, viridi-olivacea argeiiteo relulgens, cosla palUdiore vix caiialiculala, subtus purpurasceiUe colore trans-opidermidem peicipienda, costa promiueiUe semi-lereli llavida. Flores — Ecuador, Wallis, ISCU (?). — Ad vivum descripsi iii burto Lindeniaiio Gandaveiisi. Species nova, primum Marimlœ setosœ, A. Dietr. (a toto cœlo pr:escrtimque pilis selosi.s discrepandae) , referta, recte nostro sub appe-llalioue cognosceuda. — éd. A. Calathea arrecta, T-inden et André (loco pr;csenli). Miircdila sctosd, Liiid. catalug. (non A. Dietrich). Cette délicate et gracieuse espèce, distincte à première vue par son port dressé, arritjd pourrions nous dire, — et le ton uniforme vert olive glacé et purpurescent en dessous de son feuillage nerveux, avait été envoyée à M. Linden sous le nom inexact de Maranta setosa. Cette dernière espèce nommée d'abord Phrijnium selosum par Roscoe, puis Maranla setosa par Dietrich, M. secunda à Edimbourg, et Thalia setosa par C. Koch, est absolu- ment différente de la notre et n'appartient pas au même genre. Sans entrer dans l'examen de ses caractères distinctifs, nous n'en citerons qu'un seul, qui lui a valu son nom, c'est qu'elle est couverte de poils longs et soyeux, roux, tandis que notre Calathea arrecta est entièrement glabre. Nous n'appuierons pas davantage sur cette distinction nécessaire et nous passe- rons à la description de cette jolie espèce, qui est toute nouvelle comme détermination, sinon comme culture, puisque M. Linden l'a déjà mise au commerce depuis une couple d'années. Le Calathea arrecta, découvert par M. G. Wallis dans la République de l'Ecuador et envo^^é par lui à M. J. Linden, est une plante glabre, acaule, d'un port dressé élevé. Les feuilles très longuement pétiolées, attein- draient sans doute 1 mètre et plus si elles étaient soumises à une riche cul- ture. Elles sortent ramassées, serrées, d'entre des écailles ou gaines longues scarieuses arrondies au dos et d'un ton vineux. Les pétioles dressés canali- CALATHEA ARRECTA {Lir.dcn & Ami re — 175 — culés sont aplatis à bords iiiembranacés convolutés jusque au-delà de la moitié de leur longueur qui atteint 40 à 60 centimètres et plus. La base de ces pétioles est purpurine vineuse et leur sommet vert olive ainsi que l'appendice géniculé un peu tordu cylindrique qui les termine et se prolonge en dessous du limbe en une côte médiane arrondie saillante jaunâtre. Le limbe, dressé elliptique oblong subcorditbrine à la base, brusquement accu- miné en pointe tordue au sommet, à bords largement et irrégulièrement ondulés, présente une surface uniformément vert olive foncé chatoyant à reflets d'argent. De petites nervures blanchâtres entre les secondaires plus saillantes par un pli tous les 1 à 2 centimètres, creusent transversalement la surface plane en petits sillons presque réguliers, jusqu'à la nervure médiane un peu canaliculée et plus pâle. Le dessous de la feuille est d'un ton lie de vin pourpré qui se voit par transparence sous l'épiderme vert, et se trouve zébré plus foncé par les lignes des nervures. La plante est peu touffue; les feuilles semblent disticjues à la base des pétioles invaginés; le port en est d'une extrême élégance et certainement la plante tiendra une place de choix parmi ses congénères à feuillage plus éclatant, mais non plus gracieux. D'après l'opinion de M. Linden, nous avions d'abord rapporté au genre Phrynium, même en l'absence de fleurs, cette jolie espèce. On sait à quel degré M. Linden possède ce flair des plantes qui les lui fait rapporter presque à coup sur à leur nom vrai d'après des spécimens souvent très imparfaits. 11 avait donc reconnu à première vue que la plante devait rentrer dans les Pluijuinm; mais nous avons encore entendu récenmient M. A. Gris, bien connu par ses travaux sur les Marantacées, soutenir que ce genre ne s'appuyait sur aucun caractère solide et qu'il fallait le supprimer. Nous suivons ce conseil d'un botaniste compétent, jusqu'à ce que nous possédions un meilleur travail d'ensemble sur cette belle famille. Ed. a. CULTURE. Même culture que celle indiquée pour le Maranta (Culalhea) smaragdina. — 17G — PI. LXXVIII. DIOSI>YR()S kAKÏ, VAR. COST\TA, oiiRiÈitf. pl/iqueiviinier fl fruits coteles. Ébénacées. ÉTYMOLOGIE : ^)^' A/os-, bien, cl par altcnuioii de wtpof (pour l'i/riis), poire. — Poire lies Dieux. CARACTÈRES GËNÉRIQUES : Voir DC. Pmih-rmnx, t. VIII, p. 2-22. — Eiidlieher, Geinrii Vhint. "S» CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Haiiii a|)iec lomeiUosi ; fiiVai ovalo clliplica acumiuata bas! neuta sul)lus puberula; pcdiniculi /lanim iiKisciilortiiii 5-tlori pcliolo subbreviores petliccUique loniciïtosi; cali/j: caiiipaïuilalus profuiitle 4-liilu.s lUriiique pubescens lobls laiiceolatis ; coruUa canipaiiulata semi i-fida ealjcc vix iluplo longior lubis ovalis oblusis palentibus ulriiK|UC seri- (■ei.s; fort's /'(riiiinci solilarii pedicello peli(do subbreviore; corolla calyce ampliaUi brevior. — In .lapoiila el Cldiia boreali spoiilanea, in Asia ineridiouali l'rer|UPiiler eulla. Diospyros Kaki (Liiiii. lil. Suppl. p. Îô9). CARACTERES DE LA VARIÉTÉ costata : Ariniaciila dioïea; rirmi juniores lomeiilosû- albidi ; folia breviler peliolala alterna deeidna, laie ovala oblusa apiee acutiuseula, inferiora sa'|)e latiora, 0"',I(i-0'",2.j longa, 0">,00-0"', U lata, coriacca, inlegerrinia, intense viridia, supra nilida, sulitus pallidiura; flaivs iihiscuII ?; //. /"«'//(/«e/ solilarii axillares brevissime (0™, 01) peduneulali, Jnnio expandentes ; cnli/x lobis-4 anii)lis palulis obovalo-cuneatis earuo.sis; (•(/coWff ureeolata subtetragona,